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                                                    Transformation 

 

Chapitre3 : Remords

 

 

 

Lorsque Gojyo rentra chez lui, une douce odeur de plat cuisiné l’attendait, lui mettant immédiatement l’eau à la bouche. S’il aperçut le rôti trônant sur la table, Hakuryu assoupi à ses côtés, le cuisinier demeurait invisible. Le demi-youkai le chercha du regard et vit un pied dépasser du canapé, aussi il s’approcha pour découvrir son amant endormi, allongé sur le canapé, un livre sur les cuisses et son monocle par terre. Gojyo sourit, ramassa le monocle et commença à réveiller sa belle au bois dormant d’un baiser sur les lèvres. Hakkai ouvrit un œil et prolongea le baiser, allant jusqu’à attirer le demi-youkai sur lui, à l’aide d’un bras autour de son cou. Gojyo ne se fit pas prier et prolongea leur étreinte. Il faisait si chaud dans les bras d’Hakkai…  Quand l’ancien humain, parfaitement réveillé, commença à déboutonner la chemise de son amant, Gojyo comprit qu’ils mangeraient froid.

Il embrassa Hakkai dans le cou, sur son visage, portant à chaque trait de sa figure une attention particulière, comme un sculpteur qui prend des repères pour un de ses chef-d’œuvre. Il aimait particulièrement lécher le menton d’Hakkai, montant parfois jusqu’à ses lèvres, puis redescendant dans son cou, jouant avec ses sensations. L’ancien humain adorait cela, même s’il paraissait contrarié quand Gojyo quittait ses lèvres.

Pour jouer à son tour, Hakkai glissa une de ses mains sur le torse dénudé de Gojyo et commença à le caresser, doucement… D’une manière très câline, il passait délicatement sa main de haut en bas sur le torse de son amant, et arrivé prés du pantalon, il faisait un petit tour puis remontait tout aussi lentement. Ce jeu rendait fou Gojyo, qui frissonnait au contact de la main d’Hakkai sur lui. Il aurait tant voulu qu’il descende plus bas…  Cette torture était si insupportable que Gojyo sourit et murmura à l’oreille d’Hakkai :

- Si tu veux jouer à cela, on va être deux alors….

Il lécha alors l’oreille d’Hakkai pendant qu’une de ses mains glissait à son tour vers le bas-ventre de l’ancien humain, déboutonnait son pantalon et le faisait glisser adroitement au bas du canapé. Puis il posa sa main sur le sexe d’Hakkai, commençant de lents mouvements de va-et-vient, si lents qu’Hakkai eut tôt fait de gémir et de se presser contre Gojyo, dans l’espoir qu’il accélère.

- Gojyo….

- Oui, je sais….

Mais il ne s’arrêta pas pour autant et continua ensuite avec sa bouche. Hakkai en vint bientôt à pousser de petits cris en s’agrippant au tissu du canapé, envahi d’une chaleur insoutenable. Il avait l’impression qu’il allait exploser, et ses sens se mélangeaient. Au plus fort de ses émotions, il jouit en Gojyo qui l’embrassa, partageant sa semence avec lui.

- Toujours aussi bon mon amour….

- Je t’aime…

Ces mots pincèrent le cœur de Gojyo, lui rappelant brutalement Nora…. Quel imbécile il avait été ! Il contempla Hakkai encore rouge de la passion qu’il avait ressenti, et il se maudit, réalisant que toutes les Nora du monde ne valait pas un tel spectacle. Son amant était sublime, les yeux embués de plaisir qui le regardaient avec désir, sa bouche ouverte sur un appel muet, son cou rougi par les baisers de Gojyo,  son torse en sueur, si blanc… Le demi-youkai en oublia ses remords dans sa contemplation, et lorsqu’Hakkai commença à déboutonner son pantalon, dans une invitation, Gojyo réagit immédiatement, l’aidant rapidement. Une fois ses habits aux côtés de ceux d’Hakkai, il écarta les jambes de son amant, malgré le peu de confort et de place du canapé, et il introduisit un doigt en Hakkai, pour faire durer le plaisir, en le voyant réagir aussi bien. L’ancien humain commençait à soupirer, et il gémit plus fort au deuxième doigt.

- Gojyo….

Il comprit et, après avoir retiré ses doigts, il le pénétra lentement, prenant garde à ne pas lui faire mal. Aucune grimace ne vint troubler le visage d’Hakkai aussi Gojyo continua-t-il ses mouvements, toujours plus fort, plus loin.

Au bout, il le voyait, il allait le toucher, cet arc-en-ciel magnifique qui venait toujours à la fin de leurs ébats. Les couleurs explosèrent devant ses yeux, en même temps que le cri d’Hakkai et le sien, mélangés tout autant qu’eux.

 

 

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Gojyo serra contre lui le corps encore chaud de toute la passion d’Hakkai.

- Désolé pour le manque de confort…

- Du moment que je suis avec toi… soupira Hakkai, heureux.

Ils se reposèrent un instant, le temps de reprendre leur souffle, puis l’odeur du rôti vint subitement les agresser, ainsi qu’un petit cri du dragon que leurs ébats avaient réveillé et qui commen_ait à avoir sérieusement faim.

- Si on allait manger ? demanda Hakkai.

- Bonne idée, maintenant que ma faim de toi est apaisée, allons satisfaire une autre faim !

Ils rirent ensemble et se rhabillèrent pour ensuite se mettre à table. Comme d’habitude, la cuisine d’Hakkai se montra délicieuse et Gojyo mangea avec plaisir. Quand à Hakuryu, dés qu’Hakkai lui donna un fruit, il s’envola avec son repas sur l’étagère et ne la quitta plus de la soirée, dégustant avec plaisir le fruit.

- Comment s’est passé ta journée ? demanda Hakkai, après avoir jeté un coup d’œil amusé au dragon qui poussait de petits cris de gloutonnerie.

- Oh, comme d’habitude…

« A un détail prés » se souvint intérieurement Gojyo.

- Et toi ?

- Les enfants sont adorables, ils sont capables de tant de naïveté que c’est touchant ! J’adore ce que je fais ! sourit Hakkai.

Le bonheur se lisait sur ses traits, aussi Gojyo répondit à son sourire, ne se sentant pas le droit de le gâcher avec ses remords cachés.

- D’ailleurs, j’ai fait un rêve très bizarre pendant que je t’attendais !

- Ah oui ?

- On avait un enfant, un enfant à nous deux, et on était très heureux ! Je ne sais pas d’où sortait cet enfant, mais je te jure qu’on l’adorait ! C’était si beau…

Hakkai resta un instant perdu dans ses rêves, puis revient brusquement à la réalité.

- Mais ça n’arrivera jamais !

- Oui, mais nous sommes heureux ensemble, non ?

- Oui ! le rassura Hakkai dans un grand sourire. Et tu es un enfant à toi tout seul !

Ils passèrent le reste de la soirée à bavarder de choses et d’autres, et fatigué, Hakkai partit se coucher, suivi de peu par Hakuryu qui se réfugia sur le petit coussin prévu à cet effet. Le dragon était choyé par Hakkai.

- Je te rejoins dans deux minutes ! lui répondit Gojyo.

Il se servit un verre et s’assit sur le canapé. Il avait besoin de réfléchir à tout ce qu’il venait d’apprendre… Il n’était plus stérile, il avait fait un enfant à une femme, alors qu’il vivait avec Hakkai, et même s’il était complètement bourré ce soit-là, il était envahi de remords…

Il alluma une cigarette et resta perdu dans ses pensées, ne remarquant pas la nuit qui s’épaississait, ni l’heure inscrite sur le cadran de l’horloge. C’était un meuble magnifique, qu’Hakkai avait trouvé dans une foire aux antiquités, et avec un peu de cire, il était redevenu comme au temps de sa splendeur. Elle avait un balancier qui faisait un doux bruit en accompagnant les secondes, et les pensées de Gojyo se balancèrent à son rythme… C’était si apaisant…

Les minutes puis les heures passèrent, quand Gojyo sursauta en sentant une forme se poser sur son épaule.

- Qu’est-ce que … ?

- Ce n’est que moi, le rassura Hakkai d’une voix où pointait le sommeil. Je me suis réveillé et tu n’étais toujours pas là…. Il y a quelque chose qui te tracasse ?

- Non, tout va bien… Ça t’ennuie qu’on reste là encore quelques temps, ta tête sur mon épaule ?

- Non, pas du tout… Tu es sûr que tout va bien ?

- Oui, ne t’inquiète pas… J’ai juste besoin de toi quelques instants sur mon épaule.

Hakkai acquiesça et s’endormit bien vite sur l’épaule de Gojyo.

Là, Gojyo se sentit serein. Avant, les secondes rythmées l’avaient laissé dans un état agité, avec l’impression sordide que tout s’échappait, tout allait être bouleversé et qu’il ne pouvait rien y faire… Mais là, avec Hakkai à côté de lui, son poids sur lui, il se sentait soudain solide…  Il n’y avait plus de secondes, plus de temps qui passait… Il n’y avait plus que lui et Hakkai, et il aurait voulu que cela dure pour toujours…

Ils s’endormirent ensemble, sur le canapé. En couple uni.

A suivre…