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                     La Putain du roi

 

La journée était passée très rapidement, et Gojyo fut heureux de s’extirper de ce tourbillon incessant pour les quelques heures que la nuit leur réservait, à lui et à Hakkai.

Leur simple contact leur suffisait, aussi c’est enlacés qu’ils attendaient le sommeil.

- A ton avis, trancha Hakkai au milieu de tout ce silence, pourquoi sont-ils venus ? Ils t’ont parlé ?

- Non, pas encore, répondit Gojyo. Je les ai laissé se reposer de leur voyage, mais ils ont réclamé une audience pour demain. S’ils sont si pressés, c’est que cela doit être important… Mais j’ignore tout de leur véritable motif. Même Sanzo n’en sait rien, c’est pour te dire !

Hakkai rit doucement : effectivement, si Sanzo ne savait rien, c’est que le secret était mieux que bien gardé.

- Cette princesse est vraiment quelqu’un… murmura Gojyo d’un ton admiratif. Je n’aurai jamais cru…

- Oh oui, j’ai remarqué le regard que tu lui lançais… répliqua Hakkai.

- Quel regard ? s’étonna son amant.

- On aurait dit que tu venais de voir un ange ! Pire que de l’admiration !

- Hein ? Mais c’est normal… J’ai rarement vu une femme aussi belle…

- Hum… J’ai connu mieux… dit Hakkai d’un ton qui se voulait blasé.

Rigolant à moitié, Gojyo se sépara de l’étreinte de ses bras et se souleva sur un coude pour mieux voir son amant.

- Dis donc, tu ne serais pas jaloux toi ?

- Qu’est-ce que tu racontes ? répliqua Hakkai, piqué. Jaloux de quoi ?

Gojyo n’en rajouta pas mais ce commentaire avait confirmé ses propos. Il se coucha sur Hakkai et commença à embrasser son cou, doucement.

- Tu sais bien qu’il n’y a que toi… Il n’y aura jamais que toi.

Ses baisers étaient très doux, un peu possessifs. Hakkai le serra contre lui, l’entourant de ses bras.

Gojyo savoura une fois de plus le goût sucré de sa peau. Il était le premier à y avoir goûté et autrefois, ce simple souvenir suffisait à le rendre heureux… Mais ce n’était plus le cas aujourd’hui. Car un autre y avait goûté… Et le roi enrageait à ce rappel douloureux. Il aurait voulu tout oublier, mais chaque fois qu’il serrait Hakkai contre lui, la réalité lui sautait au visage.

Ce corps si fragile sous ses caresses avait été profané par quelqu’un d’autre. Ces lèvres qui cherchaient maintenant les siennes avaient embrassé un autre que lui. Et cela, Gojyo ne pouvait plus le supporter. Il aurait voulu qu’Hakkai soit entier à lui pour toujours…

Certes, c’était très égoïste, mais l’amour provoquait parfois de drôles de pensées. Quand Gojyo aimait, il ne se contrôlait plus. Et c’était bien plus que de l’amour qu’il ressentait pour Hakkai. C’était pire, c’était meilleur, c’était plus fort.

Alors qu’il descendait sa bouche vers le torse de son amant, une étrange violence l’envahit. Hakkai était à lui, à personne d’autre… Ce sentiment en devenait presque animalier, bestial. Il se serra plus fort contre son compagnon et l’embrassa plus passionnément. Ses mains repartaient à la découverte de ce corps si habituel, et pourtant si nouveau à chaque fois.

Rapidement, Hakkai gémit sous ses caresses prononcées, cherchant à embrasser à son tour Gojyo. Mais ce dernier ne se laissa pas faire : il voulait Hakkai, il voulait en être le maître pour que plus personne ne s’avise de le toucher. Parce qu’il savait que si jamais c’était un jour le cas, il deviendrait fou. Ce corps, cette âme, ce regard, tout, absolument tout était à lui… Pour toujours… Sinon, pourquoi vivre ?

Il mordilla violemment les tétons d’Hakkai et se dernier se tordit sous le corps de son amant en gémissant.

- Tu es à moi, n’est-ce pas… ? murmura Gojyo tout contre lui.

Hakkai ne répondit pas et Gojyo poursuivit l’exploration de son corps avec sa bouche. Il descendit plus bas et approcha de son entre-jambe, mais garda une distance raisonnable et commença à l’embrasser en-dessous du nombril. Hakkai se tortilla un peu plus, en attente de ce qui allait suivre. Il voulait plus mais Gojyo savourait lentement la peau de son ventre, et il dû attendre. Au moment où le roi lui mordilla légèrement la peau, il poussa un gémissement étouffé. Gojyo continua tout en murmurant :

- Tu es à moi n’est-ce pas… ?

Hakkai en répondit toujours pas et Gojyo descendit encore. Lorsqu’il posa ses lèvres sur le sexe déjà dressé d’Hakkai, ce dernier se cambra en poussant un gémissement de satisfaction et de plaisir. Gojyo l’embrassa délicatement, puis le prit totalement en bouche. Hakkai eut un hoquet et son corps entier se tendit. Il commença alors un mouvement de plus en plus rapide de va-et-vient sur son sexe et le jeune homme se cambra de plus belle. Mais juste avant qu’il ne jouisse, Gojyo s’arrêta et se releva à demi.

- Gojyo… soupira frustré Hakkai.

- Dis-moi que tu es à moi…

Puis il l’embrassa sur la bouche, introduisant sa langue, entamant un jeu séduisant et diablement entraînant. Hakkai lui répondit avec fougue et passa sa main derrière la tête de Gojyo pour approfondir leur baiser. Ils s’arrêtèrent, haletants. Leurs regards se croisèrent : celui d’Hakkai était entièrement embué de plaisir, de désir… Gojyo adorait ce regard-là, il aurait tué pour l’avoir en face de soi… Mais il l’avait posé sur quelqu’un d’autre… Et cela, le roi voulait lui en faire oublier jusqu’au souvenir.

D’une main, il retint prisonnières celles d’Hakkai au-dessus de sa tête, laissant son corps découvert.

Il mouilla lui-même ses doigts et tandis que sa bouche repartait à la découverte d’Hakkai, sa main se dirigea vers son entre-jambe. Hakkai se tordit sous lui quand le premier doigt s’introduisit en lui.

- Gojyo…. soupira-t-il.

Un deuxième doigt vint lui répondre, arrachant un petit cri au jeune homme. Et les mouvements qui suivirent l’engagèrent dans une émotion impossible à contrôler. C’était si bon, et en même temps, il attendait tellement plus. Mais malgré ses coups de bassin, qui partaient à la rencontre des doigts et du corps de Gojyo, le roi continua lentement ses mouvements, tout en l’embrassant passionnément.

Enfin, un troisième doigt entra en Hakkai, lui arrachant un petit cri de douleur cette fois-ci. Mais les mouvements reprenant, il ne poussa bientôt plus que des gémissements de plaisir.

- Gojyo…

Il se cambra un peu plus lorsque les doigts entrèrent plus profondément. Il sentit l’érection de Gojyo contre ses cuisses, et dans le flou de ses sensations, il poussa de nouveau son bassin à sa rencontre, dans le fol espoir que sa torture finirait. Il le voulait tellement.

- Gojyo… Prends-moi… Gojyo…

Il gémissait, soupirait, mais le roi continuait son manège, insensible à ses appels. Il le sentait se tordre sous lui, l’appeler pour qu’il le prenne enfin, à chaque fois que son bassin rencontrait son corps, il avait une envie furieuse de le pénétrer, mais il se retint, prolongeant l’instant.

- Tu es à moi n’est-ce pas… ?

- Gojyo… gémit Hakkai.

- Dis-moi que tu es à moi… A moi seul…

- Je n’en peux plus Gojyo…  

Comme pour l’inciter à répondre, Gojyo enfonça encore plus profondément ses doigts en Hakkai qui en gémit de douleur et de plaisir. Il se cambra fortement et écarquilla les yeux de surprise.

Gojyo voulait le marquer de son sceau, le faire sien tout entier, mais il voulait avant l’entendre de la bouche d’Hakkai. Il voulait qu’il lui affirme qu’il était sien.

- Hakkai… Tu es à moi… ?

- OUI ! cria son amant alors que Gojyo le pénétrait une fois de plus avec ses doigts. Oui… Je suis tout entier à toi… Gojyo !

Entendant enfin ce qu’il voulait, Gojyo retira ses doigts, ce qui fit soupirer Hakkai de soulagement, et il se positionna pour le pénétrer. Juste avant de le faire, il le regarda dans les yeux et lui ordonna :

- Plus jamais, tu m’entends, plus jamais tu ne connaîtras quelqu’un d’autre. Tu es à moi, pour toujours…

- Oui Gojyo… lui répondit Hakkai, attendri.

Il poussa un cri de douleur quand Gojyo le pénétra. Cri qui se transforma vite en cri de plaisir au fur et à mesure que son amant amorçait son mouvement et l’amenait sûrement vers l’orgasme.

Pendant ce temps, la main de Gojyo était revenue se poser sur le sexe d’Hakkai et il exerçait sur elle le même mouvement.

Ils jouirent ensemble, Hakkai dans la main de Gojyo et le roi en Hakkai.

Gojyo se souleva et vint se coucher à côté de son amant, le prenant dans ses bras afin de calmer son souffle en même temps que le sien.

Il était désormais à lui…

- J’ai cru que j’allais mourir… murmura Hakkai contre son torse.

Gojyo rit doucement et l’embrassa sur la tête.

- Jamais… Jamais tu ne mourras… C’est impossible… Pas tant que tu seras à moi.

- Est-ce une menace ? rigola doucement Hakkai.

- Non… C’est un vœux.

 

 

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Lorsqu’Hakkai se réveilla ce matin-là, il n’y avait plus personne à côté de lui dans le lit. Il se souleva sur un coude, étonné, et aperçut Gojyo déjà habillé, assit sur une chaise, en train de le regarder.

- Bonjour, dit-il dans un sourire.

- Bonjour beauté. Je ne t’ai pas réveillé, tu avais l’air épuisé…

- Et pour cause…Tu es déjà habillé ? s’étonna Hakkai.

- Je ne réussissais pas à dormir…

- Ta réunion avec les ambassadeurs, c’est ça ?

Gojyo acquiesça de la tête et reporta son regard ailleurs.

- Qu’est-ce qui t’inquiète ? lui demanda son amant.

- Je ne sais pas trop, soupira Gojyo. Tout ce que j’espère, c’est qu’il ne sont pas venus me déclarer la guerre…

- Mais la princesse ne serait pas venue dans ce cas ! s’exclama Hakkai en se redressant sur le lit.

- Oui, ça aussi je ne comprends pas… Bah, nous verrons bien directement sur place…

Gojyo se leva et s’approcha du lit. Il se pencha et déposa un baiser sur les lèvres d’Hakkai avant de repartir vers la porte.

- Cette nuit a été magnifique…

Il s’engouffra dans le couloir après avoir fermé la porte.

Il traversa de nombreux couloirs avant d’entendre des rires résonner. Intrigué, il s’en rapprocha et aperçut au loin la princesse qui riait avec ses dames de compagnie, toutes seules dans un salon.

Il entra et les salua.

- Bonjour mesdames. Vous êtes bien matinales dites-moi.

Elles sursautèrent en entendant sa voix et toutes s’inclinèrent devant le roi. Il leur fit un signe de la main pour leur permettre de se redresser et il s’approcha de Yaone.

- Bonjour Yaone. Avez-vous bien dormi ? J’avais donné des ordres en conséquence…

- J’ai passé une excellente nuit, merci. Votre palais est une merveille.

- Merci, faites comme chez vous.

Yaone rougit à cette remarque, ce qui intrigua Gojyo. D’habitude, les gens réagissaient plutôt bien à cette politesse. Il le mit sur le compte de la timidité de la jeune fille.

- Vous êtes mon invitée pour ce midi, ne l’oubliez pas. Je serai enchanté de mieux vous connaître. Et nous pourrions aller faire une ballade à cheval cet après-midi, si le cœur vous en dit évidemment. Il se trouve que j’ai un peu de temps libre et je serai très impoli de ne pas vous le consacrer.

Yaone rougit encore plus tandis que quelques dames de compagnies pouffèrent de rire. Un regard du roi les dissuada de continuer et elles stoppèrent aussitôt, prises sur le fait. 

- Vous… Vous avez parlé avec les ambassadeurs ? demanda timidement la princesse.

- Non, pas encore, mais cela ne saurait tarder. Nous devons nous voir ce matin. Pourquoi ? Y aurait-il un problème ?

- Oh non, pas le moins du monde, se reprit rapidement Yaone. C’était juste pour savoir…

- Bien. Je vous dit donc à midi chère Yaone, j’ai du travail qui m’attends.

Et Gojyo quitta la salle sous les regards et les pouffements de rire des dames de compagnie. Seule Yaone resta sans voix, ne quittant pas des yeux Gojyo. Il avait l’air si gentil, et en même temps possédait une telle force de caractère. Rien qu’au regard qu’il avait lancé à ses dames de compagnie pour les faire taire, il n’y avait pas de doute sur son autorité.

- Alors madame, comment le trouvez-vous ? lui demanda l’une de ses dames de compagnie, appelé Jiyae.

- Et bien…

- Oh, ne soyez pas timide ! Nous avons toutes vu votre regard quand il a quitté le salon., la taquina une autre.

- C’est vrai qu’il a un certain charme mais…  

- Oh allez… l’encouragea une autre dame. En tout cas, moi je peux vous dire qu’il m’a fait de l’effet…

- Hou-Mei ! s’exclama Yaone en rougissant.

Jiyae reprit la parole de nouveau, plus conciliante.

- Il n’avait pas l’air si terrible que cela… Vous n’avez rien à craindre à mon avis.

Yaone la remercia du regard et elle soupira.

- Oui, je le pense aussi…

 

 

 

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Sanzo rejoignit Gojyo dans son bureau avant que les ambassadeurs n’y entrent à leur tour.

- Bonjour mon ami, bien dormi ? lui demanda le roi.

- Oui… Mais je ne te cache pas que je suis un peu tendu à l’idée de savoir ce qu’ils vont nous demander…

- Moi aussi. Tu ne sais donc vraiment pas ce qui les amène ? s’amusa Gojyo.

- Non, pour une fois, je ne sais rien…soupira Sanzo.

- Et bien, si on m’avait dit un jour que le grand Sanzo serait à court de renseignements ! s’esclaffa-t-il.

- Oh, c’est bon.. grogna son premier conseiller.

On frappa à la porte et les ambassadeurs entrèrent après que Gojyo leur en ait donné la permission. Ils étaient quatre et ils s’assirent en demi-cercle autour du roi et de Sanzo.

- Votre Majesté, commença l’un d’eux, le plus âgé.

- Je vous en prie, commencez, répondit Gojyo.

- Vous connaissez sans doute la situation de notre pays je suppose…

- Oui, vous êtes voisins avec nous et la Lombordie si je ne me trompe pas… Et en paix pour l’instant…

- Oui, mais seulement pour l’instant. Car il y a eu du changement et la Lombordie s’est montré très menaçante ces derniers temps…

Gojyo respira : ils étaient venus pour demander une alliance. Il n’y avait donc pas de souci à se faire !

- Nous aimerons nouer une alliance avec vous afin de nous protéger. Nous savons que nous n’entretenez pas de très bons termes avec la Lombordie et que cette association vous serait également profitable.

- Très bien…

Gojyo adressa un reagrd à Sanzo qui acquiesça discrètement.

- Je n’y vois aucun inconvénient en effet, continua Gojyo. Il est vrai que la Lombordie peut être gênante, mais avec vous comme allié, elle ne fera plus le poids… Je pense que nous conclurons cette alliance sans aucun problème. Vous pourrez voir les conditions de cette association avec mon premier conseiller, c’est un homme sûr qui a toute ma confiance.

- C’est-à-dire Majesté que…

- Oui, il y a un problème ?

- Et bien les conditions… Vous concernent tout autant.

- Ah bon ?

L’ambassadeurs déposa devant Gojyo un manuscrit écrit de la main de son roi et déclara d’un ton solennel :

- Afin de renforcer au mieux cette nouvelle amitié, mon souverain vous offre la main de sa fille, la princesse Yaone. 

 

 A suivre...