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........................... Souviens-toi de moi .. … Heero regarda l’homme recroquevillé sur son lit, tremblant comme une feuille entre les draps, véritablement terrifié par lui. Et pour cause… Il ne le connaissait pas. Quatre ne savait pas qui il était et il se retrouvait… séquestré par un parfait inconnu, soumis à sa bonne volonté. La situation devait effectivement être traumatisante pour lui et pourtant… Heero ne comptait certes pas le laisser repartir. Pas dans son état. Et puis, son cœur ne pourrait jamais le laisser s’éloigner une nouvelle fois de lui. Quatre, si tenté est qu’il se souvienne encore qu’il s’appelait ainsi, était dans un piteux état : il avait considérablement maigri, il avait subit des sévices qu’Heero ne voulait même pas imaginé vu le dégoût que cela lui inspirait et il semblait, au traces sur ses bras, qu’il se droguait. Comment avait-il pu devenir ainsi ? Qu’est-ce qui s’était passé dans ces maudites geôles d’Oz ? Et surtout, que s’était-il passé après ? Ces deux années où ils n’avaient eu aucune nouvelles de lui avaient été terribles, autant pour Heero que pour Quatre apparemment. Le japonais déglutit et il s’approcha, posant sa main sur l’épaule du jeune homme dans une maigre tentative pour le rassurer : - Quatre, calme-toi, je ne te veux aucun mal… Mais le blondinet eut soudain une violente réaction et il repoussa durement sa main avant de cracher amèrement : - JE NE M’APPELLE PAS QUATRE !! Arrêtez avec ça… S’il vous plaît… D’abord surpris, Heero se reprit vite. Le blond était devenu un véritable chat sauvage et il allait devoir l’apprivoiser… Que ce soit en douceur ou par la force. Il n’était absolument pas question de laisser le jeune homme dans cet état, de le relâcher dans la rue alors qu’il risquait de continuer sa vie dépravée et dangereuse. Il semblait tellement fragile, perdu sur ce grand lit, les draps presque aussi pâles que sa peau… - Ecoute, calme-toi, nous devons parler. - Non non, je ne veux pas parler avec vous !!! Relâchez-moi, laissez-moi tranquille ! - Calme-toi… Quatre se redressa soudain sur le lit, possédé par une nouvelle force qui stupéfia le japonais. Il était rassuré de voir que le blondinet n’était pas totalement devenu une loque humaine, mais quand il croisa son regard noir et lourd de reproche, il le regretta presque. Jamais Quatre n’avait eu un tel regard pour lui et il s’en sentit blessé, plus profondément qu’il ne l’aurait cru. - Vous n’avez pas le droit de me garder ici ! Qu’est-ce que vous me voulez ? Pourquoi vous m’avez amené dans cette chambre ? Et bordel, qui êtes-vous ?? C’était peut-être la première fois qu’il entendait un mot vulgaire dans la bouche de Quatre et c’est ce qui décida le japonais. Son Quatre à lui n’aurait jamais ainsi… Son visage reprit son impassibilité et il déclara froidement : - Je m’appelle Heero. Nous étions… ami auparavant. Du moins l’espérait-il… Avait-il un jour compté autant dans le cœur de Quatre que le blond n’avait compté pour lui ? Il reprit, avec ce froid impassible qui le caractérisait autrefois : - Et tu t’appelles Quatre. Quatre Raberba Winner. Le blondinet écarquilla les yeux et le japonais espéra un court instant que ce nom lui rappelait quelque chose, mais à son froncement de sourcils, il comprit que ce n’était pas le cas. - Ami ? Si nous étions ami, alors pourquoi vous me séquestrez ici ? Pourquoi vous me faites ça ? Heero soupira : qu’est-ce que Quatre avait bien pu subir pour devenir aussi méfiant ? - Parce que ce n’est pas toi Quatre… Regarde ce que tu es devenu. Regarde dans quel état tu es bon sang ! Comment as-tu pu faire ça ? La lueur de fureur qui inonda les prunelles turquoises mit aussitôt Heero sur la défensive et il eut raison : le blond se redressa subitement et voulut le gifler, geste que le japonais esquiva sans aucun problème. Quatre semblait furieux et il se mit à hurler : - De quel droit vous me jugez ? Vous n’avez pas le droit vous m’entendez, pas le droit de dire ça !! Vous ne savez rien de moi alors fermez-la ! Heero attrapa son bras avant qu’il ne tente une nouvelle fois de le frapper et il répondit froidement, énervé malgré lui par l’attitude offensive de son ami. - Je sais que tu t’appelles Quatre et que le Quatre que je connaissais n’aurait jamais touché à la drogue ! Le Quatre que je connaissais était quelqu’un de droit et de fort. - CE QUATRE EST MORT !! hurla le blond, hors de lui. IL N’EXISTE PLUS ! Sous le choc, Heero recula de quelques pas, impressionné par la colère de son ami et surtout ébranlé par toutes ces révélations qui lui tombaient dessus. Il savait que Quatre était amnésique, il savait qu’il avait dû vivre des choses assez éprouvantes pour le pousser à de telles extrémités mais… Il n’arrivait pas à faire face à ses propres sentiments, à son impression d’impuissance face à cette vie qui avait pu changé une vie à ce point. Voyant son émotion, Quatre jeta un coup d’œil à la porte juste derrière lui et comprit qu’il tenait là sa seule chance pour s’échapper. En un clin d’œil, et malgré la faiblesse de son corps, il se releva et sauta hors du lit pour courir jusqu’à la porte. Mais c’était sans compter sur les réflexes du soldat parfait : à peine sa main toucha-t-elle la poignée de métal qu’un bras puissant l’attrapa par la taille et le ramena vers le lit, alors qu’une voix grondait férocement : - Tu ne sortiras pas d’ici Winner ! Pas avant que tu ne sois guéri ! - Lâchez-moi !!! hurla Quatre, s’agitant comme un fou entre les bras d’Heero. Il se débattit tellement, surprenant le japonais qui pensait qu’il n’avait plus assez de forces pour cela, qu’un de ses coups de pied finit par atteindre assez violemment le tibia d’Heero et ce dernier le lâcha sous le coup de la douleur. Aussitôt libre, Quatre fonça vers la porte et il l’ouvrit pour se précipiter à l’extérieur. Il traversa l’appartement et ouvrit la porte, pour dévaler les escaliers à toute vitesse, un japonais furieux sur les talons. Heero s’était vite repris et il lui courait après : avec ses notions et son entraînements de soldat, Quatre n’avait évidemment aucune chance… Surtout pour lui qui avait tout oublié de cette période. Constatant que le blondinet était déjà un étage plus bas, le japonais ne prit même pas la peine de réfléchir et il sauta par-dessus la balustrade pour atterrir avec agilité juste devant Quatre, qui ne pu freiner son élan. Il le percuta violemment et tous deux roulèrent sur le sol… Quatre se débattit de toutes ses forces, malheureusement bien trop maigres surtout en comparaison de celles du soldat parfait et d’un geste rapide, Heero enleva sa ceinture pour lui attacher les mains, avec une dextérité qui prit de cours le jeune arabe. - Maintenant ça suffit les conneries Quatre ! - Lâchez-moi !!! Vous n’avez pas le droit ! Tout ce remue-ménage attira évidemment l’attention de l’occupant de l’étage, qui ouvrit prudemment sa porte pour apercevoir l’un de ses jeunes voisins aux prises avec un jeune garçon visiblement mal en point. - Monsieur Yui ? Tout va bien ? Qui est-ce ? Heero serra les dents en apercevant son voisin : et merde ! Lui qui aurait voulu cacher le plus longtemps possible la présence du blond chez lui, c’était raté. Attrapant Quatre qui se débattait toujours et le posant sans douceur sur son épaule, il lança un regard noir à son voisin et marmonna : - Ce n’est rien, ne vous inquiétez pas. Et il repartit aussitôt vers son appartement alors que Quatre tempêtait et criait sur son épaule, continuant toujours à se débattre comme un fauve enragé. Mais le japonais avait attrapé ses jambes afin de veiller à ne recevoir aucun nouveau coup. Tout de même inquiet, le voisin rentra chez lui et hésita quelques instants, avant de finalement décrocher son combiné et de composer le numéro de la police… … OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo …. Heero ramena Quatre jusque dans sa chambre et cette fois-ci, comprenant que la fureur du blondinet ne s’arrêterait pas là, il attrapa une autre de ses ceinture dans son placard et jeta sans ménagement le blond sur son lit avant de grimper rapidement sur le lit, maintenant d’une poigne de fer Quatre sur les draps pour qu’il ne tente pas de s’échapper à nouveau. Il attacha ses deux mains aux barreaux du lit, coupant court à toute tentative de fuite, sous les insultes vociférantes d’un blond outré. - Espèce de salaud ! Relâchez-moi, je vous interdis ! Je vous hais vous m’entendez, sale connard ! Espèce de pourriture, de… Une gifle violente fit voler sa tête sur le côté et coupa court à ses insultes. - Maintenant ça suffit Quatre. J’en ai marre. La poitrine du blond se souleva rapidement et un sanglot lui échappa, très vite rejoint par d’autres. Il se mit à chouiner, anéanti et toute trace de révolte s’effaçant aussitôt en lui. - S’il vous plaît… Laissez-moi partir… Je dirais rien… Je vous en prie… S’il vous plaît… Sa voix était devenue si mince et si chevrotante que le désespoir du blond brisa le cœur d’Heero. Il se pencha et agit instinctivement : il déposa un baiser dans les cheveux blonds avant de murmurer : - Je suis désolé mais tu ne m’as pas laissé le choix. Je ne te ferai aucun mal rassure-toi. Je veux juste t’aider. Le blond se crispa et eut un autre sanglot douloureux. Baissant le regard, Heero partit chercher une couverture supplémentaire dans son armoire… … OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo …. Trowa laissa ses mains glisser sur le corps mince et si délicat qui se pressait contre lui, et un petit sourire se dessina sur ses lèvres alors qu’une bouche avide venait se poser sur elles. - Je t’aime… Pour un peu il en aurait ronronné de bonheur mais son élan de tendresse fut brutalement interrompu par la sonnerie du téléphone. Son amant fronça les sourcils et maugréa : - Ne réponds pas… - Désolé Wufei mais il va pourtant falloir que je décroche… Le chinois tenta de le retenir mais sans succès et c’est avec un petit clin d’œil amoureux que le français se sépara de lui et partit décrocher son téléphone sur son bureau. Son regard ne quitta pas Wufei alors qu’il répondait : - Allô ? Lui-même, pourquoi ? Je… Trowa parut soudain perturbé et Wufei s’approcha, un sombre pressentiment l’envahissant. - Oui je le connais. C’est un ami à moi… Quoi ? Vous êtes sûr ?... Non attendez, je… Je préfère aller lui parler avant… Oui… Je m’occupe de cette affaire… D’accord… Merci monsieur le commissaire. Au revoir. Le français raccrocha, les yeux perdus dans le vague. Inquiet, Wufei vint à ses côtés et posa sa main sur son épaule. - Trowa ? Qu’est-ce qui se passe ? - C’est Heero… - Il lui est arrivé quelque chose ? paniqua le chinois. - Il a… Enfin il semblerait qu’il… séquestre quelqu’un chez lui.. - HEIN ??? Si c’est une blague Trowa, elle n’est pas amusante ! - Malheureusement non, un de ses voisins a prévenu la police et comme mon commissaire sait que je le connais bien, il m’a demandé de m’en occuper. De le ramener à la raison… Pour l’instant, comme c’est un ancien pilote de gundam, il ne veut pas ébruiter l’affaire et il me demande d’aller le voir pour essayer de le calmer. - Mais Heero est incapable de faire ça ! Enfin… Qu’est-ce qu’il lui a pris ? - Il ne va pas bien depuis la disparition de Quatre tu sais.. - Mais Trowa, ça n’excuse pas tout ! - Oui je sais… Je crois qu’on devrait aller le voir tous les trois. Comme avant. Peut-être qu’on arrivera à le raisonner… - D’accord. J’appelle Maxwell et on y va ! … … A suivre…
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