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.......................... Transformation Chapitre 12 : On fait la paix
Les rayons du soleil rentraient doucement dans la chambre, mais ils ne réveillèrent pas Gojyo. Ce fut une main caressante qui s’en chargea… Caressante et insistante en plus. Elle dérivait lentement sur son torse, comme pour en apprendre les moindres détails par cœur, et s’assurer qu’il n’était pas une illusion. Comment elle avait atterri sur son torse en réussissant à déboutonner sa chemise, Gojyo s’en moquait comme de l’an quarante. Il appréciait trop ces caresses pour en venir à se poser des questions aussi stupides. Mais lorsqu’elle s’aventura sur ses flancs, endroit délicat, Gojyo esquissa un léger mouvement de recul. Il détestait les chatouilles. - Hum, je savais que tu étais réveillé…, murmura une voix tout prés de lui. Il connaissait cette voix, il en avait rêvé pendant longtemps… Etait-ce encore un rêve, ou était-il réellement le plus heureux des hommes ? Pour confirmer ses doutes, il souleva une paupière et aperçut deux yeux verts qui le regardaient, une lueur de malice et d’amusement flottant sur leurs prunelles. Les deux yeux en question se rapprochèrent, se fermèrent, et il sentit soudain une bouche se poser sur la sienne. Le demi-youkai du se rendre à l’évidence : il était le plus heureux des hommes et sans approfondir cette constatation, il renvoya son baiser à Hakkai. Les lèvres de l’ancien humain le quittèrent et vinrent parcourir son torse découvert. Pouvait-on rêver meilleur réveil ? Les bras du demi-youkai l’entourèrent alors et se mirent à caresser son dos, lentement, encore peu sûres d’elles. - Hakkai… - Hum ?… - Ça ne veut pas poser problème avec le bébé ? - Gros bêta… Les lèvres de Gojyo s’étirèrent en un large sourire, complètement envoûté par les caresses de l’ancien humain qui se faisaient plus insistantes. Décidément, Hakkai était bien entreprenant ce matin, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Ils firent l’amour tendrement, et très lentement, savourant leur étreinte le plus longtemps possible. Gojyo se montra très tendre, et traita Hakkai avec le plus grand soin, comme s’il avait peur de le casser. Lorsqu’ils se séparèrent, reprenant leurs souffles, Gojyo se rendit compte que son amant luttait pour garder les yeux ouverts. Il se pencha pour l’embrasser et lui dit : - Tu devrais te reposer mon amour… On est dimanche, tu n’as pas à aller travailler, alors profites-en. Je vais aller préparer le petit-déjeuner, pendant ce temps repose-toi. Hakkai lui sourit et s’endormit aussitôt. Gojyo le regarda quelques temps avant de se lever pour aller préparer à manger. Le petit-déjeuner était bien le seul repas qu’il était capable d’assumer sans provoquer de catastrophe à la cuisine, alors autant exploiter ses talents… Il alla à la cuisine et fit bouillir l’eau pour le café. En ouvrant le frigo pour prendre des œufs, il découvrit un amoncellement de morceaux de foie qui s’entassait sur un rayon. Il savait qu’Hakkai aimait cela, mais tout de même, là il exagérait un peu… Et quand il ouvrit un placard pour trouver du sel, il eut la désagréable surprise de trouver un nombre impressionnant de boîte d’épinards… Quel était donc ce drôle de régime que s’imposait l’ancien humain ? Pourvu qu’il ne soit pas obligé de s’y adonner, étant donné que le foie et les épinards étaient bien les seule choses qu’il était totalement incapable de manger, même sous la torture… Il prépara le petit-déjeuner, mais intrigué de ce qu’il avait trouvé, il décida de faire un tour dans la maison pour voir si d’autres choses avaient changé. Au cas où… Il découvrit ainsi une pile impressionnante de livres sur les enfants qui s’entassaient devant la bibliothèque, déjà envahie de bouquins tous aussi divers les uns que les autres. Il en feuilleta deux-trois, curieux de ce qu’ils annonçaient. Il fut attendri devant une photo qui montrait une mère avec son enfant dans les bras, mais ne poussa pas plus loin son exploration quand il tomba sur une explication de l’accouchement qui lui coupa l’envie de manger. Il reposa le livre avec une grimace de dégoût et poussa ses recherches ailleurs. En réalité, peu de choses avaient changé, mais on sentait déjà la présence de l’enfant. Comme le petit biberon qui trônait dans un coin du meuble de la cuisine, attendant fièrement son principal utilisateur. Gojyo eut l’impression qu’on avait remplacé son cœur par celui d’un artichaut, tellement tous ces détails le touchaient, mais peut-être était-ce cela avoir un enfant… Devenir un peu plus sensible… Mais ce qui le marqua le plus, ce fut quand il poussa la porte de l’ancien bureau où Hakkai avait l’habitude de travailler. Visiblement, il devrait à l’avenir se contenter de la table du salon pour corriger ses copies, car à la place du bureau trônait un petit lit pour enfant en bois… La pièce avait été entièrement tapissé d’un papier bleu ciel, une couleur agréable aux yeux, orné de motifs doux qui rendait la petit chambre très accueillante, assez intimiste. Elle respirait la douceur et la paix. Dans un coin, il y avait une petite armoire pour les futures affaires, ainsi qu’un meuble où Hakkai pourrait s’occuper du bébé. Son amant avait décidément tout préparé avec soin, et Gojyo ressentit une émotion étrange quand il imagina le berceau rempli de son futur propriétaire… - Comment tu trouves ? Gojyo se retourna, surpris. Hakkai l’observait dans l’encadrement de la porte, attentif à sa réaction. Il entra et s’approcha. - C’est un peu rudimentaire, mais je pense que ça fera l’affaire non ? - Oui… Oui…, répondit Gojyo, encore un peu ému. Quand je vois ça… - Oui ? - Et bien, tu vois, ça me fait un peu un choc… Ce n’est plus une plaisanterie… Hakkai lui passa un bras autour de la taille. - Moi aussi ça me fait un peu peur, tu sais… - Mais toi, tu es toujours au milieu des enfants, tu sais comment faire. - Peut-être, mais je ne sais absolument pas comment être parent. J’étais orphelin, avec aucune idée de ce que pouvait être une famille, tu sais. C’est vraiment un terrain inconnu pour moi et… - Et tu vas t’en sortir à merveille ! s’exclama Gojyo pour le rassurer. Tu adores les gosses, alors il n’y a pas de raison. L’amour suffit parfois pour être un bon père, crois-moi, je sais ce que je dis. J’ai eu une mère, et ce n’est pas pour autant qu’elle était vraiment une bonne mère… Hakkai constata qu’il venait de réveiller de mauvais souvenirs chez son amant. - Excuse-moi, n’en parlons plus. Et tu as raison, je l’aime déjà ce petit, alors je ne peux pas être si catastrophique que ça dans le rôle de parent… - Tu vois… lui sourit Gojyo. Au fait, il faudra que j’aille faire des courses, de toute urgence. Hakkai rit en entendant cela. - Ah, je vois que tu as ouvert le frigo. - Oui, j’en ai encore de cœur qui bat de frayeur. Tu fais une fixation sur le foie et les épinards ? - Non, c’est juste que c’est conseillé pour le bébé et… Comme j’étais un peu perdu, je crois que j’ai exagéré… - Plutôt deux fois qu’une oui ! Je vais m’occuper de ça, ne t’inquiète pas. Pas question que tu continues un régime pareil. En attendant, tu vas petit-déjeuner et retourner te reposer. - Mais je vais bien Gojyo, pas de souci. - C’est ça, et tes paupières se ferment toutes seules par hasard ? Je ne veux rien entendre, tu vas m’obéir ! Comprenant qu’il avait de toute façon raison, l’ancien humain lui fit un geste militaire en riant. - Chef, oui chef !
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Gojyo veilla sur Hakkai comme une mère : une fois le petit-déjeuner avalé, il tint sa promesse et l’obligea à se coucher pendant qu’il allait faire quelques courses. Il trouverait bien une boutique ouverte le dimanche, tout le monde ne faisait pas la grasse matinée comme eux tout de même. Lorsqu’il rentra, les bras chargés d’aliments un peu plus appétissants, il trouva Hakkai en pleine discussion avec Yaone, qui venait prendre de ses nouvelles. Elle sourit en le voyant et lui dit bonjour. - Je suis contente que tout aille mieux, leur dit-elle. - Merci, répondit Gojyo en posant ses sacs. Comment va Hakkai ? - Très bien, je te rassure. Il n’y a aucun problème. Vous devriez avoir un beau bébé, lui révéla-t-elle, joyeuse. - Tant mieux. Et c’est quoi ce régime à la noix que tu lui avais conseillé ? Sérieux, je plains toutes les femmes enceintes de devoir manger ça. Quelle horreur ! Yaone rit devant la grimace de Gojyo. - Non, Hakkai a juste pris mes conseils à peu trop à la lettre… - Hé, ne faites pas comme si je n’étais pas là ! s’insurgea l’ancien humain. Je me suis un peu emballé, c’est vrai, mais ce n’est pas dramatique… Au moins, j’ai fait les provisions pour les mois à venir, plaisanta-t-il. Il remarqua alors un gros paquet que tenait Gojyo, et qu’il n’avait pas déposé avec les autres. - Qu’est-ce que c’est ? - Oh, rien du tout… Je reviens. Le demi-youkai s’éloigna vers la chambre du futur bébé, le sac à la main. Curieux, Hakkai fit signe à Yaone de ne pas faire de bruit et il suivit son amant discrètement. Dans l’entrebâillement de la porte, il le vit sortir une grosse peluche en forme de nounours du sac, et la déposa doucement dans le berceau, en prenant soin de la positionner correctement pour que l’ours ait l’air d’ouvrir les bras pour accueillir quelqu’un. Hakkai sourit devant la scène : c’était si mignon… Cette fois-ci, il était sûr que Gojyo serait un bon père, il n’y avait aucun doute. Absorbé par ses pensées, il ne vit pas que Gojyo était ressorti et l’observait. - Hakkai ? - Oh, pardon. Merci pour le bébé… - Ah, ça… J’ai toujours rêvé d’avoir une peluche pareille, je suis sûr qu’il en sera très content. - Il ? Pourquoi ça serait un garçon ? demanda Hakkai. - Parce que je me vois très mal apprendre à ma fille comment draguer ! répliqua en riant le demi-youkai. - Toi alors… Yaone se rapprocha, et coupant leur petite discussion, elle demanda à Hakkai s’il avait besoin de vêtements. - Non, pourquoi ? - Hakkai, quand on attend un enfant, il est fréquent qu’on change de taille, tu sais, se moqua-t-elle gentiment devant son manque de compréhension. - Ah oui, maintenant que tu me le dis, je me sens un peu serré dans mes pantalons… - Bon, je crois que Gojyo va être bon pour aller faire d’autres courses… Pense grand Gojyo, ça prends de la place un bébé.
A suivre….
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