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........................... Disclamer : ces personnages ne sont pas à moi. jGenre : YAOI, UA J'espère que cette nouvelle fic vous plaira ^^ Bonne lecture !
Apprendre à t’aimer … … Chapitre 1 : Jugement … … Le juge donna trois coups brefs afin de signaler la réouverture de la séance, et Gojyo déglutit péniblement, impressionné par l’atmosphère pesante du lieu. L’ambiance était sinistre dans ce tribunal : même s’il paraissait évident qu’on ne venait pas ici pour s’y amuser, Gojyo s’était attendu à trouver autre chose. Il fallait dire que les récits passionnés de Dokugakuji, qui portait fièrement la robe d’avocat depuis cinq ans maintenant, lui avaient donné une autre image de l’endroit. Son frère mettait tellement d’emphase et d’exagération quand il racontait ses procès que son cadet avait fini par le croire… Un peu naïvement, sans jamais songer une seconde qu’il se retrouverait sur le banc des accusés un jour. Mais là, on était loin des grands procès pour meurtre ou pour quelque autre grand crime contre l’humanité à la vérité, et l’éloquence de Dokugakuji n’avait pas vraiment brillé alors qu’ils avaient plaidé coupable dés le début. Dans son état, il valait mieux le jouer discret que de s’enfoncer davantage. D’ailleurs, Gojyo n’avait pas été très fier de demander à son frère aîné de le défendre… Et il l’était encore moins maintenant que le juge allait rendre son verdict. « Accusé levez-vous. » Dokugakuji accompagna son mouvement mais son regard resta figé droit devant lui, refusant toute aide à Gojyo. A vrai dire… Il le méritait sûrement. Il avait l’impression terrible d’être un gamin pris sur le fait, qu’on condamnait pour ses bêtises. Ce qui n’était pas loin de la vérité… « Monsieur Sha Gojyo, suite à votre excès de vitesse important, accompagné d’une conduite en état d’ivresse, l’état vous condamne à cinq mois de travaux bénévoles pour la communauté, en plus d’un retrait de permis sur toute cette durée. » « Cin… Cinq mois ? » « Vous effectuerez votre peine dans le centre Holic, et nous vous recommandons fortement de ne pas chercher à échapper à cela, sans quoi nous nous montrerons beaucoup plus intransigeants. » « Vous entendez quoi par… intransigeant… ? » Dokugakuji lui donna un coup de coude, mais le mal était fait et le juge arqua un sourcil légèrement énervé en soupirant fortement. Décidément, il y avait des jours comme ça… « J’espère que vous avez conscience que le fait que votre frère travaille ici a beaucoup influence le jury Monsieur Sha. Sans lui, vous n’auriez pas échappé à la prison, aussi je vous conseille de la mettre en sourdine quelques temps. » Effectivement, dit ainsi, cela avait des accents humiliants. Il n’avait eu droit à cette clémence que parce que son frère était avocat et travaillait pour ce tribunal. On dit quoi à son frangin ? Merciiiiii… Gojyo soupira et hocha la tête, comprenant cette fois-ci qu’il valait mieux se taire… …. OOOO-----------------------OOOOOOOOOOOOOOOOOOOO---------------------OOOOOOOO OOOO-----------------------OOOOOOOOOOOOOOOOOOOO---------------------OOOOOOOO …. Il n’avait pas décroché un mot depuis qu’ils étaient sortis du tribunal, et Gojyo n’osait pas entamer la conversation. Voir son frère aussi crispé et énervé le mettait vraiment mal à l’aise et il se maudit plusieurs fois durant le trajet d’avoir été aussi bête… Comme d’habitude, il s’était cru le plus fort. Persuadé qu’il n’y aurait pas de flics sur la route, il avait appuyé sur l’accélérateur. Il se souvenait encore du rire de son ami à côté de lui. Un rire un peu gras, artificiel… Il avait dû fumer quelques joints ce soir-là, mais l’ambiance s’y était prêtée. On ne fêtait pas toujours l’anniversaire d’un ex et Gojyo l’avait fait dans les règles de l’art, en venant avec un mec qu’il avait levé une nuit avant, et qu’il avait arboré comme un trophée. Une chose en entraînant une autre, il avait bu. Beaucoup. Beaucoup trop. Et il avait un peu fumé. Deux-trois joints, sans plus. De toute façon, ceux-ci ne lui faisaient plus grand-chose depuis longtemps. Le souvenir du visage de son ex, décomposé devant le couple mal assorti qu’il formait avec celui qui l’avait accompagné traversa son esprit. Sans même s’en rendre compte, il s’était purement et simplement ridiculisé ce soir-là. En croyant blessé son ex, par pure vengeance et bêtise humaine, il s’était tout au plus humilié devant tout le monde, avant qu’on ne le cueille complètement saoul sur la route, ce qui avait été la cerise sur le gâteau. Et le pire dans l’histoire était sans doute que loin de reconquérir son ex, dont il n’était même pas amoureux, il s’en rendait compte aujourd’hui en prenant du recul, il avait également trahi et surtout humilié son frère aîné devant ses collègues. Obligé de défendre son frère, de voir le juge lui faire une fleur simplement par pitié, Dokugakuji n’avait que très peu apprécié tout cela. Et il y avait de quoi. Cela faisait trop longtemps qu’il mettait en garde son cadet sur sa vie de débauche et qu’il lui prédisait une catastrophe. Pourquoi les grands frères ont toujours raison, hein ? Ils détiennent la science infuse ou ils le font exprés juste pour nous montrer qu’ils sont plus matures que nous ? En tout cas, la leçon coûtait cher à Gojyo… Très cher. « Doku… Dis quelque chose parce que je ne supporte pas ce silence là… » « Et qu’est-ce que tu veux que je te dire hein ? » La voix était froide et colérique. Cela s’annonçait très mal pour le pauvre Gojyo. Il passa sa main dans ses cheveux, ramenant quelques mèches rouges derrière ses oreilles, et la gêne se lut sur son visage d’habitude si décontracté et toujours souriant. « Je suis désolé. » « Ca ne suffit pas Gojyo. Pas cette fois-ci. » Et merde. Dokugakuji était bien plus en colère qu’il ne l’avait cru. « Je ne recommencerai pas je te le jure… » « Attends deux minutes. La dernière fois que tu m’as dis ça, tu es revenu une semaine après en m’annonçant que tu avais cassé la voiture, parce que Môsieur s’amusait à faire des dérapages sur la route ! » « Ca c’était un accident ce… » « Mais Gojyo, ce sont toujours des accidents avec toi ! Tu n’es jamais responsable ! Tu te rends compte de l’attitude que tu as ? Les flics t’ont cueilli, c’était un accident. Tu ne penses pas un instant que si tu n’avais pas bu et si tu n’avais pas fait d’excès de vitesse, cela ne serait jamais arrivé !! Putain mais grandis Gojyo, je ne vais pas être derrière toi à chacune de tes conneries je te signale ! » Gojyo aurait dû parier que cela se terminerait par un sermon, mais vu la fureur de son aîné, il préféra baisser la tête et se taire. Ramener sa grande fraise avec Dokugakuji était fortement déconseillé dans ces moments-là. « J’en ai marre de tout cela, marre de devoir assurer à ta place, marre de voir que tu ne changes pas ! Ca sera quoi ta prochaine connerie hein ? » « Je t’ai dis que je vais me calmer… » « Ben voyons. Je ne te crois plus Gojyo… Tout ce que j’espère, c’est que travailler dans ce centre va te remettre les idées en place ! » « C’est quoi… comme centre ? » La curiosité se sentait dans la voix de Gojyo et son frère savoura ce moment : il était certain que là-bas, Gojyo se calmerait pendant un certain temps… Travailler l’empêcherait de penser à faire des conneries, surtout quand on connaissait le genre de ‘services’ qu’il devrait rendre. « C’est un centre pour handicapés physiques. Des mecs qui roulaient un peu trop vite et qui avaient trop bu, et à qui la voiture a dérapé sur la route par exemple, au lieu d’avoir la chance de croiser des flics avant. » « C’est ça, fous-toi de ma gueule ! » « Je te dis la vérité Gojyo. Ce sont surtout ceux qui ont du mal à vivre seuls qui sont là-bas. On les rééduque, on les aide à reprendre confiance en eux pendant un certain temps avant de juger s’ils peuvent repartir chez eux. » « Tes clients sont déjà passés par là-bas ? » « Quelques-uns oui, pourquoi ? » « T’as l’air de bien connaître l’endroit… » « Hakkai y travaille, c’est pour ça. » Dokugakuji resta évasif mais Gojyo comprit aussitôt l’allusion. Cet Hakkai s’installait décidément de plus en plus dans la vie de son frère… Il faudrait qu’il surveille ça. Enfin, il avait d’autres chats à fouetter en cet instant. Parce que travailler dans ce centre ne s’annonçait pas très joyeux. De toute façon, travailler tout court ne l’enchantait pas… Cela faisait tellement longtemps qu’il se contentait de rester l’éternel étudiant, à mener une petite vie de fêtes et de soirées, sans se soucier du lendemain… Un étudiant qui avait passé ses 23 ans, mais qui continuait cette vie festive. Un long soupir lui échappa et il murmura, déjà blasé : « Cinq mois… Putain ça va être long… » « Je trouve ça trop court. » Gojyo jeta un regard désabusé sur son aîné et ajouta, plus bas : « Faux frère… » …. OOOO-----------------------OOOOOOOOOOOOOOOOOOOO---------------------OOOOOOOO OOOO-----------------------OOOOOOOOOOOOOOOOOOOO---------------------OOOOOOOO …. Alors c’était donc ça, le fameux centre Holic… ? La bâtisse était énorme, d’un gris terne et morne, presque horripilant surtout pour le pauvre Gojyo qui comprit qu’il allait y passer cinq mois… Cinq mois… Promis, il dresserait un autel avec une figurine de ce juge afin de pouvoir le maudire chaque jour de ces cinq longs mois. Quelle idée il avait eu ?! Si son frère était véritablement un bon collègue, il aurait pu alléger sa peine tout de même ! Et puis, il n’avait pas eu d’accident, il n’avait tué personne alors… Pourquoi avait-il été aussi sévère avec lui ? Il fallait bien que jeunesse se passe… Il prit sur lui et se décida à entrer. Rester dehors ne l’aiderait en rien à affronter cette épreuve. A l’accueil, la jeune femme était prévenue de son arrivée et avec un grand sourire, elle lui indiqua le bureau de son responsable, le médecin Cho Hakkai. Le nom fit tiquer Gojyo, qui n’eut cependant même pas à se déplacer jusqu’à lui : la porte de l’ascenseur s’ouvrit et un homme en blouse blanche en sortit, avant de s’arrêter net quand il remarqua Gojyo. « Ah tiens, justement le voilà ! » s’exclama la secrétaire de l’accueil. Quelques secondes après, Hakkai s’avançait vers lui, un petit sourire sur les lèvres et la main tendue. « Gojyo je présume ? Doku m’a prévenu que tu passerais aujourd’hui. Enchanté je suis Cho Hakkai. » Gojyo lui serra la main avec une petite moue dédaigneuse : ainsi donc, il avait enfin devant lui l’homme que son frère avait tenu à lui cacher tout ce temps… D’habitude les hommes qui passaient dans la vie de Doku ne restaient jamais bien longtemps mais là… Il fallait croire qu’il avait enfin trouvé sa perle rare, étant donné que Gojyo en entendait parler depuis quelques mois, et que les choses avaient l’air de s’éterniser. Il fallait dire que le médecin devant lui était plutôt mignon à regarder, et son regard franc et souriant rassura un peu Gojyo : si Doku était capable d’être le pire frère-poule qu’on puisse connaître, son cadet avait également développé un sentiment un peu surprotecteur vis-à-vis de son frère. Ce qui l’avait parfois conduit à aller casser la figure à deux-trois ex qui s’étaient vraiment mal comporté avec lui. Mais cet homme devant lui avait l’air d’être quelqu’un de bien. Sans doute pouvait-il lui faire confiance. « Bonjour. Je… » Il n’était pas vraiment à l’aise, c’était le moins que l’on puisse dire et Hakkai perçut tout de suite son embarras. « Je vais t’indiquer ton travail ici et t’aider pour le premier jour, ne t’inquiète pas. Je sais que la première prise de contact peut parfois être éprouvante. » « Eprouvante ? Tant que ça ? » Ce n’était pas vraiment pour le rassurer mais le sourire d’Hakkai tenta de soulager une partie de son inquiétude. « Tu as déjà été en contact avec des personnes handicapées ou ayant des problèmes physiques ? » « Et bien… Pas vraiment non. » « Chez certaines personnes le choc moral est important. Voir ces gens diminués alors que toi tu es en pleine forme est parfois ressenti comme une injustice, autant pour toi que pour eux. D’autant plus que certains de nos patients admettent mal leur état et peuvent se montrer plutôt abrupts au premier contact. Je vais t’accompagner aujourd’hui et nous verrons bien comme cela se passe. » « D’accord. Qu’est-ce que je devrais faire exactement ? » « Pour l’instant tu te contenteras d’amener les plateaux repas et de ranger un peu les chambres. Je t’ai mis dans le département ouest : c’est plutôt calme là-bas. » « Merci. » Cet Hakkai était plutôt sympa et finalement, c’était un bon point pour lui qu’il fréquente son frère parce qu’il serait d’un soutien certain pendant son séjour ici. C’est ainsi que Gojyo se familiarisa doucement avec l’établissement Holic. Hakkai n’avait pas menti : le choc à la vue de certaines personnes fut important pour Gojyo. Les gens qui étaient ici étaient soit handicapés de naissance, soit à la suite d’un accident, souvent de voiture, ce qui lui jeta une vérité crue à la figure. Hakkai et les autres médecins les aidaient dans leur rééducation et l’apprentissage de leur handicap, avant de les laisser retourner dans leur famille, munis de nouvelles armes et forts de cette expérience. Le médecin lui cita quelques cas de patients dont il était très fier, et qui étaient repartis tête haute de l’établissement, avec des projets plein la tête. L’un d’eux avait même monté sa propre entreprise, bien qu’il soit devenu totalement sourd suite à un accident stupide, et Hakkai en parlait avec une grande admiration. Gojyo découvrit en lui quelqu’un de très altruiste et de généreux, ce qui changea un peu sa vision de l’homme. Son travail était effectivement assez simple : il amenait les plateaux repas, s’arrangeait pour que les patients puissent manger à leur aise sans aucune gêne, et s’assurait que leur chambre était dans l’ensemble rangée et propre avant de passer à la chambre suivante. Il n’avait plus ensuite qu’à passer récupérer les plateaux en fin de service. Hakkai le présenta à chaque fois aux personnes qu’il allait côtoyer pendant cinq mois, et il tomba la plupart du temps sur des gens sympathiques et souriants, qui acceptaient leur différence et tentait de se battre avec espoir dans la vie. Leur sourire avait quelque chose de beau, qui intriguait Gojyo. Il ressortait toujours avec des questions plein la tête et une vision légèrement différente de sa propre vie. Quelques patients se montrèrent un peu plus méfiants à la vue d’un nouveau visage et Hakkai tenta de les rassurer du mieux qu’il pu, présentant à chaque fois Gojyo sous son meilleur jour. Jamais le rouquin n’avait reçu autant de compliments en une journée et cela le fit doucement rire intérieurement. Le cas d’un des patients attira par contre l’attention du médecin qui décida de rester l’examiner, un peu inquiet de le voir aussi rouge et essoufflé, si bien qu’il indiqua à Gojyo de continuer sans lui. « Tu as compris le système, je peux te laisser faire le reste seul non ? » « Ok, je vais me débrouiller. » « Merci. » Gojyo ressortit donc seul et poussa le chariot qui contenait les plateaux repas vers la chambre suivante. Il frappa discrètement et ouvrit la porte, espérant que la personne l’ait entendu. Mais au lieu d’avoir affaire à une personne âgée ou d’âge mûr, tel qu’il en avait croisé jusque là, il aperçut un jeune homme qui devait approcher son âge et qui regardait par la fenêtre, perdu dans la contemplation du paysage extérieur… Le soleil caressait ses mèches blondes et les faisait doucement briller, lui donnant l’air d’un ange au milieu de toute cette grisaille monotone, et Gojyo eut un petit sourire. « Qui est là ? » L’ange avait une voix plutôt froide et sèche, une voix qui claquait et se voulait un peu brusque, si bien que Gojyo soupira en répondant : « J’apporte le repas. » Il déposa le plateau sur la petite table de chevet et attendit impatiemment que le blond daigne s’approcher du lit afin de l’aider à s’installer s’il le fallait. Hakkai lui avait bien fait comprendre qu’il fallait qu’il veille avant tout à ce que les patients soient bien installés pour manger et étant donné qu’il s’agissait de sa première journée, il valait mieux pour l’instant respecter le règlement… « Vous êtes nouveau ? » L’homme n’avait même pas tourné son regard vers lui et Gojyo se demanda s’il comptait l’ignorer ainsi pendant longtemps… « Oui j’ai commencé aujourd’hui. » Il eut un petit sourire de circonstance, celui qu’on ne fait que par politesse et continua d’attendre, un peu embarrassé tout de même que le blond refuse de bouger. « Dites… » finit-il par craquer. « Si vous pouviez vous installer pour manger… Ca m’aiderait beaucoup. » L’homme ne réagit même pas, continuant de regarder par la fenêtre, l’ignorant avec une superbe qui mit Gojyo encore plus mal à l’aise. « Il y a des pâtes à midi, elles ont l’air vachement bonnes vous savez… » D’accord, l’amorce était nulle mais devant le mutisme et l’impassibilité du blond, Gojyo commençait à être à court d’argument. Il n’avait pas faim ou bien il le faisait exprés juste pour le tester ? « Hé ho, vous pourriez au moins me répondre quand je vous parle ! C’est l’heure du repas alors laissez-moi vous aider ! Hé ! » Mais bon sang, qu’avait-il à l’ignorer ainsi ? Il lui faisait une grève de la faim peut-être ? Gojyo prit une grande inspiration et tenta de se calmer : s’énerver ne mènerait à rien, bien au contraire. Il finit par s’approcher et posa sa main sur l’épaule du jeune homme, espérant attirer son attention. Et il y réussit, mais pas vraiment de la manière qu’il espérait : l’homme se braqua soudain et d’un geste rapide, chassa sa main de son épaule, comme on écarte un insecte pénible. « Laissez-moi ! » « Hé, on va se calmer là ! Je vous apporte juste votre repas, vous n’avez pas faim ? » « Dégagez !! » « Bon mec, on va pas s’énerver, si tu n’as pas faim, tu fais comme tu le sens, mais tu pourrais au moins me regarder quand je te parle. Merde c’est pas la politesse qui… » Comme le désirait Gojyo, l’homme avait tourné son visage vers lui… Et quand le rouquin croisa les deux prunelles améthystes, privées de toute vie, recouvertes d’un fin voile blanc, il sursauta violemment et se sentit horriblement mal. Mais quel con !!!!! Pour un premier jour de travail, c’était une réussite absolue !!! Le blond aurait toujours pu le regarder… Il ne l’aurait jamais vu pour autant. Et Gojyo se sentit comme le dernier des cons à avoir demandé à un aveugle de le regarder… Devant son silence, l’autre se crispa légèrement et lâcha, acerbe : « Maintenant dégagez ! » « Ok… Je m’excuse… Je voulais pas dire… ça, vous comprenez… » Gojyo ne savait plus où se mettre et le visage fermé de son interlocuteur ne l’aidait absolument pas. Et ce fut encore pire quand le blond se permit de cracher, de plus en plus mauvais : « Pauvre con. » D’accord il avait fait une faute énorme, il aurait mieux fait de se taire mais… Ce n’est pas pour autant qu’il méritait qu’on l’insulte ! Parce que s’il y avait bien une chose qui faisait démarrer Gojyo au quart de tour, c’était justement ça ! « Hé je pouvais pas savoir. Je me suis excusé ok, alors on en reste là et vous gardez vos insultes pour vous. » Le ton était un peu sec et pour la première fois depuis qu’il était entré, le visage du blond s’anima d’un curieux sentiment, partagé entre fureur et surprise. « Tu es con ou tu le fais exprés ?! Dégage, mais bordel, dégage !!!! » « Non mais c’est pas vrai, je vous dis que je ne peux pas partir tant que vous n’aurez pas mangé ! Vous êtes bouché ou quoi ? » Une main se posa soudain sur l’épaule de Gojyo et le tira avec force en arrière, alors qu’Hakkai s’avançait et se plaçait entre eux. Il avait un drôle de visage où Gojyo put lire l’espace d’un instant tout le sérieux du monde, avant d’être brutalement repoussé un peu plus loin dans la chambre, loin du blond qui fulminait toujours. « Gojyo, sors d’ici s’il te plaît… » « Mais… » « Gojyo, sors d’ici !! » Comprenant qu’il avait intérêt à se taire, le rouquin abandonna le plateau repas dans la chambre et sortit aussitôt, un peu sur les nerfs et surtout surpris du ton qu’Hakkai avait employé avec lui. Et voilà, premier jour, première connerie… Il imaginait déjà la tête de Dokuagkuji quand il allait appeler Hakkai. « … oui ton frère s’en sort bien, mais s’il pouvait éviter d’être violent avec les patients… ». Il avait certes une excuse mais il doutait que son frère veuille l’entendre… Hakkai sortit quelques minutes plus tard de la chambre et il leva un regard ennuyé sur Gojyo. Et s’attendant à sa première engueulade, le rouquin n’en crut pas ses oreilles quand le médecin s’excusa : « Pardonne-moi de t’avoir laissé seul. J’aurai dû prévoir qu’il… ne serait pas d’un abord facile. » « Non ce n’est pas grave. » « Mais… Je serais curieux de savoir ce que tu lui as dit. » « Ben… Vous voyez… » « Non justement. C’est la première fois que je le vois réagir ainsi. D’habitude il reste de marbre et lâche à peine quelques mots. Je ne l’avais jamais vu ainsi, c’est… étonnant. » Mais devant l’embarras de Gojyo, le praticien n’insista pas et il passa amicalement sa main autour des épaules du jeune homme, l’invitant à avancer. « Allez ce n’est pas grave. J’espère que cela ne t’empêchera pas de revenir hein ? » Gojyo eut bien envie de répondre qu’il n’y avait qu’un juge et un frère aîné un peu trop stricts qui l’obligeaient à revenir dans cet établissement, mais il se contenta de sourire bizarrement et de continuer à avancer. … …
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