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........................... Entraide forcée
Chapitre 5 : Mésentente
Ils chevauchèrent toute la journée, Jamie ayant accroché une corde entre leurs deux chevaux pour aller plus vite. Cascade suivait docilement, portant sur lui un Gabriel un peu bougon après leurs dernières paroles échangées, mais malgré tout heureux d’avoir rencontré Jamie. Certes, le fait qu’il le vole et qu’il l’abandonne au milieu de la route était en soi un souvenir assez désagréable, mais il l’occultait derrière le fait qu’il était maintenant son compagnon de route, contraint et forcé, mais son compagnon quand même. Et cela lui faisait plaisir : il avait bien vite compris qu’à l’extérieur du château, personne ne l’aiderait et qu’au contraire, il serait exposé à tous les dangers… La présence de Jamie, qui apparemment se battait bien puisqu’il avait fait déguerpir les trois brutes, le réconfortait et le poussait à aller de l’avant : ainsi secondé, il ne mettrait pas longtemps à retrouver David. Et de plus, le voleur était un homme de parole : il avait rendu tous ses biens à Gabriel, à commencer par son épée qu’il tenait serrée contre lui, heureux de la retrouver… Avec elle et Jamie à ses côtés, il avait moins peur de l’avenir. De son côté, l’écossais était moins optimiste : il se retrouvait embarqué avec un infirme sur les routes à la rechercher d’un hypothétique frère dont il ne savait rien, sinon qu’il courait peut-être en ce moment même les filles dans un bled paumé… Ce qui le faisait enrager. Si seulement il ne s’était pas fait mordre par une vipère, si seulement Gabriel avait été un peu plus stupide, si seulement il n’avait pas juré sur son pays natal… Si seulement… Oui, mais il avait juré, et il ne pouvait plus revenir en arrière. Son pays, même s’il en était loin, était une chose sacrée à ses yeux et il ne pouvait se parjurer sans honte. C’était donc pieds et poings liés qu’il suivait Gabriel… Il aurait certes préféré se trouver à cent lieues de là, en train de boire et de détrousser quelques riches, mais il avait dû fâcher un dieu quelconque et il se retrouvait obligé de suivre un aveugle… Il était mignon certes, mais infirme, ce qui signifiait qu’il représentait à ses yeux un poids gênant. Il maudit sa mauvaise étoile. Il ne s’arrêtèrent que le soir tombant. Depuis la dernière auberge ils n’avaient rencontré aucun village et ils durent dormir à la belle étoile. Jamie grommela et alluma un feu, éloigné des arbres. Gabriel, qui était descendu de sa monture et depuis n’avait plus bougé, sentit soudain une douce chaleur prés de lui et il s’approcha pour se réchauffer. Alors qu’il allait mettre un pieds entre les braises, un bras vigoureux le tira en arrière : - Assied-toi là avant de griller sur place, inconscient ! gronda Jamie. Gabriel obéit en bougonnant, un peu énervé que Jamie le considère comme un gamin… Mais la chaleur du feu, comparé à la brise fraîche qui s’était levée depuis quelques temps, le calma et il tendit ses mains en avant pour les réchauffer, savourant la douce morsure des flammes sur ses doigts gelés. Pour un peu il en aurait ronronner et Jamie sourit en le voyant ainsi. On aurait dit un enfant. L’écossais s’occupa des chevaux et les pansa pour la nuit, les attachant solidement pour éviter les mauvaises surprises. Il allait ramasser du bois pour le feu quand il entendit Gabriel lui demander : - Vous pourriez me donner mon sac s’il vous plaît ? L’homme le lui apporta et le déposa juste à côté de lui. L’aveugle tâtonna et s’en empara avant de fouiller à l’intérieur et d’en sortir trois paquets enveloppés. Jamie le regarda faire, intrigué. - C’est la caverne d’Ali Baba ce sac ! Qu’est-ce que tu as sorti là ? - Le repas de ce soir, annonça fièrement Gabriel. J’avais prévu que je devrais dormir à la belle étoile… - Bonne initiative jeune homme ! s’enthousiasma l’écossais qui avait oublié cet élément important. Il se sermonna intérieurement et se promit de faire le plein à la prochaine ville. Le ventre vide et l’eau à la bouche, il s’assit à côté de l’aveugle et le regarda ouvrir les paquets soigneusement fermés. De la viande séchée, du pain, du fromage… Ils allaient se régaler ! Il s’empara d’un morceau de pain sans attendre Gabriel qui le sentit partir sous ses doigts. - Hé, vous pourriez demander ! Je veux bien partager mais un peu de politesse ne vous ferait pas de mal ! s’exclama-t-il, un peu vexé. - Excusez-moi votre seigneurie, se moqua Jamie, mais quand j’ai faim, je n’attend pas. Et puis arrête avec tes manières on est seuls ici. Gabriel en aurait crier de colère : la faim de son compagnon ne l’empêchait pas d’attendre qu’il lui tende lui-même la tranche de pain quand même ! Il détestait qu’on l’ignore ainsi à cause de son infirmité. Il était certes aveugle mais cela n’interdisait pas que l’on reste poli à son égard. - Ce ne sont pas des manières, c’est de la politesse, s’écria-t-il. Arrêtez de vous moquez de moi, j’ai horreur de ça ! La brusque colère de Gabriel alluma celle de Jamie. De quel droit ce gamin se permettait-il de lui faire la morale ? - Mais je ne me moque pas de toi, tu divagues là ! - Alors pourquoi vous m’ignorez comme cela ? - Mais je ne t’ignores pas et… Le ton montait et cette conversation absurde commençait à fortement énerver Jamie. Il jeta le reste du pain qu’il n’avait pas manger sur le paquet. - Puisque c’est comme ça, garde-le ton pain, je n’en veux pas ! Je préfère encore rester le ventre creux plutôt que de devoir subir cette discussion stupide ! Il se releva et s’éloigna pour chercher du bois. Gabriel essaya de se calmer mais l’attitude bornée de son compagnon le faisait fulminer. Il mangea seul, habité quand même par un léger remord. Mais il n’avait pas très faim et il essaya quand même de se faire racheter. Il se tourna vers l’endroit où il entendait son compagnon remuer depuis un certain temps en tendant ses paquets. - Vous ne voulez vraiment rien manger ? Il en reste beaucoup… - Merci, répondit sèchement Jamie. Tu peux le garder. Bonne nuit. - Vous vous couchez déjà ? - J’ai eu une journée épuisante, la nuit est tombée depuis longtemps et je ne tiens pas à m’encombrer plus longtemps de toi alors demain on devra faire de la route. Gabriel l’entendit se coucher non loin du feu, juste en face de lui, en grommelant. Il rangea ses paquets silencieusement et constata soudain qu’il lui manquait quelque chose… Il fouilla sa mémoire pour se rappeler et sursauta en devinant de quoi il s’agissait. - Zut ! - Dis, j’aimerais dormir, fais moins de bruit, rouspéta Jamie, fâché qu’on l’empêche de dormir. - J’ai oublié de prendre une couverture pour la nuit en partant… Vous n’en auriez pas deux par hasard ? - Ah non, s’exclama l’écossais. Il faut être prévoyant petit quand on part en voyage… Il se retourna sur sa couche sans se préoccuper plus longtemps du sort du jeune aveugle. Gabriel maudit sa bêtise et ce rustre d’écossais avant de se coucher à son tour par terre, à l’endroit où il était, en se rapprochant à peine du feu pour ne pas trop ressentir la morsure du froid nocturne. Il eut beaucoup de mal à s’endormir : il serrait les pans de son manteau sur lui pour lui tenir chaud, mais même cela et le feu ne réussirent pas à le réchauffer. Il ne s’endormit que très tard, secoué de frissons. Jamie l’entendit se réveiller durant la nuit, ce qui le tira de son sommeil, et remuer pour trouver une position qui lui apporterait plus de chaleur. Il eut pitié de l’aveugle mais ne bougea pas et se rendormit bientôt tandis que Gabriel sombrait lui aussi dans un sommeil lourd…
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Gabriel fut réveillé brusquement, secoué rudement par Jamie. Il émergea lentement du sommeil et poussa un gémissement quand il voulut se redresser. Son dos lui faisait mal et ses muscles raidis par la nuit qu’il venait de passer lui rappelaient douloureusement qu’ils n’avaient pas apprécié du tout… Il se releva en se massant doucement le dos et en grimaçant. - Mauvaise nuit ? demanda Jamie d’un ton léger. - C’est ça, moquez-vous ! riposta Gabriel. - Il fait pourtant très bon sous les arbres… - Vous aviez une couverture, voilà la différence ! - Allez, assez palabré, on repart ? - Déjà ? - Ben oui, tu veux t’attarder ici pour quoi faire ? Et je t’ai dis que j’étais pressé. Gabriel sentit un bras se saisir de lui sans délicatesse et l’amener vers son cheval. - Et mon sac ? s’inquiéta-t-il. - J’y ai déjà pensé. - Mais vous êtes réveillé depuis quand ? - En quoi cela changera-t-il notre voyage que tu le saches ? répliqua Jamie, énervé que l’aveugle prenne son temps pour monter. - J’aurais pu vous aider ! - Tu n’aurais fait que me gêner… marmonna Jamie. - Vous êtes souvent désagréable le matin ou c’est juste occasionnel ? dit sèchement Gabriel pour détourner ensuite son attention de son compagnon. Jamie haussa les épaules et monta sur son propre cheval avant de prendre la corde qui était attachée au cou de Cascade et de l’accrocher solidement à sa selle. Ils partirent sans autre forme de procès. Gabriel poussa quelques plaintes au début à cause de l’état de ses muscles mais finit par se taire devant le silence de Jamie. Ce dernier avait l’air énervé et quand le jeune homme se rappela des paroles qu’il avait prononcé la veille, il se dit que ce qui gênait le plus son compagnon, c’était d’avoir à se trimballer avec un poids comme lui, et cela l’énerva beaucoup. Il lui en voulait d’avoir dit cela… D’accord, il l’avait contraint à venir avec lui, mais était-il pour autant obligé de se montrer aussi désagréable ? La matinée fut assez silencieuse, mais les quelques paroles qu’ils s’échangèrent n’eurent rien d’amical… Jamie prenait un malin plaisir à faire ressortir l’inutilité de Gabriel et ce dernier lui répondait vertement par des mots bien choisis qui faisaient parfois mal. Ainsi, à un moment, Gabriel sentit que son cheval peinait et il prit peur en se demandant s’il n’avait pas un problème. Il voulut en informer Jamie qui lui répondit froidement : - C’est à cause du terrain, la route est trop sèche, c’est normal. J’avais remarqué bien avant. Il aurait tout aussi pu bien dire : « Ce que tu m’annonces ne m’est pas d’une grande utilité, car j’avais vu. » et ce sentiment d’être inutile blessa Gabriel qui ne laissa rien paraître. Avec son handicap, il était bien conscient qu’il ne pouvait pas être d’une grande aide, mais personne ne le lui avait remarqué avec autant de froideur. Ni autant de méchanceté. Il avait alors opté pour un silence prolongé pendant tout le reste du voyage, du moins jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent brusquement. - Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-il, un brin inquiet. - J’ai faim je te signale, et comme je n’ai pas envie de subir une autre de tes scènes, je préfère qu’on s’arrête ici. Ces paysans nous accepteront pour partager leur repas. Jamie descendit de cheval et frappa à la porte de la maison devant laquelle il s’était arrêté. Proche de la route, elle était cependant isolée de tout, perdue en plein champs, ce qui faisait penser à l’écossais qu’il s’agissait de paysans. Une femme vint bientôt ouvrir et écouta Jamie avant d’acquiescer silencieusement et de s’écarter pour le laisser passer. - Bon, tu viens ? s’impatienta l’écossais en remarquant que Gabriel n’avait pas bougé. Le jeune homme comprit qu’il ne viendrait pas l’aider et il descendit prestement de son cheval. Il mit plusieurs minutes avant de trouver un endroit où accrocher les rênes de Cascade. Jamie n’avait pas attendu et il était rentré en soupirant devant le manque d’autonomie de son compagnon. Gabriel attacha enfin sa monture et tâtonna devant lui pour trouver la porte de la maison. Il maudit Jamie d’être aussi rustre et aussi peu attentionné. Mais il aurait préféré se couper la langue plutôt que de lui demander de l’aide. Il sentit soudain une main se saisir de son bras et l’entraîner à l’intérieur. Une voix féminine lui conseilla de s’asseoir en le poussant contre un tabouret. - Merci madame… ou mademoiselle… ? - C’est madame, grogna une voix grasse devant lui. Apparemment, c’était son mari qui avait répondu et Gabriel ouvrit la bouche pour s’excuser, mais Jamie fut plus rapide : - Ne faites pas attention, il est aveugle. Puis il continua à parler avec le paysan sur la route qu’ils devraient emprunter, comme si rien ne s’était passé. Gabriel se retint à grand-peine : il n’était pas question de faire un scandale ici. Mais l’envie de hurler sur son compagnon le démangeait. Comment avait-il pu dire cela ? Le jeune homme sentit sa gorge se serrer : il n’avait jamais ressenti son handicap comme cela auparavant… Il se sentait si faible, si inutile, si… pitoyable… A côté de lui, la conversation se poursuivait, le paysan grognant de temps en temps pour approuver ce que disait l’écossais, ou bien partant dans un grand éclat de rire gras quand Jamie trouvait le bon mot. On l’ignorait totalement. Comme l’avait si bien dit Jamie : on en faisait pas attention à lui. La femme déposa devant lui une assiette remplie qui sentait bon la viande rôtie, mais il n’y toucha pas, incapable d’avaler quoi que ce soit. La boule dans sa gorge refusait de partir. - Et vous allez où comme ça ? demanda le paysan. - A Dubogny. - Qu’est-ce que vous allez foutre là-bas ? C’est qu’c’est loin… - On cherche quelqu’un… - Et vous vous y mettez à deux pour ça ? Il avait l’air intrigué du drôle de couple que formait les deux compagnons et Gabriel profita du court silence pour parler à son tour, furieux qu’on l’oublie si facilement. - Ce n’est pas de gaieté de cœur que je voyage avec lui. Mais c’est le seul imbécile qui m’est tombé sous la main, alors je fais avec, que voulez-vous. C’est vrai que dans mon état, j’ai du mal à voyager seul… Le paysan acquiesça tandis que Jamie se figeait sous l’insulte. Gabriel en profita pour rajouter : - Mais c’est vrai que j’aurai pu mieux choisir… Croyant à une plaisanterie, le paysan éclata de rire et le jeune homme lui retourna un sourire. A son tour furieux, Jamie se leva brusquement et déclara : - On y va. Merci pour le repas. Gabriel l’entendit sortir et s’apprêtait à le rejoindre quand la femme l’agrippa par le bras en ronchonnant : - Faudrait penser à payer… Le jeune homme sortit sa bourse et paya la femme, énervé que son compagnon soit parti sans penser à ça. S’il croyait que Gabriel sortirait sa bourse chaque fois qu’il le fallait, il se trompait. Il pu enfin sortir, le paysan lui lança un vague salut, trop occupé qu’il était à compter les pièces. Il tâtonna de nouveau dans le vide, sachant d’avance que Jamie ne l’aiderait pas. Il était déjà monté sur son cheval et l’attendait, pestant contre sa lenteur. Gabriel fit son possible pour ne pas hurler contre lui et se concentra sur les bruits que faisaient les chevaux pour retrouver Cascade. Il mit plusieurs minutes avant de trouver enfin son cheval et il poussa un soupir de soulagement en touchant ses naseaux. L’animal donna un léger coup en quémandant des caresses que Gabriel lui donna volontiers, appréciant un peu de chaleur amicale comparé à ce qu’il vivait en ce moment. Il le détacha sous les grognements de Jamie qui lui disait d’aller plus vite et pu enfin monter. L’écossais s’approcha et noua de nouveau une corde entre les deux selles pour entraîner Cascade derrière lui. Ils repartirent assez vite dans un silence de mort. Jamie n’avait pas apprécié les insultes de son compagnon, et Gabriel n’arrivait pas à accepter l’attitude que l’écossais avait envers lui. Autant dire que l’ambiance n’était pas au beau fixe… Gabriel se cramponnait à sa selle et à la crinière de sa monture pour ne pas tomber : Jamie avait accéléré l’allure sans se soucier de son confort et le jeune homme n’avait pas vraiment l’habitude d’une telle vitesse. Il était très secoué sur sa selle mais il n’osa pas l’avouer à son compagnon. Il n’avait de toute façon guère envie de lui parler… Deux heures passèrent, quand Jamie stoppa de nouveau les chevaux. Gabriel sentit qu’il dénouait la corde de la selle de Cascade sans dire un mot et il entendit son cheval s’éloigner. - Jamie…? Aucune réponse ne lui parvint. La peur le prit : Jamie était en train de l’abandonner, tout simplement. S’il avait détesté son attitude, il avait néanmoins besoin de lui, il s’en était rendu compte. - Jamie, où allez-vous ? cria-t-il, paniqué. Vous ne pouvez pas me laisser comme cela… !! Une boule comprima sa gorge, l’empêchant de se calmer : il était seul au milieu d’une route inconnue, à la merci de n’importe quoi, et totalement perdu. La situation lui apparaissait dans tout son ampleur et cela lui faisait si peur que son ventre lui fit mal. Il ne bougea pas, incapable de toute façon de savoir ce qu’il devait faire… Pour la première fois de sa vie, il était totalement seul et perdu. Il avait pris l’habitude de se reposer sur son compagnon depuis la veille et la soudaine disparition de celui-ci le laissait complètement démuni. Une angoisse sourde le prenait et il détestait ce sentiment. Il se passa la main dans les cheveux, essayant de réprimer les sanglots qui montaient en lui. Pleurer n’arrangerait rien. Il se promit de ne plus jamais faire confiance aux écossais, si toutefois il en recroisait… Des bruits de sabots se rapprochant de lui réveillèrent son espoir : il se redressa sur sa selle, attentif à ce qui se passait. Le cavalier s’approcha et Gabriel sentit sa main frôler la sienne pour s’emparer des rênes. Il poussa un cri de stupeur avant de s’exclamer : - Mais qu’est-ce que vous faites ?? Pour son plus grand soulagement, ce fut la voix de Jamie qui répondit : - Je rattache les chevaux, ça te pose problème ? - Mais.. Mais vous étiez où ? bégaya Gabriel qui avait du mal à y croire. Pendant un instant, il avait vraiment paniqué et il aurait voulu insulter l’écossais pour lui avoir fait ressentir cela, mais le seul sentiment qui l’envahit fut un immense soulagement. - Je suis allé demander notre chemin à ce groupe de paysans dans les champs, j’ai dû te détacher pour aller plus vite… - Vous auriez pu me prévenir… pesta le jeune aveugle. J’ai cru que vous étiez en train de m’abandonner ! Jamie releva la tête et jeta un regard étrange sur le jeune homme avant de répondre sèchement : - Je ne trahis jamais mes promesses. Je t’ai dit que je t’emmenais à Dubogny, je t’y emmènerai. J’ai beau être un « imbécile », je respecte la parole que je donne… Il avait appuyé sur le mot « imbécile », renvoyant à Gabriel ses propres mots. Le jeune homme se mordit les lèvres pour ne pas dire les insultes qu’il avait sur le bout de la langue : Jamie venait de lui prouver qu’il était un homme d’honneur, ce n’était pas le moment de se montrer désagréable. Après tout, malgré son attitude, il était très heureux qu’il soit revenu auprès de lui… Sa monture s’élança sans prévenir et il se retint de justesse à sa selle. Jamie était peut-être un homme de parole, mais il restait un incontestable rustre à ses yeux…
A suivre….
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