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                     Transformation                                              

Chapitre 17 : la pluie avant le beau temps…

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Hakkai reprenait doucement son souffle, blotti entre les bras de Gojyo, quand une grimace de douleur traversa son visage.

- Go…jyo… articula-t-il.

- Oui ?

- Le… bébé…

Gojyo le regarda soudain, une peur intense envahissant son regard.

- Qu’est-ce qu’il y a ?

Comme réponse, Hakkai poussa soudain un cri de douleur et se tordit entre ses bras.

- Hakkai, qu’est-ce qui se passe ?

- Je ne sais pas, mais j’ai mal… 

- Oh mon dieu…

Le demi-youkai était complètement paniqué : il lui paraissait soudain évident que le bébé n’avait pas pu ressortir indemne d’une telle aventure.

- Kougaiji, tu devrais aller chercher Yaone, elle seule sait ce qu’il faut faire !

lui cria Gojyo.

- J’ai prévenu Ririn qu’elle lui dise se venir tout de suite ici. Elle ne devrait plus tarder.

Gojyo se pencha vers Hakkai :

- Tu entends mon amour, il faut tenir encore un peu…

Mais le cri que poussa Hakkai le fit frissonner de peur. Il semblait tellement souffrir.

- Il faut qu’elle se dépêche alors, dit-il à Kougaiji.

Les dix minutes qui suivirent furent un supplice pour les trois amis : Hakkai semblait en proie au martyre, mais eux ne pouvaient rien faire, totalement impuissants. Visiblement, le bébé était mal en point… Hakkai se tenait le ventre, les mains crispées…

Yaone arriva enfin en courant. Elle comprit immédiatement qu’il s’était passé quelque chose, et s’approcha d’Hakkai qui criait de douleur.

Gojyo lui lança des yeux terrifiés.

- Qu’est-ce qui se passe Yaone ? Il faut que tu l’aides…

- Oui, je vais m’en charger.. Pousse-toi s’il te plaît, il faut que je l’examine.

Il s’éloigna un peu tout en lui racontant ce qui s’était passé.

- Il a été attaqué par des youkais..

- Ririn m’a raconté.

- Et asphyxié par la fumée de l’incendie.

- Je vois… Hakkai, qu’est-ce que tu ressens ?

- J’ai…. si mal…

- Oui, mais il faut que tu sois plus précis, je suis désolée. Qu’est-ce que tu ressens exactement ? lui demanda-t-elle tout en l’auscultant rapidement.

- C’est… comme si le bébé voulait sortir… Aaah !

- Merde, c’est bien ce qu’il me semblait…

- Qu’est-ce qui se passe Yaone ? lui demanda Gojyo.

- Il faut vite qu’on l’opère, il est en train d’accoucher.

- Hein ? Déjà ? Mais il est trop tôt !

- Oui, mais le bébé a été trop secoué, si on ne le sort pas tout de suite il risque de mourir. Gojyo tu vas m’aider. Il faut vite qu’on l’emmène chez ton frère.

- Je ferai tout ce que tu voudras.

- Bien, Kougaiji, je vais te donner de quoi soigner Sanzo, tu pourras te débrouiller ?

- Compte sur moi.

- Merci.

Gojyo aida Hakkai à se relever, avec beaucoup d’efforts, et il suivit Yaone en supportant son amant. Le pauvre souffrait le martyre et se serait bien passé de cette petite ballade nocturne, aussi Gojyo l’aidait de son mieux, le portant plus qu’il ne l’aidait à marcher. Hakuryu disparaissait souvent quand il ne fallait pas… En tout cas, il avait très mal prévu son coup cette fois-ci !

- Allez Hakkai, on va y arriver. Il faut que tu tiennes encore un peu… 

Ils arrivèrent enfin au bout de ce qui leur sembla une éternité chez Dokugakuji. Là, le médecin mit quelques temps avant d’ouvrir, mais une fois qu’il les vit, il se poussa pour les laisser rentrer. Le visage de son frère, la douleur d’Hakkai et l’inquiétude sur les traits de Yaone le convainquirent que la situation était grave.

- Doku, il faut vite qu’on l’opère, sans quoi le bébé risque de mourir.

- Hein ? Mais qu’est-ce qui s’est passé ?

- Plus tard les questions, il y a plus urgent. On peut aller dans ta salle ?

- Bien sûr, tout est toujours prêt en cas d’urgence.

Dokugakuji s’approcha et aida Gojyo à porter Hakkai jusqu’à la salle d’opération. Malgré son petit cabinet, Doku pouvait se vanter de cette salle qui permettait d’opérer n’importe qui ici même. Ils déposèrent Hakkai sur la table d’opération. Le pauvre n’en pouvait plus et semblait au bord de l’épuisement.

- Tiens bon mon amour, lui dit Gojyo en lui tenant la main.

- Gojyo, il va falloir que tu sortes, lui demanda alors Yaone. Il vaut mieux que tu attendes à l’extérieur. Ne t’inquiètes pas, on s’occupe de lui, tout va bien se passer.

- D’accord.

Il embrassa une dernière fois Hakkai qui n’eut pas conscience de son baiser, et sortit, complètement abattu.

Comme un automate, il s’assit sur l’une des chaises de la salle d’attente et commença à attendre. Il fixait la porte fermée devant lui, sans penser à rien. Il en était incapable. Tout ce qui venait d’arriver avait été si vite…

Beaucoup plus tard, il eut vaguement conscience que quelqu’un s’était assis à côté de lui, mais c’est seulement quand il lui parla qu’il réalisa qu’il s’agissait de Kougaiji.

- Sanzo va mieux, on l’a porté chez moi, il se repose. Goku est à son chevet, il est inséparable de son moine depuis tout à l’heure. Comment va Hakkai ?

- Je ne sais pas…

Les larmes naquirent soudain dans ses yeux et il se prit la tête entre ses mains.

- Je ne sais pas du tout…

Il sentit la main de Kougaiji se poser sur son épaule, gentiment.

- Yaone s’en occupe, ça va aller. Et Doku est un grand médecin. Ne te fais pas de souci et pense plutôt à ton enfant. D’ici quelques heures, tu risques de l’avoir dans les bras, tu sais…

Malgré le manque de réaction du demi-youkai, Kougaiji continua, comme si parler lui faisait du bien.

- Moi, quand j’ai vu Ceit pour la première fois, j’ai compris à quel point j’avais été idiot. J’avais passé ma vie à courir après des buts sans fondement, et voilà que tout mon bonheur se trouvait auprès de ce petit être sans défense. Je n’ai jamais été aussi heureux. Tu le seras aussi. J’en suis sûr.

Gojyo ne répondit pas plus, mais leva un instant ses yeux sur Kougaiji, comme s’il le voyait pour la première fois, et il le remercia du regard. Puis il replongea dans son mutisme, incapable de pouvoir ressentir quelque chose avant qu’on ne vienne lui annoncer qu’Hakkai allait bien ainsi que leur enfant.

 

 

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Les heures passèrent lentement, bien trop à son goût. Kougaiji était parti sans même qu’il s’en rende compte. Il attendait seul.

Il entendit soudain un grand bruit qui venait de l’autre côté de la porte, puis les pleurs d’un bébé… Les larmes se mirent à couler toutes seules quand le demi-youkai comprit qu’il s’agissait des pleurs de son enfant. Il était là… Sans aucun doute, c’était le plus beau son qu’il avait jamais entendu.

Il se leva, impatient qu’on ouvre enfin cette maudite porte qu’il fixait depuis trop longtemps. Après quelques minutes qui lui semblèrent une éternité, Yaone ouvrit enfin la porte, un bébé dans les bras, emmitouflé dans des couvertures. Elle s’approcha de Gojyo et lui montra son enfant.

- Félicitation, c’est un garçon.

Gojyo fixa son enfant sans rien dire, incapable de prononcer un mot. Le spectacle était si beau…

- Il est magnifique Gojyo. Tu veux le prendre dans tes bras ?

- Je peux …? demanda-t-il tout intimidé.

- Oui, bien sûr.

En tremblant, le demi-youkai prit son fils dans ses bras, son propre fils… En pleine admiration, il contempla avec stupéfaction et une tendresse bouleversante la petite créature. Il était si petit entre ses bras… On aurait dit un ange : il était si beau… Le regard de Gojyo s’attarda sur chaque détail, émerveillé. Il hésitait encore à savoir ce qui était le plus mignon, de sa petite bouche rose ou de son nez qu’on aurait voulu croquer. Et le plus troublant, c’était qu’il le sentait respirer sous les couvertures, entre ses mains.

- C’est mon fils… murmura-t-il, ému.

A ce moment, le bébé ouvrit les yeux, lançant un regard neuf sur le monde. Deux magnifiques yeux rouges sang. Les deux rubis se posèrent sur le visage de Gojyo et s’y accrochèrent, étonnés. On aurait pu plonger dans ces yeux-là, tellement ils étaient purs… Sa petite figure s’anima soudain et il plissa son nez en une moue adorable.

- Il t’aime déjà, dit doucement Yaone, attendrie devant un tel spectacle.

Gojyo détacha son regard du nouveau-né et demanda à Yaone, un peu angoissé.

- Et Hakkai ?

- Il va bien, ne t’inquiètes pas. Il est juste très fatigué, il va lui falloir beaucoup de repos.

- Je peux le voir ?

- Pas tout de suite, il dort. Mais tout à l’heure, ça sera possible.

- Merci pour tout Yaone… Merci.

- Je vais te laisser avec ton fils, je reviens dans quelques minutes.

Elle s’éclipsa pendant que Gojyo s’asseyait, immensément soulagé, son précieux fardeau entre les bras. Il se perdit dans sa contemplation. Il venait de comprendre les paroles de Kougaiji : il n’y avait pas de plus beau moment, sans aucun doute. Le bébé, après l’avoir regardé pendant plusieurs minutes, s’endormit.

C’était son fils… Gojyo avait encore du mal à y croire.

La porte de la salle d’attente s’ouvrit soudain, laissant passer Kougaiji et Ririn. Ils s’approchèrent doucement et regardèrent le bébé et son père.

Gojyo releva les yeux vers eux et leur dit, tout ému :

- C’est mon fils.

- Félicitation Gojyo, il est magnifique, répondit Kougaiji.

- Whaouh, il est trop mimi tu veux dire ! s’exclama Ririn. On dirait qu’il est en pâte d’amande.

- Et Hakkai ?

- Il va bien, il se repose.

- C’est génial alors, ajouta Ririn. Et il s’appelle comment ce bout de chou ?

- Je ne sais pas… En fait, on y a jamais réfléchi avec Hakkai…

- Holala, ne pas penser à ça… Et bien, tu es mal parti avec des parents pareils, soupira Ririn en souriant.

Gojyo sourit et regarda son enfant. Mal parti ? Rien n’était moins sûr, parce qu’il était déjà certain d’une chose : il l’aimait à la folie.

 

 

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Yaone vint chercher l’enfant et le posa dans un couffin de fortune, le cabinet de Dokugakuji n’ayant pas les objets nécessaires. Elle avait donc placé plusieurs couvertures au fond d’une bassine, créant un petit nid douillet où le bébé se reposait. Gojyo veillait sur lui, ne se lassant toujours pas de le contempler.

- Au fait Gojyo, dit Kougaiji, j’ai fait ce que j’ai pu pour la maison, mais votre cuisine est entièrement détruite.

- Ah oui, j’avais complètement oublié la maison avec tout ça… Qu’est-ce que tu as fait ?

- J’ai invoqué un démon de l’eau qui a éteint le feu, mais la cuisine est en ruine, et tout est inondé… Si on s’y met, vous pourrez bientôt y habiter de nouveau.

- Merci, c’est gentil à toi. Je me repose un peu et j’irai voir les dégâts après. Je tiens à ce que tout soit en état quand Hakkai se réveillera.

- Ok, compte sur nous pour t’aider.

- Merci.

Dokugakuji sortit enfin de la salle d’opération, un peu fatigué. Gojyo se leva et alla le remercier.

- Merci pour tout Doku, tu as été formidable !

- Ce n’est rien. Et je suis fier d’avoir un neveu aussi mignon. Yaone m’a raconté ce qui s’était passé… Moi qui croyait qu’on pourrait enfin vivre en paix…

- Oui… Mais ils sont tous morts, et je compte bien oublier cette histoire. Tu vois, j’en ai marre de tout ça.

- Je te comprends.

Doku se rapprocha alors du couffin et observa le bébé.

- Hum… C’est ton portrait craché Gojyo.

- Moi, je dirais qu’il ressemble plutôt à Hakkai, répliqua Ririn, elle aussi penchée sur le couffin.

Elle était véritablement sous le charme du bébé.

- Dire qu’un jour, j’en aurai un comme ça… soupira-t-elle.

Son frère lui lança un drôle de regard, un brin surprotecteur. Il faudrait déjà qu’un garçon approche sa sœur, et ça, ça ne l’enchantait guère…

- Moi je trouve qu’il ressemble à vous deux, répondit Yaone qui était revenue dans la salle d’attente. Il est si mignon…

A suivre