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........................... L’Ombre d’Hakkai
Hakkai releva la tête en entendant le cri de sa sœur… Elle venait de le quitter… Il se précipita hors de la chambre, inquiet, et la trouva pétrifiée dans les escaliers, fixant un intrus dans la cuisine. Quand elle l’entendit s’approcher de lui, elle tourna la tête vers lui et écarquilla les yeux, totalement perdue. - Nathalie, qu’est-ce que… ? Les yeux affolés de la jeune fille le dissuadèrent de continuer et il tourna son regard vers l’intrus. L’homme tenait un couteau à la main, et de ce fait il semblait plutôt agressif. Ses vêtements étaient tous tachés, on aurait dit qu’il avait passé la nuit dehors. Mais Hakkai ne s’attarda pas sur ces détails car quand il vit le visage de l’inconnu, il eut beaucoup de mal à y croire. Cet homme lui ressemblait comme deux gouttes d’eau ! Comment était-ce possible ? Ses yeux s’accrochèrent à ceux de l’inconnu, y cherchant une réponse qui ne vint pas. A la place, l’autre lui renvoya un flot de haine puissant. - Qui… Qui… Non, c’est impossible… - Qui êtes-vous ? demanda pour lui la jeune fille, totalement perdue. L’inconnu ricana, méprisant. - Tu m’as encore oublié… Je commence à avoir l’habitude de toute façon. Allez viens Hakkai, réglons maintenant nos différents ! Il brandit alors son arme provisoire, comme une provocation, un appel à la bagarre. Hakkai ne comprenait plus rien : pourquoi cet homme lui en voulait et surtout comment le connaissait-il et pourquoi lui ressemblait-il à ce point ? Sa tête commençait à lui faire affreusement mal, tiraillée par toutes ces questions. Il était totalement perdu. L’inconnu se rapprocha alors des escaliers, où Nathalie était toujours, pétrifiée. - Mais qu’est-ce qui se passe ? geignit-t-elle en regardant les deux garçons l’un après l’autre. - Tu vas comprendre tout de suite ma mignonne ! Et le jumeau tenta de l’attraper par le bras, mais vive, la jeune fille s’esquiva et monta vers Hakkai en courant. Comprenant le danger, Hakkai cessa de se poser des questions, oublia son mal de tête et vint au-devant d’elle, pour la protéger. - Ne la touchez pas ! cria-t-il, furieux. Qu’est-ce que vous nous voulez ? - Mais enfin, mon cher frère, je te l’ai déjà dit. Je veux que tu meurs, pour que je puisse enfin vivre. A cause de toi, j’ai de nouveau perdu ceux que j’aimais… Gojyo m’a rejeté parce que je n’étais pas toi, et cela je ne le supporte pas !!! hurla le jumeau comme un dément. - Gojyo… ? Avant qu’Hakkai n’ait pu comprendre, le jumeau monta à l’étage et s’approcha de deux jeunes gens. Nathalie terrifiée se réfugia derrière Hakkai et ce dernier se décida à agir. Il fallait avant tout le neutraliser, il réfléchirait plus tard. Il s’avança vers l’homme, un doux sourire sur les lèvres pour l’amadouer. - Allons, vous n’allez pas être violent, n’est-ce pas ? S’il-vous-plaît, tentons de nous expliquer calmement… - Ta gueule !! hurla le jumeau en fonçant sur Hakkai, couteau à la main, dédaignant sa tentative. Hakkai l’évita en se jetant sur la rambarde de l’escalier, mais dévala les marches jusqu’en bas. Il se releva à temps pour voir l’homme charger de nouveau, tenta d’esquiver mais pas assez vite et la lame entailla son bras assez profondément, réveillant par là-même sa blessure à l’épaule. Il se crispa et porta la main à sa blessure, tandis que l’autre homme lui donna un coup de pied dans le ventre qui l’envoya à terre. Hakkai reprit difficilement sa respiration, son bras et son épaule l’élançant terriblement. En voyant le sang qui commençait à tacher sa chemise, Nathalie poussa un cri, terrifiée. Son exclamation attira l’attention du jumeau qui tourna la tête vers elle, lui jetant un regard méprisant. Puis comme mû par une force qu’il ne maîtrisait plus, il s’approcha de l’escalier, menaçant la jeune fille qui cria de plus belle. Elle ne supportait pas de voir le visage de son frère traversé par cette haine si farouche, si angoissante. Les cris alertèrent Hakkai qui se redressa, mettant sa douleur de côté en voyant le danger que courait Nathalie. Ce fou était capable de s’en prendre à elle, et en plus elle était coincée à l’étage, sans possibilité de fuite…Il tenta de refaire cette aura verte qu’il avait projeté, mais il ne réussit pas à la recréer, par manque de concentration et à cause de la douleur. Et il fallait dire que la première fois, c’était arrivé par hasard, il n’avait rien contrôlé, et visiblement ce n’était toujours pas la cas aujourd’hui. Il entendit Nahtalie continuer de hurler et prit une décision. Il fallait absolument qu’il l’attire loin d’elle. Il se releva et se dirigea vers la porte. - Espèce de salaud, tu veux absolument te battre ? Et bien bats-toi avec quelqu’un de ta force ! Le jumeau se retourna subitement vers lui, lui lançant un regard haineux. Hakkai ouvrit la porte et sortit, après avoir jeté un coup d’œil et avoir eut la certitude qu’il le suivrait. Il fallait qu’il mette le plus d’espace entre ce malade et sa sœur, aussi prit-il sur lui et s’élança-t-il à toute vitesse vers la forêt. Fuir n’était pas ce qu’il préférait, mais il n’avait plus que cette solution…
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Nathalie resta un moment figée, les yeux rivés sur la porte où avaient disparu son frère et l’inconnu qui les avait agressé. Elle se sentait incapable de réfléchir, comme si son cerveau était momentanément bloqué. Chaque fois qu’elle essayait de revoir la scène, tout s’emmêlait dans sa tête, la plongeant dans une confusion dérangeante… Lorsqu’elle avait vu l’homme, elle en avait poussé un cri de surprise. Il ressemblait trait pour trait à Marc, et pourtant elle était sûre qu’elle venait de le laisser à l’étage. S’il n’y avait que sa ressemblance, elle n’aurait pas eu si peur. Mais le regard qu’il lui avait renvoyé l’avait glacé. Elle n’avait jamais vu autant de haine en un seul homme. Haine qui avait redoublé quand son frère était accouru à son cri. L’autre homme avait alors eut une grimace dont elle se rappelait encore. Comment pouvait-on haïr à ce point ? Le reste était encore confus dans sa tête… L’inconnu au visage de Marc s’était approché d’elle menaçant. Marc l’avait défendu… Sa chute dans les escaliers… Le sang qui tachait encore le sol là où il s’était tenu quelques instants plus tôt… Le sang ! Marc était blessé ! Elle se reprit immédiatement, il n’était pas question de jouer une fois de plus à la cruche qui attends les bras croisés que le destin vienne à sa rencontre ! Elle devait l’aider, et très vite. Qui savait ce dont était capable ce malade ! Elle courut jusqu’à la porte et se précipita dehors. Il n’y avait qu’une personne pour l’aider et elle était en ce moment au village en train d’aider un alcoolique… Et tant pis si ses poumons explosaient avant…
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Sanzo marchait devant, se dirigeant vers la maison de la veille, suivi par les deux turbulents du groupe, qui pour une fois ne disaient rien… Cela n’arrivait pas souvent aussi le moine profitait du silence. Quoiqu’à bien y réfléchir, il aurait peut-être préféré qu’ils se chamaillent ou essayent de s’entre-tuer, en faisant beaucoup de bruit et en poussant des cris insupportables. Parce qu’il n’en pouvait plus de ce silence lourd qui s’était installé entre eux depuis leur retour au village ! Goku lui avait posé beaucoup de questions, sur Hakkai et son changement principalement, mais aussi sur cette nouvelle famille qu’il s’était trouvé, et sur le sort d’Hakuryu qui gémissait entre ses bras, vidé de toute énergie. Sanzo avait répondu à quelqu’unes puis avait abandonné, agacé. N’obtenant plus de réponse, le singe s’était tu, se retranchant dans un silence méditatif. Mais le plus sinistre de la bande était encore Gojyo, qui n’avait pas apprécié du tout ce qui s’était passé. Il les avait fui dés leur arrivée à l’auberge pour ne revenir que très tard dans la nuit, trempé jusqu’aux os et muet comme une tombe. Il n’avait pas desserré les dents de toute la matinée. Sanzo n’avait même pas essayé d’entamer le contact quand il avait vu la façon magistrale dont le demi-youkai ignorait Goku, qui lui avait pourtant volé toute sa nourriture sous les yeux. Gojyo n’était plus Gojyo, il n’était plus qu’une ombre, une coquille vide, sans âme ni énergie. Le moine ne l’avait entendu qu’une fois dans la soirée. Il venait de se réveiller en pleine nuit, à cause d’un cauchemar, et essayait de trouver le sommeil, quand il avait entendu un objet venir se fracasser contre le mur dans la chambre d’à côté, celle qu’occupait le demi-youkai, et Gojyo avait crié : - Pourquoi tu m’as fait goûter au bonheur si c’est pour me l’arracher comme cela ? Je te hais !!! Deux ou trois autres objets avaient volé à travers la pièce avant que l’auberge ne se replonge dans un silence total. Et ce matin, le demi-youkai marchait comme un automate. Il n’avait pas voulu venir, mais Sanzo les avait forcé à les accompagner, déjà parce qu’il se pouvait qu’Hakkai ait changé d’avis, et ensuite parce que rester au village ne les avançait pas plus. Dés qu’ils auraient la réponse d’Hakkai, ils repartiraient. Avec ou sans lui. Mais quand Sanzo jeta un coup d’œil aux deux retardatères derrière lui, il pria discrètement pour que ce soit avec lui. Pas qu’il ait pitié, non, il avait sa dignité, mais simplement parce que continuer leur voyage avec deux zombies ne l’enchantait guère. Ils avançaient toujours, se rendant chez le géant, quand ils virent une silhouette se diriger vers eux à toute vitesse. Elle se rapprocha un peu plus et ils reconnurent la jeune fille de la veille. Goku s’anima et Sanzo jeta sa cigarette à terre. Quelque chose lui disait qu’il y avait un problème… Effectivement, dés qu’elle les aperçut, la jeune fille se précipita vers eux, le souffle court. - Vous… Mon père… - Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Goku. - Vous n’avez pas vu mon père ? réussit-elle à dire entre deux inspirations. - Non, pourquoi ? lui demanda Sanzo, intrigué. - Marc… Enfin Hakkai pour vous… On s’est fait attaqué. Par un autre comme lui… - Attendez, je ne comprends rien. Reprenez votre souffle et dites-nous tout ! lui ordonna Sanzo qui commençait à comprendre qu’il avait eut raison. La jeune fille se calma quelques secondes, mais se reprit vite et lui dit de suite : - On était à la maison quand un homme qui ressemblait trait pour trait à Marc est venu et nous a agressé. Marc s’est sauvé et l’inconnu l’a suivi. Il faut aller l’aider ! - N e vous inquiétez pas, Hakkai a de l’expérience en combat, tenta de la rassurer Sanzo. - Mais il est blessé ! lâcha-t-elle dans un souffle. - QUOI ?? hurla Gojyo, se réveillant d’un coup. Où est-il allé ? - Dans les bois, il a foncé droit devant lui… Sans rien écouter de plus, Gojyo s’élança et disparu rapidement sur le chemin conduisant à leur chaumière. Le moine le regarda filer et ricana : - Alors comme ça, tu le détestes hein …? - Qu’est-ce que tu marmonnes Sanzo ? lui demanda Goku. Il faut qu’on aille l’aider ! Sanzo lui lança un regard dédaigneux. - Bon, quand il faut y aller, faut y aller…. Mais à mon avis, cet imbécile sera là-bas avant nous. - Je vous en supplie, aidez-le. Moi je vais chercher mon père ! leur dit la jeune fille avant de reprendre sa course.
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Il l’avait vu venir, mais il n’avait pas réagi. Après tout c’était à cause d’elle qu’Hakkai ne revenait pas. Elle était essoufflée, tant pis pour elle. Puis elle leur avait parlé. Il n’avait pas écouté, il n’en voyait pas l’intérêt… Jusqu’à ce qu’il entende les mots Hakkai dans la bouche de Sanzo, et blessé dans celles de la jeune fille… Ça avait fait tilt. Hakkai était blessé… Par ce fou qui s’était fait passer pour lui, car il n’y avait quand même pas autant de personnes qui ressemblaient à Hakkai sur cette terre… Et il avait paniqué. Parce qu’il détestait cette idée qu’Hakkai soit en danger… Il avait crié, on lui avait répondu, et maintenant il courait vers la maison. Comme un fou. Parce qu’Hakkai était en danger. Il n’y avait plus que cette idée en lui… Hakkai était en danger. Il aurait beau l’oublier, le rejeter du plus profond de son être, Gojyo serait toujours là dés qu’il aurait besoin de lui. C’était devenu instinctif chez lui. Quand il vit la maison, il tourna sans s’arrêter vers la forêt en face de la porte, là où Hakkai avait fui. Pourquoi ne s’était-il pas défendu ? Avait-il aussi oublié comme se servir du ki ? Gojyo s’arrêta enfin quelques mètres plus loin, afin de déterminer où les deux hommes avaient pu aller… Quelques branches cassées l’en informèrent et il reprit sa course, plus vite que tout à l’heure. Plus loin, il aperçut un peu de sang sur des grandes feuilles, et cela le poussa à accélérer… Pourvu qu’il arrive à temps !
A suivre….
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