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........................... Transformation
Chapitre 14 : Une histoire de cornichons
Les youkais avaient réussi à trouver une planque sûre, un peu éloignée de la ville d’où ils pouvaient organiser en toute tranquillité leurs mauvais coups. Pour l’instant, ils se contentaient d’aller provoquer quelques bagarres dans les bars, tard le soir… Ils se plaisaient bien ici et comptaient en profiter un peu. Ils avaient l’habitude que les gens fuient sur leur passage dans les autres villes, mais ici, ne connaissant pas encore de quoi ils étaient capables, les habitants de se méfiaient pas d’eux. Le soir allait bientôt tomber, et les youkais se préparaient à sortir quand l’un d’eux revint, tout essoufflé. - Hé les gars, vous vous souvenez du mec aux cheveux rouges de l’autre fois ? - Ouais, pourquoi ? demanda un youkai. - Ben je crois savoir qui c’est… - Et alors, qu’est-ce que tu veux que ça nous fasse ? répliqua un autre, hargneux. - Vous vous souvenez du groupe au bonze Sanzo ? - Et comment ! s’exclama un youkai dans le fond de la salle. Ces salauds ont tué plusieurs de mes cousins. - Ouais, et moi ils ont réglé son compte à mon frère ! - Et moi à mon meilleur pote ! Plusieurs exclamations surgirent d’un peu partout : visiblement, certains d’entre eux avaient des comptes à rendre au groupe du moine. - Et bien justement, répondit le premier youkai, ce type, celui aux cheveux rouges, il en faisait partie ! Son intervention amena le silence dans la planque. S’ils s’étaient douté qu’un de leur pires ennemis leur tomberait entre les mains… - T’es sûr ? - Ouais, et il paraît même que le groupe de Sanzo est dans cette ville. - Comment tu sais ça toi ? - Je me suis bien renseigné, c’est tout. Beaucoup les considèrent ici comme des héros. - Tu parles, c’est qu’une bande d’assassins ! Ils ont tué beaucoup des nôtres ! De nouveau les voix s’élevèrent. L’un d’eux, qui semblait être le chef, ou du moins s’imposait par sa force, leur fit signe de se taire. - Je pense que nous ne pouvons pas laisser ces crimes impunis mes frères ! - Ouais, crièrent les youkais d’une voix. - Très bien, alors si vous êtes d’accord, on retrouve le groupe de ce salaud de moine et on les bute ! Ok ? - Ouais !!
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Par petits groupes, ils avaient réussi à retrouver les membres du groupe de Sanzo, un par un. Ça n’avait pas été facile, mais avec un peu de patience, il les avaient repéré. Ils connaissaient déjà Gojyo, et en le suivant, ils avaient découvert sa maison où il habitait avec le deuxième membre de l’équipe. Et ils avaient aussi très vite repéré Sanzo et Goku, qui étaient sortis un jour de leur temple… Il fallait dire aussi que le singe avait le don de se faire remarquer… Pour une fois, ils s’organisèrent, et mirent au point leur plan d’attaque. Ils feraient payer à ces salauds le meurtre de leurs frères.
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Hakkai se reposait : il en était à son huitième mois et son ventre s’étant encore plus arrondi, il se fatiguait plus vite. L’ancien humain était heureux : Gojyo était le plus attentionné des futurs pères. En plus de s’occuper de la maison, avec un peu d’aide d’Hakkai quand même (il avait cédé à son amant qu’il avait pris en pitié en le voyant s’échiner comme un diable), il gérait les finances du ménage, en jouant pratiquement tous les soirs. Hakkai s’étonnait qu’il trouve encore des pigeons pour ses parties de cartes. De plus, il l’entourait de beaucoup de soins. Plus le temps passait, plus le demi-youkai attendait avec impatience la venue de leur enfant. Hakkai en était fier : jamais son enfant n’aurait un meilleur père ! De son côté, les désagréments premiers de la grossesse, à savoir nausées et malaises, étaient passés. Bien sûr, d’autres avaient suivi… Ainsi, il portait des vêtements de plus en plus larges, et même si Gojyo avait pris grand, Hakkai s’y sentait un peu à l’étroit. En raison de son ventre de plus en plus gros, Hakkai était obligé de rester à la maison, sans quoi les gens se seraient posé des questions en le voyant ainsi dans la rue. Ils avaient choisi de garder l’évènement discret, devinant que l’étaler au grand jour ne leur apporterait que des ennuis. L’ancien humain avait également ressenti d’étranges envies, et depuis une certaine nuit, il se baladait fréquemment dans la maison avec un pot de cornichons. En effet, il s’était réveillé en plein milieu d’une nuit, tiraillé par une pressante envie de manger des cornichons. Il s’était retourné dans le lit, avait tout tenté pour l’oublier, mais les cornichons ne sortaient pas de sa tête, comme s’il était possédé… A force de remuer dans le lit, il avait réveillé Gojyo qui s’était pressé contre lui, encore somnolent. - Qu’est-ce qu’il y a Hakkai ? lui avait-il demandé d’une voix endormie. - J’ai envie de cornichons… - Je t’en achèterai demain, promis… Hum… Si on dormait maintenant ? Hakkai avait essayé de trouver le sommeil, sans succès. Chaque fois qu’il fermait les yeux, il voyait des myriades de cornichons voler autour de lui, en le narguant. Il sentait déjà leur goût dans sa bouche… Il se releva soudainement dans le lit, énervé. - Hakkai… - Je suis désolé, mais il faut absolument que je mange des cornichons… - Ça ne peut vraiment pas attendre ? - D’habitude, les femmes enceintes ont envie de fraises, et bien moi ce sont des cornichons… Et il m’en faut tout de suite ! En soupirant, Gojyo se leva du lit. - Bon, je vais t’en chercher, on doit en avoir au frigo… Mais ensuite, tu dors, d’accord ? Hakkai lui fit un grand sourire, rassuré. - Oui promis. - Bon… Ses paupières se fermant à moitié, le demi-youkai partit dans la cuisine chercher les fameux cornichons. La grossesse avait parfois de drôles d’aspects… Il ouvrit le frigo et se protégea les yeux, agressé par la lumière vive. - Aah, évidemment il fallait que ça le prenne en pleine nuit… Bon, les cornichons… A la vue de l’intérieur du frigo, un énorme doute envahit Gojyo. Il le referma, fouilla dans les placards et en vint à une terrible conclusion : il n’y avait pas l’ombre d’un cornichon chez eux. Hakkai ne trouverait jamais le repos, et lui non plus… Furieux, et maintenant bien réveillé, il prit sa veste et sortit en claquant la porte. Il avait intérêt à être fort au poker le môme, pour mériter autant d’efforts… Toujours debout dans son lit, Hakkai avait commencé à s’inquiéter avant de sortir de la chambre à son tour. Il ne trouva Gojyo nulle part. Où était-il donc passé ? Le demi-youkai ne revint que trois quart d’heure plus tard… Avec un carton rempli de boîtes de cornichons. - Gojyo ! s’exclama Hakkai en le voyant. Mais tu étais où ? Je me suis inquiété. - Je les ai tes satanés cornichons ! Alors maintenant, bonne nuit. Le demi-youkai posa sa veste et retourna directement se coucher. Hakkai ouvrit immédiatement une boîte et commença à manger ses cornichons, son envie enfin calmée. Il soupira de satisfaction : c’était délicieux. Enfin apaisé, il jeta un regard sur le carton rempli : il n’allait pas être en manque de cornichons pour les deux mois à venir… Hakkai rit doucement en imaginant comment Gojyo avait pu se procurer ces cornichons en plein milieu de la nuit. Il avait dû réveiller l’épicier, tout ça pour quelques boîtes… Le vendeur avait dû être furieux… Mais le demi-youkai savait être persuasif… Depuis, Gojyo faisait constamment le plein de boîtes de cornichons et Hakkai pouvait en dévorer dés que l’envie lui prenait. Décidément, ça n’arrivait qu’à eux ces histoires… L’ancien humain se leva du canapé et alla regarder le soleil se coucher. C’était si beau… Il posa une main sur son ventre rebondi, pensant que bientôt il verrait le crépuscule avec son enfant. Plus qu’un mois à attendre… Il ne s’inquiétait pas outre mesure pour l’accouchement : il faisait entièrement confiance à Yaone et Dokugakuji. Il soupira… Cela faisait si longtemps qu’il était resté à la maison que l’envie le démangeait se sortir faire un tour. Mais il ne tenait pas vraiment à ce qu’on le remarque dans son état, et il savait qu’il se surestimait : il serait vite fatigué avant d’avoir pu vraiment profiter de l’extérieur. Allez, plus qu’un mois à attendre… Mais ça en valait le coup. Gojyo passa derrière lui et décrocha sa veste. - Tu sors encore ce soir ? demanda Hakkai en se retournant. - Oui, j’ai une famille à nourrir maintenant. Je n’aurai jamais cru que ça demande autant de parties de poker ! dit en riant le demi-youkai. Ne t’en fais pas, je reviens vite. De toute façon, j’ai une chance du diable en ce moment. Hakkai lui sourit, et ressentit soudain un choc dans le ventre. Il s’appuya contre le mur, une petite grimace sur le visage. Hakuryu, le remarquant, poussa un petit cri vers son maître depuis la table où il dévorait une pomme. Il vint voleter prés de lui, cherchant à l’encourager muettement, ce qui fit sourire Hakkai. - Qu’est-ce que tu as ? s’inquiéta immédiatement Gojyo en accourant vers lui. - Ça va, ne t’inquiètes pas. Le bébé vient de bouger. - C’est vrai ? s’exclama Gojyo, émerveillé. Je peux ? Hakkai acquiesça et son amant posa sa main sur son ventre, guettant une nouvelle réaction de l’enfant. - Alors, petit monstre, on se réveille ? En même temps, le bébé s’agita et donna un coup de pied. Gojyo le sentit sous sa paume et son visage s’extasia de bonheur. - Il a réagi à ta voix, lui dit Hakkai en souriant. - C’est merveilleux… Oh merci pour tout Hakkai ! Gojyo l’attira à lui et l’embrassa avec passion. Puis il se pencha vers son ventre et s’adressa à l’enfant : - Ne t’inquiète pas, je ne serai pas long. A Hakkai : - Tâche de te reposer. Il embrassa une dernière fois Hakkai avant de se diriger vers la porte. - Ah, au fait, j’ai vu Sanzo il n’y a pas longtemps, se rappela-t-il. - Ah oui ? - Il m’a dit qu’il passerait te voir, et comme je sais que Goku a passé la journée chez Kougaiji, il se peut qu’il vienne ce soir. - Tant mieux, ça me fera un peu d’occupation, s’enthousiasma l’ancien humain. - Ok… Mais s’il te fatigue, n’hésite pas à le virer dehors ! - Mais je vais bien Gojyo, ce n’est pas ça qui me fatiguerait. - Je sais, répondit le demi-youkai doucement. Mais j’aime bien imaginer la tête qu’il ferait si on le foutait dehors… Bon, à tout à l’heure.
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En marchant dans les rues déjà sombres de la ville, Gojyo ne se rendit pas compte qu’on le suivait, tellement les youkais étaient discrets. Ils le virent entrer dans un bar, en même moment où d’autres venaient les rejoindre. - Alors ? demanda leur chef. - On a trouvé le jeune du groupe, il est dans une maison pas loin. Quand au moine, certains l’ont vu qui se dirigeait un peu à l’écart de la ville. Ces crétins sont si sûrs d’eux qu’ils ne remarquent même pas qu’on les espionne. - Tant mieux, on profitera de l’effet de surprise. Bon, on se charge de l’homme aux cheveux rouges. Vous, allez prévenir les autres de s’occuper du gamin, et on rejoindra le reste pour s’occuper du moine. Au fait, tu disais à l’écart de la ville, mais ça ne serait pas chez le quatrième larron ? - Si, je crois. En tout cas, il était dans la direction. - Alors on fera d’une pierre deux coups. A tout à l’heure. Puis il se retourna pour faire face aux trois hommes qui l’accompagnaient. - A nous quatre, on devrait rapidement régler son compte à cet assassin. Allons-y.
A suivre…
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