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                                                               Transformation 

 

Chapitre 5 : Réconciliation 

 

 

L’ancien humain avait fini la vaisselle, mais Gojyo n’était toujours pas revenu. S           oit il était allé fumer une cigarette pour se calmer, auquel cas il rentrerait bientôt, soit il était carrément parti en ville, trouver un bar encore ouvert où il pourrait se défouler sur les cartes, et alors Hakkai n’avait plus qu’à aller se coucher, Gojyo ne rentrerait pas avant l’aube…

S’il avait su que sa proposition d’adopter un enfant allait provoquer cette scène….

Pourtant, il lui avait semblé naturel de s’intéresser à ça ! Il avait partagé le rêve avec Kanan d’avoir un enfant, jusqu’à ce que la vie en décide autrement, mais Hakkai s’était préparé à être père, et depuis longtemps. Quand il avait compris qu’il aimait Gojyo, son rêve s’était écroulé : il ne pourrait pas avoir d’enfant. Mais il s’en moquait bien, parce qu’il était heureux ainsi, pour rien au monde il n’aurait voulu quitter Gojyo ! Et parce qu’il était si bien avec le demi-youkai, si heureux, enfin en paix, il avait soudain caressé le rêve d’adopter. Il avait eu envie de former une famille avec Gojyo. Parce qu’il voyait l’accomplissement de leur amour à travers un enfant, aussi bête cela semble-t-il. Parce qu’il avait toujours rêvé être père….

Mais la vie qu’ils menaient ne leur permettaient pas cela, aussi Hakkai avait oublié ses rêves… Jusqu’à ce que la paix revienne et qu’il voit le bonheur de Yaone et de Kougaiji avec leur petite Ceit. Il les enviait secrètement. Et avec son métier, toutes ces adorables têtes blondes qui l’entouraient, l’envie s’était faite plus pressante.

Il était alors allé à un orphelinat, sans en parler à Gojyo… Où on lui avait refusé sa proposition, sous prétexte que deux hommes ne sont pas un bon exemple à un enfant…. De nouveau, son rêve était brisé…

Maintenant, il réalisait quelle erreur il avait faite de ne pas en parler à Gojyo, mais sur le coup, il avait cru que le demi-youkai serait partant pour cette aventure, il n’aurait jamais penser qu’être père le terrifiait à ce point….

Et maintenant, il était dehors à ruminer sa colère.

Colère que partageait également Hakkai, devant son manque de compréhension.

Un petit bruit se fit soudain entendre à la porte. Intrigué, Hakkai alla ouvrir pour découvrir le petit dragon épuisé au pied de la porte. Attendri devant Hakuryu qui le regardait d’un air de dire « Tu en veux pas m’aider sur les derniers cent mètres ? », le jeune homme le prit dans ses bras et partit le déposer sur son coussin attitré. Dés qu’il fut dans ses bras, le dragon se mit à émettre un petit bruit qui ressemblait étrangement au ronronnement d’un chat. Hakkai sourit puis le laissa dormir tranquille.

Il partit se coucher, lassé d’attendre Gojyo. Il se déshabilla, encore un peu furieux, mais Hakuryu l’avait calmé, et se glissa sous la couette. Il essaya de trouver le sommeil mais les pensées sombres qu’il ruminait l’empêchaient de dormir, et il ne cessait de se retourner dans son lit. Il était très tendu et comprit qu’il ne trouverait pas le sommeil de cette manière. Il s’assit dans son lit et se gifla mentalement de se torturer les méninges ainsi.

La chambre était faiblement éclairée par ma lumière de la lune et Hakkai se concentra sur les reflets qu’elle laissait au sol, sous la fenêtre. C’était si beau qu’il commença à oublier ses ennuis et à se détendre. 

La porte de la chambre s’ouvrit doucement et Gojyo apparut, un air penaud sur le visage.

- Tu es encore réveillé ? demanda-t-il étonné en le voyant assis sur le lit.

- Comme tu vois….

Gojyo remarqua le ton froid d’Hakkai et s’assit sur le lit, en face de lui. Il le regarda droit dans les yeux :

- Ecoute, je suis désolé de m’être emporté ainsi…

Hakkai baissa la tête, peu convaincu.

- On va pas de faire la gueule pour ça quand même ! Hakkai, s’il-te-plaît….!

L’ancien humain eut alors pitié, Gojyo semblait réellement sincère et peiné de ce qui arrivait. Il releva la tête et passa ses bras autour du cou de son amant, afin de le rapprocher de lui.

- Tu as raison, ça serait stupide… Excuse-moi, moi aussi… J’aurai dû t’en parler…

- Ne parlons plus de ça, tu veux bien ?

- Ok…

Hakkai se réfugia dans les bras de Gojyo, et vaincu par la fatigue, il s’endormit pratiquement tout de suite. Le demi-youkai le regarda attendri, ramena les couvertures sur eux et ils partirent au royaume de Morphée ensemble, réconciliés.

 

 

 

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Le lendemain, lorsqu’Hakkai se réveilla, il était seul dans la chambre. Il cru un instant avoir rêvé que Gojyo le rejoigne cette nuit, mais un mot sur la table de nuit l’en dissuada.

« Tu dormais si bien, je n’ai pas voulu te réveiller. Je reviendrai ce soir. Bisous partout. »

Hakkai sourit devant le « bisous partout », c’était du Gojyo tout craché !

Il n’avait donc pas rêvé, ils avaient fait la paix cette nuit…. Heureusement, car l’ancien humain détestait être dans une situation tendue avec Gojyo. Il l’aimait trop pour ne pas en souffrir…

Il se leva en s’étirant doucement, et jeta un coup d’œil sur l’heure.

- QUOI ????!!!

Il avait déjà une heure de retard ! L’attention de Gojyo était adorable, sauf quand ça le mettait en retard ! L’imbécile, il savait pourtant bien qu’il travaillait aujourd’hui !

Hakkai s’habilla rapidement, descendit et sortit à toute vitesse sans prendre de petit-déjeuner. Il réveilla au passage Hakuryu dans sa course folle qui leva difficilement la tête et poussa un petit cri plaintif. Hakkai ne fit pas attention et sortit en courant. Dés qu’il eut franchi la porte, le dragon reposa sa tête sur l’oreiller, déplorant ce réveil brutal. Il était fin prêt pour replonger dans ses rêves… 

Hakkai courut jusqu’à l’école, espérant que ses élèves n’aient pas trop profité de son absence pour faire du chahut.

Il fut stoppé dans sa course par la directrice de l’école qui l’attendait de pied ferme, apparemment furieuse.

- Bonjour madame ! tenta gentiment Hakkai.

- Comment expliquez-vous votre retard ? répondit-elle, sans autre forme de politesse, le ton froid.

- Je suis désolé, j’ai eu une panne de réveil !

- Bien sûr, et je suis censée vous croire ? J’ai vu votre « ami » passer devant chez moi il y a plus de deux heures, le réveil semble bien avoir fonctionner pour lui dites-moi !

La directrice était une femme peu tolérante, assez stricte dans sa manière de vivre, aussi voyait-elle très mal le couple qu’Hakkai formait avec Gojyo. Depuis que l’ancien humain était là, il subissait ses remarques acerbes, sans rien dire. Il savait que les homosexuels posaient des problèmes à certaines personnes, mais il n’y pouvait tout de même rien si Gojyo avait su gagner son cœur ! La directrice ne l’avait cependant accepté que parce qu’elle manquait d’enseignants, la guerre entre youkais et humains ayant occasionné beaucoup de morts.

- Je suis désolé, continua Hakkai.

- De toute façon, que voulez-vous que j’y fasse si vous êtes aussi peu organisé ! dit-elle d’un ton méprisant. Mais j’aimerai bien que vos élèves ne pâtissent pas de votre laisser-aller !

- Oui madame, je suis vraiment désolé…

- Au fait, je n’ai toujours pas reçu les moyennes de votre classe ! Il me les faut absolument pour ce soir, vous entendez ?

- Mais je croyais qu’on avait un délai supplémentaire ?

- Je l’ai annulé il y a une semaine, vous ne saviez pas ?

Et elle reparti sans rien ajouter, fière d’elle. Non, Hakkai n’en savait rien car elle avait dû prévenir tout le monde sauf lui, évidemment. Ce n’était pas la première fois. Si seulement il pouvait lui dire ce qu’il pensait sans risquer de se faire virer ! Il était bon pour passer son midi à corriger des copies et faire des moyennes…. Charmante perspective !

 

 

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Sanzo était en train de fumer dans la cour du temple, tranquillement assis sous l’ombre d’un arbre. Son calme fut de courte durée car il vit la silhouette de Goku apparaître à l’autre bout de la cour.

- Ah Sanzo, te voilà !!!

- Qu’est-ce qu’il y a le singe ?

- Oh, c’est bon, sois pas si désagréable ! Qu’est-ce que tu fais ?

- Ça ne se voit pas, je fume !

- Je peux m’asseoir ?

- Me dérange pas ! grommela le moine.

Goku s’assit tout contre Sanzo, appuyant sa tête sur son épaule comme pour guetter des caresses. Sans rien dire, Sanzo passa son bras par dessus les épaules du jeune homme et l’attira contre lui. Goku en rougit de plaisir, les démonstrations d’affections du moine étaient si rares, mais si attendrissantes….

- Tu n’as pas peur que l’on nous voit ?

- Il n’y a personne, ils sont tous en prière !

- Et pas toi ? s’étonna Goku.

- S’ils veulent perdre leur temps, ils peuvent le faire tous seuls !

- T’as raison, et il fait si beau dehors ! s’exclama Goku.

- Dis donc, tu n’es pas venu pour me parler du beau temps, j’espère !

- Ah non, c’était pour te dire que le dîner hier soir s’est super bien passé, et que Kougaiji m’a dit de te dire qu’il avait quelque chose à te dire !

La tournure enfantine de la phrase de Goku fit sourire le moine. Le singe ne changerait jamais !

- Merci.

- Oh mais de rien ! Ils se sont tous étonnés que tu ne sois pas venu hier !

- J’avais quelque chose à faire ! riposta le moine pour se défendre.

- Mais je te demande rien, répondit le jeune garçon. C’était quand même dommage parce que c’était bien… A part à un moment, où Gojyo et Hakkai ont semblé se disputer, mais sinon, tout allait bien ! Et on s’est régalé avec Ririn !

- Ça ne m’étonne pas de vous, souligna Sanzo. Gojyo et Hakkai se sont disputés ?

- Ben, ça y ressemblait… Le ton est monté, mais Doku a changé de conversation alors ils ont arrêté.

- C’était à propos de quoi ?

- Je sais plus trop, une histoire d’enfant je crois….

- D’enfant ??

- Ouais, mais je suis pas sûr… Pourquoi ?

- Non, pour rien.

Sanzo réfléchit quelques minutes. Le ciel était clair, le soleil haut, le vent agréable… Et il était enfermé ici. Il fallait qu’il sorte un peu, au moins pour se dégourdir les jambes ! Et il avait une excuse.

- Goku, ce soir je vais rendre visite à Hakkai et Gojyo, tu viens avec moi ?

- Ouiiii !! s’enthousiasma le jeune garçon.