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........................... Transformation
Chapitre 10 : Comment pardonner ?
Lorsque Yaone entra dans la maison, elle s’attendait à trouver Hakkai toujours prostré sur le canapé, comme elle l’avait quitté la dernière fois. Coup d’œil sur le canapé : pas de présence d’Hakkai ! Seul Hakuryu y était, dormant à poings fermés. Au lieu de cela, l’ancien humain était en train de bouquiner sur la table de la cuisine, une pile de livre devant lui. - Bonjour Hakkai, ça va ? demanda-t-elle timidement. Il releva la tête de son livre et lui sourit. - Ah Yaone, je t’attendais ! - Tu as l’air en pleine forme dis-moi ! - Oui, ça va mieux. J’ai réfléchi et finalement… Et bien je suis partant pour cette aventure. Je vais avoir un enfant Yaone. Bon sang, rien que de le répéter, j’en suis fou de joie ! Il disait cela avec un tel enthousiasme que la jeune femme éclata de rire. - Ouf, je suis contente de te voir dans cette disposition d’esprit. Elle partit s’asseoir à côté de lui. - Et tu as raison d’être heureux, parce que c’est merveilleux d’avoir un bébé, je peux te le jurer. Qu’est-ce que tu lis ? - Oh, j’essayais de trouver des choses sur la maternité dans mes livres, mais j’ai peur de ne pas m’être suffisamment intéressé là-dessus pour en avoir acheter des livres. - Ne t’inquiètes pas, j’ai tout ce qu’il faut à la maison. Je t’apporterai ça, promis. - Merci, c’est gentil. Maintenant, dis-moi tout ! - Comment ça tout ? - Ben oui, tout sur les bébés ! La joie d’Hakkai faisait plaisir à voir, mais Yaone crut bon de demander : - Tout d’abord, ça se prépare à deux, tu vois, et le père ? Hakkai se rembrunit. - Oublions-le celui-là… J’aurai un bébé seul. - Mais Hakkai ! - Non Yaone, n’insiste pas. - Bon, puisque c’est ce que tu désires…. Hakkai lui sourit et la dirigea dans les conversations sur les bébés. En peu de temps, Hakkai su une bonne partie de ce qu’il fallait savoir sur les bébés. - Tes malaises ne seront que passagers, et ne surviendront qu’au début de ta grossesse… D’ici un mois, tu n’auras plus rien. Par contre, tu risques d’avoir quelques nausées ensuite, mais rien de grave, je te rassure. C’est très normal. - Ok. A ton avis, j’ai ce bébé depuis combien de temps ? - Oh, je pense que tu en es à ton deuxième mois, ou troisième. Je ne suis pas très sûre… - Mais, et l’accouchement ? Je ne suis pas une femme ! - Non justement, tu auras une césarienne, ton corps n’est pas fait pour accoucher. - D’accord…. Ça fait mal ? - Je ne t’aurais jamais cru aussi douillet Hakkai, se moqua Yaone. L’après-midi continua dans la joie et la bonne humeur. Yaone sentit qu’Hakkai avait eu un tournant et acceptait beaucoup mieux sa future maternité. En fait, il semblait même l’attendre avec impatience. Ce qui ravit la jeune femme : elle savait déjà que ce futur bébé serait choyé…
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En rentrant chez elle, Yaone croisa Dokugakuji qui partait en visite chez des patients. Il l’aborda et lui demanda des nouvelles d’Hakkai. - Il va très bien, il semble prendre la nouvelle avec joie à vrai dire. Il m’a semblé très heureux. J’ai l’impression qu’il a comprit et qu’il aime déjà son enfant. - Tant mieux. Il t’as parlé de Gojyo ? - Et bien, on a abordé le sujet… Il refuse d’en parler. Il m’a dit qu’il aurait un bébé seul, il ne veut pas entendre parler du père. - Quelle tête de mule celui-là ! pesta Dokugakuji. - Mais Gojyo a vraiment mis Nora enceinte ? - C’était une erreur. Et Doku raconta ce qui s’était réellement passé. - Oui je vois… répondit Yaone. Cependant, je crois que même si c’était sous le coup de l’alcool, j’aurai moi-même du mal à pardonner à Kougaiji… - Oui mais jamais Kougaiji ne te trompera, tu le sais bien, il t’aime trop pour ça. Yaone rit à la remarque de Doku. - Au fait, et toi en amour ? - Et bien… Disons que j’ai rencontré quelqu’un… Que j’espère bien revoir…. - Ah, grande nouvelle ! Et c’est qui ? - Tu ne connais pas de toute façon… - Dis toujours. - Elle s’appelle Jiyae… - Non, je ne connais pas, mais je compte sur toi pour nous la présenter prochainement ! le taquina la jeune femme. Ils se quittèrent en riant, même si Doku en avait gros sur le cœur de devoir annoncer à son frère que son amant ne voulait plus entendre parler de lui….
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Les jours passèrent, emportant avec eux leur lot de problème. D’un côté, Kougaiji était énervé parce que Sanzo ne venait pas le voir : l’affaire du groupe de youkais querelleurs commençait à prendre de l’ampleur, et il aurait vraiment voulu en parler avec lui. Mais le moine ne venait pas et semblait les ignorer. Hakkai acceptait de mieux en mieux l’idée d’avoir un enfant et commençait à apprendre la vie en solitaire. La présence de Gojyo lui manquait beaucoup, mais chaque fois qu’il pensait à lui, il l’imaginait dans les bras de cette femme et il était soudain envahi d’une telle haine qu’il préférait oublier jusqu’à l’existence du demi-youkai. Yaone venait souvent le voir, autant pour surveiller sa grossesse, qui se déroulait normalement, que pour prendre de ses nouvelles et voir comment tout allait. Elle se sentait responsable de ce qui pouvait arriver à Hakkai, même si c’était un adulte, parce que c’était pour lui la première fois qu’il vivait cela. Elle lui prodiguait conseils et aide qui facilitaient la vie de l’ancien humain. Gojyo quant à lui s’était replié sur lui-même et même son frère avait du mal à dialoguer avec lui. Il digérait lentement l’annonce de la venue de l’enfant et commençait à comprendre tout ce que cela impliquait. Il avait tenté de revoir Hakkai, mais ce dernier laissait sa porte fermée et refusait de lui parler. La dernière fois qu’il avait tenté d’ouvrir un dialogue avec lui, ce dernier l’avait violemment insulté, lui lançant un regard de haine. Il refusait encore d’entendre quoi que ce soit… L’ambiance était donc tendue entre les deux hommes, et cela se répercutait sur leurs amis, qui avaient pourtant tout tenté pour les réunir. Deux mois après l’annonce de la grossesse d’Hakkai, alors qu’il corrigeait tranquillement les copies de ses élèves chez lui, Hakkai entendit frapper à sa porte. Hakuryu poussa un cri de surprise et partit voleter prés de la porte, impatient de voir qui cela était. Hakkai alla ouvrir et tomba nez à nez avec une jeune femme qu’il ne connaissait pas. Intrigué, il la fit entrer après qu’elle eut demandé et l’invita à s’asseoir à la table. - Vous devez sûrement vous demander qui je suis, dit-il après un long silence. - Oui, je dois l’avouer. - Avant toute chose, je veux que vous sachiez que je suis venue de mon plein gré, personne ne m’y a forcé, et je ne viens pas en ennemie. - Très bien, répondit-il, étonné. Qu’est-ce qui vous amène alors ? - Je m’appelle Nora… Le silence tomba tandis que les yeux d’Hakkai commençaient à se voiler de colère. - Je vous en prie, ne vous énervez pas ! supplia la jeune fille. Je sais que c’est à cause de moi que vous vous êtes disputé avec Gojyo… - Je vois que les nouvelles vont vite ! Toute la ville est au courant ? gronda Hakkai. - Non non, pas du tout, je crois même que la plupart des gens ignorent que vous êtes ensemble. Je suis venue vous dire que Gojyo n’est pas fautif de ce que nous avons fait, c’était une erreur. - Je ne crois pas que ça m’intéresse ! Et il se leva dans l’intention de la faire partir, mais la jeune femme continua, comprenant que c’était sa dernière chance. - Nous étions complètement saouls, nous ne savions pas ce que nous faisions. Je vous en supplie, il faut lui pardonner. Il n’avait pas conscience de ce qu’il faisait. Il vous aime Hakkai ! Il n’y a qu’à voir comment il traîne sa misère depuis deux mois en ville pour se douter qu’il souffre. Laissez-lui une chance ! La tristesse de la jeune femme émut Hakkai qui se rassit. Il demanda doucement : - Vous étiez saouls ? - Oui, l’alcool nous a fait perdre la tête. Il ne savait pas ce qu’il faisait, sinon aucun doute qu’il ne vous aurait jamais trompé. Il faut me croire ! Hakkai sembla réfléchir quelques minutes puis lui répondit : - Je vais voir, mais merci d’être venue me le dire. - Attendez, je suis aussi au courant pour votre enfant… Là, l’ancien humain se raidit : il avait dit à ses amis de ne le dire à personne pour ne pas avoir d’ennuis, comment pouvait-elle savoir ? - Ne vous inquiétez pas, c’est Yaone qui me l’a dit, et je ne l’ai répété à personne. Vous savez, j’ai dû avorter… - Oui, je suis au courant. - Nos deux enfants avaient le même père, mais je savais qu’il ne voudrait pas accepter la paternité du mien, et je n’étais pas en assez bonne situation pour avoir un enfant mais… J’espère que vous garderez le vôtre et que vous l’aimerez très fort, aussi fort que j’aurai sûrement aimé le mien ! Et je suis sûre que Gojyo sera très heureux d’être le père de votre enfant. Il y avait une telle naïveté dans ce qu’elle disait qu’Hakkai lui sourit, profondément touché. - Merci….murmura-t-il. Lorsqu’elle partit, Hakkai su qu’elle avait dit la vérité. Ainsi Gojyo n’était pas réellement fautif… Mais il ne pouvait toujours pas s’empêcher de l’imaginer dans les bras de cette femme, qu’il voyait maintenant sous les traits de Nora… Rien que d’y penser, il eut un haut le cœur et courut jusqu’aux toilettes pour vomir. Hakuryu le suivit en volant, inquiet de voir son maître dans cet état. Il se posa devant la porte des toilettes et se mit à geindre, perturbé de tant de changement. Sa nausée était très forte et il avait l’impression que son estomac remontait jusqu’à sa bouche chaque fois qu’il vomissait. Cela lui faisait si mal qu’il en avait les larmes aux yeux… Une fois calmé, il partit se laver la figure dans la salle de bain. Il se sentait un peu fatigué, sûrement à cause des nausées. Il caressa Hakuryu qui l’avait suivi, pour le rassurer. - Et bien, j’en vois de drôle de couleurs ces temps-ci mon pauvre Hakuryu… En revenant dans le salon, il entendit l’horloge sonner les cinq heures… - QUOI ? Il était déjà 5h ? Il avait normalement une réunion pour l’école à 4h, mais avec ces copies et la visite de Nora, il avait complètement oublié ! S’habillant en vitesse, il courut jusqu’à l’école et aperçut de loin la directrice qui disait au revoir à un de ses collègue. Lorsqu’il arriva devant elle, la réunion était déjà finie. - Je suis désolé, dit-il en reprenant difficilement son souffle. - Encore ! Mais vous êtes toujours désolé mon pauvre Hakkai !! Cette réunion était primordiale. - Je sais, mais j’ai été retenu… Il s’appuya contre le mur, à nouveau pris de nausées, sans doute dûes à sa course. Il essaya de se concentrer sur les remontrances que lui faisait son odieuse directrice mais il avait si mal à l’estomac…. Il sentait qu’il ne pourrait pas tenir longtemps avant de vomir quand une voix surgie de derrière eux. - Hé, vous la mégère ! Vous allez lui foutre la paix ! Vous voyez bien qu’il n’est pas en état. Surpris, Hakkai se retourna tandis que la directrice devenait très pâle suite aux insultes, et aperçut Gojyo qui la regardait d’un air mauvais. - Comment osez-vous… ? tenta-t-elle. - Fermez-la et foutez-lui la paix, sinon c’est à moi que vous aurez affaire, vieille morue ! Choquée, la femme partie sans demander son reste, et sans oublier de lancer un regard noir à Hakkai, lui faisant comprendre qu’il le lui payerait plus tard. Enfin libre, Hakkai se pencha et vomit. Lorsqu’il se redressa, il se sentait déjà nettement mieux. - Tu devrais aller voir Yaone, c’est peut-être grave… murmura timidement Gojyo. - Non, c’est normal dans mon état. - Tu veux dire que c’est normal que tu vomisses comme ça ? - Oui… Ils se regardèrent en silence, chacun toisant l’autre. - Ecoute Hakkai, je n’en peux plus…. - Nora est venue me voir… - Quoi ? Elle est venue ? - Oui, et j’ai compris certaines choses… - Ah…. - Je sais maintenant que ça n’était pas vraiment de ta faute, tu avais bu, mais… Je ne sais pas pourquoi mais je n’arrive toujours pas à te pardonner… - Je vois, éternel coupable… - Non, ce n’est pas ça ! - Ecoute Hakkai, je viens de vivre deux mois dans l’incertitude et la souffrance, et toi tu ne sais pas si tu peux me pardonner ? - Je suis désolé, répondit Hakkai en baissant les yeux. - Bon, je ne veux pas que ça dure plus longtemps… Je ne tiendrai pas. Alors dis-moi maintenant si tu peux me pardonner, auquel cas notre relation a un avenir, ou si tu ne peux pas, auquel cas j’abandonne tout. - Gojyo, tu ne peux pas… - Si Hakkai, trop c’est trop ! Choisis ! L’ancien humain baissa les yeux, incapable de dire quoi que ce soit. Il ne savait plus… - Très bien, je prends ça pour un refus… Ne t’inquiètes pas, je ne t’ennuierai plus… Et Gojyo s’éloigna… Il avait l’air si triste… Hakkai eut pitié de lui et il eut l’impression que son cœur se déchirait de nouveau. Pourquoi il n’arrivait pas à se décider ?
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L’ancien humain rentra chez lui à la nuit tombée, après avoir un peu flâner dans les rues de la ville, histoire de se détendre. La maison était vie, Hakuryu étant parti pour sa ballade habituelle. Il ne reviendrait pas avant plusieurs jours sûrement. Voilà déjà longtemps qu’il était resté auprès de lui, s’inquiétant de son état… Dans la tête d’Hakkai se baladaient beaucoup de pensées, toutes aussi compliquées les unes que les autres… Mais au centre de celles-ci, il y avait Gojyo, et tous ses sentiments pour lui… Pourquoi diable il n’avait pas réussi à lui pardonner ? Il ne l’avait pas déjà suffisamment puni pour ce qu’il avait fait ? D’autant qu’il n’était pas vraiment coupable, le pauvre…. Alors pourquoi n’avait-il pas réagi ? Il ne cessait de retourner cela dans son esprit et plus le temps passait, plus il se rendait compte qu’il avait fait une énorme erreur… Depuis qu’il était avec Gojyo, il avait l’impression de revivre. La pluie lui faisait moins mal, il voyait la vie avec un optimisme qui lui faisait du bien et il se sentait heureux. Oui, heureux ! En fait, il n’avait qu’un seul désir : retourner dans les bras de Gojyo et lui dire qu’il l’aimait… Parce que c’était la vérité… Alors, pourquoi ne lui avait-il pas dit tout à l’heure ? Ce n’était pas si compliqué pourtant. Un sursaut d’orgueil ? Une pointe d’amertume ? Un reste de colère ? Il ne savait plus trop… Tout se mélangeait…. Il rentra chez lui et s’assit lourdement sur une chaise. Cela ne servait à rien de se torturer les méninges, il fallait qu’il réfléchisse clairement. Aussi mis-t-il tout à plat pour mieux comprendre ce qui se passait. Tout d’abord, la visite de Nora… Où il avait appris que ce n’était pas vraiment la faute de Gojyo. Il avait bu… L’alcool était mauvais conseiller… Ensuite, il avait revu Gojyo… Et il n’avait pas su lui dire… Lui dire quoi d’ailleurs ? Qu’il lui en voulait, mais qu’il avait compris qu’il n’était pas fautif, et que donc il pourrait lui pardonner… Qu’au fond, il l’aimait toujours, comme un fou… Et qu’il ne concevait plus d’avoir cet enfant seul, que c’était trop dur et que ça lui faisait un peu peur quand même… Cependant, quoi qu’il pense, la même question lui revenait : pourquoi il ne lui avait pas dit tout à l’heure ? A l’heure qu’il est, il pourrait être avec lui, enfin réconciliés… Au lieu de quoi il se morfondait seul… Non, il fallait qu’il réagisse, il n’était pas trop tard ! Décidé, Hakkai se leva et sortit. Mais au moment il ouvrait la porte, il tomba nez à nez avec Doku, qui semblait étrange. - Doku… Tu m’as fait peur ! Mais le médecin ne releva pas l’exclamation et le regarda avec un air un peu perdu. - Doku, qu’est-ce qu’il y a ? - C’est à propos de Gojyo… Envahi soudain d’un mauvais pressentiment, Hakkai prit peur. - Qu’est-ce qu’il lui est arrivé ? hurla-t-il. - Il a été arrêté pour le meurtre de Nora….
A suivre…
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