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........................... Disparaître de ta mémoire… … … Chapitre 5 : Un souvenir précieux…. On frappa à la porte et Kato courut ouvrir, intrigué par une visite aussi matinale. Personne ne l’avait prévenu mais ses questions trouvèrent rapidement une réponse dés qu’il aperçut le sourire rayonnant de Sawa Nagisa. - Sawa-san ! Mais… Qu’est-ce que tu fais là ? - J’ai entendu dire qu’Iwaki était enfin sorti du coma et je viens lui rendre visite. - Oh… Un peu embarrassé, Kato hésita sur ce qu’il devait faire. Parce qu’avec son amnésie, son compagnon ne reconnaîtrait jamais Nagisa et cela risquait de faire un choc à l’écrivain. Pourtant il le laissa entrer et devant son embarras, Sawa lui demanda rapidement ce qu’il se passait, sentant que quelque chose n’allait pas. Mis au pied du mur, l’acteur fut bien obligé de lui raconter toute l’histoire, le prenant à part dans l’entrée afin de ne pas être entendu d’Iwaki. L’écrivain en resta bouche bée, horrifié par une nouvelle aussi extraordinaire. A ses yeux, le couple que formaient Iwaki et Kato était parfait : s’ils avaient eu des hauts et des bas, ils avaient toujours su les surmonter et vaincre les obstacles que le destin avait mis sur leur route. Quelque part, ils représentaient ce à quoi Sawa avait toujours rêvé, et qu’il construisait doucement avec Yukihito. Aussi apprendre que ce couple qu’il avait idéalisé était à deux doigts de rompre à cause d’un accident stupide lui fit terriblement mal au cœur. -… Tu comprends, je ne sais pas s’il te reconnaîtra… Sawa acquiesça doucement, un peu perturbé. - Oui… Bien sûr… Mais… Laisse-moi le voir s’il te plaît. Avec un petit sourire triste, Kato accepta. De toute façon, il ne pouvait pas protéger indéfiniment Iwaki de leur passé. Un jour ou l’autre, il allait le rattraper et il valait mieux qu’il commence à en connaître les différents composants au fur et à mesure, en douceur. Il allait conduire leur ami dans le salon quand soudain une silhouette se dessina dans le couloir et Iwaki apparut. Son regard étonné se posa aussitôt sur l’écrivain et il arqua un sourcil interrogateur. Il n’en fallut pas plus pour que Kato s’exclame : - Iwaki, tu tombes bien ! Je te présente… - Oui, je le connais. Bonjour Sawa-san. Sous les yeux perplexes de Kato, l’acteur s’approcha et tendit sincèrement la main à Sawa qui lui répondit en souriant, même s’il commençait à se demander si ce que Kato lui avait raconté était juste. Parce que d’une manière générale, Iwaki se conduisit parfaitement avec lui, comme un ami aurait pu le faire. Il lui souriait, prit de ses nouvelles et demanda même comment allait Yukihito. Sous le choc, Kato ne pu s’empêcher de demander : - Mais enfin, Iwaki… Tu… Tu connais Sawa-san ?! Pour l’acteur, cela semblait tellement être une évidence qu’il haussa les épaules et répondit calmement : - Mais bien sûr voyons. Nous sommes amis n’est-ce pas ? Nous… Nous… Son regard s’assombrit soudain et il se mit à balbutier, subitement perdu. Il tourna un regard inquiet vers l’écrivain qui comprit aussitôt : il posa doucement sa main sur son épaule et l’entraîna vers le salon : - Bien sûr Iwaki-san, nous sommes amis. Allez viens, je t’ai apporté un cadeau. Son intervention soulagea l’acteur qui lui sourit doucement, alors que Kato était resté sous le choc. De toute évidence, Iwaki semblait parfaitement se souvenir de Sawa, mais lorsque son esprit avait recherché les raisons ou bien la naissance de leur amitié, il avait eu un blanc et avait été incapable de le dire. Le visage de Sawa lui était connu et il avait réagi instinctivement, avant de se rendre compte qu’en fait, son esprit l’avait totalement oublié. Ou tout du moins avait oublié pourquoi ils étaient amis. Et sur le coup, Kato ne sut pas comment réagir : devait-il s’enthousiasmer parce qu’Iwaki semblait retrouver une partie de ses souvenirs, ou bien devait-il laisser ce sentiment de jalousie intense qui commençait à naître en lui… ? Il en voulait presque à Sawa d’être encore reconnu par Iwaki, alors que depuis plusieurs jours, il vivait justement un enfer parce que son propre amant ne le reconnaissait plus et pire, avait oublié leur histoire… Complètement perdu, il suivit de loin les deux amis qui s’étaient assis dans les fauteuils du salon pendant que lui-même allait préparer un peu de thé pour accueillir dignement Sawa. De leur côté, Sawa avait habilement détourné la conversation sur son cousin Yukihito, parlant de ses études avec fierté, et Iwaki lui souriait, heureux pour le jeune homme qu’il soit promis à un brillant avenir. Et quand il demanda s’il avait autant de chance en amour qu’au travail, sous-entendant parfaitement qu’il parlait ici de possibles petites-amies, Sawa eut un petit sourire discret. Nagisa était quelqu’un de fin, et il comprenait parfaitement ce qui s’était passé dans l’entrée, tout comme il comprenait cette question : Iwaki se souvenait parfaitement de lui et de son cousin, mais il avait totalement oublié le fait qu’ils sortaient ensemble. C’était comme s’il avait voulu effacer de son esprit toute trace d’homosexualité, autant pour lui-même que pour ses amis… Restant poli et ne cherchant surtout pas à le brusquer, Sawa se contenta de dire qu’en amour, tout semblait bien se passer pour Yukihito en ce moment, omettant délicatement qu’il en était sûr puisqu’il était lui-même son compagnon. Cela, Iwaki n’avait pas besoin de l’apprendre pour l’instant. Par contre, il sortit aussitôt le petit paquet qu’il avait amené et il le tendit à Iwaki en souriant : - Tiens, c’est un cadeau pour toi. - Merci beaucoup, il ne fallait pas. - C’est-à-dire que je me doutais que tu ne devais pas l’avoir, étant donné que tu es resté longtemps à l’hôpital… Iwaki ouvrit le paquet cadeau et regarda le DVD que Sawa lui avait offert. Quand il aperçut les deux acteurs principaux en gros sur la pochette, il écarquilla les yeux et Sawa profita de son silence pour dire d’une façon badine : - C’est la version de luxe de Fuyu no Sémi, elle est sortie seulement la semaine dernière. Je sais combien tu aimes cette histoire, alors je me suis dit que cela te ferait plaisir. Iwaki ne répondit pas, le regard perdu sur la couverture. Instinctivement, il tourna le DVD et regarda le résumé à l’arrière, une lueur de plus en plus surprise traversant ses yeux. - J’ai réellement tourné dans ce film ? - Oui Iwaki. Nous y avons tourné ensemble. Kato était revenu de la cuisine, une théière à la main et il avait compris quel était le cadeau de leur ami. Un cadeau précieux, qui lui rappelait tellement de souvenirs… Mais qui ne semblait en évoquer aucun à Iwaki, qui continuait de fixer la pochette, incrédule. Comme si elle avait pu le brûler. Parce qu’il s’agissait là de la même chose que pour les revues people : c’était un morceau de son ancienne vie avec Kato qu’il tenait entre les mains. Un de ces souvenirs qui lui échappait totalement et qu’il avait passé son temps à réfuter, comme s’il s’agissait de la pire des choses possibles. Il n’avait cessé de crier à tort et à travers qu’il n’était pas homosexuel et qu’il était impossible qu’il ait eu la moindre liaison avec l’acteur Kato, mais une multitude de choses ne cessaient de le lui jeter à la figure, comme une évidence. Les revues, ce film… Toutes les photos qu’il avait regardé ces derniers jours, quand Kato n’était pas là… Ce livre de photographies, incroyable, magnifique… Tout cela était tellement troublant. Au fond de lui, il commençait même à douter de ses propres vérités. Il reposa calmement le DVD sur la table et sourit à Sawa, le remerciant rapidement pour sa gentillesse. L’écrivain ne resta pas longtemps, sentant la pression monter dans la pièce : il se contenta de parler avec les deux hommes quelques temps, profitant du fait de voir qu’Iwaki semblait aller bien malgré son amnésie, et il ne s’attarda pas, prétextant que Yukihito devait l’attendre. Kato et Iwaki le raccompagnèrent à l’entrée et le saluèrent quand il partit. Puis, lentement, Iwaki revint jusqu’au salon et s’assit juste en face du DVD posé sur la table, laissant son regard s’attarder sur la pochette, qu’il réveillait toujours en lui la même perplexité. Kato n’osa pas le troubler et il retourna faire un peu de rangement à la cuisine, avant d’attraper un de ses futurs scénarios pour le travailler, retournant dans sa chambre pour laisser Iwaki tranquille. Il semblait tellement perdu dans sa méditation qu’il ne voulait pas le perturber encore plus. Il se mettait à sa place quelque part : tout cela ne devait pas être facile à vivre… Et si lui-même en souffrait, la situation devait être encore plus intolérable pour son compagnon. Mais il eut beau tourner les pages, tenter de s’imprégner de l’histoire du film qu’il allait tourner… Cela ne fonctionna pas. Quelque chose clochait. Il n’arrivait pas à se concentrer, et pourtant ce n’était pas faute d’essayer. Il se surprit plusieurs fois en train de tendre l’oreille pour guetter le moindre bruit qui puisse provenir du salon. Au fond de lui, il se demandait ce que faisait Iwaki. Il avait comprit qu’être sans cesse autour de lui ne faisait qu’attiser sa colère à son égard et il avait cessé cette attitude, mais en cet instant, il aurait donné n’importe quoi pour être à ses côtés et essayer comprendre ce qui traversait son esprit. Puis, lentement, des bruits lui parvinrent du salon… Des bruits de voix. Le film. Iwaki regardait le film ! Incapable cette fois-ci de se concentrer davantage sur son scénario, Kato le reposa sur son bureau et se dirigea à pas de loup vers le salon, dans le seul but de voir exactement ce qui se passait. Et dés qu’il revit les images de ce film imposant qu’ils avaient tourné ensemble, ce film qui était devenu une part d’eux-même quelque part, Kato sentit sa gorge se serrer et il ne pu pas faire un seul pas en direction de ce nouveau Iwaki qui regardait la télévision, absorbé par les images. Il resta en arrière, dans un silence religieux, laissant les émotions de cette époque lui revenir, tout doucement, l’imprégner de cet amour profond entre les deux personnages qui avait été un jour celui qu’il avait connu avec Iwaki. Jusqu’au bout, jusqu’à ce que le mot ‘The End’ apparaisse sur l’écran, il resta en arrière, debout, perdu dans ses pensées nostalgiques. Iwaki n’avait pas bougé non plus et quand enfin les noms défilèrent à la fin, Kato se reprit et s’approcha doucement, un peu inquiet de ne voir aucune réaction chez son compagnon. - Iwaki… ? Le brun ne répondit pas et Kato finit par dépasser le canapé, posant son regard sur le visage de son amant. Le spectacle lui coupa le souffle et il serra les dents sous l’émotion. Iwaki n’avait pas pu retenir ses larmes et ses yeux étaient brillants d’émotion, encore accrochés à l’écran de télévision, comme absorbés par l’histoire poignante qu’ils venaient de voir. Terriblement inquiet de voir son compagnon pleurer pour la première fois depuis qu’il était sorti de l’hôpital, Kato s’assit précipitamment à ses côtés et osa enfin poser sa main sur son épaule dans un geste réconfortant. - Mon dieu Iwaki… Calme-toi s’il te plaît… L’acteur porta aussitôt sa main à ses yeux et cacha ses larmes à son compagnon, même si ses doigts tremblants ne dissimulaient pas son émotion. - Pardon… Je… - Non ne dis rien s’il te plaît. Je peux comprendre ce qui t’arrive. Iwaki renifla légèrement et essuya ses yeux, enlevant les dernières traces de larmes sur ses joues, avant de relever un regard franc et direct dans celui de son compagnon. Il prit une grande respiration, chassant les dernières traces d’émotion en lui et demanda calmement : - Pardonne-moi. Pour mon attitude. J’ai été horrible ces derniers jours… - Non, ce n’est pas grave Iwaki. De toi tu sais bien que j’accepterai tout. Kato eut un petit sourire triste et ajouta faiblement : - Mais je comprends de plus en plus le personnage de Kusaka… Perdre son compagnon est la pire des choses qui puisse arriver. Iwaki baissa le regard à ces paroles et soupira. Un silence les sépara avant que l’acteur ne finisse par se relever et tout en s’éloignant vers sa chambre, il déclara doucement : - Tu ne l’as peut-être pas perdu Kato… Et c’est sur ces paroles qu’il disparu dans sa chambre, laissant son compagnon les yeux écarquillés et un espoir fou dans le cœur…. .. ..
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