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........................... Entraide forcée … Chapitre 12 : Aveux… …. Sa main passa sur le front du jeune homme : il était toujours aussi brûlant et un soupir lui échappa. Cela faisait déjà une journée entière que Gabriel luttait entre la vie et la mort, et l’écossais était à bout. Il n’osait espérer vainement et en même temps il n’imaginait même pas que le jeune homme puisse vivre ses dernières heures. Dire qu’il y avait encore quelques heures, il lui souriait encore… Jamie n’aurait jamais pensé que ce sourire puisse autant lui manquer… Pourtant, dieu sait qu’il en avait vu de ces sourires tristes et contrits, compatissants presque, depuis qu’il était arrivé ici. Il en aurait pu en faire la collection. Il y avait également eu ces sourires d’enfants curieux, qui passaient parfois la tête par la porte de la chaumière où on les avait accueilli. Mais ils n’avaient jamais su réconforter l’écossais dans cette épreuve. Et aucun d’entre eux n’avaient la beauté de ceux de Gabriel. Aucun. Même en cherchant bien. Celui de son compagnon était un peu comme une brise fraîche les jours de grande chaleur. Un petit souffle qui caressait voluptueusement votre visage en vous laissant un souvenir très agréable. Jamie secoua la tête alors que de telles pensées venant de lui le surprenaient. Lui qui n’avait jamais été capable d’écrire la moindre poésie ou le moindre texte courtois que lui réclamaient parfois les belles demoiselles en Ecosse, se mettait à regretter avec mélancolie les sourires d’un jeune aveugle français… Il fallait croire que tout le monde changeait un jour. Mais Jamie ne regrettait nullement ce revirement, au contraire. Même si à l’heure actuelle, il lui causait la plus grande souffrance qu’il ait connu. Cela lui faisait tellement mal de voir Gabriel allongé sur ce lit, tremblant, délirant parfois alors que sa température refusait de baisser et de lui laisser un instant de paix. Il semblait aller tellement mal. La vieille femme qui les avait accueilli chez elle semblait s’y connaître en plantes médicinales, mais jusque là, elle n’avait fait que répéter la même chose : si Gabriel voulait vraiment s’en sortir, alors il reviendrait parmi eux. Le village était petit, une sorte de hameau perdu en pleine forêt, constitué surtout de bûcherons et de chasseurs qui vendaient leur production en ville pour survivre. Les maisons étaient petites et généralement les familles étaient nombreuses, d’où un manque évident de place. Quand Jamie était arrivé, portant un blessé avec lui, les habitants lui avaient permis de s’installer dans la seule chaumière où il restait un peu de place : celle de la vieille veuve Aline, qui avait un peu la réputation d’une sorcière. Tout le monde cependant l’aimait bien et au vu de cela,, Jamie n’avait pas hésité longtemps avant d’accepter cette offre. De toute façon il n’avait pas eu le choix : Gabriel était dans un état critique et il n’aurait jamais pu l’emmener ailleurs. Aline s’en était tout de suite occupée avec soin, veillant sur lui comme sur son propre fils, aidant moralement l’écossais et l’encourageant à tenir le coup. Selon elle, le jeune homme devrait sa guérison principalement à sa volonté et à la force de son caractère. Jamie passa une nouvelle fois sa main dans les cheveux trempés de sueur du jeune aveugle et se penchant doucement, il murmura : - Tu s l’homme le plus têtu que je connaisse Gabriel… Personne n’aurait eu le courage d’aller chercher son frère dans de telles conditions et pourtant toit tu l’as fait… Alors ce n’est pas une petite fièvre de rien du tout qui va t’avoir n’est-ce pas ? Un bruit le fit aussitôt se redresser et la vieille Aline lui adressa un petit sourire amical : - C’est très bien de lui parler jeune étranger. Il vous entend. Cela l’aide à retrouver le chemin parmi nous. Jamie commençait à être habitué par le discours étrange de la vieille femme : il est vrai qu’à l’entendre parler ainsi, n’importe qui aurait pu la traiter de sorcière. Mais dans le cas présent, Jamie aurait bien aimé qu’elle ait véritablement des pouvoirs magiques : il lui aurait vendu son âme pour que Gabriel s’en sorte. Elle s’avança et déposa le fagot de bois qu’elle tenait prés de l’âtre, avant de revenir vers le seul lit de la demeure. Elle l’avait généreusement prêté à Gabriel, elle-même allant dormir chez son fils qui habitait la chaumière voisine. Sa bru allait bientôt accoucher et elle avait trouvé ce prétexte pour mieux veiller sur elle. Mais durant la journée, elle était très souvent chez elle, ce qui rassurait un peu Jamie. Sa main décharnée s’avança et toucha le front de Gabriel. Un froncement de sourcils de la part de la veuve inquiéta l’écossais qui attendit avec fébrilité son diagnostique. - Votre ami ne va pas bien du tout. Il a perdu trop de sang, la lame a fait trop de mal dans ses chairs. Se reculant, et laissant Jamie encore plus désespéré qu’avant son arrivée, elle entreprit aussitôt de ranger le bois prés de la cheminée, son corps mince et fatigué se baissant et rebaissant avec courage. Après un dernier regard sur son compagnon, Jamie se leva à son tour pour l’aider. - Il va faire froid cette nuit, il faudra bien veiller sur lui. Et sur vous aussi jeune étranger. Vous n’avez pas beaucoup dormi depuis que vous êtes arrivé au village… - Je n’ai pas sommeil... - Oui, vous veillez sur lui, et c’est charitable. Mais il ne faudrait pas tomber malade à votre tour… Même si vous l’êtes déjà un peu. Son rire de vieille chouette surprit Jamie, qui tourna un regard étonné vers elle. Malade ? Devant son ahurissement, Aline cru bon de préciser, avec un sourire en coin : - C’est une maladie contre laquelle je ne peux rien faire, mais ne vous inquiétez pas, ce n’est pas une maladie mortelle. Douloureuse peut-être, mais pas fatale… Jamie comprenait de moins en moins de quoi elle parlait, ce qui fit encore plus rire la veuve, qui dévoila une dentition partiellement édentée assez horrifiante. - Les anciens l’appelaient la maladie d’amour… Cette fois-ci, devant le regard en coin de la vieille femme, amusée, Jamie rougit brusquement, comprenant soudain toutes ses allusions. C’était donc si voyant que cela ? Pourtant au village, tout le monde avait cru qu’ils n’étaient que deux amis, deux compagnons de voyage qui avaient subi une attaque de voleurs de grand chemin… Comment une vieille femme dont la vue n’était sûrement plus aussi bonne qu’autrefois avait-elle pu s’en rendre compte ? Aline rit encore plus et secoua la tête… Ces jeunes… Ils batifolent le nez en l’air et s’étonnent après d’être démasqués… - Mais ne vous inquiétez pas… La vieille Aline sait garder un secret. Et puis… Cela ne me regarde pas. - Merci… Pour tout. Sans vous, je ne sais pas ce que j’aurai pu faire. Aline rejeta ces remerciements d’un geste rapide de la main avant de finir de ranger le bois, puis, alors qu’elle s’en retournait vers la porte, elle attrapa soudain la main de Jamie et l’attira prés de lui, comme pour lui souffler un secret au creux de l’oreille. Elle le regarda droit dans les yeux et proféra : - Appelez-le jeune étranger ! Appelez-le et il reviendra. Il est perdu, il ère, il ne sait plus où aller… Vous devez être son guide, sinon son âme restera là-bas. L’écossais resta muet et finalement elle le relâcha avant de ressortir, ouvrant la porte et révélant l’obscurité qui retombait déjà à l’extérieur, avant de refermer brusquement la porte, les isolant définitivement. Soupirant, il revint prés de Gabriel, les mots de la vieille femme hantant son esprit. Appeler Gabriel ? Qui serait capable d’un tel prodige ? Devait-il seulement écouter les boniments d’une vieille femme incapable de distinguer la réalité de ses divagations… ? Le jeune aveugle s’agita soudain de plus belle entre les couvertures, grommelant des mots sans logique, répétant avec frénésie un prénom distinct : David. Gabriel appelait son frère. Il appelait la seule personne qui semblait avoir veillé sur lui toute sa vie durant, qui avait pris soin de lui… La seule personne en qui il avait confiance…. Loin d’être jaloux, Jamie en eut le cœur déchiré. Il n’avait pas lieu d’être jaloux d’un frère : cela aurait été profondément stupide. Mais il était brisé de voir l’état de Gabriel empirer à ce point. Le jeune homme s’affaiblissait d’heure en heure, il était à peine capable de sortir de ses délires… Il ne tiendrait pas longtemps. Un courant d’air froid balaya soudain la chaumière et Jamie frissonna. Gabriel se mit à trembler encore plus fort, la peau de ses bras couverte de chair de poule. Avisant le feu, l’écossais y remit une grosse quantité de bois apporté par Aline, le ravivant avec énergie avant de tourner son regard vers Gabriel. Depuis le début, le bois ne suffisait pas… Le malade était toujours aussi tremblotant. Or Jamie ne pouvait pas le laisser ainsi. Soupirant, il décida cette fois-ci d’agir. Aline avait peut-être raison…Peut-être réussirait-il à le ramener… Il se leva et lentement retira ses vêtements sales, les laissant tomber au sol sans même prendre la peine de les ramasser ou de les plier, et il revint vers Gabriel pour se glisser sous les couvertures à ses côtés. Ses bras serrèrent l’aveugle contre lui, avec une tendresse dont il avait très rarement preuve, et son corps trouva naturellement sa place auprés de celui de Gabriel. Ce dernier, trop sonné par la fièvre, réagit à peine, mais son visage vint tout aussi naturellement demander sa place dans le cou de son compagnon qui l’attira contre lui et ne bougea plus. Ce soir, il ramènerait Gabriel. Il ferma les yeux et se pencha un peu plus sur le corps de son compagnon, l’emprisonnant dans ce cocon de douceur et, alors qu’il déposait un baiser timide sur les mèches blondes de Gabriel, Jamie murmura : - Je t’aime Gabriel… Alors maintenant, il faut que tu luttes. Pour moi, pour David… Ne nous laisses pas tomber s’il te plaît. …. OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO … Lorsqu’il s’éveilla, la conscience encore lourde et chargée de sommeil, l’écossais mit un certain temps avant d’ouvrir les yeux. Les évènements des derniers lui revinrent en bloc et inquiet pour Gabriel, il plongea son regard vers le corps qu’il tenait toujours aussi étroitement serré dans ses bras. Quelle ne fut pas sa surprise de voir deux prunelles aveugles dirigées vers le plafond, ouvertes en grand, animée malgré tout d’une vie nouvelle qui lui fit un plaisir énorme. Gabriel était réveillé ! Il était parmi eux, il était revenu ! Fou de joie, Jamie fut incapable de dissimuler plus longtemps ce sentiment de bonheur qui l’envahissait et il serra Gabriel contre lui avec force, murmurant d’une voix tremblante : - Tu es réveillé…. Tu es réveillé Gabriel ! J’ai eu si peur… Débordant d’allégresse, il prit soudain le visage encore un peu pâle de Gabriel entre ses mains et déposa sur tout son visage un flot ininterrompu de baisers papillons, dévorant cette peau qu’il rêvait de caresser depuis si longtemps… Gabriel, au début surpris, se tendit de plus en plus, affreusement gêné et surtout perdu. Il essaya de s’écarter un peu de Jamie pour reprendre son souffle mais l’écossais le tenait trop étroitement serré contre son corps. Quand il s’était réveillé, il s’était brièvement demandé qui pouvait bien être la personne à ses côtés. David ? Mais tout comme Jamie, les évènements précédents lui étaient revenus rapidement et il avait finalement compris que la seule personne qui pouvait le tenir ainsi ne pouvait être que l’écossais… Il était resté à ses côtés tout ce temps. Il avait veillé sur lui. Le voleur avait tenu sa promesse. Il n’avait pas fui. Il s’était senti tellement heureux qu’il n’avait pas réussi à se rendormir et il s’était laissé bercer par le souffle régulier de l’écossais endormi à ses côtés. Doucement il avait même laissé sa main glisser sur le torse imberbe de son compagnon, sur cette peau ferme et encore douce qu’il avait déjà secrètement rêvé de caresser. Son rêve devenait réalité… Il était surpris que Jamie prenne autant soin de lui mais quelque part, cela lui faisait énormément plaisir. Mais maintenant, cette joie soudaine de la part de son compagnon et surtout ces baisers si déstabilisants, si empressés, laissant derrière eux une brûlure étrange sur sa peau, lui faisaient peur… Il ne comprenait pas l’emportement de Jamie, pas plus qu’il n’arrivait à maîtriser les battements irréguliers de son cœur et cette impression étrange de perdre la tête au fur et à mesure que les baisers de l’écossais devenaient de plus en plus brûlants… De plus en plus interdits. Personne encore ne l’avait touché ainsi, personne n’avait osé poser la main sur lui hormis son frère… Et David ne l’aurait jamais embrassé de cette façon. Ses baisers sur son front étaient doux, sereins. Les baisers d’un frère. Mais là… C’était les baisers d’un amant. Même si Gabriel n’y connaissait rien, il ne pouvait pas se tromper. Et tout cela lui faisait peur. Peur d’aller trop vite, peur de se tromper… Peur d’être trompé. Est-ce que Jamie lui-même réalisait ce qu’il était en train de faire ? - Jamie…, couina l’aveugle, de plus en plus mal à l’aise. Mais l’écossais mit un certain temps avant d’arrêter ses baisers, s’entêtant encore à parsemer cette peau encore un peu pâle de ses lèvres affamées. Et quand il s’arrêta, son souffle était court et haletant… Si chaud sur le visage de Gabriel. - Jamie, qu’est-ce… Qu’est-ce qui te prends ? S’il te plaît, arrête… J’ai… J’ai peur.. Je ne comprends pas. Les yeux aveugles semblaient s’affoler : ils se tournaient dans tous les sens comme pour chercher à capter la moindre ombre, la moindre couleur qui pourrait peut-être les sortir enfin de cette obscurité dans laquelle ils baignaient depuis si longtemps et qui les empêchaient en cet instant de lire sur le visage de Jamie tout ce dont Gabriel était incapable de comprendre. L’écossais le remarqua mais il n’eut qu’un petit sourire attendri et sa main partit dans les cheveux blonds pour les caresser gentiment. - Calme-toi Gabriel… Calme-toi et pardonne-moi. Je t’accorde que c’est un réveil un peu… désarçonnant. Il eut un petit rire et ajouta, son doux regard posé sur le visage de son compagnon : - Mais cela faisait tellement longtemps que tu n’avais pas repris conscience. Tu es ici depuis trois jours Gabriel. J’avais peur que tu ne te réveilles jamais… Si tu savais comme je suis heureux de te revoir. Et malgré lui, sa main glissa sur la joue encore rougie par les baisers du jeune aveugle et il murmura imperceptiblement : - Mon Gabriel… L’aveugle sembla se détendre doucement, maintenant que l’avalanche de baisers était enfin interrompue et qu’il pouvait reprendre ses marques en douceur. - Trois jours… reprit-il en écho, sidéré d’avoir dormi aussi longtemps. - Oui. C’était long crois-moi. Trois jours sans te voir sourire… Sans te voir vivre… Les trois plus longs jours de ma vie. Gabriel eut un petit sourire charmant et comme mû par l’instinct, il se pelotonna un peu plus dans les bras de son compagnon. Les paroles de ce dernier l’avaient touché plus qu’il ne l’aurait cru. Et ses baisers ne l’avaient pas suffisamment étourdi pour qu’il n’en comprennent pas le sens caché. Sans savoir pourquoi, il remonta doucement sa main sur le torse de Jamie, tout comme il l’avait fait auparavant. Sauf que là, son compagnon était bien réveillé, et il se figea soudainement en sentant ce contact léger et caressant sur sa peau, qui ne cessait de monter. Lentement elle remonta jusqu’au cou puis au visage de l’écossais. Elle parcourut avec douceur tous ses traits, s’attardant sur le menton expressif et sur les pommettes saillantes, sur la mâchoire un peu carrée mais qui ne devait pas manquer d’élégance, sur ce front haut et fort, que Gabriel imaginait très fier. Quelques cheveux glissèrent sous ses doigts et il en apprécia la douceur d’un petit sourire doux. Jamie n’avait pas osé bouger et il se laissait faire, prédateur devenu soudain proie sous des doigts aussi envoûtants. Gabriel n’avait encore jamais osé le toucher ainsi et il en était bouleversé. Mais rien ne valut le sourire sublime que son jeune compagnon lui offrit en murmurant : - Tu es tellement beau Jamie… Son rythme cardiaque s’accéléra brutalement et l’écossais crut qu’il allait manquer d’air sous peu. Sans pouvoir se retenir, comme on lâche quelque chose que l’on gardait depuis longtemps et qu’on ne peut plus contenir, au mauvais moment, à l’instant même où pourtant on se doit de garder le silence, Jamie répondit avec un calme surprenant : - Je t’aime Gabriel… Il aurait voir dans ses yeux les sentiments qui traversaient le jeune aveugle, mais malheureusement ses prunelles vides restèrent d’une neutralité qui lui fit peur. Et si… Et si Gabriel ne supportai pas cet aveu ? Bon sang, tout d’un coup Jamie réalisa qu’il aurait mieux fait de se taire. Pourquoi avait-il dû lâcher cela si soudainement ? Sans laisser le temps à son compagnon de comprendre la situation… ? Mais au fond de lui, il savait parfaitement qu’il aurait été incapable d’attendre. Jamie était un homme au sang chaud, qui réagissait à l’instinct et bien souvent, il était incapable de se contrôler lui-même. Il n’aurait jamais pu garder ses sentiments pour lui tout seul. Quitte à être rejeté et à en souffrir, il préférait encore que Gabriel soit au courant. Par principe d’honnêteté envers le jeune aveugle et envers lui-même. Instinctivement ses mains resserrèrent le corps mince de Gabriel contre lui, comme si ce dernier pouvait s’échapper. Il ne le lâcherait pas avant d’avoir une réponse. Jamie était un homme entier, au caractère bien trempé même si en cet instant un léger tremblement agitait ses mains à l’idée que peut-être, cette fois-ci Gabriel ne le suivrait pas sur ce terrain. - Je suis… un homme… Les quelques mots soufflés du jeune aveugle firent battre un peu plus vite le cœur de Jamie et il répondit en souriant timidement : - Tu penses que c’est mal c’est ça ? - Non non… ! s’empressa de répondre le jeune homme, sur un ton qui donna mille espoirs à Jamie. Doucement il leva sa main et caressa à son tour la joue de son compagnon. Il était tellement pâle… Sa fièvre devait l’avoir laissé sans force, et lui-même lui donnait à nouveau des émotions fortes. Un soupçon de culpabilité envahit Jamie et il soupira. Mais il ne pouvait pas abandonner, pas maintenant qu’il lui avait avoué son cœur. - Je t’aime vraiment Gabriel. Ce ne sont pas des paroles en l’air je t’assure. Voilà des années que je n’avais jamais été aussi sûr d’une chose. Quand tu es tombé dans l’eau, j’ai eu tellement peur… Peur de te perdre. De ne plus t’avoir à mes côtés. De ne plus te revoir. Je ne peux pas me mentir à moi-même Gabriel. Mais… si cela te dérange, je te promet de ne plus t’en parler. Cet aveu lui coûtait tellement !! Mais pour le bonheur de Gabriel, il était prêt à faire ce sacrifice. Le jeune aveugle releva son visage et posant son doigt sur ses propres lèvres, il murmura : - Embrasse-moi là Jamie… S’il te plaît. N’osant croire à son bonheur, l’écossais lui obéit avec fougue, capturant ses lèvres pour un baiser d’abord timide, avant de s’enhardir avec passion. Ils se séparèrent à bout de souffle tous les deux et le petit sourire béat de Gabriel réchauffa le cœur de Jamie. - Cela faisait longtemps que j’en avais envie… Le rire clair de Jamie s’éleva entre eux et il serra un peu plus Gabriel contre lui, frottant avec affection ses cheveux. - Dis donc petit fripon ! Ils éclatèrent de rire tous les deux, blottis au chaud sous les couvertures, heureux comme jamais. Gabriel était enfin guéri et même s’il lui faudrait quelques jours pour s’en remettre, il était tiré d’affaire et Jamie avait un poids énorme qui venait de quitter son cœur. Et quand ils se calmèrent, la main de Gabriel attrapa celle de son compagnon et en la serrant tendrement, il murmura : - Moi aussi je t’aime Jamie… S’il te plaît, ne me quitte pas. - Jamais mon ange, jamais je te le jure. … … A suivre.
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