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L’Ombre d’Hakkai
Sanzo avait aperçu la lumière du ki d’Hakkai et avait accéléré jusqu’à ce qu’il trouve la clairière, Goku à ses côtés.
Gojyo était au milieu du champ, Hakkai dans ses bras, et un corps reposait prés d’eux, ressemblant comme
deux gouttes d’eau à l’ancien humain. Le moine se rapprocha et demanda au demi-youkai :
- C’est bien Hakkai, notre Hakkai ?
- Oui… répondit sans plus Gojyo.
Puis Sanzo remarqua les blessures du jeune homme en se penchant un peu plus et il posa une main sur l’épaule de Gojyo.
- Tu devrais le porter jusqu’à la maison, il faut le soigner.
Gojyo releva enfin la tête et regarda le moine, les yeux remplis d’une douleur sourde. Mais il ne dit rien et baissa la tête.
Puis il prit Hakkai qui s’était évanoui dans ses bras, se releva et partit d’un pas pressé vers la chaumière du géant.
- Gojyo, ça va ? demanda Goku, surpris par son attitude.
L’autre le répondit pas et le singe se contenta de le suivre à distance, un peu perdu. C’était bien la première fois
qu’il voyait Gojyo réduit au silence.
Sanzo jeta un dernier coup d’œil au cadavre du jumeau… Même s’il n’avait que mépris pour ce genre d’individu,
il ne pouvait pas le laisser ainsi, il faudrait qu’il parle avec le géant pour lui donner une sépulture récente.
Surtout s’il était comme il le soupçonnait justement un membre de la famille d’Hakkai. Leur ressemblance les avait tous
trompé, mais Sanzo s’était toujours dit qu’Hakkai mourrait probablement avec son éternel sourire sur les lèvres…
Le rictus qui déformait le visage du jeune homme n’avait rien d’un sourire…
OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo Nathalie descendit et jeta un coup d’œil au jeune garçon qui dansait presque devant la casserole qui reposait sur le feu.
La scène lui arracha un sourire, même si son cœur n’était pas à la fête…
Son père et le moine étaient sortis pour aller enterrer le corps de leur agresseur. Gojyo était à l’étage et refusait de
quitter le chevet d’Hakkai, dont elle avait soigné les blessures. Décidément, elle en avait assez de jouer à l’infirmière
avec son frère…
Cette pensée la fit sursauter… Gojyo leur avait dit qu’Hakkai avait retrouvé la mémoire… Il allait les quitter. Elle allait
le perdre… Elle n’avait plus de frère.
Ce qui était bizarre, c’est qu’il n’était là que depuis quelques jours, et pourtant elle sentait déjà qu’elle porterait son deuil.
Elle sentit les larmes lui venir et elle chassa cette idée de sa tête : la tristesse n’était jamais bonne conseillère…
Et à entendre le bruit que faisait l’estomac de Goku, quelqu’un avait besoin d’elle rapidement.
On frappa soudain à la porte violemment : son père lui cria d’ouvrir.
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Gojyo regardait la poitrine d’Hakkai se soulever doucement au rythme de sa respiration.
Quand il se disait que c’était à cause de lui qu’il était couché dans ce lit, le demi-youkai en était malade.
Il avait frappé sur la seule personne dont la perte le rendrait fou ! Il s’était maudit mille fois depuis qu’il avait ramené son amant dans ses bras, et il continuait alors qu’il l’observait, tous deux seuls dans la chambre. Et le pire de tout,
c’était qu’il ne pouvait rien faire et devait se contenter de le regarder, en attendant qu’il se réveille.
Mais le plus important était qu’il soit bien vivant devant lui après tout. Le reste ne comptait pas. Il avait tant souffert de sa disparition… Le changement dans son comportement l’avait ébranlé, puis affolé. Il détestait savoir que son amant allait mal et
ne rien pouvoir y faire. Puis quand ils avaient découvert l’imposture, il avait nettement senti que son cœur avait
manqué un battement… Exactement comme quand il l’avait vu dans l’encadrement la porte, le regard vide de
leur présence. Et maintenant il était là, devant lui, telle la belle au bois dormant, attendant son prince…
Gojyo sourit à l’idée et se pencha sur lui, déposant un léger baiser sur les lèvres d’Hakkai, ces lèvres qu’il avait
si souvent frôlé, qu’il avait goûté avec toujours autant de bonheur. Mais l’ancien humain n’ouvrit pas les yeux :
les contes ne sont que des contes…
- Tu pourras me pardonner ? murmura Gojyo en relevant une mèche de ses cheveux qui était retombée sur son front.
Un étrange remue-ménage se fit soudain entendre au rez-de-chaussée. Gojyo tendit l’oreille et le bruit s’amplifia.
Qu’est-ce qu’ils étaient en train de faire ?
Cela l’intrigua tellement qu’il s’éloigna pour quelques instants de son amant et ouvrit la porte de la chambre pour savoir ce qui se passait.
Il s’avança dans les escaliers et aperçut le corps du frère d’Hakkai étendu sur la table, Nathalie affairée autour de lui.
- Mais qu’est-ce que… ? s’étonna le demi-youkai, furieux de revoir l’imposteur. Sanzo ?
Le moine releva la tête en s’entendant appeler.
- Qu’est-ce que ça veut dire ? s’exclama Gojyo, la colère envahissant sa voix.
- De quoi ?
- Ben… Tu le fais exprès ou quoi ? Pourquoi vous avez ramené ce cadavre ici ?
- Ce n’est pas un cadavre… répondit le moine en reportant son attention sur la scène qui se produisait sous ses yeux.
- Hein ??
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Hakkai tenta de se redresser sur son lit mais la douleur dans le bas de son dos lui arracha une grimace.
- Attends, je vais t’aider ! s’exclama Gojyo.
Il vint prés de lui et l’aida à se redresser en ne tirant pas trop sur ses muscles. Inconsciemment, le demi-youkai
n’avait pas frappé trop fort son amant, mais la blessure était mal située et empêchait la plupart des mouvements
de l’ancien humain. Heureusement, Gojyo veillait sur lui pour réparer sa faute. Il ne cessait de s’excuser, et Hakkai
avait beau lui dire qu’il ne lui en voulait pas du tout, qu’il lui était au contraire redevable, le demi-youkai ne voulait
rien entendre, très satisfait justement de pouvoir choyer son amant avec cette excuse.
- On part quand ? demanda Hakkai tandis que Gojyo emballait leurs maigres affaires.
- Sanzo a dit qu’il voulait partir le plus tôt possible, tu sais pourquoi… D’ici quelques instants, dés que le singe
aura suffisamment mangé pour nous foutre la paix au moins une heure ou deux…
- Ça me fait bizarre quand même… Tu crois que je fais le bon choix ?
- Si tu veux vraiment mon avis, je pense que c’est la meilleure solution… Après, c’est vrai que…
- Que quoi ? demanda Hakkai, inquiet.
- Ben, j’étais pas vraiment contre le fait d’avoir deux amants… J’ai assez d’amour pour deux !
- Attends que je puisse me lever et tu comprendras vite que tu auras à peine assez d’énergie pour moi tout seul ! le menaça Hakkai,
une lueur d’amusement dans les yeux.
Gojyo abandonna ses bagages et vint ébouriffer les cheveux d’Hakkai en souriant. Son amant se débattit en riant
et finit par lui attraper la main et le renverser sur le lit. Gojyo atterrit sur les draps en riant, son visage tout prés de celui
de son amant. Il se rapprocha encore et l’embrassa.
- Je t’aime… Il n’y aura jamais personne d’autre que toi…
- Ce n’est pas ce que tu disais tout à l’heure… répondit Hakkai en souriant.
- Faut jamais m’écouter, tu devrais le savoir…
Il voulut approfondir le baiser mais la porte s’ouvrit pour laisser entrer un singe en pleine forme au vu du cri qu’il poussa.
- Hakkai ! Gojyo !
- Hé, on est là, pas besoin de hurler ! protesta le demi-youkai.
- Oh pardon… Je viens vous dire qu’on est prêts pour partir ! Hakuryu est déjà transformé et il attend dehors !
- Ok, on arrive ! Goku, tu peux prendre ce sac et le descendre s’il te plaît ? Le garçon s’en saisit et sortit aussitôt. Gojyo se leva, embrassant une dernière fois Hakkai.
- Prêt amour ?
Sans répondre, l’ancien humain passa ses bras autour du cou de Gojyo tandis que celui-ci passait ses bras sous son
amant et le soulevait. Le mouvement fit grincer Hakkai mais il ne dit rien, préférant savourer la chaleur de l’étreinte de son amant.
- Ça va ? s’inquiéta le demi-youkai en voyant ses traits se tendre.
- Oui oui, vivement que cette blessure soit partie… Ce n’est pas très agréable de ne pas pouvoir se déplacer comme on veut…
- Je suis désolé, répliqua tout penaud Gojyo.
Hakkai lui donna une tape sur la tête :
- Idiot ! Je t’ai déjà dit d’arrêter de t’excuser, ce n’est pas ta faute ! Et puis Nathalie m’a dit que d’ici deux jours,
ça irait beaucoup mieux.
- Oui, mais on a pas deux jours pour partir d’ici.
- Ça ne te gêne pas trop de me porter ? lui demanda Hakkai.
- Pense-moi à t’obliger de manger, tu es trop léger mon cher ! Et de toute façon je pourrai te porter jusqu’au bout du monde…
- Jusqu’à la voiture, ça ira parfaitement, répondit Hakkai.
- T’es pas très romantique toi ! se plaignit Gojyo.
Pour toute réponse, Hakkai se mit à l’embrasser dans le cou, de petits baisers très doux qui donnèrent des frissons à Gojyo.
- Tu disais ? demanda doucement Hakkai.
- Je me demande qui est vraiment un pervers ici… marmonna Gojyo tandis qu’il sortait de la chambre, son précieux fardeau dans les bras.
- Vous en avez mis du temps, ronchonna Sanzo en les voyant descendre les escaliers.
- Vous voulez que je vous aide ? demanda le géant en tendant les bras.
- Merci, mais je pense que je peux y arriver, le remercia Gojyo.
Il n’osait pas lui dire qu’il refusait catégoriquement de lâcher Hakkai… Même s’il lui faisait confiance. Le problème était autre…
Il sortit de la maison et déposa délicatement Hakkai à l’arrière de la jeep.
Nathalie et son père étaient sortis pour leur dire au revoir. La jeune fille déposa un baiser sur la joue de son ancien frère
et Hakkai essuya la larme qui coulait sur sa joue.
- Tout va bien aller, ne pleure pas… dit-il pour la rassurer.
- Je sais mais je peux pas les empêcher de couler… répondit-elle en essuyant d’autres larmes qui avaient suivi la première.
- Tu es une fille formidable Nathalie, j’ai beaucoup aimé être prés de toi pendant ces quelques jours. Merci pour tout !
- Tu seras toujours le bienvenu ici ! Et tu seras toujours mon frère !
- Merci, répondit Hakkai, ému.
Cela faisait la deuxième fois qu’il perdait une sœur. La jeune fille dit au revoir à Goku qui la remercia pour tout ce
qu’elle lui avait préparé à manger, et le regard d’Hakkai partit se poser sur Gojyo qui saluait le géant avec le moine.
Il n’avait peut-être plus de sœur mais il avait autre chose qui lui suffisait amplement maintenant.
Le géant le rejoignit et lui serra la main, un peu ému lui aussi.
- J’ai été content de faire ta connaissance. Si jamais un jour tu passes dans le coin…
- Oui, merci, répondit Hakkai. Mais je crois que cela ne serait pas une bonne idée…
- Laisse faire le temps mon fils, lui sourit le géant une dernière fois avant de retourner prés de sa fille.
Sanzo monta à la place conducteur et démarra la voiture.
Ils firent leurs derniers adieux et s’éloignèrent vers l’ouest. Hakkai reposait dans les bras de Gojyo à l’arrière et
il fit des signes jusqu’à ce que la maison s’efface.
Gojyo sourit en le voyant et déposa un baiser sur son front.
- Ne t’inquiètes pas.
Hakkai se blottit contre lui, reposant sa tête sur son épaule.
- J’espère qu’il sera heureux…
- Tu l’as bien été toi pendant ces quelques jours.
- Oui, tu as raison.
Gojyo serra son aimé un peu plus fort dans ses bras pendant que la voiture fonçait vers l’ouest, un singe surexcité
à l’avant et un moine furieux de devoir tenir le volant, ce qui l’empêchait de calmer Goku avec son baffeur…
OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo - Papa, on dirait qu’il se réveille !
Il ouvrit doucement les yeux et découvrit deux yeux bleus qui le fixaient intensément.
- Bonjour ! dit la jeune fille dans un large sourire. Comment tu te sens ?
- Bonjour… Je… Je ne sais pas trop… J’ai l’impression d’avoir reçu un bloc en pleine poitrine.
Le géant entra dans la chambre et sourit au jeune homme.
- Mais qui êtes-vous ? demanda soudain le nouveau réveillé. Je ne vous connais pas… Et…
Ses yeux s’écarquillèrent de stupeur et il mit un petit moment avant d’avouer :
- Je… Je ne me rappelle plus de mon prénom…
La jeune fille eut un petit sourire et posa sa main sur son épaule pour l’apaiser.
- Tu es Marc, mon frère. Ne t’inquiètes pas, nous sommes là.
Owari.
Une bonne fois pour toute.
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