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…                            La Putain du Roi

Goku déprimait… Gojyo était à peine parti que Sanzo s’était enfermé dans son bureau et n’avait depuis pas cessé une minute de travailler, oubliant tout ce qui ne concernait pas les affaires du royaume. Et donc l’oubliant lui aussi.

Il n’était pas rentré dans ses appartements durant deux soirs de suite, abandonnant Goku à son sort. Ce dernier n’avait même pas osé reparaître dans son bureau de peur de devoir encore subir une de ses remarques acerbes et méchantes, et il savait pertinemment que cette fois-ci il ne le supporterait plus.

Alors il était resté dans sa chambre, laissant le temps s’écouler à son rythme habituel, qui lui paru pour la première fois terriblement long.

Tout le monde l’avait abandonné de toute façon : Hakkai avait fui sans même lui dire au revoir, Gojyo n’avait été obnibulé que par cette affaire et lui avait fermé les portes de ses appartements, et il n’existait plus aux yeux de Sanzo. Certes Goku savait qu’il n’avait pas quelqu’un d’indispensable dans leur petit groupe, mais c’était surtout le dédain de Sanzo qui lui faisait mal.

Pourquoi l’avait-il sorti de sa ferme perdu en pleine campagne si c’était pour l’oublier une fois au palais ?

Goku soupira et ramena ses genoux contre lui sur le grand lit aux draps défaits. Depuis ce matin, il n’avait pas bougé de là, et la nuit tombait déjà. Une douce obscurité enveloppait la pièce et consolait doucement son cœur.

Il aurait pu passer toute la nuit comme cela si un bruit n’avait pas attiré son attention. Provenant de la pièce d’à côté, il devait sans aucun doute s’agir de Sanzo et le gamin sauta aussitôt du lit pour courir ouvrir la porte qui séparait leurs deux chambres.    

Mais la silhouette qu’il aperçut dans la chambre de son ami, plongée dans le noir, ne ressemblait absolument pas à celle de Sanzo. Bien trop petite, et ses formes n’étaient pas celles d’un homme…

Goku pâlit avant de se reprendre et de s’écrier, furieux :

- Qui êtes-vous ?? Que faites-vous ici ?

La silhouette sursauta et pris sur le fait, elle préféra choisir la fuite. Elle s’élança aussitôt vers la fenêtre grande ouverte que Goku remarquait à peine et tenta de s’enfuir par là. Le jeune homme fut plus rapide et en quelques pas rapides, il la plaqua au sol, l’empêchant de lui échapper.

Elle tenta de résister, se débattit de toutes ses forces, donnant des coups bien placés à Goku qui les évita pour la plupart mais se prit tout de même un violent crochet du droit dans l’œil. Il tint bon cependant et pour finir, il réussit à plaquer ses deux mains sur le sol, maintenant ses poignets prisonniers alors que son regard tombait sur le visage de l’intruse.

Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir une jeune fille de son âge, au visage belliqueux et au regard envoûtant, qui se mit à grogner :

- Lâche-moi abruti !! Enlève tes sales pattes de là !!!

Goku profita qu’elle était sa prisonnière pour demander rapidement, le souffle court à cause de leur petit combat :

- Que faisais-tu là ? Qui es-tu   ?

- Fous-moi la paix !!!

- Réponds !!!

Les yeux froids de Goku figèrent la jeune fille qui se calma aussitôt et baissa son propre regard, reprenant doucement son souffle.

- La fenêtre était ouverte…

- Et alors ? Ce n’était pas une invitation pour venir nous voler !

Démasquée, elle riposta aussitôt, acerbe :

- Evidemment, pour toi qui vit dans ce luxe, c’est facile de me faire la morale !   

- Oh arrête, j’ai vécu la même chose que toi autrefois. Moi aussi j’ai connu la faim et la misère figure-toi ! riposta Goku, un peu trop acerbe.

- Alors tu devrais me comprendre ! cracha la jeune fille, décidément très résolue.

En soupirant, Goku finit par la relâcher et elle roula sur le côté, se mettant dos au mur dans une posture défensive. Son regard luisait d’une certaine peur et d’une haine palpable, une lueur qui n’aurait jamais dû habiter les yeux d’une fille aussi jeune. Elle regardait Goku comme si ce dernier avait été capable de lui resauter dessus, et il préféra la rassurer :

- Je ne te ferais pas de mal tu sais… Je ne suis pas comme ça.

- Bah, tu es un noble, tu es comme les autres !

- Non justement ! Je viens de te le dire, je n’ai pas toujours vécu ici… Je sais ce que tu vis.

Durant quelques longues minutes, la jeune fille parut analyser les paroles de Goku et elle finit par hocher la tête, un peu sceptique mais d’accord pour garder cette version de l’histoire.

- Tu t’appelles comment ?

- Goku. Et toi ?

- Ririn.

- Tu voles souvent ici ?

- Non c’était la première fois en fait… Et c’est raté.

Elle eut un petit rire communicatif qui arracha un sourire à Goku, dont les yeux s’allumèrent d’une nouvelle flamme. Voilà longtemps que personne n’avait ainsi ri avec lui et cela lui faisait du bien.

La jeune fille se détendit doucement et quand son estomac émit un borborygme lourd de signification, Goku se releva en disant :

- Allez viens, je vais demander à ce qu’on t’amène un repas.

- Hé, pourquoi tu ferais ça ?

- Je sais pas… Je te propose un marché : tu restes ici avec moi et en échange, tu auras toute la nourriture que tu veux. Et je te donnerai même de nouveaux vêtements, ça te va ?

Elle pesa le pour et le contre durant quelques minutes angoissantes pour Goku, avant de finalement bondir sur ses jambes et de tendre sa main vers le jeune garçon :

- Ok, marché conclu !

Le sourire de Goku n’avait jamais été aussi beau qu’en cet instant.  

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Durant la journée qu’ils passèrent ensemble, Goku trouva en Ririn une amie très agréable et la jeune fille, pour la première fois de sa vie, n’eut pas à se battre pour manger ou pour survivre. Ici la vie était presque trop belle, elle avait l’impression d’avoir plongé dans un autre monde.

Elle qui n’avait connu que la boue et la mendicité, elle découvrait un univers où il suffisait que son nouvel ami claque des doigts pour qu’il ait tout ce qu’il voulait et tout ce qu’elle demandait. Le paradis !

Et Goku n’était pas du tout à l’image des nobles qu’elle s’était toujours imaginé, au contraire. Il était joyeux, gentil, pas le moins du monde hautain, et surtout il avait un rire qu’elle adorait. Quelque part, il était l’ami dont elle avait toujours rêvé, et le jeune homme était à deux doigts de penser la même chose d’elle.

Leurs deux solitudes s’étaient rejointes et leurs sorts s’en trouvaient améliorés.

Le soir où ils s’étaient rencontré, Goku n’avait pas eu à insisté longtemps pour que la jeune fille reste auprés de lui, au contraire. Dés qu’elle avait vu son lit, elle avait sauté dedans et n’avait plus voulu en sortir. C’est donc avec le sourire qu’il s’était couché à ses côtés, ravi de voir que sa nouvelle amie ne partait pas tout de suite, et ils avaient discuté quelques minutes avant de sombrer rapidement dans le sommeil. Le lendemain, Goku avait trouvé des vêtements à sa nouvelle amie et ils avaient parcouru le palais à la recherche de nouveaux jeux toute la journée tous les deux.

Ririn ne semblait pas pressée de rentrer chez elle et Goku n’était pas non plus ravi de voir son séjour se terminer trop tôt, aussi tout était pour le mieux. Cela permit au jeune garçon d’oublier Sanzo et sa mauvaise humeur, et de se changer un peu les idées…

Ririn lui faisait tellement de bien qu’il la gâta toute la journée, cherchant sans cesse ce qui pourrait lui faire plaisir et par là, l’inciter à rester avec lui.

Alors qu’ils s’amusaient justement dans un des salons du palais avec le petit chien d’une comtesse qui avait apparemment fui loin des jupes de sa maîtresse, Sanzo passa devant la porte du salon et en entendant les rires des gamins, il eut la puce à l’oreille et s’arrêta quelques instants, juste par pure curiosité.

Quelle ne fut pas sa surprise d’apercevoir Goku en train de jouer avec une jeune fille de son âge, tous les deux riant allègrement des pitreries du petit chien.

Bizarrement, le premier conseiller de sa Majesté réalisa subitement que cela faisait longtemps qu’il n’avait pas entendu Goku rire ainsi. Et qu’il ne l’avait pas vu aussi joyeux…

Mais à vrai dire, ces derniers temps, il passait toutes ses journées dans son bureau à travailler comme un forcené pour faire avancer l’économie du pays, sans vraiment se soucier de ceux qui l’entouraient. Et il n’avait pas vraiment fait attention à Goku… Il l’avait délibérément mis de côté, sans vraiment s’en rendre compte…

Et jusqu’à présent, trop préoccupé par son travail, Sanzo ne s’était pas vraiment rendu compte combien le jeune garçon avait pu lui manquer. Son rire surtout, ses sourires un peu magiques, qui savaient comme personne le détendre, même si Sanzo ne l’aurait jamais avoué…

Cela ne faisait pourtant qu’une semaine ou deux qu’il travaillait comme un forcené, sans voir le temps qui passait… Mais durant ces quelques jours, Goku lui avait manqué plus que quiconque.

Soupirant, Sanzo sursauta soudain quand les paroles des deux gamins lui parvinrent, très claires par rapport à ce qu’ils disaient avant :

- Dis Ririn, t’as pas envie qu’on aille jouer dehors ?

- Pourquoi,  on n’est pas bien ici ? Au moins, on est tous seuls, on a besoin de personne !

- Ouais, tu as raison. On a besoin de personne…

La voix de Goku rendit Sanzo tout chose. Il… n’avait pas besoin de lui, c’était bien ça ? C’était ce qu’il avait compris ?

Normalement Sanzo aurait haussé les épaules et aurait continué son chemin comme si de rien n’était, nullement touché par les paroles d’un simple môme mais là… Il sentit un inexplicable sentiment de jalousie lui broyer le cœur et il fronça les sourcils.

Comment ça, il n’avait pas besoin de lui ?? Cette gamine était donc plus importante que lui ?

Poussant brusquement la porte, Sanzo fit irruption dans la pièce, effrayant le chien qui s’enfuit des bras des gamins et Ririn releva un regard étrange sur le nouvel arrivant, alors que celui de Sanzo se posait directement sur Goku, ignorant ouvertement la gamine.

- Sanzo ? s’exclama Goku, intrigué.

Il ne s’attendait pas du tout à ce que son ami vienne ici, surtout qu’il l’imaginait en train de travailler à l’heure qu’il était. Mais ravi de le voir là, Goku lui accorda un petit sourire gentil.

Ce simple geste réconforta quelque part Sanzo qui se sentit soudain stupide d’être entré ici sans raison valable. Simplement parce qu’il… était jaloux.

- Sanzo, qu’est-ce que tu veux ?

- Euh… Je me demandais… Je vais essayer de prendre un peu de repos ce soir, je rentrerai dans nos appartements manger un peu plus tôt, est-ce que… Est-ce que tu seras là ?

Goku eut soudain une petite moue ennuyée et au lieu de sauter sur l’occasion, comme le blond s’y attendait, le garçon répondit, un peu gêné :

- Désolé ce soir j’ai promis de manger avec Ririn… Mais je suis content que tu te reposes un peu Sanzo ! Tu en as besoin !

Les yeux du blond se tournèrent vers la gamine qui lui offrit un petit sourire sarcastique. Bon sang, Goku préférait manger avec elle au lieu de profiter de sa présence ?

Le sentiment de jalousie de Sanzo revint au triple galop et il tourna aussitôt les talons, furieux sous son masque impassible.

- Très bien !

- Hé mais attends Sanzo !!  s’exclama Goku.

Cependant le blond était déjà sorti de la pièce, abandonnant un Goku perplexe quant à son attitude et une Ririn ravie de voir qu’elle l’avait emportée sur lui. Elle qui n’avait jamais rien eu dans sa vie, elle ne comptait pas partager le premier ami qu’elle se faisait !

- Il est drôlement bizarre ton ami tout de même… On dirait… qu’il ne t’aime pas vraiment, insista-t-elle.

Goku déglutit, se sentant soudain mal et il baissa la tête.

- Il est bizarre en ce moment… Je ne sais pas ce qu’il a. Enfin je sais qu’il travaille beaucoup mais… Il ne passe plus beaucoup de temps avec moi.

- Ne t’inquiéte pas, moi je suis là !

- Oui. Merci beaucoup.

- Bon, on va voir où s’est sauvé le chien ? Ou on va ailleurs ?

- On va ailleurs…

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Ce soir-là, Goku ne se sentait pas vraiment bien. La visite de Sanzo dans la journée n’y était pas pour rien et quand vint l’heure du repas, il jeta des coups d’œil distraits vers la grande horloge de la pièce où ils se trouvaient, se demandant si Sanzo était là ou non, à l’attendre… Peut-être commençait-il même sans lui…

Ririn se rendit vite compte de son attitude et elle soupira, un peu déçue :

- Tu penses à ton ami blond, c’est ça ?

- Excuse-moi Ririn, mais cela faisait tellement longtemps que je ne l’avais pas vu…

- Justement, s’il s’occupe aussi peu de toi, tu ne devrais pas t’en soucier ! cracha-t-elle, un peu directe.

Goku baissa la tête, démoralisé, et elle comprit qu’elle avait gaffé.

- Désolée Goku. Tu devrais peut-être… aller le voir.

- Non, je suis avec toi Ririn ! Je ne vais pas te laisser toute seule !

- Hé, je suis une grande fille ! J’ai pas besoin d’être protégée par un mec ! s’exclama-t-elle, exagérant son air choqué.

Goku eut un petit sourire et il se releva, tout de même inquiet pour sa nouvelle amie.

- Tu es sûre ? J’en aurais pas pour longtemps, je te jure…

- Mais oui, fonce le retrouver, moi je vais aller me promener un peu en t’attendant.

- Merci Ririn, à tout de  suite !

Fou de joie, Goku sauta de sa chaise et se précipita dans les couloirs en direction de leurs appartements. Sanzo lui avait dit qu’il serait là, il allait enfin pouvoir discuter un peu avec lui, autre part que dans son bureau, derrière sa pile de dossiers.

Il ouvrit en grand la porte, un sourire de joie plaqué sur son visage. Son geste resta en suspens. La table où ils mangeaient d’habitude quand ils n’étaient pas à la table du roi avait été dressée, mais une servante la débarrassait déjà. Le visage de Goku s’obscurcit et il demanda :

- Sanzo a déjà fini de manger ?

- Non Monsieur Goku. Le premier conseiller n’est pas venu manger ce soir. Il est resté travailler à son bureau. Il nous a demandé de lui servir un encas là-bas.

Goku en resta sidéré. Pourquoi Sanzo lui avait-il menti ? Pourquoi se moquait-il de lui comme cela ?

Il sentit les larmes lui monter aux yeux mais il secoua la tête brusquement, refusant de céder aussi facilement et il s’échappa de la pièce en courant, se dirigeant tout droit vers le bureau de Sanzo…

 …

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Ririn de son côté était parti se promener dans les couloirs du château… Elle résistait tant bien que mal à ses instincts de voleuse qui avaient tendance à ressurgir dés qu’elle apercevait un objet digne de convoitise. Mais elle savait que Goku ne lui pardonnerait pas si elle recommençait et elle n’avait pas envie que son rêve s’arrête tout de suite. Elle savait pertinemment que sa présence ici ne dépendait que du jeune homme, sans quoi elle serait rapidement renvoyée dans la rue à mendier et à voler… Et elle n’avait pas envie de revivre cela tout de suite.

De toute façon, personne ne l’attendait derrière les grands murs de ce palais… Voilà longtemps qu’elle n’avait plus aucune famille, et elle détestait trop les orphelinats pour y remettre un jour les pieds !

Errant dans les couloirs, elle entendit soudain un bruit de conversation derrière elle… A n’en pas douter, quelques serviteurs qui se dirigeaient vers elle, pressés, et elle obéit à l’un de ses instincts les plus primaires : elle s’enfuit en courant pour leur échapper, même si les hommes n’étaient sans doute pas à sa recherche. Mais elle n’avait aucune envie de les rencontrer et de devoir subir leurs questions, aussi préféra-t-elle s’éloigner à toute vitesse plutôt que d’être ennuyée.

Une porte était ouverte et elle sauta sur l’occasion pour entrer précipitamment dans la pièce… qui malheureusement était déjà occupée. Elle buta soudain contre un grand corps et prise dans son élan, son propre corps bascula et tomba lourdement à terre, déséquilibré.

- Aïïïe…

Elle se massa son coude, qui avait amortit plutôt difficilement sa chute, fronçant les sourcils sous la douleur. 

Et quand elle releva la tête en direction de celui qu’elle avait dû bousculer, elle croisa deux regards étonnés posés sur elle, qui devait sans aucun doute se demander d’où elle pouvait bien débarquer. Evidemment, vu leur taille, elle ne leur avait pas fait le moindre mal à eux… Ce que Ririn regrettait un peu alors que son propre coude l’élançait.

Mais leur surprise passée, l’un des deux hommes s’abaissa vers elle et passa doucement ses mains sous ses aisselles pour l’aider à se remettre debout. Il avait un regard si doux et tellement protecteur qu’elle n’osa pas le repousser et elle se laissa faire docilement pour une fois, captivée par l’étrange regard améthyste du jeune homme.

- Ca va petite ?

Ririn hocha doucement la tête, soudain toute intimidée. On aurait dit un prince charmant et même si elle ne croyait plus aux contes de fées depuis longtemps, elle avait cette fois-ci bien envie de se laisser séduire, même pour un instant.

Voyant qu’apparemment ça allait, le jeune homme lui offrit un sourire radieux et attendrissant qui la fit doucement rougir.

Le deuxième homme se pencha par-dessus eux, intrigué, et demanda un peu brusquement :

- D’où tu sors toi ?

La question lui ramena les pieds sur terre et elle se remit sur la défensive, son petit se tendant dans un réflexe stressé. Son Prince charmant s’en rendit tout de suite compte et avec un petit sourire, il tenta de la détendre :

- Allons allons, ne t’inquiéte pas. On ne te veut aucun mal… Doku, arrête, tu lui fais peur !

- Hein ? Moi ? Mais qu’est-ce que j’ai dit ?

- Tu es trop brutal, c’est tout ! C’est encore une enfant, sois plus tendre…

Soupirant en haussant les épaules, Dokugakuji leva les yeux au ciel. Allons bon, ça allait être de sa faute alors qu’il n’avait rien fait !

Mais bon, trop amoureux de ce Prince charmant qui n’était autre que le sien, il n’osa rien dire, acceptant les remarques sans broncher. Si Kougaiji voulait que ce soit de sa faute, alors ce serait de sa faute… 

De son côté, Kougaiji remarqua très vite que la petite se tenait son coude en tremblotant, signe qu’il devait lui faire mal et il décida d’agir. Il se sentait coupable, même s’il n’y était pour rien.

Dans un geste très souple, il prit la petite dans ses bras et la souleva du sol, avant de lui adresser un grand sourire charmeur.

- On va aller soigner ce coude qui doit te faire souffrir, d’accord ?

Ririn n’osa même pas protester et les joues rouges, elle acquiesça, dans le fond bien contente d’être le centre d’attention du beau prince. Elle se laissa emporter jusqu’à la chambre du jeune homme sans broncher, Dokugakuji suivant doucement.

- Tu veux bien aller me chercher quelques bandes et de la pommade s’il te plaît Doku ? demanda Kougaiji.

- D’accord mais en échange, je veux un baiser !

Au regard du jeune homme, le frère du roi n’insista pas et un large sourire remplit son visage :

- Bon d’accord, mais je saurai bien obtenir ce baiser de toi !

Kougaiji eut un petit rire amusé alors que son amant lui tournait déjà le dos et filait vers la chambre du médecin du palais. De son côté il entra dans sa chambre, Ririn dans ses bras et il la déposa doucement dans un grand fauteuil de sa chambre.

- Alors demoiselle, quel est ton prénom ?

- Ririn… Monsieur…

- Non, appelle-moi Kougaiji. Je ne suis pas assez vieux pour être appelé monsieur tu sais. Allez, montre-moi ton coude.

Toujours aussi intimidée, la jeune fille releva sa manche et lui présenta son bras. Un gros bleu se formait déjà, assez impressionnant et Kougaiji grimaça en voyant l’ampleur des dégâts.

- Hum, tu n’échapperas pas à la bande… Dis-moi Ririn, qui sont tes parents ? Il faudra sans doute que je les prévienne et que je m’excuse auprés d’eux…

Ririn eut un petit soupir et elle répondit, désabusée :

- Je n’ai pas de parents et ce n’est pas de votre faute Monsi… Kougaiji.

- Pas de parents ? Mais… Que fais-tu ici ? Tu travailles dans le palais ?

- Oh non, je suis avec un ami. Goku.

- Goku ? Le jeune protégé du conseiller Sanzo ?

- Je sais pas. Tout ce que je sais, c’est qu’il s’appelle Goku.

- D’accord. Mais… Tu n’as aucune famille ? Même pas d’oncle, ou de frère ?

- Non. Mais… Je veux bien que tu sois mon frère, toi.

Surpris par la réponse de la gamine, le jeune homme eut un petit sourire perplexe, et finalement, devant les yeux brillants de Ririn, son sourire s’attendrit et il leva sa main pour caresser doucement la joue de la fillette. 

- C’est gentil mais je ne suis pas sûr que je serai un grand frère idéal tu sais…

- C’est pas grave. Je n’ai pas besoin d’un grand frère idéal. Juste d’un frère.

Stupéfait, Kougaiji ne sut pas quoi répondre et ce fut l’arrivée de Dokugaiji qui lui sauva la mise :

- Et voilà les bandages de mademoiselle sont avancés !

  …

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Goku ne suivit même pas le conseil du serviteur qui s’avançait déjà vers lui en disant que le conseiller Sanzo ne voulait surtout pas être dérangé. Il l’éloigna d’un geste de la main en répliquant :

- Laissez-moi tranquille, compris ?!

Et sans attendre, il ouvrit en grand la porte du bureau de Sanzo, un air furieux posé sur son visage et une lueur énervée dans les yeux.

Mais bizarrement, Sanzo n’était pas assis à son bureau… Déstabilisé, Goku se rapprocha et aperçut soudain un bras qui dépassait de derrière le bureau.

Pâlissant brusquement, il se précipita et découvrit Sanzo allongé à terre, sans connaissance…

- Mon dieu, Sanzo !!!!

A suivre