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                          Le Pacte

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Le contrat disparut rapidement, comme s’il n’avait jamais existé. Fabio arborait un sourire ravi, le même sourire que tous les hommes d’affaire avaient sur les lèvres quand ils signaient un contrat juteux et Peter se sentit bizarrement flatté. Certes la situation était plus que bizarre et n’importe qui aurait paniqué en réalisant ce qu’il venait de faire mais Peter se contenta d’observer un peu plus la magnifique récompense qui accompagnait le contrat.

Fabio était sublime : rarement encore avait-il vu un homme aussi charismatique et séduisant que lui. Tout en lui respirait l’assurance de soi et l’élégance, comme les gentlemans d’autrefois. Il portait les cheveux mi-long, d’un châtain clair délicieux, si fins que Peter eut envie de passer sa main dedans juste pour en goûter la douceur. Son nez légèrement relevé et ses pommettes hautes offraient à son visage des traits réguliers et fins, et un ovale parfait. Il était habillé à la dernière mode, mais de façon discrète et élégante, sans rien qui puisse choquer ou véritablement attirer l’attention. Ses yeux, étrangement pourpres, possédaient une lueur que Peter n’avait jamais vu chez personne : une sorte de ruse mélangée à une intelligence exceptionnelle. Le genre de regard qui l’attirait irrésistiblement.

Fabio était beau, incroyablement beau, et Peter réalisait qu’il devait être l’homme le plus chanceux de la terre.

Un rire clair et léger s’éleva entre eux, sortant Peter de ses pensées admiratrices. Il croisa alors le regard amusé de celui qui venait d’être nouvellement nommé son amant et il lui sourit béatement, un peu malgré lui.

« Tu me vois heureux de te savoir satisfait mon cher. »

« Le prix est cher mais la marchandise en valait la peine… »

Fabio tiqua et la lueur amusée quitta son regard. Visiblement, il ne goûtait pas la plaisanterie du PDG.

« Tu aurais pu trouver autre chose que le terme de marchandise pour me qualifier Peter. Tu n’as pas l’air de savoir à qui tu as affaire apparemment… »

Peter pencha légèrement la tête de côté, réalisant soudain qu’il ne connaissait toujours rien de Fabio et… qu’il était peut-être en train de discuter avec celui que l’on appelait Satan un peu partout dans le monde. Un frisson le parcourut et il osa demander, un peu moins sûr de lui.

« Vous êtes…. ? » 

Le sourire de Fabio était beau à voir et ce dernier répliqua en riant :

« Non mon cher. Je ne suis pas lui. Il ne traite pas en direct ce genre de petite affaire, crois-moi. Il préfère déléguer cela à ses capitaines des armées, dont je fais partie. »

« Ca… Capitaine des armées… ? » balbutia Peter, sidéré.

« Oui, permet-moi de me présenter. Je suis Maimon, de mon véritable nom démoniaque. Capitaine des armées infernales et démon reconnu dans la plupart des pays asiatiques. »

La fierté du démon chassa aussitôt la peur qui avait menacé de poindre en Peter. En cet instant, Fabio semblait tellement imbu de sa personne et de son grade, comme un enfant qui clame haut et fort la bonne note qu’il a eu à l’école, que cela fit naître un sourire chez Peter.

« Oh je vois… Et bien je suis enchanté Maimon. »

« Appelle-moi Fabio. »

« Pour l’incognito ? » se moqua gentiment Peter.

Le démon lui renvoya un regard acéré et répliqua :

« Non, parce que je le préfère. »

Il se leva soudain et invita son interlocuteur à en faire de même, rétorquant aussitôt :

« Allons-nous-en d’ici. Nous n’avons plus rien à y faire. »

Il ne laissa même pas le choix à Peter et se dirigea vers la sortie. Le jeune homme se leva rapidement et saluant d’un signe de tête la femme au bar, il sortit sur les traces de Fabio, encore un peu étonné de tout ce qui venait de se passer… Et encore plus surpris de l’homme qu’il allait ramener chez lui. Si on lui avait dit un jour qu’il vendrait son âme à un capitaine des armées infernales dans le seul but d’avoir enfin à ses côtés l’homme qui lui était destiné, l’homme dont il était tombé amoureux, il ne l’aurait jamais cru. Et pourtant… Il fallait croire que tout était possible !

Fabio héla un taxi et tous deux montèrent dedans. Peter indiqua son adresse et lorsque la voiture démarra, le démon vint se lover contre le jeune homme, prenant son bras pour le passer par-dessus ses épaules, et il se blottit contre lui. D’abord étonné, ce geste finit par plaire au PDG qui le regarda tendrement, enfin heureux. Il ne pu résister à la tentation de déposer un baiser sur son front, et il murmura :

«  Je suis heureux que ce sois toi. Je ne voulais personne d’autre. Je n’ai pas cessé de penser à toi depuis l’autre nuit… Tu me hantais littéralement… Si c’est votre technique d’approche, elle est parfaitement réussie. »

Fabio eut un petit rire et il ferma les yeux. On aurait presque dit un couple normal, comme tous ceux qui pullulaient dans la grande ville de New-York… Un couple heureux, et le sourire du chauffeur de taxi réchauffa le cœur de Peter. Un couple comme tous les autres… Tout ce dont il avait toujours rêvé…

Ils rentrèrent bientôt, et le taxi eut droit à un pourboire généreux, reflet de la bonne humeur de Peter. La main de Fabio se glissa dans la sienne et l’entraîna rapidement vers le grand immeuble qui semblait vouloir percer les lourds nuages de la nuit. Mais il n’avait pas besoin de cela pour amener un peu de soleil dans le cœur de Peter : le sourire de Fabio suffisait.

Depuis qu’il le connaissait, il n’avait pensé qu’à lui. Lui et uniquement lui. Un autre n’aurait pas convenu non… Il voulait Fabio, il l’avait littéralement dans la peau. Et le fait d’être peut-être tombé dans un piège ne le gênait pas plus que cela. Il avait Fabio désormais, pour lui tout seul. Et jusqu’à sa mort.

« Comment vous réussissez à faire cela ? » demanda-t-il dans l’ascenseur.

«  Faire quoi Peter ? »

Bon sang, même la façon qu’il avait de prononcer son prénom était sensuelle !

« D’envoûter les gens ? De les faire craquer ? Je n’ai cessé de penser à toi depuis qu’on s’est rencontré… Vous avez bien une technique non ? »

« Le libre-arbitre, tu connais Peter ? »

« Pardon ? »

« Oui, ce que le Très Haut dans sa sainte gentillesse… et patati et patata, vous a donné. Nous ne pouvons absolument pas vous influencer ni jouer sur vos pensées. Vous êtes libres, chers petits humains. C’est ce qui rend le jeu plus intéressant dirons-nous… »

Un air étonné s’inscrivit sur les traits de Peter qui balbutia :

« Mais… Alors pourquoi n’ai-je pas cessé de penser à toi, si… ? »

Fabio eut alors un sourire délicieux et il pencha la tête de son côté pour répondre :

« Hé oui Peter. Tu es tombé amoureux. Un véritable coup de foudre dis-moi, je crois que je dois m’en sentir flatté. »

Pourquoi tout devenait soudain aussi ironique et cynique dans la bouche de Fabio ? Cependant il ne réussit pas entièrement à gâcher la beauté du sentiment qui naissait en lui, et dont Peter se rendait à peine compte.

Il était tombé amoureux… d’un démon. Voilà quelque chose qui n’était pas commun mais il avait toujours fallu qu’il se distingue du lot.

Il ouvrit la porte de son appartement et la referma derrière son amant, observant au passage la chute de rein délicieuse qui passait sous son nez et Fabio capta parfaitement les pensées de son humain de maître, si bien qu’il laissa sa veste tomber à terre, avant de retirer son costume et sa chemise avec une facilité déconcertante, tout en gardant une agilité et une sensuelle toutes… démoniaques.

Il s’avança ainsi, torse nu, jusqu’à la porte de la chambre, suivit par les yeux hypnotisés de Peter. Il ne se retourna que devant la pièce et susurra :

« Allez, viens profiter de ton prix… »

Peter ne se fit certes pas prier ce soir-là…

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Se réveiller aux côtés de l’homme dont on était tombé éperdument amoureux était sans doute la plus belle chose qui puisse arriver en ce monde. Se dire que ce corps était à vous désormais, qu’il ne vous échapperait plus jamais et que lorsqu’il ouvrirait les yeux, vous pourrez capturer son âme à tout jamais…

Peter était un romantique dans l’âme, un homme qui avait rêvé toute sa vie au Prince Charmant et qui ne l’avait jamais trouvé. Le monde ne pardonnait pas et les contes de fées devenaient très vite une utopie difficilement envisageable dés qu’on atteignait l’âge mature.

Pas de cheval blanc ni de grand sourire enamouré. Juste le métro et un au revoir déguisé sous un air un peu gêné.

Pourtant, il l’avait trouvé. Dans ce monde pourri jusqu’à la moelle, il avait trouvé son bonheur et il ne comptait plus le lâcher. Certes le prix était… lourd à payer, mais au bout du compte, Peter préférait encore une vie riche et remplie d’amour qu’un néant absolu qui continuerait dans l’au-delà, puisque personne ne l’attendrait et il n’aurait personne à attendre. C’était sans doute mieux ainsi.

Il déposa un baiser sur le front de Fabio qui dormait comme un bienheureux, avant de se lever pour aller s’habiller. Une grande journée l’attendait aujourd’hui, qu’il ne pourrait malheureusement pas dédié à son amant. Un gros client avait rendez-vous dans son bureau à 10h30, et manquer cette réunion coûterait trop cher à sa société, c’est pourquoi il prit une douche rapide et se rasa de prés, avant d’enfiler un costume chic et élégant, qui lui donnait un air assuré et viril. Ravi de lui, il sortit bientôt et tomba nez-à-nez avec un Fabio baillant aux corneilles. Assis sur le lit, le démon –autant ne pas se voiler la face- prenait le temps de se réveiller, et il arqua un sourcil ahuri en apercevant le brun déjà prêt.

« Tu es… déjà habillé ? »

« Hé oui, j’ai une réunion importante ce matin. Mais j’essayerai de rentrer à midi, d’accord ? »

« Hola non ! » s’exclama Fabio, soudain totalement réveillé.

Peter le vit filer à la salle de bain et sa précipitation le fit sourire. Pour sa part, ils e dirigea vers la cuisine afin de se préparer un café avant de partir. Il aurait aimé passer ce premier petit-déjeuner avec Fabio, mais à entendre le vacarme qui provenait de la salle de bain, il valait mieux qu’il n’aille pas s’en mêler, aussi brancha-t-il la machine à expresso, un petit sourire amusé sur les lèvres.

Un peu de vie dans son appartement… Cela faisait du bien.

Il n’eut même pas le temps de faire un premier café que Fabio se présentait déjà devant lui, habillé et propre, d’une élégance surprenante qui désarçonna momentanément Peter.

Bon sang, cet homme était sublime ! Le PDG avait encore du mal à croire que telle beauté était désormais à lui.

Son petit sourire béat fit rire Fabio qui attrapa la tasse remplie pour en boire une gorgée brûlante.

« Et bien beau brun… Content de notre petit contrat ? »

« Extrêmement content. » répondit Peter avec un petit sourire.

Ils burent tranquillement leurs cafés, le regard de Peter ne pouvant s’empêcher de glisser sur ce corps décidément très alléchant avec qui il avait passé une nuit de rêve. Une nuit qui se reproduirait ce soir-même… Rien que cette idée le comblait de joie.

Fabio partit lui chercher son manteau et s’empara du sien.

«  Tu sors ? » s’étonna Peter.

« Oui… Je vais avec toi. »

« Pardon ? »

« Et bien oui… Oh cesse cet air étonné chéri. Je ne vais pas te laisser aller t’amuser tout seul sans moi quand même. »

Le temps que Fabio file dans le couloir, Peter était encore rouge du surnom que lui avait donné le démon. Après tout, pourquoi pas… ? Il l’emmènerait ainsi au restaurant le midi, une fois la réunion terminée.

Le trajet dans sa voiture personnelle se passa merveilleusement bien. Le chauffeur ne siffla mot et ignora superbement le couple enlacé derrière lui. Fabio ne cessa de le câliner, lui donnant une multitude de petits baisers qui fit presque oublier à Peter qu’ils avaient quitté leur lit et qu’il se rendait vers son travail.

Tout cela était tellement agréable que Peter en oublia tout, jusqu’à saluer ses secrétaires quand il entra dans les sièges de son entreprises. La plupart des employés regardèrent avec un ahurissement certain le couple passer devant eux, sidérés de voir la transformation dans l’attitude de leur patron. Rarement avaient-ils vu un sourire aussi rayonnant sur son visage !

Même Owen en resta bouche bée quand il le vit de loin, mais il se reprit très vite et il s’approcha en tendant la main à son ami, avant de tourner un regard curieux vers Fabio, dont le sourire malicieux soulignait un caractère intéressant.

« Monsieur, si c’est vous qui avez réussi à redonner le sourire à Peter, alors je ne peux que vous remercier. C’est le Ciel qui vous envoie ma parole. »

L’air gêné de Peter et le petit rire clair de Fabio l’étonnèrent, si bien qu’Owen crut sérieusement avoir dit une bêtise.

«  On se revoit à la réunion tout à l’heure Owen ? »

Il acquiesça et les dépassa, encore embarrassé par ce qui s’était passé. Quant à notre couple, il partit s’enfermer dans le bureau du PDG, où Peter pu enfin respirer un peu. Il se doutait que les regards curieux allaient affluer, mais à ce point-là…

Fabio se colla à lui et déposa un petit baiser sur son menton, et les bras de Peter se glissèrent autour de sa taille, l’enfermant amoureusement.

« Désolé pour Owen. »

« Ce n’est pas grave tu sais. Il ne peut pas savoir… »

Ils rirent ensemble et Fabio se colla un peu plus à lui, se montrant étrangement câlin. Un peu plus que dans la voiture en tout cas, et Peter lui sourit avant de déposer un baiser sur son front :

« Pas tout de suite. »

« Oh, comme tu veux. »

Fabio le lâcha soudain et s’éloigna de lui pour aller feuilleter les dossiers sur le bureau. Cela fit l’effet d’une douche froide à Peter qui se trouva soudain stupide. Son sourire s’effaça et il ne pu s’empêcher de ronchonner :

« Tu n’as pas besoin de me prendre au pied de la lettre pour tout ce que je dis Fabio... »

Sentant un soupçon de colère dans la voix de son amant, le démon se retourna et fronça les sourcils. Qu’est-ce qui se passait tout à coup ?

« Tu ne veux pas le faire tout de suite, très bien. Je ne vais pas te forcer Peter. »

« Mais… De cette manière-là… »

« Quoi ? Je t’obéis, comme c’est stipulé dans le contrat ! »

Peter crut halluciner, et il se passa la main sur son visage, soudain mal.

Ce maudit contrat. Alors Fabio était ainsi avec lui seulement… parce qu’il y avait un contrat qui le stipulait.

Mais quel idiot il était ! Quel crétin ! Et lui qui jouait les amoureux depuis le matin ! Fabio n’était pas là par amour, mais… par devoir et pour son travail. Peter en eut la nausée et il dû se retenir pour ne pas courir dans ses toilettes privées, situées à côté de son bureau.

« Peter ? Ca ne va pas ? » demanda Fabio.

Son ton était resté neutre. Aucune inquiétude dans sa voix. Evidemment puisqu’il… ne l’aimait pas !

« Pourquoi voudrais-tu que je tombe amoureux de toi ? » rétorqua soudain le démon.

Peter crut que ses bras allaient en tomber et il ouvrit des yeux scandalisés. Le démon pouvait lire dans son esprit, d’où sa réponse, mais Peter ne s’attendait pas à cela.

« Mais voyons… Je… Tu…. »

« Les démons ne tombent pas amoureux Peter. L’amour est un sentiment qu’on peut utiliser certes, mais il n’est pas question de tomber dans ce piège idiot. »

Le PDG secoua la tête, se reprenant et adoptant un air froid. Evidemment… Un piège. Comme celui que lui avait tendu Fabio afin d’obtenir son âme. Quel idiot…

Se révoltant soudain contre cette idée, il se rapprocha à grande enjambée du démon et l’enserra dans ses bras avant de plaquer sa bouche contre la sienne, dans un baiser violent et passionné.  Fabio en écarquilla les yeux, totalement prix au dépourvu, et quand Peter relâcha ses lèvres, il s’écria :

« Mais qu’est-ce qui te prends ? » 

« Je suis peut-être tombé dans ton piège Fabio, mais je te jure que tu tomberas dans le mien… J’en fais le serment ! »   

….

A suivre….