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                                                               Transformation 

 

Chapitre 6 : Fatigue

 

 

Hakkai sortit épuisé de l’école. Il avait passé comme prévu son temps du midi à travailler dur pour pouvoir remettre les moyennes à la directrice, laquelle les avait accepté avec une moue de mépris, tout en maudissant son retard. Les enfants, excités par l’absence de leur maître, s’étaient montré très agités, et l’ancien humain avait eu du mal à les calmer.

Il ne fut pas mécontent de sortir enfin de l’école et de pouvoir respirer un peu. Arrivé à l’air libre, il ressentit un léger vertige, dû sans doute au fait qu’il n’avait rien mangé depuis la veille. Il respira un grand coup et repartit chez lui. Il voulait passer chez Yaone et Kougaiji pour les remercier d’avoir participé au dîner de la veille, mais il se sentait tellement fatigué qu’il abandonna l’idée, préférant rentrer chez lui pour s’allonger et se reposer.

Il longeait les dernières maisons quand il entendit quelqu’un qui l’appelait. Il se retourna et aperçut Goku et Sanzo qui venaient vers lui, le jeune garçon hurlant son nom dans la rue. Heureux de les revoir, il les attendit.

- Bonjour vous deux, comment ça va ? leur demanda-t-il.

- Très bien, merci ! lui répondit Goku, alors que Sanzo hochait la tête en signe d’acquiescement.

- Je suis heureux de te revoir Sanzo, ça faisait un bout de temps !

- Comme tu dis… On allait justement chez toi !

- Alors faisons route ensemble ! C’est gentil de venir nous voir !

Et ils se dirigèrent vers la maison d’Hakkai et Gojyo. En chemin, ils causèrent de tout et de rien, comme de vieux amis. Même Sanzo, qui d’habitude, était plutôt muet, participa à la conversation.

Arrivés devant la porte, Hakkai leur ouvrit, surpris de constater que Gojyo n’était pas encore rentré et les invita à entrer. La première chose que vit Goku furent les ailes d’Hakuyu qui s’élança sur lui, ravi d’avoir de la compagnie après avoir été enfermé toute la journée.

- Oh, je crois que je l’ai oublié ce matin… se rendit compte Hakkai.

Devant le cri que poussa le dragon, le jeune homme se confondit en excuse et se dépêcha de lui préparer un petit repas, qu’il saupoudra de sucre comme Hakuryu adorait, pour se faire pardonner. Puis il prépara une théière pour lui et ses amis.

Ils s’assirent à table et continuèrent à discuter.

- Et comment va la vie au temple ?

- Ennuyant, mais bon, on s’habitue ! soupira le moine.

Hakkai rit de cette remarque. Sanzo n’avait pas changé !

- Et vous ? demanda le moine en le fixant soudain bizarrement.

- Tout va très bien !

- Ce n’est pas ce que m’a rapporté Goku !

- Hein ? Ah, c’est peut-être à cause de notre accroche de hier devant tout le monde….

Et pressé par le moine, Hakkai raconta ce qui le tourmentait. Son envie d’adopter, la réaction de Gojyo, leur dispute….

- Il refuse d’entendre parler d’enfant ! finit Hakkai.

- Je le comprends un peu, répliqua Sanzo. Un hédoniste tel que lui se sent peu concerné par les enfants !

- Je sais… Mais j’aurai tant voulu qu’il comprenne que je veux juste former une famille…

- C’est un kappa, ne lui demande pas trop ! railla le moine.

- Hakkai, demanda soudain Goku, t’aurais pas encore du thé ?

- Encore ? s’exclama Sanzo.

- Ben quoi, c’est bon !

- Ne t’inquiètes pas, il m’en reste ! Je vais t’en chercher !

Hakkai se leva et subitement, la tête lui tourna et il dû s’appuyer sur la table pour ne pas tomber par terre. Se rendant compte immédiatement qu’il faisait un malaise, Sanzo se leva pour le soutenir.

- Hé Hakkai ! Qu’est-ce qui se passe ?

L’ancien humain cligna plusieurs fois des yeux avant de reprendre tous ses esprits.

- Non… Non, ça va…

- Tu es sûr ? s’inquiéta Goku.

- Oui, oui. Juste un vertige.

Mais quand Sanzo le lâcha, il tituba de nouveau, si bien que le moine dû de nouveau le soutenir pour éviter qu’il ne s’effondre.

- Assied-toi, ça va passer.

Hakkai s’assit sagement sans répondre. Hakuryu vint se poser à ses côtés sur la table, le regardant avec un petit air triste, inquiet pour son maître. Il le gratifia même d’une caresse du museau qui fit sourire le jeune homme. Goku le regardait avec des yeux inquiets et Sanzo ne disait rien, attendant qu’Hakkai se reprenne totalement.

Après quelques inspirations, l’ancien humain reprit ses esprit et s’excusa.

- Arrête, ce n’est pas de ta faute, répondit Sanzo. Tu n’as pas l’air en forme, tu es tout pâle, qu’est-ce que tu as ?

- J’ai eu une journée difficile…

- Mais de là à faire un malaise, c’est un peu fort ! C’est encore ta directrice qui te cherche des noises ?

- Mais comment tu sais ? s’étonna Hakkai.

- Goku m’en a parlé ! Alors ?

Regard appuyé vers un certain singe qui ne savait pas tenir sa langue.

- Oui, elle m’a mené la vie dure aujourd’hui. Elle voulait que je lui rende tout mon travail en retard aujourd’hui même, si bien que je n’ai même pas pu manger à midi, j’étais trop occupé. Et en plus, je suis arrivé en retard ce matin…

- Et tu n’as pas petit-déjeuner non plus, je devine !

- Oui, répondit penaud Hakkai.

- C’est malin ça ! Pas étonnant que tu fasses un malaise ! Penses donc à te reposer au lieu de t’inquiéter pour ta connasse de directrice et cet abruti de kappa !

Hakkai sourit : Sanzo avait le chic pour mettre les choses à plat !

- Oui, tu as raison…

- Au fait, où est Gojyo ? demanda soudain Goku.

- Je ne sais pas exactement, il m’avait parlé d’un concours de cartes je crois, mais je ne suis pas sûr…, répondit l’ancien humain. Il rentrera bientôt, dommage que vous n’ayez pas pu le voir.

- Oh tu sais, moi, moins je le vois, mieux je me porte, répliqua Sanzo.

 

 

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Sanzo rentrait en direction du temple, un singe très éloquent collé à ses talons. Goku lui parlait de tout, de ses amis comme du beau temps, mais le moine ne l’écoutait que d’une oreille. Tout d’abord parce qu’il était habitué au babillage de Goku, et ensuite parce qu’il pensait  autre chose. En fait, il s’inquiétait un peu pour Hakkai, et cela le perturbait. Depuis quand s’inquiétait-il pour les autres ? Il avait l’impression qu’il commençait à s’attacher à ces abrutis, et cela l’ennuyait… Que devenait le proverbe « Ne possèdes rien » ?

Perdu entre théorie et réalité, Sanzo en convint que les sentiments humains étaient ma foi bien bizarres… Et puis, à bien y réfléchir, ce proverbe, cela faisait longtemps qu’il l’avait enfreint ! En fait, depuis qu’il avait posé pour la première ses lèvres sur celles de Goku…

Son regard se porta sur le singe qui le devançait, tout en continuant à parler. Le moine sourit devant cette image. Plus le temps passait, plus il s’attachait au jeune garçon, même s’il ne le montrait pas. Goku avait cette joie de vivre, cette bonne humeur, qui faisait l’effet d’un rayon de soleil chez Sanzo. Plusieurs fois, Goku l’avait appelé « mon soleil », mais Sanzo se dit qu’il aurait pu en faire de même. Tout le monde avait son soleil à lui, et le sien marchait devant lui à l’instant précis.

Soudain, il aperçut une silhouette qui se détachait sur le chemin, venant à leur rencontre.

- Mais regardez qui voilà ! Notre cher moine est enfin sorti de son temple !

- Et toi tu n’as pas bougé de ta connerie, apparemment ! répliqua Sanzo.

- Oh Sanzo, elle est pas terrible celle-là, s’exclama Gojyo en s’arrêtant devant eux.

- Ouais, je sais, mais il fallait bien ça pour que tu la comprennes ! lui dit en souriant ironiquement le moine.

- Touché, tu t’améliores dis-moi ! Mais qu’est-ce que tu fous ici ?

- On passait dans le coin et on est allé dire bonjour à Hakkai.

- Ah… commenta uniquement Gojyo.

Il se souvenait encore de la scène de la veille et ne doutait pas qu’Hakkai en ait touché un mot à Sanzo.

- Et alors ? demanda le demi-youkai.

- Il ne va pas très bien, lui répondit Goku. C’est sa directrice qui a recommencé !

- Quoi ? Encore cette mégère ?

- Oui, ajouta Sanzo. Hakkai ne va pas fort, il a même fait un malaise devant nous. Tu devrais t’en occuper je crois.

- Un malaise ? s’inquiéta Gojyo. Je vais aller voir ça tout de suite ! Merci de m’avoir prévenu car le connaissant, il ne m’en aurait même pas parlé !

Gojyo leur fit un signe de la main en guise de salut et continua son chemin, pressé de voir Hakkai. Sanzo le regarda partir en soupirant. Pourvu que cet imbécile n’aille pas tuer la directrice dans un élan de connerie !

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Lorsque Gojyo rentra, il trouva Hakkai en train de laver les tasses qui avaient servi avec Sanzo et Goku. Hakuryu voletait prés de lui, surveillant de prés son maître.

Bien sûr, cet inconscient faisait un malaise et se remettait au travail tout de suite après !

Gojyo se dirigea vers lui, éteignit l’eau du robinet et prit la tasse de thé des mains d’Hakkai.

- Tu vas me faire le plaisir de te reposer, compris ?

- Mais Gojyo, qu’est-ce qui te prends ? s’étonna Hakkai, qui ne se doutait pas qu’il soit au courant.

- C’est plutôt à toi que je devrai demander ça ! Je viens de croiser Sanzo. Tu ne crois pas que quand on fait un malaise, on est censé se reposer après ? Alors tu arrêtes ça tout de suite, je vais m’en occuper et tu vas t’allonger !

Hakkai sourit devant cet élan d’inquiétude de Gojyo et lui obéit. A vrai dire, il se sentait très fatigué et n’aspirait plus qu’à se reposer. Il s’essuya les mains et partit vers le canapé. Mais en cours de chemin, il s’effondra par terre, à bout de forces.

- HAKKAI !! s’écria Gojyo en se précipitant vers lui.

Le demi-youkai le redressa en le prenant dans ses bras et lui donna de petites tapes pour le faire revenir à lui.

- Hakkai, réveille-toi s’il-te-plaît !

L’ancien humain ouvrit enfin les yeux et remarqua la position dans laquelle il était.

- Mais qu’est-ce que… ?

- Tu as refait un malaise, lui expliqua Gojyo. Comment tu te sens ?

- Très fatigué… C’est bizarre, c’est la première fois que je me sens si faible….

- Viens, tu vas te reposer !

Gojyo l’aida à se relever et le dirigea vers le canapé. Il le fit s’asseoir et une fois rassuré qu’il était confortablement installé, il l’embrassa légèrement sur les lèvres et se dirigea vers la porte.

- Mais où tu vas ? s’inquiéta Hakkai.

- Je vais chercher Doku, il doit sûrement avoir quelque chose qui te fera du bien !

- Mais Gojyo, je vais bien, c’est juste un peu de fatigue !

- Ça, ce sera à lui de le dire ! Et si c’est seulement un peu de fatigue, ce que j’espère, il te donnera un fortifiant !

Et Gojyo partit en claquant la porte, pressé. Hakkai sourit, le demi-youkai était si attendrissant quand il s’inquiétait pour lui….

Puis il reposa la tête contre le canapé… Il se sentait très… étrange. Ces malaises, cette fatigue qui l’envahissait…. C’était la première fois que cela lui arrivait.

Hakuryu vint se poser sur ses genoux et se coucha sur lui, veillant ainsi sur son maître adoré.

- Hakuryu, je vais bien, ne t’inquiètes pas…

- Iiiii… geignit le dragon en lui lançant un regard plein de tendresse.

Attendri, Hakkai le caressa gentiment. Le dragon refusa de partir, comme s’il sentait que finalement, tout n’allait pas aussi bien que cela.