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........................... Transformation
Chapitre 13 : Mouvements inquiétants
Effectivement, le ventre d’Hakkai s’arrondissait doucement. Quand il l’avait remarqué, Gojyo en avait été comme fou. Il n’avait cessé de le regarder en s’extasiant : - Bon sang, il est là, il est vraiment là…. Puis il avait posé sa main sur le ventre d’Hakkai, s’était rapproché et avait murmuré au bébé : - Alors gamin, comment c’est là-dedans ? Hakkai avait beaucoup ri. Gojyo devenait de plus en plus attendrissant au fil des jours, et Hakkai était heureux que tout finisse comme cela. Ou commence, au choix. Le demi-youkai avait même accepté quelques concessions, à commencer par celle du tabac, ce qui n’avait pas été une mince affaire… Lorsqu’Hakkai l’avait vu allumer une cigarette devant lui, il lui avait tout simplement retiré de la bouche en lui expliquant que cela était nocif pour le bébé. Gojyo avait un peu râlé, pour la forme, et il était allé fumer dehors. Les jours suivants, il avait souvent oublié cette nouvelle règle et plus d’une fois Hakkai avait été obligé de la lui rappeler. Mais ce fut bientôt la seule règle dictée par Hakkai. Aussi étrange que cela puisse paraître, Gojyo prit les choses de la maison en main et refusa du jour au lendemain qu’Hakkai fasse le moindre travail manuel un peu trop fatiguant. Et l’ancien humain se laissa faire… Il fallait dire pour sa défense qu’il était dans une période où son sommeil changeait, et il lui arrivait souvent d’avoir une envie subite de dormir, qui le laissait somnolent. Généralement, son amant s’en rendait compte assez vite et l’obligeait à aller dormir, ce à quoi Hakkai obéissait. Pendant ce temps, Gojyo se chargea donc des tâches ménagères… De temps en temps, Hakkai retrouvait des cadavres d’araignées probablement mortes de rire, ou des mouches empoisonnées par les nombreux plats qu’avait fait brûler le demi-youkai… Mais il ne disait rien, et admirait, non sans parfois dissimuler un sourire, son homme à l’œuvre. Il avait pourtant proposé son aide, mais Gojyo avait refusé net. Alors Hakkai se contentait de regarder. Cependant, le spectacle valait le détour… Il était vrai qu’il était rare d’admirer Gojyo, un tablier sur les hanches, en train de s’acharner vaillamment à préparer un repas digne de ce nom, ou en plein effort devant des tâches de graisses qui refusaient de disparaître. Plus d’une fois, Hakkai sursauta en l’entendant proférer des jurons dignes des bars les plus mal fréquentés. Mais malgré toutes ses difficultés, Gojyo poursuivait ses efforts, et Hakkai en était réellement touché. Une semaine après leur réconciliation, ils apprirent par Dokugakuji que Yuki s’était dénoncé pour le meurtre de Nora. Apparemment ce n’était qu’un accident, une dispute qui avait mal fini, mais le jeune homme, rongé par le remord, avait préféré se rendre. Si Gojyo fut choqué, il n’en dit pas un mot. La mort de la jeune femme, même s’il ne la connaissait pratiquement pas, l’avait marqué. Elle semblait si douce, si gentille de son vivant, et un malheureux accident l’avait privé de connaître le bonheur… Et d’imaginer que son ami Yuki en était le responsable le mettait mal à l’aise ? Comment, alors que tout leur souriait, le monde pouvait ainsi s’écrouler pour eux, si jeunes ? Il y avait là une erreur de la nature, un problème évident. Il se surprit en train de se promettre qu’il n’en serait jamais ainsi pour leur enfant. Il ne voulait pas qu’il connaisse un tel malheur, que sa vie soit finie avant d’avoir commencé. Hakkai sentit que son amant allait mal et il le laissa méditer en paix. Après tout, il était normal que cela le trouble… Pour sa part, il ne connaissait pas la jeune femme, et n’avait jamais réellement connu Yuki, qu’il évitait autant que possible, ainsi l’affaire le concernait beaucoup moins. Cependant, il se promit d’aller un jour sur la tombe de Nora. Il ne l’avait vu que quelques minutes, mais il avait senti que c’était une personne bien. Et il ne l’avait pas vraiment remercié… Oui, un jour il irait la voir… Mais la vie avait ses exigences, aussi commencèrent-ils à tourner la page. Gojyo oublia ses questions métaphysiques pour se préoccuper uniquement de ce cadeau qu’on lui faisait, l’enfant qu’attendait Hakkai. Après tout, ce n’était pas tous les jours que l’on vivait une telle chose ! Il déposa le souvenir de Nora dans un coin de son âme, en lui disant au revoir. Leur esprit fut bien vite occupé par tout autre chose lorsque Hakkai apprit qu’il était mis à la porte de l’école. Depuis cette fameuse réunion manquée, l’ancien humain n’était pas retourné au travail, à cause de son état physique et aussi à cause de Gojyo, qui le retenait à la maison. Trop heureuse de son absence répétée, la directrice en avait évidemment profité pour le licencier, chose dont elle rêvait depuis longtemps. Cela n’étonnait pas Hakkai, qui connaissait la haine qu’elle avait à son égard, mais ça ne l’empêchait pas de se sentir découragé devant tant d’intolérance. Par contre, Gojyo avait été ravi de la nouvelle : il savait qu’Hakkai ne trouverait pas son bonheur avec une directrice aussi antipathique. Enfin libre, il pourrait se reposer pendant quelques temps et rechercher tranquillement un autre emploi où il serait convenablement traité au moins. Encouragé par le demi-youkai, Hakkai se mit alors à la recherche d’un travail. Il eut la chance de trouver un poste dans une autre école, avec à sa tête un directeur très sympathique. Il lui expliqua sa situation professionnelle et le directeur lui dit que cela convenait parfaitement, puisqu’un de ses employés partait à la retraite d’ici un an. Hakkai serait alors accueilli à bras ouverts. L’ancien humain en ressentit un grand soulagement et enfin débarrassé de ce problème, il pu se consacrer avec bonheur à sa grossesse. En conclusion, la vie avait repris son cours, promettant mille richesses…
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- Sanzo ! cria Kougaiji en l’apercevant à l’autre bout de la rue. Il courut jusqu’à lui, traversant la foule dense du marché. Le moine l’attendit patiemment, une cigarette à la bouche, surveillant d’un œil attentif l’agitation du singe qui l’avait accompagné, et qui ne rêvait que de dévaliser les étalages. - Sanzo… Kougaiji reprit son souffle et sourit en voyant Goku baver devant des pains à la viande. - Je croyais que tu détestais le marché ? - On a le droit de se balader dans les rues, à ce que je sache, répondit sèchement le bonze. « Hum, il est de bonne humeur… » constata ironiquement Kougaiji. - Cela faisait longtemps qu’on ne t’avait pas vu. Mais ça tombe bien, parce qu’il fallait absolument que je te parle de quelque chose. - Vas-y, je t’écoute. Goku repéra soudain un marchand de nems et se précipita sur son étalage, devant l’œil craintif du vendeur. - Goku ! cria le moine pour l’arrêter, sans succès. - Laisse tomber, c’est un grand garçon maintenant. Ce que j’ai à te dire est plus important. Sanzo quitta le singe des yeux pour lancer un regard interrogateur à Kougaiji. Il avait attiré son attention. - Qu’est-ce qu’il y a ? - Je me demandais si après la destruction de Gyamao, quelques youkais ne seraient pas resté fous.. ? - Impossible, trancha le bonze. Une fois Gyokumen vaincue, tout s’est arrêté de lui-même. Pourquoi ? - Parce que ces rumeurs sur une bande de youkais qui sèment la zizanie là où ils passent persistent, et je me demandais si ce n’était pas la raison. - Qu’est-ce que c’est que ces rumeurs ? Kougaiji expliqua en détail toute l’histoire à Sanzo, tandis que Goku sautait d’étalage en étalage, de plus en plus affamé plus à mesure que les mets défilaient sous ses yeux. Une fois au courant, le moine jeta sa cigarette par terre, l’écrasant sans ménagement. - Je vois… A mon avis, ce n’est rien de sérieux, ne t’inquiète pas Kougaiji. D’une part, ça ne sert à rien, et d’autre part, quelqu’un finira bien par les arrêter. - On m’a dit qu’ils se rapprochaient de la ville. Ils pourraient même arriver d’ici peu… Cette histoire m’ennuie. Il paraît qu’ils sont nombreux… On a enfin une paix fragile avec les humains, et voilà qu’une bande de crétins vient tout mettre à terre. A croire qu’ils préfèrent la guerre… Je ne les comprendrais jamais… - Tu n’es pas le seul, si ça peut te rassurer. Voilà longtemps que j’ai cessé d’essayer de comprendre les créatures qui peuplaient cette terre… Je n’en ai tiré qu’une conclusion : ils sont tous aussi débiles les uns que les autres ! A commencer par ce singe qui m’énerve… Alors que Goku le frôlait, Sanzo le rattrapa par le col et l’obligea à s’arrêter. - Hé Sanzo… ! - Arrête de courir partout, tu me donnes le tournis. De toute façon, je ne t’achèterai rien. - Mais euh… C’est pas gentil ça. - Je sais, répondit le moine dans un micro-sourire. Kougaiji sourit lui aussi : ces deux-là ne changeraient jamais. - Au fait, comment va Hakkai ? Je suppose que tu viens de chez lui, non ? - Non, je ne suis pas allé chez eux depuis longtemps… Il paraît que sa grossesse avance bien. - Oui, ma femme m’a dit que tout se passait bien. Il en est à son huitième mois, le jour J ne devrait pas tarder, répondit Kougaiji. - Hum… soupira Sanzo d’un air las, comme si tout cela ne l’emballait que très peu. J’irai peut-être le voir… - Oh oui, Sanzo, s’exclama Goku, on va le voir ? - On verra, répliqua Sanzo. Kougaiji ne pu s’empêcher de rire doucement devant l’air fermé du moine. Il savait que le sort de ses amis n’était pas si indifférent à Sanzo, mais fidèle à sa réputation, même si personne ne savait plus à quoi servait maintenant cet honneur un peu ridicule, le bonze préférait cacher ses véritables sentiments. Quoiqu’à l’égard de Goku, ceux-ci étaient très clairs. Tout le monde s’accordait pour les trouver très mignons tous les deux. - Bon, je vais vous laisser, il faut que je trouve des cubes en bois, j’en ai promis à Ceit. - Mais qu’est-ce que vous avez tous avec vos mômes ? s’exclama Sanzo.
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Cependant, les inquiétudes de Kougaiji étaient fondées, et Sanzo aurait dû se montrer moins optimiste… Personne n’avait fait attention à eux quand ils étaient entré en ville, et ils s’étaient séparés en nombreux petits groupes pour ne pas plus éveiller l’attention, mais les youkais qui occupaient le bar ce soir-là n’avaient pas l’air d’enfants de cœur. Le patron avait bien remarqué leur air louche, les armes qui pendaient à leurs ceintures et leurs mauvais sourires… Mais comment leur refuser l’entré de son établissement ? Pour plus de tranquillité, il avait donné sa soirée à sa serveuse, refusant que la jeune fille s’expose ainsi, et s’était chargé de tout le travail à lui tout seul. Le début de la soirée se déroula plutôt bien : les youkais se contentaient de rester dans leur coin et vidaient verre sur verre en riant entre eux. Ils n’étaient pas encore assez saouls pour se permettre d’ennuyer les autres clients habituels. Mais ceux-ci se gardaient bien de les provoquer, comprenant qu’il suffisait d’une étincelle pour que le feu s’allume. Lorsque Gojyo fit son entrée, il remarqua tout de suite l’ambiance tendue qui régnait dans la pièce. Il s’approcha de ses amis de jeu et s’assit avec eux. - Alors les gars, vous en tirez une tronche ! Ce sont ces youkais qui vous font peur ? - Toi aussi tu les as remarqué… - Un peu mon vieux, ils sont aussi voyants qu’un furoncle au milieu de la figure ! - Ils sont là depuis le début de la soirée, et ils s’enfilent verre sur verre. C’est pas qu’ils nous ennuient, mais à la vitesse où ils boivent, je sens qu’ils vont commencer à nous chercher des noises dans pas longtemps… - Mais pour l’instant, tout va bien, s’exclama Gojyo. Alors, si on la faisait cette partie ? J’ai besoin d’argent. Et je sens que la chance est venue avec moi ce soir… - Alors on est foutus les gars ! répondit en riant un de ses amis. Effectivement, Gojyo eut beaucoup de chance ce soir-là. Il réussit à gagner pas mal d’argent et à s’éclipser du bar avant que les youkais, beaucoup trop éméchés, ne déclarent une bagarre qui réduisit la pièce en un vaste champ de bataille… Ayant enfin trouvé un sujet de discorde, à savoir une simple bousculade, les youkais s’étaient défoulés sur les pauvres clients… Le patron était véritablement désolé de voir cela. En sortant du bar avant que les forces de l’ordre n’interviennent, les youkais avaient filé cuver leur vin ailleurs, dans un autre bar encore présentable. - Qu’est-ce qu’on leur a mis quand même ! s’enthousiasmait l’un d’eux. Ça fait du bien… - Ouais, surtout que leur tête me revenait pas du tout, répondit l’un d’eux en bafouillant, ivre. - Y en a un, il avait les cheveux rouges, je lui ai mis une de ces beigne dis donc ! - Mais non abruti, il était parti avant qu’on se batte ! T’es mytho toi. - Je crois que je le connaissais… fit l’un d’eux, en essayant de réfléchir malgré l’alcool qui l’engourdissait. - Ouais, il me disait quelque chose à moi aussi…. Ils continuèrent leur route et dévastèrent le bar suivant, complètement ivres. Là encore, ils réussirent à partir avant d’être arrêtés, filant entre les doigts des policiers.
A suivre…
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