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........................... Genre : Yaoi, historique, aventure Auteur : Greynono Note : et voilà le deuxième chapitre promis, qui malheureusement ne comble même pas les deux tiers de ce que je voulais écrire. Plus j’écris et plus cette fic s’allonge, c’est complètement fou. J’espère réellement ne pas vous lasser et vous donner envie de continuer à la lire. Bonne lecture ! .. .. Sous la lumière de Râ … Chapitre 7 : Le Désert … Ita n’était jamais entrée dans cette aile du palais réservée uniquement à la famille royale. Seul le Pharaon, sa reine, ses enfants et sa mère y vivaient. Les femmes du harem, bien que mariées à Pharaon, n’y avaient pas accès et encore moins leurs enfants. Les lieux étaient étroitement gardés mais la splendeur des fresques murales et de l’architecture faisait volontiers oublier à Ita les deux gardes qui l’encadraient et qui veillaient à ce qu’elle ne s’écarte pas du chemin. Très calmement, elle les suivit jusqu’à l’aile ouest où se trouvaient les appartements d’Ahotep Ière, mère de l’actuel Pharaon et ancienne reine d’Egypte. On la laissa entrer et une jeune femme vint l’accueillir, alors que les deux gardes restèrent devant la porte, la tête inclinée en signe de respect. L’inconnue était très belle, et sa beauté n’avait rien d’artificiel. Contrairement aux femmes du harem qui passaient leur temps à se maquiller afin de rehausser leur beauté, nulle trace de khôl ou de fard ne tâchait son visage d’une pureté presque irréelle, et Ita elle-même reconnut qu’elle n’avait jamais vu plus belle femme en Egypte auparavant. Et dés que l’inconnue lui sourit, elle comprit qu’elle n’était pas seulement belle : une indéniable douceur et une délicatesse toute féminine l’entouraient, rehaussant sa beauté naturellement. Elle s’inclina poliment devant elle et Ita en fit de même, avant de percevoir une légère aura qui mit aussitôt ses sens en alerte. La jeune femme semblait détenir un pouvoir étrange, léger mais bien présent, qui venait chatouiller les sens de la libyenne. - Bonjour, je m’appelle Néfertari. Je suis une prêtresse d’Isis. Voilà donc d’où provenait cette étrange magie imperceptible qui se dégageait de son aura. Rompue aux mystères des temples, la jeune femme possédait une force puissante et tranquille qui lui donnait ce charme si particulier… Ita s’avança et la porte se referma, pendant qu’elle se présentait elle-même. La jeune prêtresse lui sourit et lui demanda de la suivre jusqu’à la chambre de la reine mère, et tout en marchant elle commença à parler : - La reine mère ne va pas bien du tout et malgré tous mes pouvoirs et ceux des prêtresses des autres temples, nous n’arrivons pas à la guérir. Il semblerait que son foie soit la raison de son malaise, et comme Nobéseb nous a assuré que vous aviez fait quelques petits miracles au harem, nous sollicitons votre aide. Ita eut un sourire en pensant à sa vieille amie et elle répondit : - Nobéseb est une femme admirable mais peut-être un peu trop confiante. Je me suis contenté d’aider les femmes au harem, et je suis loin d’avoir fait des miracles. Néfertari lui sourit amicalement, ravie de l’humilité de la libyenne et de sa délicatesse. Elle n’était pas insensible elle non plus : la magie qui se dégageait de l’étrangère, aussi infime et bien cachée soit-elle, semblait être à la hauteur de la réputation que lui avait faite Nobéseb. Bizarrement, elle sentit que là où elles avaient échoué, Ita réussirait, et elle était prête à lui faire confiance. Elle ouvrit la porte de la chambre où reposait Ahotep et Ita s’approcha avec respect de son lit. Malgré la vieillesse et la maladie, la reine mère n’avait rien perdu de sa superbe : elle restait malgré tout une femme digne de son rang, une des personnes qui avait un jour dirigé l’Egypte et qui avait su lui offrir toute sa grandeur. Nulle douleur ne se lisait sur ses traits sereins, mais une immense fatigue était visible dans son regard et Ita sentit son cœur se remplir de pitié pour la vieille femme. Elle s’approcha rapidement et Ahotep arqua un sourcil étonné en la voyant. - Qui est cette femme ? demanda-t-il à la jeune Néfertari. Cette dernière s’empressa de lui dire qu’elle avait préféré faire appel à ses connaissances afin de trouver un remède convenable à sa maladie, et qu’elle lui faisait confiance. Cette marque d’estime toucha profondément Ita qui se sentit investie du devoir de ne pas faillir à sa tâche, ne serait-ce que pour récompenser la confiance de Néfertari. Ahotep, après avoir étudié quelques instants la libyenne, finit par accepter avec bienveillance, et elle laissa Ita s’occuper d’elle sans rechigner. Au début, Ita n’osa pas vraiment ausculter véritablement la reine mère, sans doute trop intimidée pour œuvrer correctement, mais lorsque sa main appuya sur une petite boule présente un peu plus bas que le foie, elle fronça les sourcils et sa timidité fondit comme neige au soleil alors que ses connaissances médicinales refaisaient surface en elle. L’auscultation dura plusieurs minutes, durant lesquelles toutes les femmes présentes observèrent un silence presque religieux, ce qui permit à Ita de se concentrer au maximum et quand elle se releva, elle était sûre d’elle. Elle adressa un petit sourire à la reine mère et avec respect, elle annonça : - Rassurez-vous Majesté, je suis en mesure de vous aider. C’est un mal que je connais et que je sais affronter. Un petit soupir soulagé accompagna sa déclaration, avant qu’Ahotep ne lui offre un petit sourire entendu : - Puissent les dieux vous entendre ma chère. Je dois vous avouer que je souffre le martyre depuis des jours. Instinctivement, la libyenne s’empara de la main de la reine mère qui reposait sur le lit et elle la pressa tendrement, comme une sœur aurait pu le faire. Et même si l’étiquette l’interdisait et que plusieurs prêtresses écarquillèrent les yeux devant l’insolence de l’étrangère, Ahotep lui sourit et serra à son tour sa main, heureuse de ce geste réconfortant. - Je comprends et je vous aiderai de mon mieux. - Si vous réussissez cet exploit, vous aurez ma reconnaissance éternelle, répondit Ahotep. - Vous savoir en bonne santé me suffira Majesté. Ahotep rit doucement et Ita lâcha enfin sa main pour se tourner vers Néfertari. La surprise et l’admiration se lisait sur les traits de la prêtresse d’Isis, visiblement ravie de voir qu’elle n’avait pas placé sa confiance à tort. - Vous aviez raison sauf sur un point, lui indiqua Ita en chuchotant. Le foie est effectivement touché mais il n’est pas la cause du mal. C’est le pancréas qui est touché et c’est lui qui est à l’origine de la maladie. Je connais les plantes pour le soigner et je peux aider la reine mère. - Vous m’en voyez soulagée…, lui avoua Néfertari, un sourire radieux sur les lèvres. - Je vais préparer les plantes nécessaires pour la réalisation des médicaments, j’aurai juste besoin de quelques outils et d’un peu de temps et de calme. - Venez, je vais vous aider…. … שﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂשﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂשﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂשﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂ … Quelques jours plus tard, Ahotep se portait comme un charme et semblait avoir retrouvé sa première jeunesse, si bien qu’elle convoqua Ita dans ses appartements privés un après-midi, bien décidée à remercier comme il se devait celle qui l’avait sauvé. La libyenne y resta tout l’après-midi et son fils ne se doutant pas vraiment de ce qui s’était réellement passé finit bientôt par s’inquiéter, constatant au début de la soirée que sa mère n’était toujours pas là et pire, qu’elle semblait même avoir quitté le harem, ce qui était assez rare pour les femmes qui y vivaient ! Si bien que lorsqu’il la vit revenir, encadrée par les deux gardes qui l’avaient escorté, il se précipita vers elle et s’empara de ses mains qu’il serra avec force, jetant sur sa mère un regard inquiet. - Tu étais où ? Je t’ai cherché tout l’après-midi ! Ita lui offrit un de ses sourires dont elle avait le secret et l’attirant à sa suite, elle l’entraîna rapidement dans leur chambre, refusant tout commentaires avant qu’ils n’y soient enfin entrés. - Mais enfin, Mère, qu’est-ce qui se passe ?? s’exclama Hori, non seulement inquiet mais également un peu énervé de l’attitude mystérieuse d’Ita. - Il se passe mon cher fils que tu vas pouvoir accompagner le Pharaon à la chasse, qui aura lieu dans trois jours !! - Hein ? - Ouiiii ! s’écria Ita, folle de joie. - Mais comment ? C’est une chasse privée et je n’ai jamais eu droit d’y participer… Tu… - Laisse-moi t’expliquer Hori ! Tranchant net, Ita s’assit sur une natte et invita son fils à en faire de même, ce qu’il ne se fit pas prier, complètement éberlué d’une telle révélation. Même s’il était fils de Pharaon, il n’avait encore jamais pu participer à une chasse officielle en compagnie de l’homme qu’on appelait son père, et la perspective d’un tel honneur était surtout chassée par l’idée fabuleuse de pouvoir revoir Aménophis, qui y serait forcément ! Tout excité, il attendit impatiemment les révélations de sa mère qui ne se fit pas attendre longtemps : - Figure-toi qu’il y a quelques jours, je suis allé soigner la Reine Mère Ahotep. Personne n’avait réussi à l’aider mais moi, j’y suis arrivée et quand elle m’a demandé si je voulais quelque chose comme récompense, je lui ai demandé que tu puisses assister à la future chasse du Pharaon. Ahotep m’a parfaitement comprise et elle a même été ravie que tu puisses y aller ! Elle prétend que la cour manque de jeunesse intéressante et qu’il est temps d’y remédier… Mais tout cela n’a pas d’importance : ce qui compte surtout Hori, c’est que tu vas pouvoir aller dans le désert, en contact avec la magie de tes ancêtres ! - Dans le désert ? - Oui, les chasses ont toujours lieu là-bas. J’attendais un signe du destin et il vient de me l’offrir ! Oh Hori, je suis tellement heureuse ! Le visage d’Ita rayonnait et Hori ne comprit pas vraiment ce que le contact avec le désert pourrait lui enseigner : tout ce qu’il voyait, c’était qu’il allait revoir Aménophis, et rien que pour cela, il en aurait béni les dieux ! … שﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂשﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂשﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂשﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂ … L’excitation des hommes avait gagné les chevaux et certains piaffaient d’impatience, prêts à tirer les chars et à s’élancer dans les grandeurs prometteuses de la nature égyptienne. Plusieurs chars s’entassaient devant le palais, prêts à partir, et un nombre impressionnant de serviteurs et d’écuyers s’occupaient des derniers préparatifs, virevoltant ça et là, apportant soit des armes, soit des provisions, gérant la bonne tenue des attelages et des chevaux… Une véritable fourmilière aux multiples têtes frémissait dans la cour, prise d’une frénésie extraordinaire. C’était de l’énergie à l’état pure, une sorte d’excitation générale qui ne laissait pas indifférent le fils de la libyenne, gracieusement invité par le Pharaon en personne, sur les recommandations de sa mère Ahotep. Hori ne connaissait pas un seul de ces hommes : et pourtant, les grands noms de l’aristocratie et de l’armée égyptienne étaient là. Leur réputation avait traversé même les murs du harem mais le jeune homme comprit son ignorance totale du monde extérieur à leur contact. Et pour la première fois de sa vie, alors que tous passaient et repassaient devant lui, s’apostrophant les uns les autres en riant ou s’adressant des saluts respectueux et empreints de dignité, sans jamais s’arrêter pour le saluer lui, il regretta de les connaître, mais de ne pas être connu d’eux. Ce manque de renommée lui fit comprendre combien stérile avait été son choix de rester auprés de sa mère, sans même essayer de s’intégrer dans la société égyptienne dont il était pourtant censé être l’enfant. Il resta donc dans son coin, mis à l’écart involontairement, mais heureux tout de même de connaître cette fabuleuse épopée qu’était pour lui la chasse. Pharaon allait bientôt partir en campagne dans le delta : quelques troubles s’étaient créés et il voulait rétablir au plus vite une paix durable et fertile. Mais il avait tenu à organiser une dernière chasse avant de partir, et quelque part, on se doutait que l’isolement dans le désert serait l’occasion pour le souverain de pouvoir parler en toute tranquillité sans être entendu d’oreilles indiscrètes. Certains chars s’avancèrent et on se mit enfin en place, en attendant respectueusement le Pharaon. Debout juste à côté de son char, Hori attendait lui aussi, un peu perdu, espérant avoir à ses côtés un écuyer qui pourrait l’aider à conduire l’engin, lui-même ayant trop peu d’expérience pour se vanter de savoir diriger les chevaux dans le désert. C’est à peine d’ailleurs s’il s’y connaissait dans l’art de faire avancer les animaux là où l’on souhaitait qu’ils aillent, et il se sentait un peu stupide au milieu de tous ces hommes rompus à l’exercice. Il allait véritablement faire pâle figure. Une main se posa sur son épaule et pensant enfin rencontrer l’écuyer qu’on lui avait attribué, Hori se tourna vers l’inconnu… Avant de pâlir subitement. Pris de court, il se pencha aussitôt, saluant respectueusement l’héritier des Deux Terres. - Majesté… Il sentait le regard lourd et pénétrant d’Aménophis sur lui et il déglutit, mal à l’aise, avant qu’une main ne l’oblige à se redresser. - Père a tenu à ce que nous soyons ensemble sur le char. Le Pharaon en personne avait donc demandé à ce que ses fils soient réunis ? Ou bien était-ce encore l’un des souhaits d’Ita ? Cependant, beaucoup trop ravi pour cela, Hori n’en chercha pas plus longtemps le responsable et un petit sourire illumina ses lèvres. - Bien. Je suis honoré de faire équipe avec vous. Son sourire surprit agréablement Aménophis, et une lueur amusée traversa son regard, alors qu’il montait sur le char et laissant son ‘frère’ en faire autant. Hori semblait avoir un équilibre précaire sur l’engin, et son ignorance sauta tout de suite aux yeux d’Aménophis qui comprit soudain pourquoi le Pharaon avait tenu à ce qu’il fasse équipe avec lui. Il valait mieux que quelqu’un d’expérimenté s’occupe du libyen, sans quoi il allait avoir quelques problèmes durant le voyage. Il attrapa la main de son ‘frère’ et la lia solidement avec une lanière en cuir sur le côté, tout en déclarant : - Tiens cela fermement, afin de ne pas tomber quand le char s’élancera. Mets bien tes pieds éloignés l’un de l’autre et essaye de tenir en équilibre. Il faut te détendre, essayer d’être en accord avec les mouvements du char, sinon tu n’y arriveras pas. La voix était grave et assurée, et elle eut le don de faire rougir Hori. Chaque fois qu’il se retrouvait face à l’héritier, c’était plus fort que lui… Il réagissait comme une pucelle effarouchée, et il se sentait ridicule d’être aussi puéril. Mais il n’arrivait pas à dépasser sa timidité face à cet homme qui incarnerait plus tard l’Egypte à lui tout seul. A ce moment-là, Pharaon apparut et tous les chars d’un même accord s’ébranlèrent, prêts à partir dés que le roi serait installé. Aménophis redevint grave et il laissa les chevaux s’avancer jusque derrière le char de Sa Majesté, trouvant naturellement sa place d’héritier derrière le souverain des Deux Terres. Quelques murmures se firent entendre quand les nobles aperçurent Hori à ses côtés, et le jeune homme se sentit encore plus mal à l’aise. Pas question de faire un faux pas devant ces gens-là, car les mémoires étaient tenaces au palais. Il tint plus solidement la lanière de cuir et s’accrocha du mieux qu’il pu… Même si le pire était sans doute à venir quand les chars s’élancèrent tous d’un commun accord à la suite de celui du Pharaon en direction de la sortie de la ville. Sa main se crispa alors que l’élan, prodigieux et déstabilisant, avant rudement secoué son corps. Hori commença à se dire qu’il avait fait l’erreur de sa vie en acceptant cette chasse car il n’arriverait jamais à tenir sur ce char !!! Il était ballotté dans tous les sens et les secousses de l’appareil se répercutaient plutôt violemment dans son corps, le menaçant à chaque fois de passer par-dessus bord. Etonnement, Aménophis s’en sortait vraiment bien et Hori lui envia cette chance… Un bond de plus du char le fit se crisper davantage et cherchant un appui, sa main agrippa brutalement le bras de son compagnon. Aménophis tourna son regard vers lui et quand il constata la peur du jeune libyen, il eut un petit sourire et passa son bras autour de sa taille, le serrant avec une force extraordinaire contre lui. - Tiens-toi à moi et tout ira bien… Hori rougit subitement mais sa peur le poussant à accepter, il hocha la tête et se cramponna à celui qui était son ‘frère’. Il devait passer pour un imbécile devant les autres nobles mais il s’en moquait complètement parce que là… serré contre Aménophis… il pouvait de nouveau entre le bruit de son cœur, si régulier, si puissant… si réconfortant. Lentement Hori se détendit et accepta un peu mieux les secousses du char, serré contre son ‘frère’, laissant la peur le quitter et la joie de cette excursion l’envahir. Les chars défilèrent dans l’artère principale de la ville avant de se diriger tout droit vers l’extérieur, en direction du désert. Pour le jeune libyen qui n’avait jamais quitté le harem, ou les premières rues de la ville, tout ne fut que découverte et quand enfin les dernières maisons disparurent derrière eux, quand l’immensité de la nature se révéla à lui, il eut un choc. Les chars avançaient de plus en plus et bientôt, les roues s’enfoncèrent dans le sable, les sabots ne laissèrent qu’une empreinte vague derrière eux et le silence tomba… Impressionnant. L’horizon s’ouvrit, gigantesque sous le ciel d’un bleu éclatant, presque irréel. Devant Hori, il n’y eut plus que du sable, à perte de vue. Des dunes qui se coulaient sous le soleil, tels de gros chats se prélassant, tels les Sphinx gardant les pyramides… Il déglutit et lentement, son bras quitta la taille d’Aménophis, s’écartant de lui. Sa mère n’avait pas menti. L’énergie qui se dégageait du lieu était terrible. Sensationnelle. Jamais encore il n’avait ressenti une telle puissance, alors pourtant qu’il n’y avait rien… Mais c’était peut-être cela la beauté de l’endroit : ce ‘rien’ écrasait tout, rendait toute chose minuscule et insignifiante. Pour Hori, déjà imprégné de la magie de sa mère et de la sienne propre qu’il avait développé, cela fut comme une ouverture à l’inconnu. Au monde tout entier. L’énergie défila en lui, dévastant toutes ses illusions en lui, le ramenant à ce qu’il était véritablement. Le désert l’appelait, énorme, incroyable… Il répondait à sa propre magie et la décuplait au centuple, la renforçant et la rendant encore plus solide que la pierre éternelle des monuments et des temples. Il comprit enfin pourquoi Ita avait insisté pour qu’il y aille, pour qu’il fasse cette rencontre. Parce que c’était véritablement une rencontre et elle venait de transfigurer Hori. Aménophis fut surpris de sa réaction et même s’il n’en laissa rien paraître, il jetait de temps en temps des regards inquiets et curieux sur son frère, hésitant entre lui demander si tout allait bien et le laisser dans cette transe qui semblait s’être emparée de lui. La chasse commença mais Hori n’y prêta aucune attention, envoûté par le lieu. Les chars se séparèrent et rapidement, ils se déployèrent sur le sable afin de rabattre le maximum de gibier. Ainsi éloignés des autres, l’héritier ne pu garder plus longtemps ses questions pour lui : - Hori ? Tout va bien ? - Hein… ? Oh oui, bien sûr. En fait, je n’ai jamais été aussi bien de toute ma vie ! L’héritier sourit, tout de même intrigué, et cessa ses questions pour se consacrer uniquement à la chasse. Par la suite, tout se passa très bien : les chars prirent au piège de nombreuses proies qui tombèrent sous les flèches des participants, tandis que d’autres s’amusaient à les attraper vivantes, afin de remplir le zoo privé du Pharaon. Hori ne suivit rien de tout cela : il se consacra uniquement au plaisir de lier sa magie à celle du désert, de le découvrir, de l’apprivoiser… Il se sentait fort, invincible avec lui et s’il avait pu, il serait resté là toute la journée et toute la nuit pour continuer à ressentir cela, pour s’enivrer de cette énergie phénoménale qui nourrissait sa magie et son corps. Mais un petit vent se leva au milieu de journée… Un vent qui ne présageait rien de bon et rapidement, certains guides finirent par demander l’arrêt de la chasse. Une tempête se préparait et il valait mieux quitter le désert assez vite. Aménophis stoppa leur char quand il entendit la nouvelle se propager et il fronça les sourcils. Une tempête la veille du départ de Pharaon… - Aménophis ? finit par s’inquiéter Hori, redescendant de son petit nuage. - Je n’aime pas cela… C’est un mauvais présage… Le jeune libyen tourna son regard vers l’immensité du désert. Et ce dernier se livra à lui, avoua… La vérité se glissa dans son cœur à travers la magie et il déglutit. Aménophis avait raison. Le désert le savait déjà. Pharaon ne reviendrait pas… … …
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