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Genre : yaoi, aventure

 

 

                                                      L’Ombre d’Hakkai

 

 

Hakkai avait à peine d’avance sur son adversaire et il en profita un maximum. Il avait couru aussi vite qu’il avait pu en sortant de la maison, et l’autre avait eut du mal à le suivre apparemment, puisqu’il était présentement tout seul entre les arbres.

Hakkai s’arrêta, reprenant sa respiration et s’assit sur un gros rocher. Il porta sa main à son bras, grimaçant sous l’effet de la douleur. Il n’y était pas allé de main morte l’autre fou furieux. Et en plus de sa blessure au bras, il sentait qu’une terrible migraine l’envahissait, encore plus forte que tout à l’heure.

Pourquoi cet homme les avait attaqué ? Il se souvenait qu’il avait dit qu’il était son frère… Décidément, son passé ne cessait de le poursuivre ! Déjà l’impression de sa sœur perdue, ensuite ces étranges amis qui étaient apparu, et enfin ce cinglé qui l’avait blessé sans raison… Et qui était son frère ! Mais qui était-il donc avant pour que tout le monde le recherche ainsi ?

Alors qu’il tentait désespérément de calmer son mal de tête, il entendit un bruit sur sa gauche. Des branche cassées. Quelqu’un se rapprochait. Il se releva violemment, ce qui provoqua une grande douleur au niveau de son bras et lui arracha un petit cri de douleur.

- Hakkai ?

La voix venait du même endroit que le bruit. Le jeune homme eut peur : son adversaire n’avait pas mis longtemps pour le retrouver…

- Voyons Hakkai, tu ne vas pas me fuir éternellement quand même ?

Il avait une voix où pointait l’animosité, l’ironie et un soupçon de folie. Ce qui le fit frissonner…

- Je vais finir par croire que tu es indispensable très cher. Je n’arrive même pas à te remplacer, même avec un visage identique au tien ! 

De nouveau des bruits dans les feuillages : l’homme avançait, il était tout prés de lui. Mais Hakkai ne bougea pas : un seul mouvement et il indiquait sa position à son attaquant. Il restait là, attendant dans l’angoisse qu’il s’éloigne ou le trouve.

- C’est dingue ce que ça peut m’énerver en plus ! Je n’ai jamais pu vivre normalement, je pensais que la seule façon pour moi d’être enfin quelqu’un serait de te tuer, mais ça ne marche même pas ! Quoique tu n’es pas encore mort… Et ça, je peux l’arranger. Imagine la tête de Gojyo si tu meurs… Il me reviendra puisque tu ne seras plus là.

Mais qu’est-ce qu’il disait ? Hakkai ne comprenait plus rien : pourquoi Gojyo « reviendrait » à cet homme s’il mourrait ? Et pourquoi sa tête le lançait un peu plus chaque fois qu’on prononçait le nom de Gojyo devant lui ?

Il attendit, l’autre ne disait plus rien. S’était-il éloigné ? Hakkai l’espérait de tout cœur…

Il bougea un peu, il voulait s’éloigner de l’endroit pour trouver un coin plus en sécurité.

Soudain, les branchages s’écartèrent devant lui et l’homme surgit ! La ressemblance était dingue, pensa Hakkai.

Sans attendre qu’il le dévisage à son gré, le jumeau bondit vers Hakkai, hurlant :

- Je t’ai enfin trouvé !

L’ancien humain recula, effrayé, et buta contre le rocher qui lui avait servit de siège juste avant. Il s’étala de tout son long par terre, chutant sur son épaule blessée, sa tête cognant violemment le sol.

Ses yeux virent mille étoiles blanches et il cru que son cerveau avait explosé sous le choc. Sa tête le lança soudain très fort et plusieurs images défilèrent dans son esprit. En l’espace d’un très court instant, il revit Kanan, sa mort, Gojyo, Sanzo, le jugement des dieux, Goku, son retour chez Gojyo, Gojyo, son amour pour lui, ses sourires, leurs ébats, la demande de Sanzo et leur voyage, leur après-midi à Mioshi, l’arrivée de son jumeau et sa perte de connaissance… Il se dit que son cerveau ne tiendrait jamais sous cet afflux d’images et il se prit la tête dans ses mains, lâchant un cri d’animal blessé. Cela le faisait atrocement souffrir, sa tête allait exploser et son esprit partir en miettes, ce n’était pas possible.

- Tu souffres petit frère ? demanda le jumeau, penché au-dessus de lui.

Dans ses yeux, nulle pitié, juste de l’amusement. Hakkai le regarda, surpris. Il était donc vraiment son jumeau, c’était bien vrai. L’autre rit en voyant son regard apeuré et incrédule.

- Oui, c’est moi…

Sa tête le faisant toujours souffrir, bien que cela soit devenu supportable, Hakkai tenta d’échapper à son frère et se recula, rampant désespérément à terre.

Le jumeau le regarda en riant et le laissa faire. De toute façon il n’irait pas loin.

Les images ne cessaient d’affluer en Hakkai, lui renvoyant son passé par gros pavés. Il retrouvait chaque souvenir, comme un vieux camarade, et commençait au fur et à mesure à reconstituer le puzzle. Tout commençait à devenir clair.

Puis le visage torturé de Gojyo, lorsqu’il l’avait vu avec Nathalie, lui sauta à la figure : mais qu’est-ce qu’il avait fait ? Il venait de faire mal à la seule personne à laquelle il tenait plus que tout au monde… Car il savait très bien maintenant qui était Gojyo : son amour. Il n’y avait pas de mot plus simple pour l’expliquer. Il fallait absolument qu’il le retrouve et qu’il lui explique !

Mais il y avait plus urgent à faire pour l’instant car le jumeau se lassa et l’attrapa par son bras blessé. Hakkai lâcha un cri de douleur.

- Désolé petit frère mais tu vas mourir…

Hakkai tenta de lui donner un coup de sa main libre mais l’autre esquiva facilement en riant.

Le jeune homme retrouva soudain els gestes appropriés qu’il connaissait depuis toujours, ces simples gestes qui l’avaient sauvé à plusieurs reprises : dans sa main libre, il façonna une boule de ki, assez puissante pour déstabiliser son jumeau mais pas trop forte pour ne pas le tuer. L’autre ne vit rien venir, il reçut la boule de ki de plein fouet et fut projeté plus loin contre un arbre. Ce qui laissa le temps à Hakkai de se relever et de fuir.

Il ne voulait pas tuer son jumeau, après tout il était la seule famille qui lui restait… Il préférait donc fuir pour ne pas avoir à l’affronter.

Il s’enfonça un peu plus loin dans la forêt, s’éloignant un maximum de la maison du géant et de Nathalie. Mais son jumeau s’était vite rattrapé apparemment et il l’entendait courir derrière lui, soufflant bruyamment.

- Je… t’aurais Hakkai... Tu ne… m’échapperas pas…

Le jeune homme tentait de ne pas paniquer et de trouver une solution à son problème, mais il avait beau chercher, il ne trouvait pas. Il avait désespérément besoin d’une aide extérieure à cet instant précis, mais il ne fallait pas se faire d’illusion, autant demander un miracle.

Il déboucha sur une petite clairière : plus aucun arbre pour se cacher. Et il entendait l’autre se rapprocher.

Il courut aussi vite qu’il pu mais au moment où il cru pouvoir trouver un abri potentiel derrière les arbres qui bordaient la clairière, il entendit quelqu’un qui courait dans sa direction.

Ce ne pouvait pas être son jumeau, il était juste derrière lui, et il lui était impossible de faire le tour aussi vite… A moins que ce ne soit cette aide extérieure qu’il avait appelée…

Il s’arrêta brusquement quand il vit une silhouette sortir des bois, la reconnaissant du premier coup d’œil : Gojyo !

Le demi-youkai s’arrêta lui aussi devant lui, à bout de souffle et il le regarda d’un drôle d’air.

Trop heureux pour s’en soucier, Hakkai se rapprocha de lui et lui fit un sourire timide :

- Gojyo… Je suis si heureux de te revoir !

Seulement, à son sourire, Gojyo répondit en sortant sa lance et en essayant de lui donner un coup. Hakkai esquiva à la dernière minute, tombant lourdement au sol, poussant un cri de douleur quand son bras blessé toucha le sol.

- Mais qu’est-ce qui te prends Gojyo ?

- Ton astuce ne marchera pas deux fois, je sais que tu n’es pas le vrai Hakkai !

- Qu’est-ce que tu racontes ? C’est moi Hakkai ! Gojyo, enfin…

- Arrête ta comédie ! Le vrai Hakkai ne se souvient plus de moi !

Les yeux du demi-youkai étaient sombres, remplis de haine et de douleur. L’ancien humain en eut mal au cœur… Il le confondait avec son jumeau…

- Non, je viens de retrouver la mémoire en tombant, il faut me croire Gojyo ! Je me souviens de tout, de toi, de notre amour ! Je suis désolé d’avoir oublié, je ne voulais pas…

- TAIS-TOI ! hurla Gojyo, au bord de la folie.

Hakkai ne se souvenait plus de lui, il l’avait vu devant lui, et cet homme lui resservait une pâle excuse pour lui faire croire de nouveau qu’il était Hakkai !! C’était plus qu’il ne pouvait le supporter !

Il leva de nouveau sa lance, menaçant, et l’abattit sur le jeune homme qui eut à peine le temps de rouler au sol pour l’éviter.

- Gojyo, arrête ! Tu ne comprends pas…

- Tu vas payer pour ce que tu as fait à Hakkai, espèce de salaud !

L’ancien humain tenta de se relever avant le coup suivant, mais la lance du demi-youkai fut plus rapide et vint le frapper dans le bas du dos, laissant une longue estafilade juste au-dessus de sa hanche. Hakkai poussa un cri de douleur et tomba par terre, les yeux fermés sur ce qu’il ressentait.

- Tu m’as enlevé le seul amour de ma vie, et tu voudrais que je joue encore à ta mise en scène stupide ?! Tu me donnes envie de vomir !

Il leva de nouveau sa lance au-dessus du jeune homme à terre, les yeux comme fous, et il allait le frapper quand un bruit surgit derrière lui. Il se retourna et aperçut le jumeau qui regardait la scène, un sourire étrange sur les lèvres.

Devant deux Hakkai, Gojyo se sentit perdu et il lâcha son arme.

- Hakkai ? tenta-t-il faiblement en s’adressant à celui qui venait d’arriver.

Mais l’autre ne répondit pas, ce fut une voix à ses pieds qui s’en chargea.

- Oui Gojyo, je suis là…

Hakkai, bien que blessé, se releva difficilement et regarda le demi-youkai, essayant de lui faire comprendre qui il était vraiment. 

- Mais… Mais… C’est impossible, tu avais perdu la mémoire… 
Gojyo était complètement perdu et son regard dérivait sans cesse sur 
l’un et l’autre jumeau, essayant de deviner lequel était celui qu’il aimait. 
Le jumeau se rapprocha de lui, doucement et lui dit d’un ton mielleux :
- Enfin Gojyo, tu ne me reconnais pas ?
Le demi-youkai se passa une main dans les cheveux, tout allait trop vite,
 tout s’emmêlait… 
- Ne l’écoute pas Gojyo, je suis Hakkai ! dit l’ancien humain à côté de lui,
 alors qu’il luttait pour ne pas retomber à terre, ses blessures le faisant 
atrocement souffrir.
Gojyo examina l’homme qui s’avançait vers lui et un flash se fit en lui : la jeune 
fille avait dit qu’Hakkai était blessé, hors celui qui s’avançait vers lui semblait en
 pleine forme ! Et celui qu’il avait frappé juste avant avait effectivement une
 blessure au bras quand il était apparu devant lui… 
- Oh merde…
Il tourna son regard vers l’ancien humain qui tenait difficilement debout et murmura :
- Hakkai, c’est bien toi ?
- Oui, répondit-il en souriant. Je suis désolé Gojyo…
Le jumeau comprit immédiatement qu’il était démasqué : toute cette mascarade 
commençait à lui coûter et il en avait plus que marre. Il était temps de tourner la page…
 Avec un cri de rage, il voulut s’élancer sur son frère, le couteau à la main, mais 
Gojyo s’interposa en faisant obstacle.
S’il ne s’écartait pas, le coup était pour lui…
Hakkai eut la peur de sa vie : Gojyo était en danger sous ses yeux. Sans réfléchir 
plus longtemps, il leva la main, une boule de ki se formant au creux de sa paume, 
et il la jeta sur le jumeau avant qu’il ne puisse toucher le demi-youkai.
La lumière envahit la clairière, puis disparu aussi vite qu’elle était apparu, laissant 
derrière elle deux hommes debout et un autre à terre, la poitrine béante, sanglante.
Gojyo cligna plusieurs fois des yeux avant de comprendre ce qui venait de se passer. 
Ce fut quand Hakkai tomba à terre qu’il réagit et vint s’agenouiller à côté de lui. 
Ses yeux étaient remplis de larmes et son esprit était envahi par un remord insidieux.
Hakkai, encore éveillé, leva doucement sa main à hauteur de sa joue et essaya ses larmes.
- Pourquoi tu pleures ?
Sa voix était faible mais bien vivante.
- Je suis désolé Hakkai… Je suis si désolé…
- Tout va bien maintenant.
- Je t’ai blessé…
- Moi aussi, n’en parlons plus, d’accord ?
Hakkai lui sourit puis lui demanda :
- Et mon frère ?
- C’était ton frère ? s’étonna le demi-youkai.
- Oui… Mon jumeau.
- Je crois qu’il est mort… 
Effectivement, le corps reposait quelques mètres plus loin, 
les yeux grands ouverts sur une muette question, ou un éternel reproche. 
Le sang ne coulait déjà plus de sa plaie, signe que tout était fini.
- Je ne voulais pas qu’il meurt… 
- Je sais Hakkai… dit Gojyo, devinant ce qui pesait sur le cœur de son amant.
 Je sais…
- Mais quand il a couru vers toi avec cette arme…  
- Chut, c’est fini, arrête Hakkai…
- …
- …
- Je t’aime Gojyo…
Il l’attira à lui et posa ses lèvres sur les siennes. Le demi-youkai 
répondit au baiser puis le serra contre lui, le visage dans son épaule, 
pleurant tous ces sentiments qui lui faisaient si mal.   
- Oh Hakkai… 
 

 

A suivre….