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La Putain du roi Si cette journée ressemblait à un rêve merveilleux pour Dokugakuji et Kougaiji, elle était plutôt synonyme de cauchemar pour Gojyo. Il ne s’attarda pas trop longtemps avec Yaone, et fit appeler Hakkai dés qu’il rentra au palais. Il fallait absolument qu’il le voit pour réparer sa grossière erreur du matin. Lorsqu’on vint lui annoncer que le jeune homme était introuvable, il entra dans une colère noire et s’enferma dans son bureau, furieux. Il refusa que quiconque entre et ferma son bureau à clé. Une fois à l’intérieur, il se défoula sur quelques dossiers qui traînaient sur son bureau, les jetant en l’air dans la pièce, et sur quelques bibelots qui s’écrasèrent avec violence sur le mur. Toujours énervé, il s’assit lourdement dans son fauteuil et se prit la tête dans les mains, ruminant sa colère. Il comprenait la réaction d’Hakkai, il s’était conduit comme un imbécile ce matin-là, mais il lui avait pourtant expliqué la situation la veille, et tout ce qu’elle impliquait. Hakkai savait dans quel embarras il était, ils s’étaient expliqués… Alors pourquoi refusait-il encore ce qui se passait ? Pourquoi avait-il réagi comme ça ? Pensait-il être le seul malheureux dans l’histoire ? Gojyo comprenait son amant, mais il lui en voulait quand même. Parce que lui aussi avait désespérément besoin d’aide. Il avait enfin trouvé le bonheur dans les bras d’Hakkai, et on voulait le lui arracher. S’il avait dû se battre contre le reste du monde, cela lui importait peu, mais devoir en plus compter son propre amant dans le rang de ses ennemis, c’était trop. Oui, il en voulait beaucoup à Hakkai de ne pas chercher à l’aider, à le comprendre… De le fuir comme ça… De ne pas être là, en ce moment même, pour le prendre dans ses bras et le rassurer comme un enfant… - Oh Hakkai… murmura-t-il pour lui-même. La porte de son bureau s’ouvrit soudain et Sanzo entra, malgré les protestations du garde à l’entrée qui essayait de lui préciser que sa majesté refusait toute visite. Il referma la porte au nez du garde et se tourna vers Gojyo, toujours prostré dans son fauteuil. - Tu peux toujours t’enfermer, j’ai toutes les clés de ce palais. On a entendu tes accès de colère jusque dans l’aile nord, alors je venais voir si je pouvais faire quelque chose… Gojyo soupira et lâcha : - Oui, dis-moi qu’il y a une épidémie de peste dans le royaume. - Pardon ? s’étonna le premier conseiller. Gojyo releva la tête et lui lança un regard noir : - Après un mariage forcé, une menace de guerre et un amant furieux, il ne manque plus que ça à mon palmarès ! - Bon, je vois que tu es d’excellente humeur… répondit sans ciller Sanzo. - On le serait à moins, non ? cracha le roi. - Il y a un problème avec Hakkai alors ? demanda Sanzo, bien que Gojyo semblait avoir été clair là-dessus. - Non, penses-tu ! Je dois le quitter pour épouser une princesse, il doit même commencer à penser que j’en suis tombé amoureux, mais tout va bien ! En fait, je dirai même que tout va très bien ! - Bon, arrête tes sarcasmes Gojyo, et explique-moi ! s’énerva le blond. Ça te fera du bien d’en parler… Il prit une chaise et s’assit en face de son roi, qui lui lança un regard noir avant de baisser les épaules de lassitude. - Je n’en peux plus Sanzo… Ce matin, par erreur, j’ai remis le problème « Yaone » sur le tapis, et Hakkai est parti furieux. Depuis, il est introuvable… - C’est une réaction normale… répondit Sanzo. - Non ! Non, ce n’est pas normal ! Et moi, je dois réagir comment ? J’ai l’impression d’avoir le rôle du méchant dans cette histoire alors que moi aussi j’en souffre… Il croit quoi ? Que ça me fait plaisir de faire les yeux doux à cette princesse ? - Ne t’énerve pas Gojyo, ça ne sert à rien… Le roi soupira et se calma. La tranquillité de Sanzo lui faisait du bien, même si ses problèmes restaient toujours sans solution. - Et ton accord ? demanda-t-il soudain. - Je n’ai rien trouvé pour l’instant, mais je continue. Bon, écoute, je vais aller chercher Hakkai, et je vais essayer de lui parler. - Tu ferais ça ? - Oui, tu restes mon ami malgré ton sale caractère, et je n’aime pas te voir comme ça… - Sanzo, tu sais que je suis avec Hakkai, hein ? s’amusa Gojyo. - Bon, si tu as retrouvé ton sens de l’humour qui n’amuse que toi, je pense que ça va mieux. Je vais essayer de faire mon possible. Il se leva et le roi oublia un instant ses remarques taquines pour le remercier. - Merci beaucoup Sanzo… Tu es un véritable ami, peut-être le seul que j’ai. Le blond s’éloigna vers la porte et dit avant de sortir : - N’en fais pas trop… Je vais regretter ton humour si tu continues. Lorsqu’il sortit enfin, Gojyo avait retrouvé un semblant de sourire sur les lèvres.
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Seulement, malgré les efforts de Sanzo, Hakkai resta introuvable de toute la journée. Gojyo accepta de sortir de son bureau pour aller manger avec Yaone et les ambassadeurs, mais lorsqu’il vit une fois de plus la place réservée à Hakkai vide, il se rembrunit et ne prononça pas un mot durant tout le repas. Son visage sombre dissuada Yaone de pousser la conversation trop loin et le repas se déroula dans une atmosphère lourde et triste. La princesse choisit d’ailleurs de s’éclipser avant la fin et elle partit trouver un peu de réconfort auprès de ses dames de compagnie. Sanzo lança un regard accusateur à Gojyo mais ce dernier ne le remarqua même pas et continua de fixer un point invisible de tous à l’horizon, perdu dans ses sombres pensées. Les quelques personnes qui avaient assisté au repas s’éclipsèrent également à la suite de la princesse et le roi se retrouva finalement seul à table. On aurait dit qu’il ne s’en rendait pas compte et il se leva enfin dans un soupir pour sortir de la salle. Il avait le cœur lourd, assourdit par une tristesse lancinante que son esprit essayait de dissimuler derrière une colère latente. Il était plus supportable d’être en colère que désespéré… Et le seul moyen pour lui ne pas craquer était d’en vouloir à Hakkai pour la scène du matin. Alors qu’il se dirigeait vers son bureau, il aperçut son frère qui discutait avec quelques amis à lui dans la salle de musique, tout en écoutant un violoniste doué qui donnait un petit concert aux dignitaires de la cour. Les courtisans se retournèrent à la vue du roi et s’inclinèrent en signe de déférence. Gojyo avisa le jeune noble qu’il avait remarqué durant leur promenade au dehors, l’ami de la princesse Yaone. Il était aux côtés de son frère et les regards qu’il lançait à Dokugakuji ne trompèrent pas Gojyo : visiblement son frère avait fait mouche. Il passa son chemin sans se préoccuper de quoi que ce soit : après tout, son frère pouvait bien mener la vie qu’il voulait et faire autant de malheureux qu’il voulait derrière lui, cela lui importait peu. Finalement, tout ce qui concernait Dokugakuji de loin ou de prés n’intéressait plus Gojyo depuis longtemps. Il n’avait pas adressé un seul mot aux personnes présentes aussi les courtisans furent-ils un peu surpris de cette attitude. D’habitude, le roi s’arrêtait quelques instants pour discuter, émettre quelques compliments ou conseils, ne serait-ce que pour le violoniste qui était un véritable virtuose… Ils se regardèrent entre eux et haussèrent les épaules dans une question muette, puis reprirent leurs activités. Seul Kougaiji suivit le roi des yeux, lui aussi étonné de son attitude. Il ne l’avait pas souvent vu, mais les rares fois om cela avait été possible, le roi s’était montré bien différent de l’image qu’il venait de leur renvoyer. Apparemment, il avait des ennuis à voir la mine sombre qu’il affichait, et Kougaiji se demandait si cela n’avait pas un rapport avec son amie Yaone. Il espérait sincèrement que tout se passait bien entre les deux personnages royaux : Yaone avait toujours été là pour lui, et il n’espérait que son bonheur. Perdu dans ses réflexions, il ne se rendit pas compte que Dokugakuji avait arrêté de discuter avec les nobles et le regardait avec un sourire. Ce ne fut que quand il se saisit de sa main et l’attira derrière lui que Kougaiji leva les yeux vers lui. Le prince se pencha vers son oreille et lui murmura : - Si on partait d’ici ?… Je connais un autre endroit merveilleux pas très loin que je voudrais partager avec toi… Kougaiji sourit à son tour, nullement gêné que quelqu’un puisse les voir et se douter de quelque chose. Il acquiesça et se retrouva à suivre Dokugakuji à travers les couloirs, sa main dans la sienne comme deux amants enfiévrés… La situation ne lui déplaisait pas du tout : bizarrement, et pour la première fois depuis longtemps, il se sentait serein et heureux aux côtés du prince. Pourtant la réputation qu’il traînait derrière lui aurait dû le faire fuir… Il ne se comprenait pas lui-même, mais il était sûr d’une chose : il voulait rester à ses côtés parce qu’il aimait ça. Il n’y avait guère d’explication plus logique. Dokugakuji l’entraîna au dehors et dans un large geste, il lui montra les jardins qui s’étendaient derrière le palais : la main de l’Homme avait splendidement aménagé la nature pour créer un véritable paradis. - J’adore venir ici, aussi bizarre que cela puisse paraître… dit Dokugakuji. Kougaiji sourit et lui répondit : - En fait, sous le masque de l’homme de cour, vous êtes un véritable amoureux de la nature ! Il rit en disant cela et Dokugakuji l’accompagna. D’une certaine manière, c’était un peu vrai… Il se saisit de sa main et l’entraîna à sa suite dans le dédale de verdure. - Viens, je vais te montrer… Ils passèrent un long moment à se promener dans les jardins du palais, en admirant ses merveilles tout en discutant entre eux. Dokugakuji avait gardé la main du jeune homme dans la sienne et ce simple contact rendait Kougaiji très heureux. - Tiens, et là c’est la fontaine aux saules pleureurs… - Aux saules pleureurs ? s’étonna le jeune homme. - Oui, quand j’étais plus petit il y en avait plein qui entouraient la fontaine, on les a coupé depuis… Mais j’ai gardé ce surnom… Et de toute façon j’aurai du mal à en trouver un autre ! Kougaiji s’avança et s’assit sur le rebord de la fontaine. Sa main se promenait doucement dans l’eau quand il lui demanda : - Raconte-moi… - Pardon ? - Oui, raconte-moi ce que tu as vécu. Par exemple, pourquoi as-tu abdiqué ? Et comment as-tu vécu ici ? Tes parents, ton frère, tes rencontres… Je ne sais pas moi, je veux tout savoir ! Il s’exprimait avec l’énergie et la curiosité naïve de la jeunesse, mais cela n’enthousiasma guère Dokugakuji. Il évitait toujours de parler de lui aux autres, peut-être pour se cacher à soi-même… Effectivement, comment avouer qu’il avait éviter le trône par lâcheté, qu’il s’était toujours senti supérieur aux autres dans les yeux de sa mère mais qu’en réalité il avait été incapable d’assumer son destin, qu’il n’avait jamais réussi à se faire aimer pour ce qu’il était vraiment et qu’il avait usé de stratagèmes peu recommandables souvent pour arriver à ses fins… ? Tant qu’il n’en parlait pas, il arrivait à trouver le présent supportable au moins. Il s’assit aux côtés de Kougaiji qui attendait qu’il prenne la parole et soupira. - C’est un sujet délicat en fait… - Ah… Je suis désolé, je ne voulais pas t’ennuyer… s’excusa immédiatement Kougaiji. Le jeune homme avait l’air réellement désolé mais au lieu d’être soulagé que Kougaiji ne pose pas d’autre question, Dokugakuji se sentit misérable. Il se sentait assez honteux pour ne pas vouloir parler de lui, de ce qu’il avait fait, et Kougaiji, si innocent et pur lui faisait quand même confiance… Une jeune fille surgit soudain devant eux, coupant court à ses réflexions. - Kou, tu es là !! s’exclama-t-elle. Je suis heureuse de te trouver ! - Jiyae, je te présente le prince Dokugakuji, dit le jeune homme. Elle s’inclina devant le prince et le salua poliment. - Tu me cherchais Jiyae ? demanda le jeune homme. - Oui, j’aimerai que tu viennes avec moi voir la princesse… - Il s’est passé quelque chose ? s’inquiéta tout de suite Kougaiji. - Non, pas vraiment… Disons juste qu’elle n’a pas le moral, et tu es le seul que je connaisse qui puisse lui rendre le sourire… Elle le suppliait tellement des yeux que le jeune homme accepta. De toute façon, même sans cela, il aurait tout fait pour Yaone, et la savoir démoralisée lui donnait envie de courir jusqu’à elle. Il se tourna vers Dokugakuji et s’excusa en souriant. - Je suis désolé d’écourter ainsi cette promenade. C’était très agréable… - Ne t’en fais pas, je comprends tout à fait. On se retrouvera plus tard. - Merci, souffla le jeune homme en se penchant vers lui et en déposant un baiser léger sur ses lèvres. Jiyae les regarda de loin, un sourire attendri sur le visage qui disparu aussitôt lorsque Kougaiji se leva pour la suivre. Elle ne voulait en aucun cas paraître malpolie aux yeux du prince. Mais dés qu’ils furent loin de Dokugakuji, elle assailli Kougaiji de questions auxquelles il répondit par un simple sourire. Comprenant qu’il ne dirait rien de plus, elle soupira et finit par dire dans un sourire : - Bah, le plus important, c’est que tu sois heureux… Tout en continuant à marcher, Kougaiji tourna la tête vers elle et lui renvoya l’un de ses plus beaux sourires…
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Dokugakuji retourna à l’intérieur du palais après avoir erré quelques temps dans les jardins. La question de Kougaiji trottait encore dans son esprit et il avait du mal à analyser les sentiments que cela lui inspirait. Il se sentait si sale… Tout d’un coup, comparé à la pureté de Kougaiji qui lui avait demandé cela sans arrière pensée, il se sentait monstrueux. Ce dernier l’aimait peut-être, mais dans l’idéalisme de la jeunesse… Lui n’avait jamais aimé personne, pas même son frère. Et devant le refus des autres de l’aimer à leur tour, il avait trouvé les pires moyens pour arriver à ses fins. Il avait utilisé un aphrodisiaque sur le jeune Yuki, et avait brisé sa vie. Il avait forcé Hakkai avec le même procédé honteux juste pour faire enrager son frère. Et cela n’avait pas été ses seules expériences malheureusement. Il n’en avait jamais ressenti la moindre honte, ou juste la tristesse de n’avoir jamais été aimé pour lui-même. Et pour la première fois qu’il trouvait peut-être cet amour, il fallait qu’il se métamorphose en un jeune homme si pur que lui-même passait pour un monstre à ses côtés. Décidément la vie était mal faite… En tombant amoureux d’un voleur ou d’un escroc, il aurait été dans son élément, mais face à Kougaiji, il ne se sentait pas à sa place. Il traversait une salle quand il entendit un cri furieux et le bruit d’un objet qui se brise en tombant au sol. Curieux d’en connaître la cause, il se dirigea dans le couloir pour rejoindre l’origine du bruit. Il tomba nez à nez avec son frère Gojyo au moment même où celui-ci projetait un pauvre vase contre le mur dans un accès de colère. - COMMENT ÇA INTROUVABLE ??!! hurla-t-il à l’adresse d’un serviteur qui était venu lui annoncer la mauvaise nouvelle. Le sourire de Dokugakuji qu’il avait eu en voyant son frère aussi énervé disparu immédiatement. Visiblement, la rumeur comme quoi Hakkai avait disparu depuis le matin même était fondée… Il s’approcha pour tenter de sauver la vie d’un autre vase à proximité de Gojyo quand ce dernier l’aperçut. - Et qui va là, hein ? Le fleuron de l’aristocratie, la fleur des pourritures, j’ai nommé mon frère !! s’exclama Gojyo en ricanant nerveusement. - Gojyo je crois que tu devrais te calmer… tenta Dokugakuji. - Fiche-moi la paix, et tout ira bien dans le meilleur des mondes ! C’est devenu une habitude pour toi de venir te mettre en travers de ma route ? - Tu n’es pas dans ton état normal… - J’en ai rien à faire ! - Ecoute, je sais qu’en ce moment, tu traverses une période assez difficile et… - Qu’est-ce que TU en sais ??!! s’exclama le roi, hargneux. Comment peux-tu te mettre à ma place, hein ?! J’aime quelqu’un et je suis obligé d’épouser une autre personne ! Comment pourrais-tu te mettre à ma place, toi qui ignore tout de l’amour ?! Dokugakuji se raidit en entendant cela et il serra ses mains avec force en essayant de canaliser la colère qui commençait à monter en lui. - Pourquoi dis-tu ça… ? dit-il d’une voix blanche. Gojyo adopta soudain un sourire sournois et méchant en direction de son frère. - Mais voyons, nous le savons tous deux ! Ne fais pas l’innocent ! Tu es incapable d’aimer ! Tu as abandonné Mère pour qui tu comptais plus que tout, tu m’as trahi de la pire façon qu’il soit à travers Hakkai, tu joues au dandy à la cour alors que tu ne peux même pas les voir en tableaux !! Et quel sort tu réserves à ce pauvre malheureux avec qui tu traînes depuis hier, hein ? Dis-moi ! Tu n’es qu’un monstre sans cœur Dokugakuji ! Ne se rendant même pas compte que son frère déchargeait toute sa colère sur lui sans vraiment faire attention à ce qu’il disait, Dokugakuji laissa éclater sa propre colère et répondit vertement à Gojyo qui le toisait toujours avec le même air furieux : - Je t’interdis de dire ça ! Tu ne sais même pas ce que je ressens. Comment peux-tu me juger ? C’est facile, pour vous j’ai toujours été le fils ingrat qui avait abandonné le trône, le « monstre sans cœur » comme tu le dis si bien qui n’a aujourd’hui plus aucune valeur à part le rôle du méchant. Que je remplis parfois à la perfection certes, mais n’était-ce pas ce qui était prévu ? C’est si facile pour toi de me dénigrer Gojyo, en me rabaissant toujours à la plus immonde des crapules… Et bien la crapule va en rajouter à son tableau de chasse : devine qui a eu le plaisir d’apprendre le premier à Hakkai que son cher amant allait se marier ? Gojyo vit rouge et sans attendre, il se jeta sur son frère dans un cri de rage en lui décochant un formidable coup de poing qui l’envoya au sol. Aveuglé et ragaillardi par sa colère, Dokugakuji se releva immédiatement et renvoya son coup à Gojyo. Une sorte de combat commença entre eux, ressemblant plus à une bataille des rues qu’à quelque chose de sérieux. C’était à celui qui donnerait le plus de coups à l’autre, sans se préoccuper de quoi que ce soit d’autre. L’un se battait pour extérioriser toute cette rage qu’il contenait en lui depuis trop longtemps, l’autre pour faire ravaler les mots qu’ils avaient sorti… Heureusement pour eux, cette partie du palais était peu fréquentée et à par les domestiques, personne n’assista au spectacle. Un coup plus fort envoya soudain Gojyo au sol et dans l’élan, sa tête frappa le mur. Il resta complètement sonné quelques instants, et Dokugakuji allait l’achever d’un autre coup de poing quand une détonation retentit à quelques mètres d’eux, ce qui les figea tous deux. Dokugakuji tourna la tête et aperçut Sanzo, le bras levé, l’arme encore fumante à la main. - Maintenant ça suffit Dokugakuji… dit-il, menaçant. Le prince lui jeta un regard noir, qu’il dirigea vers Gojyo encore sonné, puis il se recula pour marquer la fin des hostilités. Aussitôt, sur un signe de Sanzo, quelques serviteurs qui étaient venus avec lui s’empressèrent d’aller aider leur roi. Epuisé, mais enfin calme, Gojyo se laissa faire, appréciant l’eau sur les blessures qu’il avait à la lèvre ou sur ses pommettes… Pendant ce temps, Sanzo en profita pour faire la morale à Dokugakuji. Après tout, les deux princes étaient frères, et tenaient un rang élevé dans le palais… Une bataille pareille ne venait pas redorer leur blason ou leurs réputations… - Dokugakuji, tu te rends compte, lever la main sur ton propre frère ? - Fous-moi la paix Sanzo… On ne t’a rien demandé ! lui lança Dokugakuji, énervé. - Rien que pour avoir toucher le roi, je pourrai te faire condamner… - C’est bon Sanzo… C’est moi qui ai commencé… répondit soudain Gojyo, encore à terre. Sa voix lasse n’admettait cependant aucune réplique et le conseiller abandonna. Dokugakuji ne fit aucune remarque mais il fut touché par le geste de Gojyo. D’un mouvement de tête, il salua le roi qui lui lança un regard indéchiffrable et disparu dans le couloir… … A suivre…. |