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........................... Souvenirs … Chapitre 2 : Amants ? … ... Dee se réveilla lentement, émergeant d’un sommeil réparateur. Depuis qu’il s’était réveillé dans sa chambre d’hôpital, il passait son temps à dormir, comme si son corps avait un besoin crucial de sommeil. Il fallait croire que le choc qu’ils avaient reçu les avait sérieusement sonné. Le problème, c’est qu’il ne se rappelait absolument pas de ce choc. L’accident dont le médecin leur avait parlé lui était totalement inconnu. Il n’en avait pas le moindre petit souvenir, et il semblait que l’homme qui était censé l’accompagner au moment de l’accident avait le même problème. Le médecin leur avait parlé d’amnésie, un terme qui les avait passablement effrayé tous deux. Mais le mot en lui-même était beaucoup moins terrible à affronter que la réalité. Il ignorait tout de lui-même, de son passé et jusqu’à son nom lorsqu’il s’était réveillé, et pendant de longues minutes angoissantes, il avait eu l’impression d’être plongé dans le pire cauchemar de toute son existence. C’était énormément déstabilisant de se réveiller et d’avoir l’impression de naître au monde, blanc de tout passé et de tout souvenir. Comme s’il n’avait jamais existé. Comme si son existence n’avait jamais eu la moindre importance. Et quand on lui avait affirmé que l’homme qui reposait dans la même chambre que lui était son coéquipier, il l’avait regardé en fronçant les sourcils, recherchant désespérément le moindre souvenir de lui dans son cerveau endormi. Mais rien… Absolument rien. Le jeune homme était un mystère total à ses yeux ! Et le pire dans l’histoire, c’était que cet homme ignorait également tout de lui-même, à son tour amnésique ! A croire que la malchance s’abattait sur eux. La seule personne capable de lui donner le moindre petit indice sur sa vie passée l’avait également oublié ! Il y avait des jours comme cela où il valait mieux ne pas se réveiller… Un soupir lui échappa alors qu’il tournait lentement son visage vers le dénommé Randy couché sur le lit voisin. Ce dernier était déjà réveillé depuis longtemps apparemment, et à ses côtés se tenait une gerbe de fleur magnifique, énorme et aux couleurs chatoyantes. Le pauvre Randy avait l’air perdu, les yeux dans le vide, et Dee cru bon de se racler la gorge pour lui signaler son réveil. Aussitôt le jeune homme tourna la tête vers lui et lui offrit un sourire adorable. Dee fronça les sourcils… Adorable ? Depuis quand il trouvait les sourires des mecs ‘adorables’ ? Oubliant cette pensée incongrue, il demanda : - Ca va ? Qui t’as offert ces fleurs ? - Le commissaire Barclay… Enfin, je veux dire… Rose. Dee eut une petite grimace énervée. Il détestait cet homme !! C’était instinctif chez lui, chaque fois qu’il le voyait entrer dans la pièce et se diriger vers le lit de Randy, il sentait les poils de ses bras se hérisser et il en avait la chair de poule. Et c’était encore pire quand il le voyait déposer un baiser sur le front de Randy, qui était trop perdu pour lui refuser quoi que ce soit. En fait, il fallait dire que depuis que ces deux hommes étaient entrés dans leur chambre, Dee et Randy étaient passablement troublés. Ils leur avaient affirmé qu’ils étaient gays, et qu’ils étaient chacun leurs compagnons respectifs. Passé le premier choc de cette révélation, Dee et Randy avaient eu un mal fou à s’y habituer… A vrai dire, être gay ne dérangeait pas vraiment Dee… Ne trouvait-il pas les sourires des mecs ‘adorables’ après tout ? Mais ce qui lui posait réellement problème, c’était plutôt son type de mec… Quel genre d’homme pouvait-il aimer pour avoir choisi JJ comme compagnon ? Et lui-même, quel genre d’homme avait-il été pour choisir JJ ? C’est vrai que lorsqu’il avait aperçu JJ la première fois, il s’était demandé s’il ne s’agissait pas d’un malade qui s’était échappé de la section psychiatrique de l’hôpital où ils étaient. Le jeune homme lui avait carrément sauté dessus et lui avait plaqué ses lèvres sur les siennes, le prenant par surprise, avant de s’exclamer « mon Deedee d’amour !! »… Evidemment, la première réaction de Dee avait été de repousser l’étrange créature collante qui se permettait ce genre de familiarité. Mais par la suite, une fois qu’il avait eu des explications, données sur un ton mélodramatique épouvantable par JJ, Dee n’avait pu qu’accepter la situation. Un peu à contrecoeur, mais devant les yeux larmoyants du jeune homme, il n’avait pas vraiment eu le cœur de le repousser une nouvelle fois. Il s’était mis à sa place : si JJ avait eu un accident et qu’il ne se souvienne plus de lui à son réveil, il aurait probablement été blessé de se voir être repoussé… Et même si cela le gênait, il n’avait pas vraiment envie de lui causer cette souffrance. Alors il s’était laissé faire, mais avec modération… Tout en se demandant intérieurement quel démon l’avait poussé à choisir un tel énergumène comme compagnon tout de même ! Randy semblait avoir eu le même problème de son côté, bien que les choses se soient un peu mieux passées pour lui (oui, il n’avait pas un petit ami trop exubérant lui au moins !). Le fameux commissaire Barclay lui avait également annoncé qu’il était son compagnon, se contentant pour sa part de l’embrasser sur le front, le respectant un peu plus que ne l’avait fait JJ avec lui. De toute façon, Randy ne se serait pas laissé faire. La situation semblait également énormément le gêner et il s’était légèrement détourné quand Barclay l’avait embrassé, lui refusant ses lèvres. Rose n’avait pas insisté de toute façon, mais il passait régulièrement le voir depuis, apparemment très heureux de le voir enfin réveillé et pratiquement remis de l’accident. Mais on sentait que Randy avait du mal à apprécier la situation, tout comme lui-même, et cette perte de mémoire les plongeait dans une perplexité désarçonnante. - Je n’en reviens pas… Je n’arrive toujours pas à croire que je sors avec un homme… murmura soudain le métis. Dee eut un petit rire et il secoua la tête : - Ca ne me gêne pas vraiment pour ma part. Mais je te comprends Randy, ça m’a quand même fait un choc. - Non… - Quoi non ? - Appelle-moi Ryo s’il te plaît… Rose m’a dit que tout le monde m’appelait comme ça, je préfère m’y habituer dés maintenant. - Ok… Ryo. - Il m’a dit aussi que j’avais des origines japonaises… C’est dingue, comment on peut oublier ça ? Pourquoi je n’arrive même pas à me souvenir du nom et du visage de mes parents ? Ryo semblait vraiment aller mal et il leva sa main pour la porter à son visage, tremblant légèrement. Mû par une impulsion soudaine, Dee se releva et se dirigea vers son lit pour venir s’asseoir à ses côtés. Doucement il lui prit sa main et la serra avec tendresse. Il ne savait pas pourquoi mais il détestait voir le jeune homme aller aussi mal. Il lui semblait tellement fragile en ce moment… - Hé, t’en fais pas. Le médecin nous a dit que cela reviendrait. Il faut juste avoir un peu de patience. Et puis, nos… amants nous aideront. - Oui… Rose est vraiment quelqu’un de bien. Et puis, il est gentil, et patient. Il a l’air de vouloir vraiment m’aider. Raaah, pourquoi l’évocation de Barclay mettait Dee aussi mal à l’aise ? S’était-il passé quelque chose entre lui et le commissaire auparavant ? Pourquoi y avait-il une telle… répulsion en lui chaque fois que Ryo évoquait son nom ? Secouant la tête, il ajouta avec un petit ricanement : - Ouais… J’aimerai que JJ soit aussi… attentif parfois. - C’est vrai qu’il déborde d’énergie… compatit Ryo avec un petit rire. - Ah ne m’en parle pas ! Une vraie calamité ! Je n’ai jamais le temps de me reposer quand il est là ! Je me demande comment je faisais avant… - Mais il est gentil dans le fond… Et puis, il t’aime vraiment tu sais, cela se sent. - Mouais… Visiblement Dee n’avait pas le même enthousiasme que Ryo vis-à-vis de JJ, et d’ailleurs cela se confirma quand la porte s’ouvrit sur un jeune homme resplendissant qui hurla, au cas où son entrée n’est pas été suffisamment remarquée : - Dee !!!! Comment vas-tu auj…. Mais quand il s’aperçut que son amour s’était levé et était aux côtés de Ryo, il écarquilla les yeux et s’empressa de venir attraper son bras pour le ramener vers son lit, malgré les protestations de Dee. - Non non, il ne faut pas te lever mon amour, tu es encore convalescent ! - Mais je vais très bien, arrête ça JJ ! - Couche-toi dans ce lit et ne bouge plus ! ordonna soudain JJ, autoritaire. Malgré son envie de le rembarrer, Dee obéit et se recoucha, un peu étonné tout de même de la possessivité de son amant. Il avait remarqué qu’il n’aimait pas vraiment qu’il approche Ryo, comme s’il était jaloux… Et il en allait de même pour Barclay en y réfléchissant bien… Ou alors Dee se faisait des illusions, et JJ s’inquiétait juste pour sa santé… Oui il fallait qu’il arrête de se raconter n’importe quoi. Quoique lorsqu’il croisa le regard noir de JJ posé sur Ryo qui pourtant lui souriait gentiment, Dee eut quelques doutes… … … A suivre…
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