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...........................… … La Putain du roi … Cela faisait deux jours qu’il était dans cette auberge, incapable de se décider. Lorsqu’il se levait le matin, l’envie de retourner protéger Kanan le torturait. Le midi, il commençait à se résigner et préparait ses bagages pour repartir aussitôt un peu plus au sud, loin de Gojyo qui allait venir dans la région. Et le soir, il était encore là, incapable de se décider entre partir ou revenir vers Kanan, entre la liberté et son envie de la protéger de sa tante exécrable. Il s’en voulait d’hésiter autant, de ne pas être capable de choisir, mais c’était plus fort que lui. Et plus il repoussait le moment où il devrait choisir une bonne fois pour toute, plus il hésitait. L’idée saugrenue même de revenir auprés de Gojyo l’avait traversé. Avec lui, il pourrait protéger efficacement Kanan, et il est vrai qu’il mourrait d’envie de le revoir, de le toucher, de se laisser enivrer par ses bras… Mais dés que l’image de Yaone revenait dans son esprit, il se maudissait pour cette faiblesse passagère ! Il ne supporterait jamais de voir Gojyo marcher vers l’autel pour en épouser une autre. Rester le mignon caché du roi n’était pas un rôle pour lui, il savait pertinemment qu’il finirait par en devenir fou. Et puis il ne voulait pas jouer ce mauvais rôle pour Yaone aussi… La jeune femme ne méritait pas cela. Non il ne pouvait décemment pas retourner auprés de Gojyo, mais il ne pouvait pas non plus laisser Kanan sans protection. Lui seul savait que Nîî et Gyokumen étaient prêts à tout… Elle-même devait sans doute penser qu’une fois leur seul moyen d’obtenir son anneau parti, ils abandonneraient. C’était là où elle avait tort. Kanan était trop bonne pour imaginer la noirceur du cœur de sa tante et de Nîî… Alors finalement, le troisième jour, alors que la lumière commençait déjà à descendre sur les arbres, Hakkai fit son baluchon et récupéra sa monture pour se diriger vers le manoir de la jeune femme… … OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO … Il voyagea deux bonnes heures, poussant son cheval à son maximum avant d’apercevoir à nouveau les paysages qui lui étaient devenus familiers. Mais dés qu’il approcha un peu du manoir de Saint-Prieux, la clarté étrange qui l’environnait le poussa à s’arrêter et il offrit à sa monture un peu de repos alors qu’il tentait de comprendre ce qui se passait. La nuit était déjà tombée et en temps normal, Kanan permettait juste qu’on allume quelques lampes au-dehors, mais sans plus. Pourtant, là, la lumière qui entourait le manoir était telle que cela lui mit la puce à l’oreille. Pour qu’on ait allumé toutes les lampes et torches, cela ne pouvait signifier qu’une seule chose : Kanan avait de la visite. Un peu inquiet, Hakkai amena son cheval en retrait dans les bois, l’attachant à un tronc pour qu’il ne s’enfuit pas, et il continua à pied, bien décidé à élucider le mystère de cette visite nocturne. Son instinct le poussait à se méfier, et il eut raison. Car dés qu’il approcha suffisamment à travers le bois pour apercevoir le manoir de Kanan, la petite foule qui s’entassait à l’entrée lui donna des sueurs froides. Il y avait quelques serviteurs, beaucoup de malles et quelques nobles qu’Hakkai reconnut aussitôt. Il les avait déjà vu très souvent à la cour royale, et cela ne pouvait signifier qu’une seule chose : Gojyo était ici ! Il était venu ! Nîî n’avait pas été long et Hakkai serra les poings en imaginant la joie perverse qu’il avait dû avoir en voyant le roi se précipiter au château de Kanan. Ce salaud ne perdait rien pour attendre ! Il n’y avait là qu’une petite troupe armée, étrangement réduite pour accompagner le roi… Gojyo avait dû partir en trombe du palais. Son cœur se serra à cette idée : pourquoi se raccrochait-il autant à lui ? Pourquoi ne le laissait-il pas partir, maintenant qu’il devait se marier ? Voulait-il à tout prix lui imposer cette honte ? Une silhouette haute passa devant l’un des chevaux et Hakkai sentit son cœur rater un battement. Gojyo ! C’était bien lui, en chair et en os ! Il se sentit trembler et dû s’appuyer contre un tronc pour ne pas s’effondrer sur le sol. Cela faisait tellement longtemps qu’il ne l’avait pas vu… Trop longtemps… - Gojyo… Pourquoi es-tu venu… ? dit-il doucement, des sanglots dans la voix. En tout cas, l’accès au manoir de Kanan lui était désormais interdit… A moins qu’il n’utilise un moyen détourné… … OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO … Kanan avait été surprise par l’arrivée impromptue de tous ces chevaliers : elle qui ne recevait personne dans cette région reculée voyait soudain l’escorte toute entière du roi débarquer devant ses portes, réclamant qu’on les accueille comme il se devait. Elle avait couru dans tous les sens, secoué ses serviteurs et demander à ce qu’on prépare le nécessaire. Elle n’avait pas eu un instant à elle et tout en courant dans tous les sens, son esprit affolé imaginait les pires catastrophes… Pourquoi le roi était-il ici ? La réponse n’avait pas tarder à venir : le roi était bientôt arrivé, peu après les premiers chevaliers, et aussitôt descendu de cheval il était venu la saluer, s’inclinant poliment devant elle-même si son regard avait cet éclat dur et sévère qui la fit frissonner. - Mademoiselle de Saint-Prieux… Je suis enchanté de vous rencontrer. Kanan s’inclina à son tour, terriblement mal à l’aise mais respectant tout de même les convenances. - Que me vaut l’honneur de votre visite Majesté ? - Il semblerait, d’après mes informateurs, que nous ayons un ami en commun, et il me tarde de le revoir. Il ne fallut guère plus de quelques secondes à Kanan pour que son esprit intelligent saisisse toutes les données du problème et avec une grande inspiration, elle osa relever son visage et feindre l’étonnement tout en demandant : - Un ami commun Majesté ? Gojyo fronça les sourcils, un peu énervé par le jeu de la jeune fille : - Oui Mademoiselle, je parle d’Hakkai de Lhuine, que je recherche depuis maintenant deux mois. On m’a informé qu’on l’avait vu chez vous. - Ici ? Mais… C’est totalement impossible Majesté ! Je n’ai accueilli personne de ce nom-là chez moi, et surtout pas cet Hakkai de Lhuine. Kanan jouait la comédie à la perfection car elle réussit à troubler Gojyo, laissant le doute s’insinuer dans son esprit. Et si la lettre lui avait menti ? - Mais mes informateurs… - Vos informateurs vous ont mal renseigné Majesté. Je sais parfaitement qui est cet homme que vous recherchez, et je peux vous assurer qu’il n’est jamais venu ici. Je peux vous en donner ma parole ! L’assurance de la jeune femme prit de court le roi qui ne sut pas quoi penser pendant quelques longues minutes intolérables pour Kanan. Elle savait qu’elle risquait gros en mentant à son roi, mais pour Hakkai, elle était prête à tout. Le jeune homme l’avait aidé alors maintenant c’était à son tour d’agir pour lui. - Pourtant, il y avait bien quelqu’un chez vous ces derniers jours… ajouta Gojyo, un peu mal à l’aise. Evidemment cette fois-ci la jeune femme ne pouvait plus mentir et elle hocha la tête beaucoup plus timidement : - Effectivement votre Majesté. Un ami à moi m’a rendu visite, Yvan de Laforêt. Le nom rappela vaguement quelque chose à Gojyo qui fronça les sourcils… Laforêt était l’un des nobles de la cour, un vieil homme assez âgé, mais le roi avait toujours cru qu’il n’avait plus aucune famille. Peut-être s’était-il trompé… Cependant, comprenant qu’une fois de plus il avait suivi une fausse piste, Gojyo sentit un désespoir sans nom l’envahir et il soupira, las. - Excusez-moi mademoiselle. Je croyais… Enfin cela n’a pas d’importance, de toute façon je m’étais de nouveau trompé. La tristesse soudaine du roi émut plus que de raison Kanan, qui s’en voulut un court instant de devoir lui mentir de cette façon. Elle n’avait jamais rencontré le roi, c’était la première fois de sa vie qu’elle le voyait en chair et en os, et il était très loin de l’image autoritaire qu’elle s’en était faite. Lorsque Hakkai lui avait avoué qu’il ne voulait plus le revoir, elle avait pensé qu’il s’agissait d’un homme dur et sans scrupule, prêt à faire souffrir les autres par pure pensée égoïste. Mais en voyant le visage décomposé du roi, son opinion s’effrita progressivement. Non Gojyo n’était pas ce genre d’homme… Il semblait autant souffrir qu’Hakkai. - Cependant… - Oui Majesté ? - Pouvez-vous m’accueillir chez vous ce soir ? Le voyage m’a épuisé et même si mes gens vont dormir à l’auberge, vous imaginez bien que je ne peux pas en faire de même. - Bien sûr votre Majesté, ma porte vous est ouverte ! Vous êtes ici chez vous ! Je vais demander à ce qu’on prépare la meilleure chambre. Vos gens ne dormiront vraiment pas ici ? - Non, quelques hommes d’armes resteront aux alentours, mais je veux pas vous imposer la présence de toute mon escorte. - Merci Majesté. Un petit sourire sur les lèvres, Kanan invita Gojyo à entrer à sa suite… L’escorte qui avait accompagné le roi repartit bientôt, laissant juste quelques hommes en place afin de protéger sa Majesté, mais la plupart des nobles ne comptaient pas rester debout toute la nuit. Le coin était tranquille, le roi ne risquait rien, alors ils préféraient aller dormir dans une auberge située un peu plus loin, pour revenir frais et dispos aux premières lueurs de l’aube, prêts à servir sa Majesté. … OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO … Hakkai soupira de soulagement en les voyant s’éloigner : leur départ lui faciliterait la tâche. Il attendit cependant plusieurs heures, que la nuit s’installe définitivement et que les gens du manoir partent dormir au chaud sous leur couette. Il imaginait parfaitement Kanan soupant avec le roi… Il ne savait pas si elle avait avoué sa présence au roi, mais cela ne lui importait pas vraiment. De toute façon, elle devait sûrement imaginer qu’il était déjà loin d’ici, et Gojyo allait en penser de même. Sa retraite était assurée. Frissonnant, car l’air nocturne se refroidissait, Hakkai finit par sortir enfin de sa cachette, restant tout de même à couvert des arbres afin de ne pas être remarqué par les sentinelles qui patrouillaient autour du manoir. Gojyo avait vraiment confiance dans la jeune femme pour venir avec aussi peu d’homme armés. A moins qu’il ne soit parti précipitamment du palais, ce qui était plus probable connaissant son caractère entier. Il était sûr qu’à cette heure-ci, tout le monde était couché : la lune était haut dans le ciel, témoignant que l’heure devait approcher de minuit, ou d’une heure du matin. Il ne risquait pas de croiser un serviteur encore éveillé à cette heure-ci. Profitant d’un moment d’attention d’un des gardes, Hakkai se faufila jusqu’à la fenêtre de Kanan, qu’il escalada sans aucun problème. Les pierres de taille qui constituaient la façade du manoir étaient un jeu d’enfant à escalader. Affirmant sa prise, Hakkai escalada la petite terrasse juste à temps, évitant ainsi qu’un des gardes ne le remarque, et il se tapit au sol jusqu’à ce qu’il soit passé. Puis, avec douceur et sans faire le moindre bruit, il se faufila par la fenêtre entrouverte que Kanan laissait toujours ainsi la nuit, afin d’avoir un peu d’air frais. A pas de velours, il s’approcha de la jeune femme et plaqua vivement sa main sur sa bouche, de manière à ce que ses cris n’alertent pas quelqu’un. La jeune femme se réveilla en sursaut et ses yeux affolés cherchèrent vivement son agresseur. Mais dés qu’elle reconnu Hakkai, qui lui faisait signe de se taire et de se calmer, elle se détendit aussitôt et attendit patiemment qu’il retire sa main, ce qu’il fit sans plus tarder. - Hakkai ? chuchota-t-elle, terriblement surprise de le voir ici alors qu’elle l’imaginait être à des lieues de son manoir. - Excusez-moi cette irruption chez vous Kanan, mais c’était le seul moyen que j’avais pour vous parler. - Le roi est ici Hakkai ! Il est venu pour vous ! dit-elle précipitamment, ne sachant pas si le jeune homme était au courant. - Oui j’ai vu son escorte dans l’allée. Il est venu rapidement… Nîî n’a pas du tenir sa langue… - Ne vous inquiétez pas, je ne lui ai rien dit. Il doit penser qu’on l’a trompé… La jeune femme se redressa sur son lit et fit face à son ami, qui se permit de s’asseoir à ses côtés en soupirant. Toute cette histoire lui pesait mais il n’avait pas le choix malheureusement. - Merci beaucoup Kanan, votre amitié me touche beaucoup… - Je serais bien ingrate de dénoncer ainsi l’homme à qui je dois la vie. L’évocation de son exploit fit rougir Hakkai qui baissa un court instant les yeux, rassuré par le fait que l’obscurité devait dissimuler aux yeux de son amie cette gêne passagère. - Kanan, je ne suis pas venu vous parler du roi. C’est à propos de Nîî et de votre tante. - Que s’est-il passé ? En quelques mots, Hakkai raconta sa rencontre avec Nîî et les menaces qu’il avait proféré contre elle, tout en prenant soin de rappeler à son amie qu’il resterait à ses côtés et ferait tout pour la protéger. Visiblement Kanan ne s’était pas attendu à autant d’assiduité de la part de ses ennemis car elle en resta bouche bée, étourdie par autant de haine à son encontre, alors que sa seule faute avait été de naître duchesse. Tout en finissant son récit, Hakkai lui prit délicatement la main, histoire de lui apporter son soutien, et Kanan lui en fut reconnaissante. - Merci Hakkai de m’avoir prévenu. Et moi qui pensais qu’ils s’arrêteraient en vous voyant partir… Je m’étais lourdement trompé. - Ne vous inquiétez pas, je serais là. Je vais les surveiller discrètement pendant quelques temps. Peut-être que si toutes leurs entreprises se voient échouer, ils finiront par abandonner… - Merci infiniment Hakkai… Je ne sais pas ce que j’aurai pu faire sans vous. - Je vais devoir repartir Kanan, mais je resterai dans les environs. - Mais pourquoi ? Je peux très bien vous loger ici, personne ne vous verra ! - L’indiscrétion des domestiques n’est pas une légende Kanan, je préfère ne pas rester ici. Comprenez-moi s’il vous plaît… - Très bien. Une nouvelle fois vous me quittez. Hakkai lui adressa un petit sourire mélancolique et se releva pour se diriger vers la fenêtre, souhaitant une bonne nuit à la jeune femme qui se rallongea en soupirant, guettant les dernières ombres que la silhouette de son ami laissa derrière elle…. … OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO … Mais contrairement à ce que Kanan pensa, Hakkai ne quitta pas tout de suite sa terrasse. Il se mit de côté, prêt à descendre dés que les gardes s’éclipseraient, et laissa son regard dériver du côté du côté du balcon du roi, situé quelques mètres plus loin. Dire qu’il n’avait qu’à les enjamber pour revoir Gojyo… Quelques mètres à peine le séparaient de lui. Ce serait tellement facile. Trop facile peut-être car Hakkai ne pu résister à la tentation. Dés que le garde fut passé, il passa par-dessus les rambardes et avec agilité, il se glissa sans un bruit sur la terrasse de la chambre du roi. Là aussi la porte était ouverte, laissant l’air frais de la nuit s’engouffrer à l’intérieur. Sans un bruit, Hakkai pénétra dans la chambre, et le sol couvert de tapis lui permis même de se glisser jusqu’au lit sans se faire remarquer. Gojyo était là, endormi. Les draps défaits témoignaient qu’il avait eu du mal à s’endormir, mais maintenant, son visage semblait presque serein, reposé… Il était tellement beau qu’Hakkai en eut un pincement au cœur. Si seulement il n’avait pas été roi… Si seulement ils avaient pu s’aimer en toute liberté. Mais Gojyo se devait se respecter son devoir envers son peuple, et Hakkai ne pourrait jamais supporter de le savoir dans d’autres bras que les siens. Leur histoire était vouée à l’échec… Même si leurs cœurs s’aimaient, la vie les séparait. Terriblement ému, Hakkai se pencha au-dessus de Gojyo et le cœur lourd, il déposa délicatement ses lèvres sur les siennes, dans un effleurement presque imperceptible. Il n’avait pas envie de se dire que c’était un baiser d’adieu… Tout cela était tellement triste quelque part. Tellement pathétique également. Mais, comme dans un conte, ce simple contatc suffit à réveiller Gojyo, qui ouvrit des yeux ensommeillés, lourd des songes qui l’avaient traversé. - Ha… Hakkai… ? Le jeune homme ne répondit rien, trop troublé pour esquisser la moindre geste de recul, hypnotisé par les deux prunelles rouge vif qui le regardaient sans trop y croire, elles-mêmùe complètement perdu. Ces retrouvailles, il les avait imaginé depuis tellement longtemps qu’il avait fini par ne plus y croire. Comme un beau rêve auquel on renonce. Mais là, il avait la possibilité de réaliser ce rêve… Et il ne savait plus quoi faire. - Je… Je rêve, c’est ça ? demanda naïvement Gojyo. On aurait dit un enfant et Hakkai en fut encore plus touché. Sautant sur l’occasion, il murmura, alors que sa main partait relever une mèche de cheveux qui tombait sur le visage de son amour : - Oui… Je suis dans ton rêve Gojyo… Le sourire du roi était tellement triste qu’Hakkai en eut le cœur déchiré et il en eut envie de pleurer. Il ne pu retenir quelques larmes venir couler au coin de ses yeux et il répéta, la voix chargée d’émotion : - Oui Gojyo… Nous sommes dans ton rêve. Je suis là. Son amant sembla le croire, car il garda son petit sourire mélancolique et il enlaça tendrement Hakkai. Prisonnier de ses bras solides, ce dernier fut attiré sur les draps et il ne résista pas. Sa bouche se posa sur celle du roi et ils s’embrassèrent passionnément. Leur baiser devint en plus en plus violent alors qu’une fièvre sans pareille s’emparait d’eux… Cela faisait deux mois que leurs corps avaient été séparé, deux mois qu’ils n’avaient plus connu cette passion qui faisait d’eux des amants et non plus des hommes… - Mon Hakkai…, murmura le roi alors que ses mains commençaient déjà à déshabiller son corps pour glisser sur la peau douce du jeune homme. Hakkai se laissa faire, enivré et ne contrôlant absolument rien. Mais il s’en moquait. Tout ce qui comptait en cet instant, c’était de redécouvrir Gojyo, de le faire sien juste pour cette nuit. Il n’avait pas envie de penser que c’était leur dernière nuit, qu’il l’aimait à la folie et qu’en l’abandonnant, il laisserait son cœur derrière lui. Tout cela était beaucoup trop éprouvant alors Hakkai préféra ne pas y penser et il se concentra sur les caresses expertes de son amant, sur ses lèvres qui semblaient vouloir dévorer sa peau, sur ses mots doux murmurés avec tellement de passion… Gojyo rêvait et il faisait le plus beau rêve qu’il lui ait été donné de faire. Hakkai se perdit dans cette illusion et quand enfin son amant le pénétra, il ne cessa de murmurer son nom, comme pour être certain à son tour qu’il ne rêvait pas… La passion les emmena jusqu’au petit jour, où Gojyo finit par s’endormir, à bout de force. Un doux sourire flottait sur ses lèvres et son bras était posé de manière possessive sur le corps d’Hakkai. Ce dernier eut un petit soupir fatigué et il s’écarta à regret, embrassant une dernière fois son amour. - Adieu Gojyo… Ses propres mots lui donnèrent envie de pleurer et il se releva rapidement, essuyant ses yeux d’un geste rapide avant de se rhabiller et de s’enfuir par la fenêtre. … OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO … Gojyo n’avait jamais aussi bien dormi. Cela faisait des mois que ses nuits étaient agitées, perturbées, et qu’il n’arrivait pas à fermer l’œil de la nuit. Mais quand il se réveilla ce matin-là, il se sentait bien. Heureux. Apaisé même. Il ouvrit un œil endormi et brutalement, son rêve de cette nuit lui revint en mémoire. Il se redressa brusquement dans son lit, fouillant sa chambre du regard, cherchant la présence de son amant… Rien… Il n’y avait personne. Il… Il avait… rêvé… Il avait simplement rêvé. La constatation lui fut amère et douloureuse. Il aurait préféré s’ouvrir le cœur avec sa lame plutôt que de souffrir cela. Ramenant ses genoux contre lui, assis dans le lit, il enfouit son visage dans ses mains et pleura. … … A suivre…
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