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........................... Sacrifice myself for you … Sa mère lui avait remis d’autorité le porte-monnaie dans la main, en lui ordonnant gentiment de lui rapporter tout ce qu’elle avait noté sur la liste des courses. Heero avait soupiré mais une fois de plus, il avait plié. De toute façon il était incapable de refuser quoi que ce soit à sa mère. Heureusement pour lui, l’épicerie n’était pas trop loin de leur quartier résidentiel et le japonais n’avait pas dû trop marcher pour trouver enfin la petite boutique qui faisait l’angle avec une autre rue. Il n’y avait pas grand-chose d’inscrit sur la liste, cela serait rapide à trouver. Mais c’était sans compter l’étalage étonnant de denrées en tout genre qui encombraient les rayons de l’épicerie, transformant la moindre course en une recherche au trésor… Complètement perdu, Heero erra longtemps entre les rayons, commençant à maudire sa mère d’avoir eu une telle idée. Si elle avait vraiment besoin de toutes ces choses, pourquoi n’avait-elle pas pris la voiture pour se rendre au supermarché le plus proche ? Pourquoi c’était lui qui s’y collait et surtout pourquoi devait-il se contenter de cette petite épicerie ? Il allait finir par abandonner quand il aperçut le rayon des produits de beauté pour le corps, catégorie dans laquelle il n’y entendait absolument rien et qui était peut-être encore plus mal rangée que le reste de la boutique… - Vous avez besoin d’aide ? Surpris, Heero tourna son regard vers l’inconnu qui lui avait adressé la parole. La première chose qu’il aperçut, ce furent sans doute ces deux émeraudes remplies de curiosité qui le regardaient avec attention. Rarement encore il avait vu des yeux aussi beaux et il en resta bouche bée, clignant à peine des paupières, ressemblant à un poisson hors de l’eau. La scène dû paraître comique au jeune inconnu car il pouffa doucement, ses deux prunelles se teintant d’une agréable lueur amusée. Ce fut surtout le son clair de sa voix, qui lui demandait si tout allait bien, qui sortit Heero de ses pensées et comprenant qu’il était en train de passer pour un idiot, il se reprit rapidement et répondit en balbutiant : - O... Oui… Je… Je cherche des coton tiges et je… - Des cotons tiges ? Bien sûr, c’est par ici. Le jeune homme se dirigea aussitôt vers un endroit qu’il semblait être le seul à connaître et il extirpa comme par miracle une boîte qu’il tendit à Heero, sûr de lui. Ravi le japonais s’en empara en souriant peut-être un peu bêtement. - Merci, c’est très gentil à vous de m’aider… A nouveau les deux émeraudes se gorgèrent de cet éclat amusé qui leur allait si bien et le jeune homme répondit en riant : - Mais de rien. Je suis là pour ça vous savez, je travaille ici… - Ah… Oh… * Heero, trouve quelque chose à dire avant de passer pour un abruti fini ! * - En tout cas merci. - Vous avez fini ? Venez, je vais vous passer ça en caisse… Le jeune homme prit son panier des mains et ils se dirigèrent ensemble à la caisse, où il se mit au travail sous les yeux un peu embarrassés du japonais. C’était la première fois de sa vie qu’il perdait ainsi contenance… Et devant un parfait inconnu en plus ! D’habitude il arrivait à garder un certain contrôle de lui, une assurance qui l’empêchait d’être atteint par quoi que ce soit mais là… Il avait suffit qu’il croise son regard pour qu’il perde tous ses moyens. Non seulement on se croyait dans un mauvais téléfilm à l’eau de rose mais en plus Heero se sentait vraiment stupide. Il détestait ce sentiment, d’autant plus que la personne en face de lui devait certainement le prendre pour un imbécile, au vu de sa réaction. Et justement… Cela le contrariait plus qu’il ne l’aurait voulu que ce jeune homme ait une telle pensée de lui. Il observa en silence chacun de ses gestes, le silence entre eux uniquement troublé par le ‘bip’ sonore de la caisse enregistreuse. Il avait vraiment des mains fines… Et cette mèche qui tombait sur son visage lui donnait un côté plutôt viril et mystérieux qu’Heero aimait beaucoup. - Vous êtes nouveau ici ? Sursautant, le japonais se reprit plus vite cette fois-ci et il essaya de paraître détendu tout en répondant : - Oui nous venons d’emménager il y a quinze jours. - Vous êtes étranger n’est-ce pas ? - Ca se voit tant que cela…, soupira Heero. Le jeune homme eut un petit rire charmant, un de ces sons dont on ne se lasse pas et il ajouta : - Ca s’entend surtout. Votre accent est… adorable. Heero rougit brusquement et toussota pour masquer sa gêne. C’était déjà la deuxième personne qui lui disait cela en une semaine… Il allait finir par croire que c’était vrai. - Je… Je suis japonais. - Oh ! Le changement entre nos deux pays doit vous faire bizarre non ? - Ca va… C’est moins dur que je ne l’aurai cru. - Vous êtes au lycée ? - Oui, comment le savez-vous ? - Vous êtes jeune et puis mon frère m’a parlé d’un étranger japonais arrivé récemment dans son lycée, alors j’ai vite fait le lien. Ne vous inquiétez pas, je ne dresse pas des fiches civiles de chacun de mes clients… Ils rirent tous les deux et cela permit de détendre un peu plus le jeune japonais. - J’ai 19 ans… - Oh… Comme moi ! Souriant, Heero ramassa un sac et commença à ranger ses courses, rapidement aidé par le jeune homme. - Ca me fait vraiment plaisir de voir des jeunes s’installer par ici… Le quartier commençait à mourir. J’espère que tu reviendras ici. Surpris que son compagnon soit passé aussi vite au tutoiement, il écarquilla les yeux et seul un sourire amusé lui répondit : - On peut se tutoyer non ? - D’accord, concéda le japonais. En fait, il devait avouer qu’il préférait lui aussi cela. L’idée de se lier d’amitié avec le jeune homme n’était absolument pas déplaisante et il tendit la main à son interlocuteur : - Je m’appelle Heero Yui. Ravi, le jeune épicier eut un petit sourire et il serra la main du japonais chaleureusement : - Et moi c’est Trowa Barton. Enchanté de te connaître. Ses courses étaient enregistrées, Heero paya et après avoir salué son nouvel ami, il sortit de l’épicerie le sourire aux lèvres, heureux de sa rencontre. Depuis son arrivée en France, il ne s’était pas senti aussi bien avec quelqu’un. Sauf peut-être avec… C’est alors qu’il aperçut une silhouette courir vers lui et à sa natte, Heero l’aurait reconnu entre mille. Tiens, quand on parle du loup ! - Hee-chan !! s’exclama Duo, ravi de croiser son ami. - Maxwell… - Raaah arrête de m’appeler comme ça, j’ai l’impression d’avoir affaire à un de mes profs ! Relax Heero, on est ami maintenant ! Qu’est-ce que tu faisais ici ? Son regard glissant vers les sacs qu’il tenait, le japonais ne pu que répondre : - Quelques courses. - Oh alors tu as dû faire la connaissance de mon frère ! - Ton… frère ? - Oui, Trowa ! Il travaille ici depuis trois ans maintenant. A la caisse, un grand brun avec une longue mèche et… - Oui je l’ai vu. Je ne savais pas qu’il était ton frère. - En fait c’est mon demi-frère, ma mère était avec son père il y a longtemps… Voyant que le japonais ne comprenait pas tout, le natté ajouta avec un petit sourire triste : - Elle est morte il y a une dizaine d’années et je suis resté avec eux. - Je suis désolé… - Non tu n’as pas à l’être Hee-chan, ce n’est pas de ta faute ! Bon allez je te laisse, j’ai du travail et Trowa va s’inquiéter… A demain au lycée ! Heero regarda le jeune homme s’élancer vers l’épicerie, perplexe. Jamais il n’aurait cru que les deux jeunes gens soient frères… Et bizarrement il trouvait cela drôlement ennuyant. Parce que personne n’avait idée de tomber amoureux des deux frères en à peine une semaine ! Et pourtant, il sentait déjà que son cœur n’oublierait ni les émeraudes, ni les améthystes… … … A suivre…
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