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Genre : historique, yaoi

Note : merci pour toutes vos commentaires, c’est vraiment gentil de votre part.

Je sais que ce chapitre est de transition et qu’il n’apporte pas grand-chose, c’est pourquoi je vous met en même temps la chapitre suivant, beaucoup plus intéressant. Je voulais raccourcir ce passage mais en fait… J’en étais incapable. J’aime tellement me plonger dans l’univers de l’Egypte ancienne que j’ai de plus en plus de mal à en sortir, et je m’étale parfois alors que ce n’est pas nécessaire. J’espère ne pas vous lasser quand même….

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                    Sous la Lumière de Râ

Chapitre 6 : Un avenir ?

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Plusieurs jours après, cette rencontre hantait encore Hori. Chaque fois qu’il fermait les yeux, il sentait de nouveau ces mains tendres et fortes à la fois couler sur son corps, lui prodiguer cette force qui lui manquait parfois cruellement.

L’aura du jeune héritier était tellement puissante… Il deviendrait un grand pharaon.

Et il ne le reverrait plus jamais, en-dehors des cérémonies officielles.

Rien qu’à cette idée, le coeur d’Hori se serrait et le doute s’insinuait en lui. N’avait-il pas fait une bêtise en refusant d’aller à l’école militaire ? Là-bas, il serait resté en contact avec celui qui avait été autrefois son ami, cet écart impressionnant qui existait entre eux désormais n’aurait jamais existé et aujourd’hui encore, il aurait pu être à ses côtés…

Mais qu’est-ce qu’un jeune homme, d’origine étrangère, et sans aucune qualification, pouvait bien apporter au futur pharaon ? Hori n’avait pas sa place aux côtés d’Aménophis, il en avait terriblement conscience.

Pour la première fois depuis qu’il avait fait ce choix, il doutait. Un doute terrible et angoissant.

Quel serait son avenir ? Allait-il rester éternellement dans le harem, en compagnie d’Anouna qui finirait forcément par s’éloigner elle aussi, un jour ou l’autre, au bras de son époux… ? Seshi revenait pour voir sa mère, qu’en serait-il une fois qu’elle ne serait plus parmi eux ? Reviendrait-il uniquement pour ses amis ? Leur amitié même survivrait-elle à cela ?

Hori savait bien écrire les hiéroglyphes et se débrouillait plutôt bien sur certaines traductions de langues étrangères, mais encore une fois, en quoi cela serait-il utile au souverain ? Une multitude de scribes hantaient le palais et la capitale… Avec ses maigres connaissances, Hori n’arriverait même jamais au niveau d’un scribe royal.

En fait, cette rencontre avait eu un impact considérable sur Hori. Parce qu’il s’était rendu compte non seulement qu’il voulait à tout prix rester aux côtés d’Aménophis, de cet ancien ami qui n’en était plus un, ce qu’il regrettait amèrement, mais qu’en plus, aucun avenir ne se présentait à lui… Strictement aucun.

Lorsque l’héritier l’avait déposé sur son lit ce soir-là, sous le regard terriblement inquiet d’Ita à qui on ramenait un fils à bout de forces et au visage tuméfié, il s’était contenté de dire :

- Qu’il se repose…

Il était parti sans même un regard pour Hori, comme s’il n’était qu’un inconnu, comme s’il n’avait aucune importance. A ce moment-là, le jeune homme avait pris conscience d’une chose terrible : et s’il était condamné à se reposer toute sa vie, considéré comme un infirme et un bon à rien, sans aucune capacité ni aucun avenir ?

Il aurait aimé qu’Aménophis reste, il aurait aimé le remercier de vive voix, mais aucun son n’avait franchi sa gorge brûlée et il s’était contenté de le laisser s’éloigner, incapable de réagir.

Et depuis, il n’avait pas quitté son lit. Les premiers jours, Ita l’avait soigné avec l’amour d’une mère, le cajolant comme s’il n’avait encore que 5 ans, et Hori avait profité de ces moments pour se remettre doucement et reprendre des forces. Voilà longtemps qu’il n’avait pas fait une telle crise et son corps n’y était plus vraiment habitué. 

Mais par la suite, quand sa mère avait jugé qu’il allait mieux et qu’il pouvait dorénavant se lever, Hori n’avait pas bougé. Elle n’avait pas insisté au début mais l’attitude de son fils par la suite avait commencé à l’inquiéter fortement. Hori ne parlait pas, restait allongé sur son lit, le regard plongé dans une rêverie dont elle avait beaucoup de mal à l’en tirer. Il mangeait très peu et semblait aller de plus en plus mal moralement, comme si quelque chose le rongeait intérieurement.

Ita avait utilisé tous les moyens pour savoir ce qui le tracassait à ce point-là : elle avait même été jusqu’à utiliser sa propre magie sur son fils, sans résultat. Hori avait un don certain pour cela et il avait contré sans problème les maigres tentatives de sa mère.

La pauvre Ita, ne sachant plus quoi faire, avait supplié Anouna et Seshi d’intervenir : tous deux étaient venus à son chevet parler avec Hori, discutant de tout et de rien, plaisantant, riant même, le taquinant mais… Hori avait à peine répondu et s’était très vite plongé dans un mutisme inquiétant pour eux qui le connaissaient bien. Jamais encore ils n’avaient vu le jeune homme dans un état pareil. Le gai et joyeux Hori n’était plus. C’était comme si… Comme s’il était brisé intérieurement.

Evidemment, sa disparition soudaine après l’accident fit un plaisir immense à l’affreux Ipi, qui clama haut et fort parmi ses amis avoir donné une bonne leçon à « ce sale libyen » qui se mêlait de ce qui ne le regardait pas. Il en riait ouvertement devant Anouna, lui adressant des œillades grivoises et moqueuses, qui scandalisèrent la jeune fille.

Comment pouvait-on être aussi abject ? Et surtout, comment avait-elle pu être assez stupide pour se laisser entraîner par ce bellâtre au lieu d’écouter les conseils de son grand frère ?

Elle se sentait coupable de tout ce qui arrivait, sans se douter que la réelle cause de la déprime soudaine d’Hori s’appelait Aménophis.

A l’écoute des autres et surtout très observateur, Seshi se rendit vite compte que la jeune fille n’allait pas très bien elle non plus, et il vint plus souvent au harem, essayant d’être au maximum à ses côtés afin de la soutenir. Son amour pour la jeune nubienne était plus que visible et Anouna profita de ce soutien que les dieux lui accordaient et qui s’avérait chaque jour devenir de plus en plus indispensable. Seshi était d’une telle gentillesse avec elle qu’elle ne pouvait plus se passer de lui, et chacune de ses absences la rendait mélancolique.

Le jour où le groupe de jeunes gens dirigé par Ipi passa devant le couple assis sur des nattes, le jeune homme lançant exprés des moqueries sur Anouna et Hori, Seshi entra dans une rage folle et il défia Ipi qui ne pu reculer devant ses amis. Il voulut faire le fier, mais Seshi l’expédia tellement rapidement au tapis qu’il eut certainement la honte de sa vie, et devant tous Seshi l’humilia verbalement, lui rabattant ainsi le caquet et sauvant l’honneur de ses deux amis.

Anouna le rapporta le soir même à son frère, espérant que cela lui ferait plaisir, mais visiblement cela eut aussi peu d’effet que si on lui avait annoncé que la chatte de la vieille Nobéseb avait eu des petits.

Les jours passèrent ainsi, plongés dans une déprime et une mélancolie triste qui mirent un certain voile sur la vie autrefois agréable de la petite famille, et Ita décida qu’il était temps d’agir. Elle n’en pouvait plus de voir son fils recroquevillé sur lui-même comme si la vie ne valait plus la peine d’être vécue, et prenant le taureau par les cornes, elle s’approcha de lui un soir et lui ordonna d’une voix sèche de lui dire ce qui n’allait pas. Le ton était tel, et tellement inattendu chez Ita, qu’Hori arqua un sourcil étonné.

- Mais voyons, Mère…

- Non Hori, cela fait des jours que tu restes cloîtré ici, tu ne manges presque rien et tu parles à peine. Qu’est-ce qui t’arrive ? Je peux comprendre que tu te sentes mal par rapport à ce qui s’est passé, mais la moindre des choses, c’est de nous en parler ! Tu imagines l’inquiétude que nous pouvons ressentir en te voyant comme ça ? Pourquoi agis-tu aussi égoïstement mon fils ? Je ne te reconnais pas…

Hori baissa la tête, tout penaud devant le ton qu’adoptait sa mère. C’était la première fois qu’il voyait Ita aussi fâchée envers lui et il se sentit coupable.

Cependant, malgré les efforts de sa mère, les mots étaient toujours aussi imprononçables pour lui. Comment exprimer cette angoisse de l’avenir qui se dessinait en lui et l’empêchait par moment de respirer ?

Il se redressa, s’asseyant sur son lit en tailleur, et prit une grande inspiration.

- Je… Je me sens mal Mère depuis quelques jours c’est vrai mais… Je… Je ne sais pas…

Ita s’approcha alors et s’assit à ses côtés pour prendre ses mains dans les siennes. Il fallait que son fils lui parle sans quoi elle ne pourrait jamais l’aider, et sa déprime lui était de plus en plus insupportable.

- S’il te plaît Hori… Essaye de me parler. J’ai tellement peur quand je te vois dépérir jour après jour.

Elle massa tendrement les mains de son fils, essayant de lui transmettre son courage et sa force. Il fallait qu’Hori se libère de ses démons, sinon ceux-ci ne le lâcheraient jamais.

- J’ai l’impression… de… d’être inutile Mère. D’avoir fait de mauvais choix…, céda soudain Hori.

Ita écarquilla les yeux mais sentant que le jeune homme allait continuer, elle préféra se taire pour l’instant.

- Tous les jeunes gens de mon âge sont allés à l’école et la plupart commencent déjà à travailler pour le Pharaon. Moi je ne sais rien faire et je ne peux tout de même pas passer le reste de mon existence ici ! J’ai l’impression… que je n’ai aucun avenir…

Emue par la déclaration de son fils, Ita le prit tendrement dans ses bras et passa sa main dans les longs cheveux de son fils, essayant de le cajoler du mieux qu’elle pouvait. Elle comprenait tout maintenant : Hori était quelqu’un de sérieux, bien plus sérieux que la plupart des garçons de son âge et effectivement, sa situation n’était guère reluisante. Ita s’en était voulue elle aussi quand elle avait poussé son fils à faire un choix, mais elle s’était dit qu’avec le temps, ils trouveraient une solution pour son avenir.

Mais à la différence de son fils, il ne lui avait pas fallu aussi longtemps pour se rendre compte du problème, et elle eut un petit sourire attendri.

Serrant Hori contre elle, elle lui murmura :

- Mon fils, tu n’es pas inutile, crois-moi… A la différence de tous les jeunes de ton âge, tu possèdes quelque chose de bien plus précieux et de plus puissant en toi. Je savais qu’un jour ou l’autre, tu te poserais cette question et c’est pourquoi je n’ai cessé de te dispenser mon propre enseignement Hori. Ce que tu as pris pour un jeu était en fait une véritable formation.

Etonné et perplexe devant de telles affirmations, Hori se redressa et chercha la vérité dans les yeux de sa mère :

- De quoi parles-tu ?

Ita prit son visage en coupe et avec son plus beau sourire, elle répondit joyeusement :

- Mais la magie mon fils ! Toutes ces choses que je n’ai cessé de t’enseigner, et où tu m’as largement surpassé, font de toi un homme. Avec elles, je sais que le destin t’ouvrira ses portes.

Et devant l’étonnement d’Hori, elle ajouta :

- Tu possèdes un savoir que nul autre en Egypte n’est capable de comprendre. En toi coule le sang des libyens, le sang de mes ancêtres, et c’est en lui que tu te dois de puiser ta force. La magie n’est pas seulement l’affaire des femmes mon enfant, elle est capable de choses fantastiques dans ce monde, de choses qui te dépassent et dépassent tous les hommes ! Si tu possèdes cette force avec toi, alors tu possèdes le monde mon chéri.

- Tu exagères Mère…, murmura Hori, sidéré par de tels propos.

Ita soupira : il est vrai qu’enfermé entre ces quatre murs, son fils devait avoir du mal à s’imaginer exactement l’étendue de ses pouvoirs, et pourtant… En quelques années, il avait dépassé sa mère et avait acquis un niveau tel qu’Ita l’avait regardé évoluer avec une fierté sans nom. Il était bien le fils de son père.

Elle posa doucement sa main sur l’épaule d’Hori et répondit avec un petit sourire :

- Non, tu sais bien que je ne sais pas exagérer. Tu trouveras ta voie mon fils, je te le jure. Ta vieille mère fera tout ce qui est en son pouvoir pour t’aider. Les étoiles suivent ta destinée mon fils, elles ne t’abandonneront pas.

* Elles ont accompagné ta naissance et t’ont protégé… Pourquoi t’abandonneraient-elles maintenant, alors qu’elles ont attendu tout ce temps ? *

Puis elle ajouta :

- Maintenant j’aimerais que tu te reprennes en main, et que tu me laisses faire pour ton avenir d’accord ?

Hori eut un petit sourire amusé et il demanda, une joie dans son regard qui avait disparu depuis trop longtemps revenant enfin :

- Que vas-tu conspirer Mère ?

- Huuumm… Secret de femme.

שﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂשﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂשﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂשﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂﭪשּׂ  

Hori avait confiance en sa mère, même s’il ne voyait absolument pas quel était son plan pour son avenir, mais il ne lui posa aucune question dérangeante et fit comme elle le lui avait demandé. Il se leva enfin, reprit goût à la vie avec ses amis, et malgré une petite touche mélancolique au fond des yeux, il retrouva le sourire et sa joie habituelle. Cela soulagea considérablement Ita, mais également sa sœur Anouna et leur ami Seshi.

La vie au harem était toujours la même : lente, paisible et remplie de cette douceur moite et agréable… Hori s’y laissa aller quelques temps, tout en continuant de travailler sa magie, comme le lui avait indiqué sa mère. Il ne comprenait pas vraiment comment un tel pouvoir pouvait être utile au royaume, surtout lorsqu’il était travaillé de façon clandestine comme il le faisait. Mieux valait que personne ne soit au courant de ses activités au sein du harem, sans quoi on risquait de les accuser lui et sa mère de tous les maux qui s’y abattaient. Les femmes de cet endroit craignaient tellement tout ce qui risquait de déranger leur petite vie paisible qu’elles auraient hurlé au loup si jamais elles avaient su ce dont était capable l’étrangère libyenne et son fils. Tout au plus savait-on qu’Ita arrivait à soigner les gens grâce à quelques plantes dont elle détenait le secret, et cela suffisait amplement.

Puis tout se bouscula le soir où la vieille Nobéseb qui voir sa mère, plus tard que d’habitude. L’âge de la sage ne lui permettait plus vraiment de vivre comme elle l’entendait autrefois, et son corps réclamait énormément de repos qu’elle avait bien souvent du mal à lui accorder. C’est pourquoi Ita fronça les sourcils en la voyant entrer chez elle à une heure aussi avancée dans la soirée.

- Nobéseb, le soleil est couché depuis longtemps, tu aurais dû suivre son exemple…

Elle se leva et vint aider l’aïeule qui lui adressa un petit sourire amusé :

- Voyons Ita, le jour où je commencerai à manger des grains de blé, tu pourras me traiter comme une poule, en attendant laisse-moi tranquille veux-tu ?

Elles rirent toutes les deux, plongées dans cette complicité qui les entourait depuis toujours. Ita la fit s’asseoir et finit par demander, curieuse :

- Alors ? Quel fait extraordinaire t’amène ici à cette heure ? Ton petit-fils serait-il enfin né ?

- Ne me parles pas de ça veux-tu ! J’ai parfois l’impression que ma belle-fille fait tout pour ne pas en avoir… Cette fille est décevante !

- Je pourrais l’aider si tu veux. Je connais quelques plantes qui favoriseraient la venue d’un enfant.

Nobéseb tiqua et eut un petit geste de la main qui signifiait clairement qu’il valait mieux laisser sa belle-fille là où elle était.

- Non Ita, je ne suis pas venue pour elle. Mais tu as raison, tes plantes nous seraient bien utiles maintenant…

- Pardon ?

- Ecoute, je suis venue parce que je sais que tu es capable de miracles avec tes plantes, et ce dont nous avons besoin, c’est bien d’un miracle. La vieille reine est très malade et depuis hier elle refuse de se lever… Nous avons besoin de toi.

- Mais les médecins ne…

- Oh laisse ces vieux boucs là où ils sont veux-tu ! L’argent que le roi leur donne leur a fait oublier tout leur savoir et ils ne sont maintenant que des incapables ! La mère du pharaon a besoin de toi Ita.

La libyenne ne réfléchit pas longtemps : elle se leva, attrapa un petit sac où elle gardait toutes ses herbes médicinales et trancha aussitôt :

- Je te suis Nobéseb.

La vieille femme fut heureuse de la voir aussi disposée à aider la reine, mais la libyenne avait un autre objectif en tête : si elle réussissait à guérir Ahotep Ière, mère du Pharaon, elle pourrait ainsi aider son fils. En fait, elle n’avait attendu qu’une proposition de ce genre, et celle-ci tombait à pic !

A suivre….