........................... 

                                                            Transformation 

 

Chapitre 1 : Une vie paisible…. ?

 

 

Un an avait passé, une année entière durant laquelle ils avaient fait le point et ils avait recommencé leurs vies…

Gyokumen avait été battue au-delà de toute espérance, même si elle avait disparu du lieu de bataille et était restée introuvable depuis. On chuchotait qu’elle s’était donné la mort un peu plus loin, mais rien n’était sûr…

La résurrection de Gyamao interrompue, Sanzo avait détruit le laboratoire avec l’aide de Kogaiji, réduisant à néant toute chance de voir ce projet reprendre forme un jour.

Quelques jours après, les youkais avaient miraculeusement retrouvé toute leur raison et avaient pu renouer une entente pacifique avec les humains. Débarrassés de la peur et du danger, les deux espèces vivaient désormais en paix, même si elles gardaient une certaine distance, conscientes que tout n’allait pas s’effacer comme cela. Le monde était donc de nouveau serein….

Quant à nos amis, ils s’en étaient sortis avec quelques égratignures, mais rien de sérieux… Sans oser se l’avouer, ils n’avaient guère envie de se séparer… Tant de temps ensemble avait nouer de solides liens d’amitié. Aussi lorsque Sanzo choisit de retourner vivre dans un temple, tout le monde avait opiné du chef et s’était installé dans la petite ville située prés du temple. Ce qui avait fait la joie de Goku, qui n’avait aucune envie de les voir partir, et celle, non avouée, de Sanzo, heureux de s’être fait pour la première fois de sa vie de tels amis.

Gojyo et Hakkai s’étaient donc installé ensemble, un peu à l’écart, conscient que leur couple pourrait être mal perçu et que vivre en plein centre ville risquait un peu d’attirer l’attention sur eux. Ils s’étaient donc trouvé une petite maison, à l’image de celle où ils avaient fait connaissance, retirée dans les bois, mais situé à peine à 10 minutes de la première maison de la ville. Ils avaient ainsi le calme qu’offrait la nature d’un côté, et tous les avantages que renfermait la ville et le rassemblement de tant de gens. Hakuryu avait bien évidemment suivi Hakkai, dont il ne pouvait pas se séparer, mais la proximité de la forêt lui avait offert une sorte d’indépendance. Ainsi, il n’était pas rare qu’il ne pointe pas le bout de son nez pendant plusieurs jours, disparaissant pour aller vagabonder dans la nature. Hakkai s’était inquiété la première fois, mais en revoyant le petit dragon revenir plus en forme que jamais, il avait compris que cela faisait son bonheur, aussi n’en faisait-il plus cas.

Kogaiji avait avoué ses sentiments à Yaone, et ils s’étaient installé ensemble en plein centre-ville cette fois-ci. La passion qui les animait était telle que moins de trois mois après leur installation, Yaone était déjà enceinte, et elle avait donné naissance à une magnifique petite-fille qui faisait la joie de ses parents et celle de sa tante, Ririn, qui vivait encore avec son frère, en attendant d’être plus grande. Mais cela ne la gênait pas du tout, car elle aimait Yaone comme sa propre sœur et leur entente était si parfaite qu’on aurait dit une mère et sa fille.

Quand à Dokugakuji, il s’était révélé être attiré par la médecine et, après une petite formation, il s’était installé comme médecin en ville. En peu de temps, il s’était vite formé une clientèle, attirée par son charisme et son calme. Il s’était également associé avec Yaone, qui avait monté une petite pharmacie dans son quartier, où elle préparait les potions et onguents que lui commandait Doku pour ses patients. Kogaiji aidait de temps en temps sa femme à la pharmacie, rendait quelques services aux habitants du quartier et aidait à faire respecter l’ordre dans la ville, ce qui lui suffisait amplement. Lui qui avait été prince des youkais vivait humblement, mais cela lui convenait parfaitement. Il n’aurait jamais voulu d’une vie luxueuse : seules sa femme, sa fille, sa sœur et tous leurs amis lui suffisaient. Il trouvait même que c’était trop pour un seul homme…

Doku et Hakkai avaient bien essayé de persuader Gojyo d’exercer un métier honnête, mais ce dernier avait répliqué que cela prenait trop de temps, et il était retourné aux jeux de cartes, comme dans le temps. Doku avait soupiré, Hakkai sourit et la vie avait continué. Quant à l’ancien humain, il avait repris un poste d’enseignant dans une petite école et tous les sourires des enfants le comblaient amplement.

Bref, la vie s’était organisée et coulait tranquillement pour nos amis. Les piqûres que leur avait fait Nîi n’avaient donné aucun signe de changement, comme s’il leur avait injecté de l’eau, aussi personne ne s’en formalisa. Ce n’aurait pas été la première idée saugrenue du savant… Qui avait d’ailleurs disparu, tout aussi mystérieusement que dame Gyokumen…

Donc tout allait bien… Enfin, presque tout….

 

 

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO

 

 

- Au revoir madame, et faites attention au choses lourdes, l’ostéoporose n’est pas à prendre à la légère vous savez, recommanda Dokugakuji à la vieille dame qui quittait son cabinet.

La dame lui sourit, lui promettant qu’elle ferait attention, et sortit. En relevant la tête, Doku aperçut son frère qui revenait en sifflant du marché, un panier rempli de fruits et légumes.

- Hé, Gojyo, tu as deux minutes ?

- Toujours pour mon frère ! s’exclama ce dernier en se dirigeant vers lui. Comment vas-tu ? Toujours pas d’amour dans ta vie ?

- Justement, c’est de ça que je voulais te parler ! Entre, je t’en prie.

Le médecin s’effaça pour laisser entrer Gojyo qui s’assit sur une des chaises de la salle d’attente vide du cabinet.

- Ben dis donc, t’as pas grand-monde en ce moment !

- Non, c’est parce que je ferme cet après midi. Les gens le savent aussi ils me laissent tranquilles, mais soit sûr que demain, ce sera rempli !

- Sacré Doku, tu as une bonne réputation !

Le médecin se rembrunit soudain et demanda sur un ton soucieux à son frère :

- Gojyo, j’ai un truc important à te dire….

- Vas-y, je t’écoute !

- Et bien, ce n’est pas facile et….

- Rien ne me dérange, ne t’inquiète pas ! le rassura le demi-youkai dans un sourire.

Il le gratifia d’une tape sur l’épaule pour l’encourager à continuer.

- Alors ?

- En fait, je me demandais si tu aimais vraiment Hakkai…

- Quoi ???

Gojyo ouvrait de grands yeux, plus que surpris par la question de son frère.

- A la folie, et tu le sais bien !!! Pourquoi tu me dis ça ???

- Et bien… Nora est passée me voir il y a quelques temps…

- Et alors, je vois pas le rapport !

- Elle voulait que je pratique une opération sur elle…. J’ai été réticent, mais quand elle m’a annoncé que tu étais impliqué, et quand j’ai appris dans quelle situation elle était, j’ai accepté…. Même si ce n’était pas de gaieté de cœur, crois-moi !

- Tu vas tourner longtemps autour du pot ? commença à s’énerver Gojyo.

- Gojyo, j’ai pratiqué un avortement sur elle ! Et d’après elle, c’était toi le père !

Son frère en resta muet pendant plusieurs minutes.

- Attends… Attends…. C’est pas possible….

- Pourtant, elle ne mentait pas ! Je ne crois pas qu’on puisse mentir dans ces circonstances-là ! Elle m’a fait mal au cœur, elle pleurait, elle était au bord de la crise de nerf… Elle n’aurait jamais pu assumer un enfant…

- Mais j’ai même pas couché avec elle !!!!! C’est impossible ! Impossible !!!!

- Elle m’a parlé du mois de juin… Une fête, un anniversaire je crois, celui de Yuki !!

- Oh non, mais c’est pas possible….

Gojyi se prit la tête dans les mains, essayant de se souvenir de cette soirée. Oui, l’anniversaire de Yuki, il s’en rappelait. Il y avait été seul puisque que Hakkai et Yuki ne s’entendaient pas. Il avait beaucoup bu, rit, danser, chanter même… Ah oui Nora, c’était cette fille que Yuki lui avait jeté dans les bras, tout aussi bourrée que lui ! Mais après, ce n’était pas clair…. Il avait tout oublié… Est-ce qu’il aurait pu tromper Hakkai, poussé par l’alcool …?

- J’étais complètement saoul ce soir-là…

- Alors tu vois… répondit son frère. Cet enfant ne venait pas du ciel ! Tu aurais dû faire attention Gojyo…

Soudain, son frère se redressa, le visage éclairé par une révélation.

- Non, ça ne peut pas être moi !! J’en suis sûr !

- Et pourquoi ?

- Tu te souviens que j’ai passé quelques jours en compagnie de Nîi, l’année dernière !

- Oui, et alors ? Ce coup-ci, c’est moi qui ne voit pas le rapport !

- Il m’a assuré que les enfants tabous étaient stériles, Doku ! C’est un scientifique, il savait de quoi il parlait ! Je SUIS stérile ! Je ne peux donc pas faire un enfant à Nora, c’est biologiquement impossible !

- Maintenant que tu me le dis, j’ai entendu moi aussi des rumeurs sur la stérilité des enfants tabous, mais je n’y avait jamais prêté attention….

- Alors, tu vois, le problème est résolu ! s’exclama Gojyo, ravi. Si ça se trouve, je n’ai même pas couché avec Nora, elle raconte des cracks, c’est tout !

Doku réfléchit pendant quelques instants, puis regarda son frère.

- Non, Nora n’a pas menti….

- Mai enfin, Doku, je viens de te dire que…

- Je te dis qu’elle n’a pas menti ! Je ne la connais pas depuis longtemps mais je sais que c’est une fille sincère, tout le monde le dit, et ce jour-là, quand je l’ai vu dans mon bureau, en pleurs, je sais qu’elle ne m’a pas menti !

- Doku, je suis stérile !!! tenta de lui expliquer Gojyo.

- Qu’est-ce que tu en sais ? lui répliqua son frère. Et si les injections que t’avait faite le docteur Nîi avait modifié ton organisme au point de changer cette stérilité ? De quoi il vous a parlé pendant qu’il vous faisait ces piqûres ? Quelle était son intention ?

- Ben, il a parlé de jouer avec la nature si je me souviens bien… Il parlait de logique contraignante qu’il détestait… C’est si loin maintenant…. Je sais plus trop !

- Je me souviens que le docteur Nîi était un grand malade, qui adorait changer la nature des gens… se rappela Doku. Les piqûres qu’il vous a faite n’ont rien donné sur vous, n’est-ce pas ? En tout cas, pas de signe apparent ?

- Non…

- Et bien justement, si ce cinglé avait voulu changer ton organisme pour justement annuler cette stérilité, ça n’aurait donné aucun signe apparent ! A mon avis, c’est ce qu’il a dû faire….

- Donc, d’après toi, si je récapitule, ce fou m’a rendu non-stérile… Comment on dit ? Fertile ?

- Non, pouffa le médecin, je dirais plutôt capable de procréer !

- Toi et tes termes médicaux, commenta son frère, mal à l’aise.

Le silence s’installa pendant quelques minutes, le temps que Gojyo assimile la mauvaise nouvelle. Son frère avait raison, cette expression de « changer la nature » qu’avait employé Nîi devenait aujourd’hui très claire… Sinon, pourquoi lui aurait-il parlé de sa stérilité si justement ce n’était pas pour la modifier ? Oui, ça n’aurait eu aucun sens… Mais alors, aujourd’hui, cela voulait dire…

- Tu as couché avec Nora, Gojyo, ajouta son frère, comme pour conclure ses pensées.

- Bon dieu, mais quelle connerie…. J’étais complètement bourré ce soir-là….

- Ça n’excuse pas tout, tu sais…. Tu vas en parler à Hakkai ?

- T’es fou toi !! s’exclama Gojyo. Pour mourir mutilé par une rafale de ki ? J’adore Hakkai, mais il peut parfois être très jaloux ! Je n’aurais jamais cru ça de lui, je te jure ! Et puis sincèrement, ça ferait quoi que je lui dise ? Il aurait mal, il souffrirait pour une histoire finie sans conséquences !

- Sans conséquences, tu y vas vite toi ! Nora ne pense pas la même chose à mon avis !

- Oui… Je suis désolé pour elle, j’espère qu’elle n’a pas trop souffert…

- Et tu m’insultes en plus ! Tu n’as pas confiance en moi ?

Doku ne paraissait nullement fâché, et un large sourire s’étendait sur ses lèvres. Gojyo avait l’air assez mal à l’aise pour qu’il oublie la leçon de morale qu’il s’était promis de lui faire, en tant que grand frère. Une autre fois peut-être….

- Désolé… Tu gardes le secret, je peux te faire confiance ?

- Evidemment, et c’est secret médical en plus pour Nora, alors tu penses bien que je ne vais pas aller le crier sur les toits !

- Merci…

- Et j’espère que ça ne se reproduira plus ! Ce n’est pas parce que Nîi t’a rendu tes facultés que tu dois nous semer des mômes un peu partout ! le menaça Dokugakuji.

- Non, je suis fidèle à Hakkai !

- Oui, sauf quand tu es bourré ! Mais au fait, les piqûres ont donné quel effet sur Hakkai ? Parce que lui, il ne me semble pas qu’il était stérile !

- Non, il ne l’était pas… Je ne sais pas… Tu dis que ça change la nature ? Peut-être que ça l’a rendu stérile…

- Non, je ne crois pas, ces injections transformaient en donnant plus, elles n’annulaient pas une fonction, tu vois ce que je veux dire ?

- A peu prés… En tout cas, de ce point de vue là, il est comme avant. Tu vois, au lit, il est…

- Tais-toi, je n’ai pas besoin de savoir ça !! le coupa net Dokugakuji. S’il n’a pas d’effets secondaires, tant mieux…

«  Bien que connaissant le docteur Nîi, les effets secondaires devraient bientôt se manifester…. » songea le médecin intérieurement, pour ne pas inquiéter son frère.

- Oui… Mais dis-moi, et toi ?

- Quoi, moi ?

- Tu en es où dans tes amours ?

- Oh Gojyo, tu ne vas pas recommencer….

La discussion continua sur des sujets plus légers. L’atmosphère s’était allégée et les deux frères se quittèrent sur une note positive. Gojyo avait confiance en son frère, il ne le trahirait jamais. Et Dokugakuji faisait également confiance à son cadet de ne pas recommencer une telle bêtise. Le couple qu’il formait avec l’ancien humain était trop uni pour qu’on vienne le gâcher de cette manière….

 

A suivre….