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Disclamer : ces personnages sont à Nitta Youka

Note : désolée pour cette attente prolongée, j’étais débordée de travail et en manque d’inspi, mais je vais essayer de faire plus vite pour la suite.

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                   Disparaître de ta mémoire…

Chapitre 6 : Apprends-moi

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Les yeux de Kato ne cessaient de se reporter sur le calendrier accroché juste en-dessous de l’horloge murale à la cuisine. Silencieusement, son esprit comptait les jours qui étaient passés depuis qu’Iwaki s’était réveillé.

Il y en avait beaucoup trop… Surtout quand il considérait la situation actuelle.

Certes les choses allaient un peu mieux depuis la visite de Sawa : Iwaki avait cessé ses perpétuelles piques et semblait enfin décidé à le laisser tranquille. Et justement, c’était cette nouvelle tranquillité qui angoissait Kato.

Parce qu’au moins, tant qu’Iwaki tempêtait et se fâchait contre lui, il était présent. Son coeur en souffrait terriblement mais la solitude lui pesait moins.

Tandis que désormais… Iwaki n’était plus vraiment avec lui. Son regard était bien plus souvent perdu dans le vide, sûrement à la recherche du moindre petit souvenir qui aurait pu l’aider, et face à cela, Kato se sentait inutile. Le brun lui parlait à peine et semblait être ailleurs… La visite de Sawa l’avait profondément remué et son esprit cogitait beaucoup depuis ce jour-là. Un peu trop peut-être.

Quand Kato avait eu un appel de Shimizu, la manager d’Iwaki, il n’avait pas su quoi répondre. La pauvre essayait de concilier la convalescence de l’acteur avec les demandes des producteurs, de plus en plus impatients de recommencer le tournage.

L’accident d’Iwaki avait eu lieu en plein milieu du tournage d’un film de grande envergure, et peut-être à cause de toute la publicité qui en était ressorti, ils avaient accordé un délai supplémentaire à Iwaki pour qu’il se remette de ses blessures. Mais le délai approchant de la fin, tous s’impatientaient, et pour cause.

Il s’agissait d’un des films les plus importants de leur génération : l’histoire magnifique d’un personnage historique ayant vécu au temps des samouraïs de l’ère Meiji. C’était dans une des scènes où Iwaki arrivait en ville, monté sur un cheval, que le pire était arrivé. L’animal s’était emballé soudainement, apparemment effrayé par les caméras et les projecteurs. Personne n’avait compris cette réaction étrange : l’animal était un habitué des tournages, dressé par les meilleurs éleveurs à des fins cinématographiques et jusqu’à présent, il n’avait jamais bronché pour quoi que ce soit. Il avait fallu que l’accident se produise au moment même où Iwaki était dessus…

Tout cela était du passé désormais, mais Kato redoutait le moment où Iwaki devrait reprendre le tournage et remonter à cheval… Cette fois-ci, et si l’acteur acceptait, il l’accompagnerait. Même s’il était sûr de ne pas pouvoir calmer un cheval en furie, au moins pourrait-il apaiser ses nerfs au lieu de se ronger les ongles jusqu’au sang en l’attendant chez eux.

Des bruits de pas se firent entendre derrière lui et retrouvant avec de plus en plus de difficulté son petit sourire habituel, Kato se retourna pour accueillir son ‘ex-amant’ dans la cuisine.

- Bonjour Iwaki… Tu as bien dormi ?

- Oui, merci.

Kato avait entendu du bruit toute la nuit dans sa chambre, mais il ne chercha pas à en savoir davantage et il se remit à ses fourneaux, décidé à finir le petit-déjeuner sans tout brûler cette fois-ci.

Il ne remarqua pas tout de suite le regard étrange qu’Iwaki posait sur lui. Un regard qui avait perdu de sa rêverie et qui semblait avoir pris une décision cette fois-ci. Un regard qui voulait en savoir plus mais qui n’osait pas encore demander explicitement.

Les yeux d’Iwaki ne quittèrent pas la silhouette fine de son soi-disant amant : les épaules solides et larges, le buste fin et qu’on devinait musclé sous les vêtements, la chute de reins facilement enviable par n’importe qui, les fesses rebondies et fermes, les jambes bien taillées… Cela fit presque sourire Iwaki : effectivement, s’il avait senti au plus profond de lui qu’il était bien homosexuel, il aurait pu tomber amoureux de ce corps.

C’était peut-être ce qui était arrivé d’ailleurs. Il n’en savait rien et toutes ses recherches dans sa mémoire oubliée n’avaient rien donné. Il ignorait toujours ce qui avait pu le pousser dans les bras de cet homme, et cela l’énervait.

Ne pas savoir les causes qui nous avaient poussé à devenir tel ou tel homme dans la vie était suffisamment angoissant en soi pour qu’Iwaki ne décide pas de réagir et de se reprendre en main.

Quitter Kato et redémarrer à zéro dans la vie serait trop facile, et ruinerait sans aucun doute sa réputation dans le métier. Et puis, plus le temps passait et plus il avait l’intime conviction qu’il ne devait pas chasser l’acteur de sa vie pour l’instant. Il en avait besoin non seulement pour redécouvrir sa vie passée mais également pour se redécouvrir lui-même… et ce programme passait également par la redécouverte de ce qui avait pu le pousser dans ses bras.

 

Si bien que ce matin-là, pour la première fois depuis longtemps, Iwaki offrit un petit sourire encourageant à Kato alors que ce dernier lui servait son petit-déjeuner. Le pauvre faillit en lâcher sa casserole, frôlant la crise cardiaque, mais il se reprit bien vite et offrit un sourire éblouissant à son compagnon, étonné d’un tel revirement mais heureux de la surprise.

- Tu sembles être de bonne humeur ce matin Iwaki…, osa-t-il remarquer, essayant d’engager la conversation.

Bizarrement, le brun ne toucha absolument pas à son assiette, et son sourire disparut aussi vite qu’il était apparu. Cependant il ne comptait pas s’arrêter là et Kato, de plus en plus perplexe, le vit bientôt se lever pour venir s’asseoir juste à côté de lui, dédaignant étrangement la chaise en face de lui pour choisir une proximité qui fit battre son cœur un peu plus vite.

- I… Iwaki… Qu’est-ce que…

La main de son compagnon se leva, intimant le silence, et Iwaki prit une grande respiration pour demander :

- Embrasse-moi.

On aurait pu lui annoncer qu’il venait d’être élu premier ministre du Japon que les yeux de Kato n’auraient pas été aussi écarquillés ! Que, quoi, comment… ?

Sa bouche s’ouvrit… mais il ne trouva pas les mots. Il lui fallut d’ailleurs plusieurs minutes pour se reprendre et il souffla, éberlué :

- Pa… Pardon… ?

- Tu m’as bien entendu. Je veux que tu m’embrasses.

Troublé, Kato s’exécuta rapidement et déposa un petit baiser… sur les joues de l’acteur.

Ce dernier, amusé malgré lui par le comportement de son compagnon, pouffa légèrement et donna une petite tape sur la tête de son cadet :

- Pas comme ça Kato.  

Le pauvre Kato ne savait plus quoi penser de tout ça, si bien qu’un pli ennuyé vint barrer son front et il murmura, ressemblant à s’y méprendre à un gamin à qui on autorisait de faire une énorme bêtise :

- Tu es sûr Iwaki ? Tu le veux vraiment ?

- S’il te plaît Kato.

- Très bien.

Apparemment l’acteur n’en démordrait pas, alors avec toute la délicatesse et la grâce du monde, essayant de ne pas brusquer son compagnon tout en priant pour ne pas subir un rejet de dernière minute, il posa ses mains sur les joues de son amant, et rapprocha son visage.

Ses yeux se fermèrent et timidement, il posa ses lèvres sur les siennes.

On aurait presque cru que l’instant était sacré, et peut-être qu’il l’était pour Kato. Goûter aux lèvres d’Iwaki après tout ce temps, c’était comme… constater que le Père Noël existe toujours même après une année entière d’absence.

Ces quelques semaines avaient été toutes aussi longues aux yeux de Kato, et il s’attarda volontiers dans le baiser, prenant son temps, laissant une langue timide venir quémander l’entrée de la bouche de son amant…. Qui ne sembla pas refuser.

Tout cela aurait dû lui mettre la puce à l’oreille : Iwaki n’agissait pas normalement, mais perdu dans sa joie de l’embrasser, Kato n’y réfléchit même pas et il s’abandonna tout entier dans l’expérience.

 

Quand ils se séparèrent, Kato en avait les joues rouges d’excitation, mais il parvint tout de même à ouvrir les yeux et à adresser un petit sourire gêné à son compagnon.

Iwaki quant à lui, était resté étrangement impassible, et sa froideur brisa en un instant les rêves de Kato.

- Tu… n’as pas aimé ?

- Tu m’embrassais toujours ainsi ?

- Et bien… C’est-à-dire…

Kato était vraiment ennuyé cette fois-ci et soudain inquiet, il demanda :

- Pourquoi tu me demandes cela ? Qu’est-ce qui t’arrive Iwaki ? Tu… Tu as retrouvé la mémoire ?

Sur le coup, le brun s’en voulut un peu de donner de faux espoirs à son compagnon et il soupira en se passa la main dans ses cheveux, déçu.

- Non. Je cherchais juste à comprendre.

- Comprendre quoi ?

- Pourquoi je t’aimais… avant.

Kato crut qu’il avait mal entendu, mais devant l’air gêné d’Iwaki, il comprit que le brun venait de lui dire la vérité, et il serra les dents.

Iwaki remarqua rapidement ses poings sur les cuisses de son compagnon et il balbutia :

- Je vais t’expliquer…

- Non, il n’y a rien à expliquer Iwaki.

Le ton de Kato était dur et froid, et jamais encore Iwaki ne l’avait entendu adopter une telle attitude avec lui, si bien qu’il se raidit imperceptiblement, sur la défensive.

- Alors pour toi, ce ne serait… qu’une question de physique… ?

- Non, ce n’est pas…

- Si au contraire Iwaki.

Kato releva un regard dur sur son amant, un regard colérique et chargé de ressentiment qui mit Iwaki terriblement mal à l’aise. Il était en train de comprendre malheureusement trop tard ce qu’il venait de dire, et les répercussions que cela pouvait avoir eu sur Kato.

- Comment peux-tu penser que ce n’est que… sexuel entre nous ? Comment peux-tu imaginer que je suis quelqu’un d’aussi artificiel ? Nous, ce n’était pas ça Iwaki, jamais ! Peut-être au début, mais nous sommes vite passés à autre chose. Tu n’étais pas le genre d’homme à rester avec quelqu’un juste parce qu’il te réchauffait au lit Iwaki. Et moi, je ne suis pas le genre d’homme à rester avec quelqu’un qui pense cela !

Iwaki accusa mal le coup et il baissa la tête, horriblement gêné et conscient de sa bêtise :

- Je cherchais juste des réponses à mes questions…

- Alors tu t’y prends très mal Iwaki !

Furieux, Kato se leva et abandonnant son assiette qu’il n’avait même pas touché, il partit se réfugier dans sa chambre. Le brun resta tête baissée jusqu’à ce que la porte claque violemment et il se mordit les lèvres d’angoisse.

Il avait véritablement gaffé sur ce coup-là et il s’en sentit encore plus stupide. Pourtant, dans le fond, il continuait de penser qu’il avait eu raison d’essayer.

Parce que quand son compagnon l’avait embrassé, un étrange sentiment était né en lui… Une impression… d’aimer cela, d’apprécier. D’en avoir besoin.

Iwaki n’avait pas montré ce qu’il avait ressenti, peut-être par peur de passer pour un imbécile devant Kato, mais maintenant, il était troublé par ce qui venait de se passer. Son corps… semblait se souvenir des baisers de Kato.

Alors pourquoi son cœur restait-il autant hermétique ?

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La porte de la chambre s’ouvrit doucement…

- Kato ?

- Hmmmpfff…

Prenant cela pour un acquiescement, Iwaki poussa la porte et entra, pour venir s’asseoir sur le lit où son compagnon était allongé, tête noyée dans l’oreiller, sans doute pour ne pas le voir.

Iwaki ne s’en formalisa pas et prenant une grande inspiration, il demanda :

- Apprends-moi… Raconte-moi.

- Quoi ? s’étonna Kato en redressant sa tête, sortant enfin de l’oreiller.

- Je veux que tu me racontes le couple qu’on formait. Je veux comprendre Kato, pas me moquer de toi. Je veux vraiment savoir qui j’étais avant…

Kato secoua la tête et un petit sourire se dessina sur ses lèvres.

- D’accord…

….

A suivre….