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........................... Entraide forcée
Chapitre 10 : Je resterai……Une multitude de questions hantait l’esprit de Jamie mais ce qui comptait le plus à présent, c’était de trouver un endroit sûr où ils pourraient faire halte sans craindre une nouvelle attaque. Tout cela l’intriguait et l’énervait en même temps, si bien qu’il fit accélérer les chevaux sans même se soucier du silence crispé de Gabriel derrière lui. Le jeune aveugle n’était absolument pas bien : ses mains agrippées au pommeau de sa selle tremblaient malgré tous ses efforts et son visage exprimait une certaine angoisse qui lui comprimait le cœur et l’empêchait de respirer calmement. Sous ses mains, quelques instants plus tôt… Il avait tenu son épée et… Il avait tué… Il avait clairement senti son arme s’enfoncer dans le corps de ses ennemis, il avait entendu leurs cris de douleur et leurs râles d’agonie. Et ces souvenirs beaucoup trop récents lui brûlaient le cœur et lui nouaient l’estomac. Il avait tué. Cette nuit, il avait pris la vie d’autres hommes, et de savoir que désormais il avait du sang sur les mains le rendait fou. Lui qui n’était jamais sorti de chez lui, qui n’avait jamais fait de mal à personne, il avait été contraint de tuer cette nuit. Son cœur se soulevait à cette pensée et il avait de violentes nausées qu’il tentait de retenir comme il le pouvait alors que le rythme des chevaux accélérait encore, le malmenant un peu plus. Cela ajouté à la peur qu’il avait eu et qu’il avait encore en imaginant que ces hommes pourraient les poursuivre pour venger leurs compagnons le rendait malade et son cœur battait à un rythme chaotique, lui brûlant la poitrine et le faisant souffrir. A bout de forces, épuisé, Gabriel finit par demander à Jamie de s’arrêter. Du bout des lèvres… Il n’eut aucune réponse, comme si personne ne l’avait entendu. Il recommença, un peu plus fort. Le même silence lui répondit, ponctué par le bruit des sabots de leurs montures. C’était trop, il fallait qu’il s’arrête et qu’il descende, qu’il reprenne son souffle, que son cœur se calme… -JAMIE ARRETE !!!! hurla soudain l’aveugle, à bout de nerf. L’écossais sursauta et stoppa aussitôt les montures pour se tourner vers son compagnon, cherchant à connaître la cause de cette soudaine crise de la part de Gabriel. Mais quand il vit la pâleur du visage de Gabriel et les tremblements frénétiques qui agitaient son corps, il comprit que le jeune aveugle allait très mal. - Gabriel, il faut qu’on trouve un abri pour la nuit… - Je… Je sais mais… S’il te plaît… Juste cinq minutes… A ce moment-là, Gabriel releva ses yeux vides de toute lueur sur Jamie et quand l’écossais aperçut les larmes qui les bordaient, il sentit son cœur se serrer. Sans même s’en rendre compte, il se retrouva à terre, aux côtés de Gabriel et il tendit ses bras pour le faire descendre de monture et pour le serrer contre lui. L’aveugle se laissa faire : tout ce qu’il avait besoin, c’était de réconfort, d’une épaule amie pour le soutenir et pour l’aider, parce que cette fois-ci il n’y arriverait pas tout seul. Il se laissa tomber dans les bras de l’écossais qui sentit son propre corps chuter, renversé par ce poids soudain. Il se rattrapa tant bien que mal et ils se retrouvèrent ainsi à terre, à genoux, Jamie enlaçant étroitement Gabriel contre lui pour essayer de le calmer. Il trouva aussitôt les gestes qu’il fallait, le plus naturellement du monde, et ses mains se perdirent dans les longs cheveux blonds de son ange qu’il se mit à caresser avec douceur. - Chuut, ça va aller Gabriel… Qu’est-ce qui te prends ? Pourquoi tu pleures ? L’aveugle aurait pu être surpris d’une attitude aussi tendre à son égard mais il était trop secoué émotionnellement pour s’en plaindre, au contraire. Il avait besoin de Jamie, terriblement besoin de lui en cet instant. Il se recroquevilla contre lui, son visage contre son épaule et murmura en tremblant : - Je les ai tué… Jamie, j’ai tué des hommes.. J’ai enfoncé mon épée en eux, j’ai entendu leur cri de douleur… Mon dieu, Jamie, qu’est-ce que j’ai fait… ? L’écossais aurait dû s’en douter. Gabriel était trop pur, trop innocent pour avoir fait couler le sang un jour, et cette expérience l’avait traumatisé. Lui-même n’avait pas été fier la première fois qu’il avait étendu un homme dans les bruyères de son Ecosse natale… Mais là aussi, il l’avait fait uniquement pour protéger sa vie et celle de ses compagnons, et Gabriel se retrouvait dans la même situation que lui. Sauf qu’il n’y avait absolument pas été préparé… Lentement l’écossais berça son compagnon dans ses bras, le caressant doucement, essayant d’apaiser ce cœur qu’il sentait battre à toute allure contre lui. Gabriel était durement secoué et il ne voyait qu’une solution pour l’aider. - Ecoute-moi Gabriel… Calme-toi s’il te plaît, cela ne sert à rien de te mettre dans ces états, tu… Tu n’as tué personne ce soir, ces hommes n’étaient pas morts lorsque nous sommes partis. Il sentit Gabriel se raidir dans ses bras et de nouveau deux prunelles aveugles se levèrent sur lui, recherchant la vérité. - C’est… C’est vrai ? Je ne les ai pas tué ? - Non Gabriel, ils étaient blessés mais respiraient encore. Il valait mieux que le jeune homme ne pense pas qu’il avait du sang sur les mains. Gabriel était trop pur pour cela. Les tremblements de peur du jeune aveugle se calmèrent lentement, alors qu’il digérait l’information. Jamie sentit qu’il commençait à se détendre dans ses bras et cela le rassura un peu. Si Gabriel allait mieux, ils pourraient peut-être continuer leur route et trouver un abri pour le reste de la nuit qui avait été bien trop courte… La main de l’écossais passait dans les cheveux blonds de son compagnon, caressant les mèches soyeuses dans un geste très doux et apaisant qui eut bientôt raison de la peur inconsidérée de Gabriel. - Je suis fatigué… soupira soudain Gabriel, sortant Jamie de ses rêveries. - On va y aller… L’aveugle sentit Jamie se redresser et il suivit le mouvement lascivement : son corps n’en pouvait plus, il n’avait pas suffisamment dormi et son combat l’avait épuisé, sans parler de sa crise de nerf qui venait juste de se terminer. Il ne savait pas s’il pouvait croire Jamie mais il préférait le faire pour avoir l’esprit en paix. Et puis… Quel intérêt aurait l’écossais à lui mentir ? Non, Gabriel préférait le croire et l’idée qu’il n’avait tué personne le réconforta énormément. Mais quand il sentit l’écossais les ramener vers leurs montures qui s’étaient un peu éloigné pour brouter, ses mains s’agrippèrent à la chemise de son compagnon comme s’il refusait de le lâcher. Il se sentait si bien dans ses bras… C’était trop dur de le quitter maintenant… Mais il ne pu pas discuter et il sentit les bras de Jamie le soulever soudain de terre pour le déposer sur une selle.vL’aveugle soupira, le visage défait. Oui, ils devaient repartir et c’était tout ce que l’écossais avait en tête… Mais Gabriel se tendit soudain quand il sentit un corps monter derrière lui souplement et se coller à lui dans son dos, passant un bras autour de sa taille pour le retenir. Jamie était monté ? Une bouche glissa prés de son oreille et murmura : - Repose-toi contre moi, je vais tâcher de nous trouver rapidement un endroit sûr… Surpris mais son cœur battant la chamade, Gabriel eut un petit sourire ravi et il se pelotonna un peu plus contre le large torse de Jamie en fermant les yeux, se laissant aller contre lui avec confiance. Sa chaleur et les battements du cœur fort de l’écossais lui parvinrent et il soupira d’aise avant de se laisser glisser au doux royaume de Morphée, épuisé. Jamie sourit en le sentant se détendre et il attacha les rênes de Cascade derrière la selle de sa monture avant de se mettre en route… …. OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo …. Gabriel se réveilla dans un cocon de chaleur agréable et il sourit doucement, incroyablement bien. Il se bouina un peu plus contre la masse chaude à ses côtés avant de sentir dans son léger mouvement un bras posé nonchalamment sur sa taille. Il rougit légèrement mais dû reconnaître qu’il aimait ce contact. Il aimait sentir Jamie contre lui, il aimait être prés de l’écossais, très prés et respirer son odeur si masculine… Sa voix avait su l’apaiser cette nuit, ses bras l’avait réconforté comme nul autre… En quelques jours, l’écossais avait passé auprés de lui plus de temps que quiconque ne l’avait jamais fait : seul David aurait pu le supporté aussi longtemps, mais David était son frère et sans doute leurs liens de sang les rapprochaient-ils de cette manière. Mais là, pourquoi l’écossais tenait-il encore ? Pourquoi restait-il avec lui ? A cause de sa promesse ? Vraiment ? Gabriel avait du mal à croire qu’une simple promesse puisse fonctionner chez un voleur comme Jamie… Peut-être y avait-il autre chose… ? Le corps à ses côtés bougea soudain et le bras se resserra sur sa taille. - Tu as l’air songeur… Gabriel sursauta mais un large sourire se dessina sur ses lèvres. Jamie avait-il veillé sur son sommeil ? Depuis combien de temps était-il réveillé ? - Où… Où sommes-nous ? - Dans une grotte, pas trop loin de la route. J’ai pensé que c’était plus sûr. Gabriel… - Oui ? La voix de Jamie était étrange et l’aveugle eut un mauvais pressentiment. Il lui apparaissait après coup tout à fait normal que l’écossais se pose des questions sur l’attaque de cette nuit… Il sentit son compagnon se redresser et échapper à ses bras, sa chaleur le quittant doucement, presque à regret. Un léger soupir lui échappa et Gabriel s’assit à son tour, comprenant que la nuit était définitivement finie. - Les hommes qui nous ont attaqué hier n’étaient pas de simples voleurs. Vu leurs vêtements et leur allure, je pencherais même pour des tueurs à gages, ou quelque chose de ce genre… Gabriel écarquilla les yeux et se mordit la lèvre inférieure : des tueurs ? Voilà qui compliquait tout… Le jeune homme, bien que naïf sur certaines choses de la vie, savait pertinemment que son frère s’était engagé dans une affaire difficile. Une affaire qui se compliquait encore plus maintenant que Jamie lui parlait de tueurs. Quelqu’un les avait peut-être surpris alors qu’ils cherchaient des informations sur David et il avait décidé d’agir… - Gabriel, j’ai l’impression que tu ne m’as pas tout dit… La voix de Jamie grondait comme l’orage au loin, ce qui n’était pas bon signe. Mais maintenant, l’aveugle ne pouvait plus fuir, il était trop tard. Tout au plus se recroquevilla-t-il un peu plus sur lui, comme un gamin qu’on s’apprête à gronder. - Est-ce que cela a un rapport avec ton frère que nous recherchons ? Sans aucune possibilité de fuite, Gabriel fut bien obligé d’avouer. Ce qu’il fit en hésitant. - Mon frère… David est très proche… du roi… - Le roi ?? s’exclama Jamie, sous le choc. - Oui et… Il a disparu après la dernière mission que lui ait confié sa majesté. C’est… C’est sûrement à cause de ça… Jamie n’en revenait pas : il avait suivi Gabriel en pensant devoir retrouver un simple frère libertin qui s’était égaré un peu trop longtemps dans les bras d’une courtisane, et il se retrouvait mêlé à un complot de dimension nationale, où il était question du roi !! Pour un choc, c’en était un et l’écossais resta silencieux pendant plusieurs minutes angoissantes pour son compagnon qui finit par chercher sa main à tâton. Mais celle-ci s’échappa dés qu’il la toucha et la voix de l’écossais siffla : - Tu comptais me le dire quand ? - Jamie, je suis désolé, je ne pensais pas qu’on nous attaquerait, je ne savais même pas que… - Arrête Gabriel !!! Ton frère travaille pour le roi et tu n’imaginais pas qu’on puisse avoir des ennuis en allant le chercher ? Soit tu es définitivement stupide, soit tu joues extrêmement bien la comédie ! Dans les deux cas, ça ne m’intéresse pas ! Choqué par les insultes et la colère dans la voix de Jamie, Gabriel baissa la tête et se sentit affreusement mal. C’est vrai que c’était en grande partie de sa faute ce qui arrivait. Il aurait dû parler, ne pas cacher cet élément essentiel à Jamie, mais en même temps, comment aurait-il pu se douter que cela leur amènerait autant d’ennuis ? - Je suis désolé, je vous jure… - C’est trop tard Gabriel, il fallait y penser avant !! s’exclama l’écossais, furieux. Gabriel sentit qu’il se relevait et se mordit la lèvre inférieure, tremblant rien qu’à l’idée que son compagnon puisse l’abandonner parce qu’il lui avait menti. Mais Jamie n’aurait pas tort : Gabriel se rendait compte maintenant du danger de son expédition et de sa propre témérité. Il s’était lancé au hasard sans même penser aux conséquences. Ses épaules se voûtèrent et il lâcha en soupirant : - Vous avez raison, je ne suis qu’un idiot… Il reçut soudain une petite tape sur la tête et la voix de Jamie s’éleva de nouveau : - Arrête de dire des bêtises ! Tu es simplement un peu trop naïf, mais maintenant que je sais la vérité, il n’est pas question que je te laisse prendre des risques inconsidérés ! - Quoi ?? Jamie semblait s’être calmé, mais ce fut au tour de Gabriel se s’insurger : par ne pas prendre de risques, est-ce que son compagnon entendait arrêter l’expédition et retourner à la case départ ? Tous les remords et la faiblesse passagère du jeune aveugle s’envolèrent et il se redressa à son tour pour se tourner vers son ami. - Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? - Je te ramène chez toi Gabriel, à l’abri. - Je refuse !! Le jeune aveugle avait pratiquement hurlé ses derniers mots et Jamie tourna vers lui un regard surpris. Rarement encore il avait vu son jeune compagnon dans un état pareil et il sentit que la partie allait être serrée. Lui ne voulait absolument pas faire courir le moindre danger à Gabriel, mais ce dernier était plus que décidé à retrouver son frère. Ce qui allait forcément poser problème. - Ecoute Gabriel, il n’y a pas d’autre solution, je refuse que tu sois en danger et… - Et quoi ? Vous voulez que j’abandonne mon frère à son sort sous prétexte que c’est plus sécurisant pour moi ? Mais vous avez déjà songé à ce que serait ma vie sans David ? Je n’ai personne, mes parents sont morts depuis longtemps et il ne me reste plus que mon frère ! Sans lui, je… Je ne serais plus rien, qui voudrait d’un aveugle comme moi ? Je ne suis qu’un poids mort, seul David a toujours été là pour moi… Je préfère encore mourir en le recherchant que passer le reste de ma vie tout seul !! La gifle partit toute seule et Jamie s’en voulut aussitôt d’avoir cédé aussi facilement. Gabriel resta sous le choc quelques secondes, avant qu’une larme de rage ne coule sur sa joue rougie par le coup et qu’il ne serre les dents pour tenter de se calmer. Ce fut au tour de l’écossais de se sentir mal et malgré son geste, il tendit les bras et attrapa le corps mince de l’aveugle pour le serrer contre lui. Gabriel tenta de se débattre, couinant des « non » douloureux, mais Jamie tint bon et, sa main dans ses cheveux, il murmura : - Tu ne mourras pas Gabriel. Je te l’interdis. Tout comme je t’interdis de dire que tu es seul, tu m’entends ? Le jeune homme cessa soudain de se débattre au son de la voix de son compagnon et il reprit sa respiration plus calmement. Qu’est-ce qu’il voulait dire par là ? De son côté, Jamie avait fermé les yeux et il serrait de toutes ses forces Gabriel contre lui. Au fond de lui, il avait envie de hurler que l’aveugle ne serait plus jamais seul parce que lui était là, qu’il ne le laisserait jamais, qu’il ne pouvait plus le faire… Gabriel n’était pas un poids pour lui, et plus le temps passait, moins l’écossais arrivait à imaginer ce moment où ils devraient se dire au revoir… Il avait l’impression que Gabriel aurait éternellement besoin de lui et cette idée le ravissait au plus haut point. S’il jalousait un peu David à cause de cela, il l’enviait pour cette place de choix qu’il avait dans le cœur de l’aveugle. Gabriel n’avait que David en tête lorsqu’il pensait à une possible compagnie, mais Jamie aurait voulu, ne serait-ce qu’un instant, il évoque comme lui la possibilité qu’ils restent ensemble… Même dans un but purement amical, mais l’écossais avait envie de rester aux côtés du jeune homme. - Mais Jamie… couina Gabriel. - Tu ne seras pas seul Gabriel, je te le promet. Jamie mourait d’envie d’en dire plus, de crier ce que son cœur lui hurlait mais quelque part, il n’osait pas. C’était trop tôt, il n’était même pas sûr de ce qu’il pensait vraiment. Et si son esprit lui jouait un tour. Il avait toujours aimé les femmes, alors que pouvait-il bien trouver à ces deux prunelles vides de toute lueur et de toute vie… ? Gabriel avait certes un joli minois, mais de là à dire qu’il pouvait… en tomber amoureux… Non, Jamie préférait être sûr avant toute chose. Et la seule chose dont il était sûr pour l’instant, c’était qu’il n’abandonnerait pas son compagnon. Il l’empêcherait de faire des bêtises et il chasserait sa solitude, qu’il devinait très lourde, il le protégerait de toutes les manières qui étaient possibles, et il verrait ensuite. Après, ce serait bien assez tôt. - On va rejoindre la prochaine ville pour se ravitailler et ensuite on rentre chez toi. La promenade est terminée Gabriel, c’est trop dangereux et je refuse de te laisser courir ce risque-là. Un soupir lourd échappa au jeune aveugle dont les poings se refermèrent sur la chemise de l’écossais. Pourquoi maintenant, alors qu’ils avaient déjà fait tant de chemin ? Gabriel avait l’impression que son frère n’était qu’à quelques kilomètres tout au plus… Il ne pouvait pas l’abandonner, pas maintenant… Mais il se voyait mal laisser Jamie de son côté et partir seul. L’écossais lui était devenu vital, tout autant que David. Peut-être même un peu plus… Il baissa la tête et murmura sur un ton de reproche : - Et vous me laisserez là-bas, à attendre un frère qui ne reviendra peut-être pas… - Non. Je resterai avec toi. Enfin, si tu acceptes d’un vil voleur comme moi dans ton beau manoir… Le visage de Gabriel s’éclaira et il répondit avec malice, son désespoir s’évanouissant lentement : - C’est un château Jamie, pas un manoir. - Oh excusez-moi votre seigneurie, j’ai encore du mal avec le beau langage, vous m’apprendrez ? se moqua gentiment l’écossais. Cette fois-ci, ce fut un large sourire qui illumina le visage du jeune aveugle : si Jamie restait alors… Il ne serait plus seul, et peut-être même plus que cela. - Je t’apprendrais tout ce que tu veux si tu restes avec moi ! Son ange venait de le tutoyer !! Jamie éclata de rire avant de le serrer une dernière fois avec force contre lui, et sa main partit relever une mèche de cheveux blonde qui tombait sur son visage. Il eut juste le temps de se pencher pour venir déposer un baiser sur cette joue blanche à la peau si douce, prenant Gabriel par surprise, avant de l’entraîner rapidement vers les chevaux. Il le fit grimper un cheval, remballa rapidement leurs maigres affaires et en voyant la petite mine déconfite de Gabriel, il monta derrière lui, passant un bras autour de sa taille pour le maintenir en selle. - Allez on y va, murmura-t-il à son oreille avant de donner un coup de talon au cheval qui s’ébroua. Gabriel avait bizarrement les joues d’un beau rouge pivoine et il se contenta de hocher la tête en silence, un petit sourire ravi sur les lèvres… … … A suivre…
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