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              L’ombre d’Hakkai

 

    Tranquillement assis à la table en bois, l’homme buvait son thé, dégustant chaque gorgée. Il adorait cette boisson, son goût amer et pourtant rassurant était le seul à lui apporter cette sérénité. Et à cet instant précis, c’était tout ce dont il avait besoin pour bien réfléchir.

   Une porte s’ouvrit et une jeune fille apparut. L’air las qu’elle affichait contrastait avec le sourire qu’elle portait en permanence d’ordinaire. Elle s’assit lourdement et la tête appuyée sur sa main, elle regarda son père.

- Il s’est enfin endormi… Le pauvre, je le plains…. Comment s’appelle cette maladie déjà ?

- Ce n’est pas une maladie ma chérie. L’amnésie est dû à un choc, soit psychologique, soit physique.

- Ici, ça serait plutôt physique vu la bosse qu’il avait, sourit la jeune fille. Mais comment on va le soigner ?

Son père soupira, là-dessus il ne pouvait rien faire.

- Il guérira de lui-même ma puce. On ne peut pas l’aider…

- Il avait l’air si perdu que j’avais envie de pleurer… Je n’aimerais pas être à sa place !

Elle se leva pour s’asseoir à côté de son père et posa sa tête sur son épaule, signe d’affection dont le géant raffolait.

- Quoique toi, je ne pourrai jamais t’oublier !

L’homme sourit, aux anges.

- Espérons que lui aussi ait une personne assez chère à ses yeux qui lui fera retrouver sa mémoire….

 

 

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- Alors, on va où ?

Les trois compagnons d’Hakkai le regardèrent avec de grands yeux. Ce fut Sanzo qui réagit le premier en s’emparant de la carte dans le vide-poche, tout en maugréant contre les Dieux de lui avoir flanqué « une belle brochette d’abrutis ».

- On sort déjà de ce village et au carrefour à la sortie, tu prendras à gauche… On pourrait savoir depuis quand tu ne regardes plus la carte ? D’habitude c’est toi qui t’en charges….

Hakkai prit un air contrit en se passant une main dans les cheveux.

- Désolé, j’ai oublié !

Sanzo ne répondit pas mais on sentait que cette excuse ne le satisfaisait pas.

 

 

 

    Au bout d’une heure, de curieux bruits se firent entendre à l’arrière.

- Sanzooooo….. ?

- Si tu le dis, je te bute !

- Mais Sanzo !

- Urusei !!

- Mais j’ai faim Sanzo ! J’te jure !

le moine soupira, découragé. Si Hakkai avait changé depuis la veille, il y en avait bien un qui ne changerait jamais, pour le plus grand malheur de Sanzo.

Grooooooooowoooo, fit l’estomac du singe.

- Rhaaaah, j’ai faimmmmmmmmm!!!!

Ce fut au tour de Gojyo de réagir et il se moqua ouvertement de son souffre-douleur favori.

- Ça fait même pas une heure qu’on est partie et tu as déjà faim ? Mais c’est pas possible  t’es né avec un estomac perforé ! T’es une vraie passoire !!!

- J’suis pas une passoire, sale kappa !

- Quoi ?!

- Ouais, t’as bien entendu ! Kappa, kappa, kappa !

Le demi-youkai lui sauta dessus sans aucune forme de procès et le combat qui s’nesuivit fut distrayant aux yeux du jumeau, stupide et digne de ces crétins selon Sanzo. Qui se fit un devoir de les calmer à grands coups de baffeur ! Pour le plus grand plaisir du jumeau qui éclata de rire. Lorsque le moine se rassit, les deux à l’arrière un peu plus silencieux (du moins pour quelques minutes), il lui lança un regard noir.

- Tu trouves ça amusant ?

- Terriblement, lui répondit-il, une lueur étrange dans le regard.

Et il continua de rire.

- Arrête de rire ! s’énerva Sanzo.

Il s’attendait à ce que l’ancien humain s’excuse, comme d’habitude. Au lieu de cela, le regard d’Hakkai se durcit et il répliqua sèchement.

- Fous-moi la paix ! Je ris si je veux !

Sanzo n’en revenait pas : Hakkai en colère ?! Du jamais vu !

- Qu’est-ce qui te prend ?

- Ne me dicte pas mes actes, c’est tout !

Sanzo allait répliquer, visiblement énervé, quand il sentit une main sur son épaule.

- Laisse tomber, lui murmura Gojyo.

Il avait remarqué que le ton montait et préférait calmer le moine avant que cela ne dégénère. Visiblement, Hakkai n’écouterait personne. Le moine abandonna en grommelant et se plongea dans la contemplation du paysage.

Goku, toujours perdu dans l’anxiété de sa faim, avait néanmoins remarqué lui aussi que quelque chose se passait et malgré les bruits incongrus que produisait son ventre, il prêta attention à Hakkai.

Ce dernier ne souriait plus du tout et son regard, bien que fixé sur la route, renvoyait quelque chose de dur, que Goku n’avait encore jamais vu auparavant chez l’ancien humain. Lui toujours souriant et gentil avait en un instant complètement changé. Quand Hakkai leva les yeux dans le rétroviseur et croisa ceux de Goku, le singe en frissonna. Un sentiment naquit en lui, qu’il ressentait rarement : de la peur.

- T’as un problème à me fixer comme ça le singe ?

Les trois passagers en sursautèrent, étonnés de ce ton nouveau que prenait l’ancien humain.

- Non…non, bredouilla Goku en baissant les yeux.

Voyant l’embarras du singe, le moine ne pu s’empêcher de réagir. Il allait trop loin…

- Ecoute Hakkai, ça ne va pas fort en ce moment, tout le monde s’en rend compte, mais si tu t’en prend à Goku, tu auras à faire à moi !

L’ancien humain tourna la tête vers lui et le foudroya du regard.

- Alors, qu’il arrête de me regarder, ok ?!

Gojyo intervint en voyant que Sanzo allait sortir son flingue.

- Ok, les mecs, ça sert à rien de s’énerver, non ?!

Les deux opposants s’affrontaient du regard, quand Goku sortit soudain de son mutisme pour crier :

- Un village, un village !!

Il  pointait le doigt sur la couleur rouge informe des toits qui se démarquait sur le vert des champs. Son cri fit baisser la tension et tous ne se préoccupèrent plus que du village, désireux de ne pas remettre sur le tapis ce qui venait de se passer. Ce n’est pas pour autant qu’ils l’oubliaient et Gojyo se promit d’en parler dés que possible avec Hakkai. Pour qu’il se montre aussi agressif, il devait y avoir quelque chose de grave. Si seulement il avait insisté la veille, pour savoir ce qui se passait….

- K’so, j’ai plus de cigarettes ! arrête-toi là que j’aille en acheter ! dit tout d’un coup Sanzo.

Hakkai pilla brutalement, envoyant les passagers rencontrer les sièges avant de plus prés.

- Aïe ! Vas-y mollo Hakkai, se plaignit Goku.

- Hn.

Sanzo descendit et se dirigea vers une échoppe.

- Goku, s’écria Gojyo, regarde ! Il y a une épicerie, vas donc t’acheter quelque chose à bouffer, qu’on n’entende plus ton estomac !

- Ouais, s’enthousiasma le jeune garçon qui bondit hors de la voiture.

Le demi-youkai se pencha alors vers Hakkai, profitant de cet instant seuls à seuls. Hakkai avait le regard fixé dans le vague, fronçait les sourcil comme si un mauvais souvenir lui revenait et c’était bien le cas ! Le jumeau, devant l’autorité de Sanzo, s’était souvenu en bloc des ordres que lui donnaient toute la journée le vieux couple chez lequel il avait habité, et ces souvenirs l’avaient tellement oppressé qu’il avait réagi d’instinct en se rebellant contre cette autorité qu’on lui imposait de nouveau. Il se moquait bien des réactions des trois autres ! Il voulait être libre maintenant, il n’était pas devenu Hakkai pour qu’on lui dicte de nouveau sa conduite !

Les pensées perdues parmi ces souvenirs, il ne fit attention à Gojyo que lorsque celui-ci passa à l’avant et lui posa une main sur l’épaule.

- Hein ? Qu’est-ce qu’il y a ?

- Si on allait discuter devant un verre ? Sanzo et le singe peuvent nous attendre et j’ai comme le pressentiment qu’ils ne reviendront pas tout de suite !

Le jumeau haussa les épaules. Sa mauvaise humeur semblait s’envoler avec Gojyo, peut-être parce que le demi-youkai lui apportait cette paix qu’il désirait depuis longtemps… Il accepta et le suivit dans une petite auberge.

Gojyo commanda une bière et un thé, pensant faire plaisir à son amant.

- Tu quoi tu veux discuter ? lui demanda brutalement celui-ci.

- Ben, déjà de ton comportement !

- Qu’est-ce qu’il y a ?

- Pourquoi tu es si… agressif ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Tu n’es pas comme ça d’habitude !

- Je sais pas, j’ai juste pas aimé comme Sanzo m’a parlé ! Non mais de quel droit il se permet de me donner des ordres ?

- Mais Sanzo est toujours comme ça !! Pourquoi tu réagis comme ça maintenant ? Parle-moi, ça me fait mal de te voir dans cet état !

Le jumeau lui lança un drôle de regard qui étonna le demi-youkai. C’était la première fois qu’il voyait ce reflet dans les yeux de son amant. Bizarrement, quelque chose le gênait dans son regard, mais il ne savait pas quoi exactement… Comme si la couleur avait imperceptiblement changé…

- Tu penses vraiment qu’on doit en parler ?

Le demi-youkai n’eut pas le temps de répondre que la serveuse revenait avec leurs boissons.

- Voilà la bière et le thé !

- Tenez mademoiselle !

Gojyo lui tendit un pourboire. Dés qu’elle se fut éloignée dans un sourire, Gojyo posa de nouveau les yeux sur Hakkai et là, quelle ne fut pas sa surprise de le voir avec sa bière dans les mains !! Le thé encore fumant reposait sur la table pendant qu’Hakkai vidait consciencieusement la canette de bière ! Gojyo n’en revenait pas ! C’était bien la première fois qu’Hakkai préférait l’alcool au thé !

- Mais dis donc, c’est MA bière !!! s’insurgea Gojyo, qui avait un rapport si étroit avec l’alcool que s’en trouver si subitement privé le mettait dans tous ses états.

Hakkai reposa la canette vide sur la table et émit un soupir de satisfaction. Son regard dériva sur les personnes attablées à la table voisine, sans remarquer le demi-youkai qui fulminait sur place devant la canette vide et la tasse peu alléchante de thé placée devant lui, et s’arrêta sur un des vieillard. Il devint soudain très pâle, obnibulé par ce qu’il voyait… En face de lui se tenait l’exacte sosie de l’homme qui l’avait élevé dans son enfance !! Il riait, buvait, jouait aux cartes sans se soucier du jumeau, puis l’homme tourna les yeux et les posa sur le jeune homme qui ne cessait de le fixer.

A cet instant, le jumeau eut tellement peur qu’il ressentit une violente nausée et il se leva rapidement pour fuir ce regard maintenant accusateur de l’autre. Il courut aux toilettes, poursuivi par une voix dans sa tête qui hurlait « Tu n’es qu’une ombre !! » comme un damné, sans se rendre compte que Gojyo l’avait suivi, surpris par son attitude. Il ne le rattrapa qu’une fois entré dans les toilettes des hommes.

- Mais qu’est-ce qui se passe à la fin ?

Les voix hurlaient toujours dans la tête du jeune homme dont les larmes se mirent à couler toutes seules, un véritable torrent en quelques instants. Il tremblait tellement qu’il dû s’accrocher à Gojyo pour ne pas tomber. Ses jambes flageolaient et sa tête lui faisait si mal…

- Hakkai… Je t’en supplie…

Gojyo était au bord du désespoir : il n’avait jamais vu son amant dans cet état et le pire de tout, c’était qu’il ignorait comment il fallait réagir. Et comme il ne connaissait pas le problème de son compagnon, il lui était impossible de l’aider ! Et cela lui faisait si mal….

Le jumeau, toujours en proie à son délire, se cramponna encore plus fort à Gojyo et l’entraîna discrètement à sa suite. Ils entrèrent dans une cabine de toilette qui était vide et dés qu’elle fut fermée, le jumeau sauta au cou du demi-youkai.

- Fais-moi l’amour, vite ! Délivre-moi…

- Quoi ?

Gojyo eut beau se débattre, le jumeau se resserra contre lui et défit sa braguette, l’entraînant dans un jeu sensuel et sauvage auquel le demi-youkai ne résista pas longtemps. Ses gestes étaient brutaux, presque animaux, mais Gojyo ne s’en rendit pas compte, les sens émoustillés, et ils firent l’amour dans cette cabine étroite, aussi étroite que les murs qui enfermaient la folie du jumeau…

 

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    Gojyo se lavait les mains et lança un rapide :

- Faire l’amour n’est pas la solution….

Avant de sortir des toilettes, y laissant un jumeau enfin calmé.

Ce dernier souriait de bonheur… Il avait eut si peur mais grâce à Gojyo, tout était revenu dans l’ordre. La voix s’était calmée, le laissant enfin en paix, loin de ses démons.

Ce n’était pas la première fois que cela lui arrivait : ses années chez le couple de personnes âgées lui avaient laissé des séquelles à vie. Il était fréquent que les « voix », comme il les appelait, reviennent le hanter pour mieux le faire culpabiliser. Mais il n’avait jamais trouvé de parade à ces démons intérieurs. Quelquefois, penser à son frère Hakkai lui faisait du bien, l’apaisait jusqu’à une nouvelle crise, comme un paravent contre sa folie, mais cela ne marchait pas à tous les coups et il avait souvent maudit son frère de ne pas plus l’aider. Mais dans les bras de Gojyo, c’était bien la première fois qu’il s’apaisait totalement…  Quel était ce pouvoir que possédait le demi-sang ? Qu’avait-il de plus que les autres ?

Peut-être était-ce l’amour qu’il avait vis-à-vis d’Hakkai qui faisait toute la différence… Ou peut-être pas…. Bah, du moment qu’il lui faisait du bien, le jumeau s’en moquait !

A cet instant précis, il se jura de ne jamais se séparer de Gojyo, quoiqu’il arrive. Il était son garde-fou à l’avenir…

 

 

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    Le garde-fou en question tirait une tête de cent pieds de long quand il sortit de l’auberge

seul, et se dirigea vers la voiture qui attendait sagement ses occupants au beau milieu de la rue.

Il s’assit lourdement sur la banquette arrière sans faire attention aux regards du moine et du singe qui étaient revenus depuis peu, et sortit une cigarette.

Seulement le pouvoir soi-disant magique de la nicotine n’eut aucun effet et lorsque Goku lui demanda où était Hakkai, le demi-youkai lui répondit aigrement. Il n’avait pas supporté la scène qui venait d’avoir lieu et il regrettait déjà d’avoir cédé à son amant… Ce n’était pas cette fuite qu’adoptait Hakkai qui allait arranger les choses ! Gojyo était surpris lui-même, mais il devait s’avouer que c’était bien la première fois qu’il en voulait autant à Hakkai ! Pourtant, d’habitude, l’ancien humain venait lui parler en face de ses problèmes, même s’il mettait du temps à les lui avouer, mais il arrivait toujours un moment où il déballait tout ce qu’il avait sur le cœur et cela remplissait le demi-sang d’amour pour lui : amour parce qu’il lui faisait confiance, et amour parce qu’il était touché qu’Hakkai s’adresse à lui…. Mais là, la révélation tardait à venir et le comportement étrange de l’ancien humain commençait à dérouter Gojyo. Jamais Hakkai n’avait agi comme cela ! Et cette façon de faire l’amour, qui ne lui ressemblait pas du tout : beaucoup trop violente, brutale, sans rapport avec la douceur de l’ancien humain. D’accord, Hakkai savait se montrer déchaîné au lit, mais jamais à ce point-là ! Gojyo avait l’impression désagréable de faire l’amour avec un parfait inconnu depuis quelque temps, et il ne pouvait se détacher de ce sordide sentiment.

Hakkai sortit alors de l’auberge et monta dans la voiture, lançant un grand sourire à Gojyo qui ne daigna pas répondre. Le demi-youkai avait choisi bien puérilement de faire la boude, du moins jusqu’à ce qu’il ait trouvé un autre moyen plus adulte pour faire réagir Hakkai. En temps normal, ce dernier aurait été peiné de cette rebufade, mais ce ne fut pas le cas, et son sourire redoubla. Ce qui frustra encore plus Gojyo, qui se promit de ne pas dire un mot de tout le voyage.

- Dis, Hakkai, et Hakuryu ? demanda soudain Goku.

- Quoi Hakuryu ? Qu’est-ce qu’il y a ? répondit Hakkai sans même regarder le singe.

- Ben , tu lui donnes rien ? Déjà que ce matin il a rien eu….

- Bah, ce n’est qu’une voiture, il peut attendre !

Et Hakkai  démarra sans attendre son reste. Sous l’œil horrifié de Goku qui avait déjà du mal à rester plus de deux heures sans ressentir la faim, et qui avait encore plus de mal à imaginer que Hakuryu puisse rester autant de temps sans manger !

Quand aux deux autres, ils avaient remarqué le ton froid sur lequel Hakkai avait parlé du dragon. Ils savaient combien l’ancien humain tenait au petit animal, avec qui il entretenait une véritable relation complice. Comment pouvait-il en si peu de temps s’en désintéresser à ce point ? Et comment réalisait-il cet exploit, lui qui d’habitude s’inquiétait de tout le monde avec excès ? Décidément, il se passait quelque chose d’anormal, mais Gojyo se retint de le remarquer, encore sous le choc d’autres questions qu’il avait en tête sur son amant. Quant à Sanzo, énervé par ce qui s’était passé il y avait quelques heures, il préféra ignorer Hakkai. D’une manière générale, le moine détestait qu’on s’oppose à lui, et cela s’appliquait à tout le monde, même les personnes les plus proches de lui. Il se contenta donc de détourner le regard, lâchant un soupir de mépris face à l’attitude de l’ancien humain, et fixa la route.

Le voyage qui s’ensuivit fut donc assez morne : Gojyo boudait à l’arrière de la voiture, Sanzo boudait à l’avant, et Goku, étonné du mutisme de ses camarades, s’endormit pour passer le temps. Le silence entre les jeunes gens aurait pu être coupé à la hache, s’il n’avait pas été quelquefois interrompu par les grognements étranges qu’émettait l’estomac du singe, chez qui le sommeil n’endormait pas tout, et encore moins la faim.

Ce fut avec soulagement qu’ils arrivèrent dans un village alors que la nuit tombait. Cette région était très peuplée, et leur offrait ainsi beaucoup de petits villages où ils pouvaient s’arrêter, chose qu’appréciait particulièrement Goku car qui disait village disait auberge et bon repas, ce qu’il estimait particulièrement !

Il fut réveillé par l’arrêt de la voiture et poussa un cri de joie en se voyant devant une auberge. Il descendit en courant et s’engouffra dans le bâtiment sans même demander à Sanzo s’ils comptaient dormir là. Le moine poussa un soupir de découragement devant l’empressement du singe et le suivit, ainsi que les deux autres.

Mais le silence qui s’était installé entre eux ne disparut pas, et au contraire redoubla d’intensité au fur et à mesure du repas. Il devenait si pesant que le jumeau choisit d’aller se coucher assez tôt dans la soirée, prétextant la fatigue du voyage. Quand Goku lui rappela Hakuryu, le jumeau lui fit un vague signe de la main en lui disant de s’en charger, puisque lui-même n’en avait pas envie. Le jeune garçon finit le plus rapidement possible son repas, c’est-à-dire après une dizaine de plats, puis sortit dehors avec une grosse assiette. Il savait que le dragon ne mangerait pas tout, mais il comptait bien l’aider à finir.

 

 

A suivre….